J'ai pas dit "choqué" mais surpris - en l'occurence agréablement: montrer des personnes nues sans un contexte commercial ni érotico-luxe (genre pub avec une bombe à poil), qui plus est avec un enfant, tout ça en photo dans un journal, c'est suffisamment rare de nos jours pour être remarqué!
Précision pour Guil : la photo apparaissait bien telle quelle dans le journal, en tête de page, à côté du titre. Nettement en contradicton avec le contenu de l'article, puisqu'à elle seule elle répondait de toute évidence "oui" à la question posée !
Je ne prends pas le temps de lire les réactions... je trouve l'article très bien fait avec beaucoup d'ouverture à la réflexion.
Attention à ne pas confondre psychanalyste et psychothérapeute.
N'importe qui peut (à ce jour, mais il y a des projets de réglementation) se proclamer psychothérapeute se se faire payer s'il trouve des clients.Pour être psychanalyste, ce n'est pas ouvert à tous, il faut avoir été psychanalysé.
Comme moi je vais souvent m'allonger sur le fauteuil de ma dentiste, j'envisage de mettre une plaque Dentiste ;).
Je rappellerai, à propos de la psychanalyse, une phrase de Freud lui-même: "la psychanalyse n'a nul besoin de preuves".
Il disait que c'était une science...Les médecins peuvent changer, parce que quand même, ils se posent (ou on leur pose) la question "sur quoi vous fondez-vous pour votre affirmation? Quelle étude, quelles observations ou expériences, sur quel échantillon etc"
Mais les psys, on ne leur pose pas la question, je n'ai jamais lu (et j'ai pourtant cherché) la moindre étude (avec un protocole méthodologique) sur les effets de la nudité.
Le psy, il parle et on doit le croire sur parole.Une précision pour étayer les propos de Philippe : il y a 3 sortes de "psy" :
- les psychiatres, qui sont des médecins spécialisés
- les psychologues, qui sont diplomés de l'université (bac+4 ou 5)
- les psychanalystes, qui n'ont à justifier d'aucune étude pour avoir le droit de poser une plaque devant leur domicile... le problème étant que leur clientèle ignore ces distinctions subtiles.
Mme Halmos, comme beaucoup d'autres, est psychanalyste.
Je trouve dommage qu'un discours faux, caricatural et sinistre intellectuellement puisse donner l'occasion à tous de s'attaquer à la psychanalyse.
Non, les psychanalystes ne sont pas tous des charlatans, non, Freud n'était pas un chaman obscur et manipulateur et non, définitivement non, Dolto et l'autre allumée de France Info, qui se réclament toutes deux de Freud, n'ont pas le dernier mot sur la nudité parmi leurs confrères/soeurs psychanalystes.
Quand Mme Halmos explique que les "humains, eux, voilent leurs corps et s'ébattent à l'abri des regards" elle montre assez bien à quel point son raisonnement n'a aucun autre fondement que moral, purement et simplement moral.
Et quelle morale ? La bonne vieille judéo-chrétienne, comme par hasard. Celle-ci se doit d' opposer les hommes aux bêtes : évidemment ces derniers n'ont pas la dignité accordée aux hommes, la preuve, ils baisent et ils chient aux yeux de tous.
Qui pourra et voudra rappeler à Mme Halmos que l'anthropocentrisme de l'Eglise adoubé, sur ce point, par Descartes (lui qui parle "d'animaux-machines" incapables de ressentir, penser, "être au monde" : de la chair à saucisse, en somme) a fondé la morale bourgeoise et puritaine qui nous imbibe encore aujourd'hui ? Et que, fort de la science que la psychanalyste ne maîtrise même pas (qui se veut une science sur l'inconscient humain, et non pas sur la question morale du Bon et du Mal) celle-ci ne fait que respecter un discours ronronnant et dogmatique, vieillot et inutile ?
Que dire des peuplades qui vivent nues depuis la nuit des temps ? Que les hommes et femmes qui en font partie sont idiots parce que primitifs, ce qui est une bonne raison pour empoisonner la bonne santé mentale de leurs enfants en ayant l'audace de vivre nus ?
Que dire des naturistes et des enfants de naturistes ? Après tout, ils transmettent des valeurs d'égalité, de simplicité et d'hygiène de vie, n'est-ce pas ? Mais, selon Mme Hamos les grandes règles, nommées pour la circonstance "psychanalytiques", mettent au clair la dangerosité -ô, terribles inconscients- de leurs comportements.
Non, cette femme n'est vraiment pas sérieuse. Ce qui ne veut pas dire que la discipline psychanalytique est à bannir. Ses objets de recherches et d'investigation sur l'homme sont simplement à cent milles lieues de ce genre de stupidité crasse, injustement médiatisée et destructrice : à l'égard de la pensée, d'abord ; à l'égard de tous les parents naturistes/apoilistes de la semaine et du dimanche, ensuite ; à l'égard des enfants surtout, à qui on voudrait - une fois n'est pas coutume- faire comprendre que la nudité est mauvaise, honteuse, et empoisonnante.
Message édité par : Mateos / 09-01-2009 19:33
