Pour goofy : à nice-matin j'avais aussi écrit ceci : "...on commence par l'exemple de ces parents libertaires et maladroits qui ont dégoûté leurs enfants du naturisme. Preuve qu'on peut oublier qu'un liberté devient contrainte dès lors qu'elle est imposée et que l'excès de zèle peut gâcher les meilleures intentions. Mais seulement l'excès !"
Phil et Paul :=!
Education : peut-on se montrer nu devant ses enfants ?

Ne pas imposer à un enfant notre intimité ou de dévoiler la sienne ?
Trouver, avec ses enfants, la juste distance entre pudibonderie et exhibitionnisme : la question se pose pour tous les parents. Comment gérer les territoires de l'intime en famille ? Enquête, témoignages et réponses de spécialistes.
Les filles et fils de soixante-huitards se seraient-ils tous ligués contre la nudité parentale ? « La pudeur, c'était pour eux un concept bourgeois, une prison judéo-chrétienne », témoigne Marine, 35 ans, encore gênée d'évoquer la vision de ces adultes « qui déambulaient à poil pour montrer combien ils étaient loin des conventions sociales. Le corps devait être non seulement libéré, assumé, mais aussi revendiqué, montré. Même si, bien sûr, on a actuellement du mal à imaginer ce qu'ils avaient subi avant la libération sexuelle. » Mère de deux filles de 11 et 5 ans, Marine essaie de trouver un équilibre entre « pudeur et "dédiabolisation" du corps ».
Comme elle, de nombreux parents s'interrogent ; comme elle, beaucoup d'entre eux ont lu Françoise Dolto et dévorent les conseils avisés des pédopsychiatres.
Aujourd'hui, chacun tente de trouver avec ses enfants la juste attitude entre une pudeur qui ne soit pas pudibonderie et un comportement décoincé vis-à-vis du corps qui ne soit pas intrusif. Pour Isabel Korolitski, psychanalyste, « on peut prendre son bain nu avec son nourrisson, ces corps à corps sont importants pour son développement psychique et sensoriel. En revanche, dès qu'il cesse d'être un bébé, quand il commence à marcher, mieux vaut prendre de la distance. L'enfant a un corps, le parent a un corps, ils ne font pas qu'un. »
Un territoire intime à respecter
Cette géographie nouvelle, dessinée par l'éloignement progressif du parent, Robert Neuburger, psychiatre et thérapeute de couple, l'appelle « la gestion du territoire intime ». Gestion qui consiste à ce que chacun puisse se développer sans subir d'intrusion. « Quand on est envahi par l'autre, par le corps de l'autre, on a du mal à se situer et à savoir qui l'on est vraiment. Un territoire intime doit être matérialisé. La salle de bains, la chambre sont des territoires intimes, on ne les envahit pas. Il ne s'agit pas de faire de grands discours autour du concept d'inceste, mais de respecter des choses très simples. J'ai récemment discuté avec un père de famille. Il a fait poser un verrou à la porte de la chambre de sa fille, pour qu'elle ne soit pas dérangée par ses frères aînés, menacés de sanction en cas d'intrusion chez leur soeur. C'est aussi simple et concret que ça, le respect d'un territoire intime. »
La pudeur, qui consiste à garder pour soi ce qui est du ressort de l'intime, a aussi, pour la psychologue Christine Brunet, valeur d'apprentissage social. « On n'impose pas sa nudité sur son lieu de travail ou dans la rue, il n'y a aucune raison que la maison devienne un territoire "hors la loi". Si un parent est à l'aise nu, il dispose de sa chambre ou de la maison lorsque ses enfants ne sont pas là pour vivre comme il l'entend. Le milieu familial est un point de départ pour s'adapter socialement, cela ne peut pas se faire en décalage. »
Nu imposé ou nu fortuit ?
Vivre comme on l'entend, se dégager des normes sociales est certainement la motivation, pas toujours consciente, des parents qui ne voient pas ce qu'il y a de malsain à se montrer nus devant leurs enfants. « Je vais souvent nu de la salle de bains à ma chambre, je croise mes enfants, franchement, ils n'ont pas l'air traumatisés, témoigne Louis, 36 ans, père de jumeaux de 7 ans. La maison, c'est quand même le lieu où l'on souffle, où l'on peut être plus nature qu'au boulot, non ? » Si Louis assume sereinement ses allées et venues en tenue d'Adam, il ne lui viendrait pas pour autant à l'idée de s'installer nu dans le salon pour regarder la télévision : « C'est différent de croiser son père ou sa mère nus et de les voir vivre nus. »
Une nuance fondamentale. Pour Isabelle Bianchi, psychologue, « le nu fortuit n'est pas exhibition de soi, il rappelle que nous existons aussi sans nos vêtements ! En revanche, le nu habituel, imposé, montré, est une agression, car il est négation de l'autre. Il dit : "Quoi que tu ressentes, je fais ce qui me plaît." C'est cette posture qui est violente pour l'enfant, un être en pleine construction psychique, qui doit alors faire tout seul, comme il peut, avec ses sentiments de gêne, de honte, de culpabilité, et son trouble. L'impudeur, c'est cela : forcer quelqu'un à faire avec ce qu'il n'est pas en mesure de refuser. »
Le trouble adolescent
Si les enfants peuvent s'accommoder un temps de la nudité - non habituelle - de leurs parents, il en va différemment avec les ados. Transformation du corps, premiers bouillonnements libidinaux, l'adolescence, véritable volcan d'émotions et de sensations brouillonnes, irrationnelles, et donc difficiles à gérer, exige de la part des parents à la fois délicatesse et distance. Physique et émotionnelle. « A cet âge où les changements du corps déstabilisent et complexent, le corps adulte dans sa nudité est vécu comme une agression, explique Isabel Korolitski. Sans compter que pour se développer dans une certaine tranquillité psychique, l'adolescent a besoin que soit respectée la différence des générations. » La nudité parentale, signifiant « on est tous pareils, on est des potes », a de quoi troubler des adolescents qui se débattent dans leur quête identitaire.
« C'est ce que j'appelle le "groupisme familial", poursuit la psychanalyste. Ne pas respecter la pudeur de ses adolescents, leur imposer un corps dénudé, c'est à la fois nier la différence générationnelle et leur mettre sous le nez quelque chose de sexuel, même si cela n'est pas intentionnel. Or, à l'adolescence, le sexuel, c'est à l'extérieur de la famille que l'on doit le chercher. C'est cela éduquer des enfants, les accompagner de manière à ce qu'ils puissent quitter la maison pour faire leur vie au dehors. » Sans complexes ni tabous.
Source corse matin Flavia Mazelin Salvi
Message édité par : gilles / 10-12-2008 08:24
Quand elle écrit "Une nuance fondamentale. Pour Isabelle Bianchi, psychologue, « le nu fortuit n'est pas exhibition de soi, il rappelle que nous existons aussi sans nos vêtements ! En revanche, le nu habituel, imposé, montré, est une agression, car il est négation de l'autre." c'est tout et son contraire et ça ne tient pas compte de la vie nue chez les naturistes qui sont oubliés dans son texte.
De toute façon tous ses textes sont faits par des gens eux mêmes imprégnés de leurs valeurs morales et incapables de s'en abstraire.
Merci à Gilles de signaler que dans le texte de Corse Matin, on ne parle pas de la nudité chez les naturistes. Cette contamination bien-pensante véhicule un poison, celui de la honte, et on a lu ça des centaines de fois. Je connais personnellement un psychiatre, naturiste depuis très longtemps, qui s'est toujours efforcé dans sa pratique de faire la différence entre la nudité non voulue et la nudité naturiste à la maison.
Amicalement,
"Entre exhibitionnisme et pudibonderie, il s'agit de trouver le juste milieu" : non, il s'agit de rejeter l'une et l'autre!
Exhibitionnisme et pudibonderie sont les deux faces d'une même pièce, et ne pas se cacher n'est pas nécessairement "se montrer".
Ce qui en revanche est positif dans l'article, c'est la photo de l'illustration : cette mère et cette fille ont l'air parfaitement bien ensemble et l'une et l'autre bien dans leur peau.
Finalement, lisez le titre et regardez la photo, et ça vous dispensera de lire l'article avec ces éternels clichés sur la nudité forcément sexuelle et cette habituelle propension au sexuellement correct avec son "juste milieu".
Les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, en moyenne on est à la bonne température...
Mais rien ne dit que le juste soit au milieu. Il peut être plus près d'un des bords, ou être extérieur à l'axe des deux points extrêmes.
Message édité par : PhilE / 10-12-2008 11:38
En fait, tout est inclus dans le titre, peut-on se montrer nu devant les enfants, vaste dilemme ?
Oui, on peut ! Si cela reste dans les règles admises de la pure pratique du naturisme.
Doit-on ?
Alors, là ça se discute évidemment. Il ne doit y avoir aucun caractère d'obligation, mais de nudité partagée. Il faut rester habillé s'il s'installe la moindre gène.
Chez nous, par exemple, un de mes fils ne voulait plus que sa maman soit topples sur une plage textile. Nous sommes donc resté habillés depuis à la maison. Je ne suis nu que seul ou avec ma femme.
De la même façon, nous allons en club sans qu'ils en soient informés. On verra s'ils posent des questions. Pour l'instant c'est comme cela, on verra par la suite.
L'essentiel, encore une fois, est de tout proposer et de ne rien imposer.
L'ado n'a pas non plus à dicter leur conduite aux parents: si sa mère faisait habituellement du topless, je ne vois pas pourquoi elle arrêterait. Qu'occasionnellement( présence de copains ou copines) elle fasse l'effort OK mais nous n'avons pas à révolutionner nos habitudes pour le désir des ados. Et si demain il exige le voile islamique pour sa mère, elle va déambuler en burka?
Je me souviens d'un temps, au début de notre découverte du naturisme, où notre fils se mettait loin de nous car j'étais nu Sa mère restait en topless pour lui. Je n'ai jamais cédé et maintenant nous sommes nus tous les deux et ça ne le gêne pas bien qu'il reste habillé, ce qui est son droit. A 20 ans, si ça l'avait autant gêné, il pouvait aller sur la partie textile...
Nos jeunes veulent beaucoup de libertés mais les refusent à leurs parents! 😐
On en revient au topic: assumer sa nudité....
Message édité par : luzero / 10-12-2008 18:52
Une nuance fondamentale. Pour Isabelle Bianchi, psychologue, « le nu fortuit n'est pas exhibition de soi, il rappelle que nous existons aussi sans nos vêtements ! En revanche, le nu habituel, imposé, montré, est une agression, car il est négation de l'autre. Il dit : "Quoi que tu ressentes, je fais ce qui me plaît." C'est cette posture qui est violente pour l'enfant, un être en pleine construction psychique, qui doit alors faire tout seul, comme il peut, avec ses sentiments de gêne, de honte, de culpabilité, et son trouble. L'impudeur, c'est cela : forcer quelqu'un à faire avec ce qu'il n'est pas en mesure de refuser. »
sauf que si le nu est habituel, il n'est plus agressif. Il est intégré à la façon de vivre. Le vêtement non plus n'est pas agressif pour les gens qui ont l'habitude de vive habillés. La véritable agression serait d'imposer à l'enfant qui ne le souhaite pas de se mettre nu. Il n'est pas rare de rencontrer des enfants qui ne sont pas gênés par la nudité des parents ou d'autres personnes mais qui ne souhaitent pas eux-mêmes rester nus.
Le nu habituel dit:"Tu vois, nous vivons nus, tu as l'habitude depuis toujours de nous voir comme ça mais toi tu fais comme tu le sens." Il est le respect et la prise en compte de l'autre.
Je pense qu'il faut que la nudité reste un choix et ne soit jamais imposée notamment aux enfants s'ils n'en ont pas envie. De même, les parents ne doivent-ils pas être à l'écoute de la gêne que peut procurer leur nudité face à leurs enfants ? Ce doit être le moment d'une discussion pour expliquer les raisons de cette pratique, que la nudité peut être déconnectée de la sexualité. Laisser le temps au temps. La nudité familiale est plus équilibrée si elle est aussi pratiquée à l'extérieur et non uniquement dans la maison. Se montrer nu, ce n'est pas forcément contraire au respect de l'intimité de chacun. La chambre d'un(e) enfant ou d'un(e) adolescent(e) est lieu d'intimité qui doit être repectée tant qu'il ne s'y passe des choses répréhensibles !
Dans la page que cite Gilles, il y avait, dans nice-matin, encore pire que cette étude, qui effectivement ne prend pas en compte le naturisme , mais se montre relativement mesurée dans un point de vue textile. Il y avait en bas de page, un articulet titré "La pudeur, une valeur essntielle" et dont voici le texte:
Il est essentiel d'apprendre à l'enfant la pudeur et d'en avoir envers lui. Elle fait partie du respect qui lui est dû. Et Fançoise Dolto le rappelait aux mères qui changent leur bébé en public alors qu'elles pourraient faire autrement. La pudeur lui permet d'"humaniser" sa sexualité, de comprendre qu'elle est différente de celle des animaux. Les chiens et les chats ne portent pas de culotte, font leurs besoins et s'accouplent en public. Les humains, eux, voilent leur corps et s'ébattent à l'abri des regards. Et la pudeur aide l'enfant à comprendre sa place. La nudité des parents est du domaine de leur intimité sexuelle. Il n'a pas à y être mêlé. Quant à la sienne, il l'exhibe le plus souvent dans une volonté de séduction (inconsciemment incestueuse). Il faut donc mettre des limites à ce que Françoise Dolto nommait si joliment les "roueries séductrices" de l'enfant. L'aider à devenir autonome et fermer les portes des salles de bains.
Pour info : ce texte est présenté entre guillemets avec la signature entre parenthèse (Claude Halmos).
On atteint des sommets, non ?
J'ai écrit à nice-matin ... sans illusions. Je vous propose ici un extrait de mon courrier :
Cela commence par "Il est essentiel d'apprendre à l'enfant la pudeur et d'en avoir envers lui. Elle fait partie du respect qui lui est dû."Jusqu'ici on applaudit (...) Hélas, la suite est effarante : "Les chiens et les chats ne portent pas de culotte, font leurs besoins et s'accouplent en public". Tu sais ce que ça veut dire ? comme on dit à la télé. Ca veut dire qu'un humain qui ne porterait pas de culotte ferait ses besoins et s'accouplerait en public !
La pudeur, qui est légitime revendication du droit à un espace protégé, à un "jardin secret" nécessaire au développement de la personnalité dans le cadre d'une socialisation harmonieuse, est généralement innée et n'a donc pas besoin d'être apprise à l'enfant. Elle doit en revanche être respectée et encouragée. Ce qu'on peut appeler pudeur physique, à quoi cet articulet la réduit, n'en est qu'une manifestation extérieure non essentielle. N'existerait-elle donc pas chez les peuples dits primitifs qui vivent nus ? Suffirait-il de porter culotte et de fermer les salles de bains pour aider l'enfant à devenir autonome ?
Le jardin secret, c'est dans le coeur, dans la tête, pas dans la culotte ! Ce n'est pas respecter la pudeur que de l'y circonscire.
Ca n'épuise pas le sujet, mais j'ai voulu faire court. !
Message édité par : papygb / 11-12-2008 11:52
Message édité par : papygb / 11-12-2008 11:53
Message édité par : papygb / 11-12-2008 11:54
Message édité par : papygb / 11-12-2008 11:55
Oh la la, Guy, soit l'auteur de l'article que tu cites a une méconnaissance de ce qu'est la pudeur, de ce qui doit être réservé au domaine du privé et de l'intime, soit il est méchamment névrosé. Ca ressemble aux séquelles d'un traumatisme personnel. Cette personne devrait faire une analyse pour évacuer ses rancoeurs. Le drame est que des personnes comme celles-là puissent s'exprimer unilatéralement pour dicter aux autres comment elles doivent vivre. Pas étonnant ensuite que nous soyons entourés de voyeurs, de frustrés et de terrorisés de la nudité qui ont suivi comme vérité scientifique ce tissu d'imbécilités.
Claude Halmos est une dame, et c'est l'une des innombrables psy médiatiques dans la ligne Antier/Rufo, elle sévit sur France Info.
