Je ne pense pas qu'il soit intellectuellement honnête d'accréditer les interprétations fallacieuses qui sont faites des textes sous prétexte qu'elle ont plus d'influence que les textes eux-mêmes.
Peu honnête intellectuellement de lire les textes à demi mot et en les retirant de leur contexte. Dans le cas d'Adam et Ève, on constate que tant qu'il étaient "impeccables" (c'est à dire sans péché), leur regard était pur et ils ne voyaient pas malice à être nus. Dès lors que la malice est intervenue, il n'ont plus été capables de se regarder tels quels, de même qu'ils n'ont plus été capables non plus de voir Dieu tel quel. On est donc, dans le texte de la Genèse, à des années lumières d'une diabolisation de la nudité.
Dans l'épisode de la nudité de Noé, on constate que c'est Noé qui a maudit son fils pour l'avoir vu ivre mort et nu et pour l'avoir rapporté à ses frères. Le texte rapporte donc avec une franchise déconcertante l'ivrognerie et le caractère irascible du patriarche, sans bien sûr les accréditer religieusement.
Peu honnête aussi la sélection, qui pousse à ne retenir que les passages bibliques qui ne semblent pas faire la part belle à la nudité et à garder sous silence ceux qui démontrent qu'elle est considérée comme très pure et allant de soi; ainsi, les Évangiles nous indiquent très clairement que Jésus et les apôtres étaient souvent nus en présence les uns des autres (Jean 13:4; 21:7).
Donc, rendons à la Bible ce qui est à la Bible et à au Christianisme traditionnel ce qui est au Christianisme traditionnel, sans faire d'amalgames de nature à accréditer les mensonges de la tradition.
Message édité par : FredericIsere / 15-07-2011 22:35
Message édité par : FredericIsere / 15-07-2011 22:40
Tu as raison, FrédéricIsère : il faut être honnête.
Tant mieux pour les naturistes fidèles d'une des religions du Livre s'ils y trouvent quelques arguments pour soutenir que ledit Livre ne condamne pas réellement la nudité. Il reste que s'ils ont besoin de chercher ces arguments c'est que la grande majorité de leurs corréligionnaires y trouvent depuis des siècles, eux, des condamnations explicites. Et que, forts de cette certitude, ce sont bien les interprètes officiels du Livre qui ont imposé comme une évidence que la loi civile, dans des pays comme le nôtre où elle se prétend laïque mais reste marquée par la morale religieuse, prenne en compte cette condamnation comme relevant d'une tradition culturelle intangible. (cf l'argument fréquemment entendu au sujet du voile islamique : "Chez nous, de même qu'on ne se promène pas tout nu on ne se promène pas le visage caché")
Faut-il conclure que ces religions n'ont pas de pires ennemis que leurs interprètes officiels ? Hé hé !...
Personnellement, je ne cherche pas d'arguments en faveur du naturisme dans la Bible, je me contente de dire qu'il n'y a pas de base solide contre, ce qui n'est pas du tout la même chose pour qui voit plus loin que le manichéisme binaire.
Et oui, l'un des pires ennemis de la religion "basique" est bien la tradition officielle construite par dessus. Les pires ennemis du Christ ont parlé en Son nom, et au regard de ma propre tradition religieuse (anabaptiste), je le dis sans aucun scrupule.
Si l'on croit en un Dieu qui nous dicterait sa morale (sinon la discussion est évidemment sans objet), tant d'hommes, à commencer par les auteurs, traducteurs et exégètes de la Bible, ont parlé en son nom ! Naturellement, pour chacun de nous, ceux qu'il faut croire, ce sont ceux qui pensent comme nous. Bon, alors quel besoin avons-nous de leur autorité puisque c'est nous, en définitive, qui choisissons de la leur reconnaître plutôt qu'à d'autres ?
Bon, j'arrête là.
Que la nudité est l'état naturel originel de l'homme, ça en tout cas, c'est incontestable.
On est bien forcé d'interpréter les livres saints, sinon on les prend au pied de la lettre et l'on considère que le monde s'est bien formé en six jours, que l'homme a bien été créé à partir d'un tas d'argile et la femme à partir d'une côte en trop.
Donc, d'abord, intellectuellement, nous n'avons pas le choix. D'autant plus que l'on trouve dans ces livres tout et son contraire y compris sur des questions fondamentales (y compris de savoir s'il existe réellement un dieu).
Et de manière pratique, pour ce qui concerne la société, ce qui compte n'est pas forcément les textes, mais comment les gens y croient ou n'y croient pas, et ce qu'ils lui font dire.
Au reste, il faut aussi savoir quand et comment ont été rédigés ces textes. Aucun des évangélistes n'a été contemporain de la vie du Christ, et avant de retenir 5 évangiles canoniques, les textes ont connu plusieurs versions, et on a connu jusqu'à 12 évangiles, pour ne finalement ne retenir que Matthieu, Luc, Marc, Jean, et Thomas. Puis Thomas passa à la trappe.
Pour l'Ancien Testament, ces textes ont été compilés entre 900 et 300 avant JC. Il serait donc parfaitement oiseux de se demander ce qu'on pensé et écrit les rédacteurs, tant ce livre a été remanié.
Et une fois qu'on aboutit à un texte considéré comme "définitif", là encore, ce qui va compter, c'est non seulement le texte lui-même, mais ce qu'on va en retenir, comment on va l'interpréter.
Un exemple: selon les époques, la Bible a justifié le féodalisme, l'absolutisme royal, la démocratie.
Selon les époques ou les religions, elle justifie ou proscrit le mariage des prêtres.
Marx a dit "il faut partir des conditions réelles et non de ce que les gens disent ou s'imaginent être", et là, je suis en désaccord avec Marx: les gens agissent (qu'ils agissent consciemment ou inconsciemment, la "main cachée" que Marx reprenait de Ricardo) non pas en fonction de la réalité, mais en fonction de l'idée qu'ils s'en font.
Alors, rapporté à la bible, les gens édictent des prescriptions ou interdits moraux non pas en fonction de ce que dit le texte, mais en fonction de ce qu'ils pensent qu'il dit (ou de ce qui les arrange).
Le premier vêtement de nos premiers parents était de la peau animal. Cela sous-entend qu'il y a eu immolation préalable. De fait, l'humanité est, après le péché originel, revêtu du sacrifice d'où découle les rites, les mythes et les interdits qui la protège des conséquences du péchés.
Ce vêtement sacrificiel primordial est aussi une préfiguration du rédempteur: "Vous tous qui avez été baptisé dans le Christ, vous avez revêtu le Christ."
Mercantour devrait garder pour lui ses opinions tout à fait subjectives sur la bible ! L'a-t-il d'ailleurs seulement lue et méditée.
Ces genres d'affirmation à l'emporte pièce n'ont pas leur leur place sur un forum qui prône la tolérance !
Qu'il respecte les autres !!!!
