Je n'ai pas vu l'émission, mais je suis de la partie, étant cuisinier et prof de cuisine.
Alors, quelques conseils simples:
- on ne peut trouver de bons produits sans y mettre le prix. Des fraises à 1,50 le Kg ne peuvent être de la même qualité que celles à 3, un rosbif à 10EUR le Kg, ce n'est pas le prix normal, à ce prix là, le boeuf n'a jamais brouté de l'herbe et n'a jamais vu la lumière du jour. Idem pour un poulet à 4EUR le Kg.
- bien manger n'est cependant pas réservé aux riches. Quand on achète des produits frais au marché et qu'on cuisine soi-même, on peut excellement bien manger (beaucoup mieux que dans 80% des restos) pour beaucoup moins cher que la nourriture industrielle. Dans la nourriture industrielle, on paie surtout le conditionnement, le transport, la pub, l'emballage, les marges des intermédiaires.
- il est des tas d'aliments d'excellente qualité qui ne valent presque rien. Je viens hier d'acheter des dorades grises, j'ai cru qu'on allait me payer pour les acheter tellement c'était peu cher. Je les ai cuisinées très simplement: oignons et tomates à la poêle, dorades également à la poêle avec de l'huile d'olive, du riz: très simple, très vite fait, le tout pour quelques EUR, très sain. Aujourd'hui, je me suis fait une purée maison (rien à voir avec la mousseline, c'est le jour et la nuit). Là aussi, presque gratuit (du genre 80 centimes pour une purée qui nourrira 5 personnes), très facile: on épluche les pommes de terre, on les laisse cuire lentement et longtemps (non, ça ne prend pas de temps, c'est le gaz qui travaille), et on presse. Excellent, sain, très peu cher.
- Mieux vaut acheter les morceaux pas trop cher, mais d'excellente qualité, que des morceaux chers, mais de mauvaise qualité. Un filet de boeuf chez ED, c'est quand même à 20EUR le Kg, tandis que de la macreuse au marché, c'est 3 EUR le Kg. On laisse cuire ça des heures avec des poivrons, des tomates, un clou de girofle, des oignons, une rasade de cognac (optionnel), et c'est à se damner.
- Il faut acheter les fruits et légumes en saison. Sinon, on paie l'avion. Bien sûr, on trouve des cerises chiliennes en janvier, des abricots d'Afrique du sud en février, mais comme disait ma grand-mère, "à ce prix là, on les regarde".
- Il est des légumes très peu chers, et excellents. Par exemple les bettes, ultra simple à préparer: on fait une béchamel (nota: c'est ultra simple de faire une béchamel, et ça prend deux minutes), on met les bettes sur un plat et la béchamel dessus, on met le tout au four, on fait gratiner, et pour 3EUR on a un plat pour 6 personnes, 50 centimes par personne qui dit mieux?
- Ne mangez jamais d'allégé, ça fait grossir (non, je ne me suis pas trompé, c'est connu et mesuré; explication? la graisse apporte le goût et la satiété, donc avec l'allégé, on sucre plus, et rien pour dire "stop", alors comme les Américains, on n'arrête pas de manger). Jamais d'aspartame non plus (coca light, sucrettes dans le café), car là, c'est carrément toxique. C'est d'ailleurs interdit en Allemagne, mais la France n'a pas encore osé contrer Coca Cola. Pourquoi? Pour deux raisons. Primo, le corps ne sait pas ce qu'est cette molécule de synthèse, et donc ne la digère pas. Elle s'accumule et crée des problèmes rénaux, cardiaques, d'insuline. Secundo, ça agit sur les récepteurs neuronaux (exactement comme une drogue type héroïne) et crée un besoin de sucre.
Arrêtez donc, sous prétexte de vouloir boire ou manger moins de calories, de consommer ces poisons; réellement, il s'agit de produits toxiques.
- Quand vous achetez de la nourriture industrielle, pour des raisons de texture et de conservation, il y a des graisses modifiées, hydrogénées (vous avez remarqué que la margarine disparaît des rayons? Oui, c'est effectivement moins calorique que le beurre, mais et alors? C'est des graisses indigérables), de l'amidon modifié, des conservateurs, des stabilisants d'émulsion, tout un tas de chimie vraiment nuisible.
Petit exemple: si vous faites chez vous un poulet à l'estragon, 6 mg d'estragon suffisent pour tout le poulet. Mais l'estragon se dénature très vite, ça doit être mangé tout de suite. Donc, pour la nourriture industrielle, on utilise des huiles essentielles d'estragon. Ah, très bon, les huiles essentielles! 98% de bonnes opinions dans les sondages (chiffre que je ne cite pas au hasard, j'ai assisté en février à un séminaire de l'académie sciences et alimentation à l'Agro). Sauf que la concentration est mille fois supérieure, on a donc l'équivalent de 5g et non 5 mg d'estragon, et à 5g (ça fait plusieurs poignées d'herbe, 5 g, car ça ne pèse rien), on a des effets toxiques aujourd'hui reconnus, on est au-dessus des limites de toxicité qui sont à 3g.
Quant aux savons aux huiles essentielles, là on est en plein dans les croyances new age: si vous voulez vous bousiller la peau, prenez donc des crèmes et savons aux huiles essentielles d'agrumes. C'est interdit dans le commerce, car reconnu comme toxique, mais par les bons plans internet, par les vendeurs directs sans licence, du moment que c'est direct du producteur les gens vont croire que c'est bon. Ou comment vous empoisonner avec des produits bio. (J'ai fait manger des amanites phalloïdes à ma belle-mère, oui oui, c'était 100% naturel, ramassé dans la forêt, du pur produit plus que bio, car a poussé sans même l'intervention humaine).
Bon, j'arrête, et je passe à la minute de publicité: vous aurez quelques considérations de ce genre sur mon site
http://www.parischef.fr
En deux mots, les supermarchés, c'est pour la lessive, mais pas pour l'alimentaire!
Nous avons (encore) des marchés, des bouchers, des poissonniers, des crémiers, des boulangers, des charcutiers: il faut aller chez eux.
Sinon? Sinon, tous obèses, diabétiques, ostéoporisés (ça touche surtout les végétariens, mais pas seulement), comme aux Etats-Unis, où les boucheries, poissonneries, charcuteries, ont disparu. Boulangeries: 5 boulangeries dans toute l'agglomération new-yorkaise (14 millions d'h), 2 dans toute l'agglomération de Philadelphie (5 millions), 0 à Houston (5 millions) etc.
Pour finir, je viens de lire ci-dessous le message d'Aigle: apparemment, un restaurateur, un vrai, qui cuisine lui-même.
A Paris, 75% des restos se fournissent directement en plats déjà cuisinés à Rungis (ça se visite, les halles de Rungis). On y prépare les coquilles saint-jacques à la curnonsky et le boeuf bourguignon, le gratin dauphinois et le navarin d'agneau que le "restaurant" n'aura qu'à réchauffer.
Alors, autant aller chez Picard!
Le critère pour savoir si vous êtes dans un vrai restau, ou seulement dans une salle où l'on ne fait que vous servir du réchauffé? l'attente. Quand dans un restau on est servi dans les 5 minutes qui suivent la commande, c'est que c'est du réchauffé. Même une simple andouillette purée, ça prend une quinzaine de minutes, si on vous la sert illico, c'est qu'elle a été préparée à l'avance, et probablement à l'extérieur du restaurant.
Bon appétit!
philE :=!
fille de cuisinier 😉
quand je dis qu'il n y a rien de plus simple à préparer,à mes amis,
alors qu'ils se régalent d'un bourguignon maison , ou
d'une paella ou d'un coucous... ils en restent bouchent Bée
le tout à prix très raisonnables !!!
un bourguignon fait avec des joues, de la queue de boeuf
lard frais , oignons, carottes et pommes de terre revient très peu cher par tête d'invité!
et ne demande surtout pas des heures de présence en cuisine.
pareil pour un navarin...
qui de nos jours se régalent encore de pieds de porcs panés ?
là aussi un vrai régal...
par contre sous vide; on ne trouve pas 😉
enfin je l'espère!
le tout étant d'acheter des produits sains, de saison
à prix corrects...
des pieds de porc panés 😀 ça c'est bon, mais depuis que j'ai quitté ma Normandie snif, c'est fini j'en trouve plus alors fodrait que j'me chope la recette et que j'mi mette 😛
C'est quoi ça le système "AMAP"?
si j'ai bien pigé c'est un système associatif de distribution directement du producteur au consommateur!...
On s'engage à acheter régulièrement et on est livré toutes les semaine dans un point de livraison une quantité "pour une famille pour une semaine.." de produits de saison directement du producteur. En général c'est des producteurs "bio".
Avantages:
-pour le producteur: une valorisation de ses produits et un volume minimum (surtout avec des producteurs "alternatifs"
- pour le consommarteru: des produits sains(?) produits régionalement.
Inconvénients:
on ne choisit pas. Je ne suis pas sûr que les quantités soient adaptées. On s'en lasse? contraignant car régulier et nécessite un engagement à long terme.
Bref, j'ai pas encore osé!
Bravo PhilE pour tes précisions. C'est plein de bon sens mais çà fait toujours du bien à entendre..
Je me permets de relancer se sujet mais il est vrai que maintenant on nous fait bouffer n'importe quoi !!!
Ayant collaboré plusieurs fois avec les services de l'hygiène et mon épouse faisant partie d'une association défendant la maltraitance des animaux de la ferme
(PMAF www.pmaf.org- pour ceux qui veulent aller voir de quoi ils parlent),
je peux affirmer que l'animal qui est dans notre assiette ( comme l'a dit notre ami Cabrel) a eu la vie dure avant d'avoir été avalé....
Concernant ce qu'on nous sert au restaurant (je parle de l'hygiène)ça fait peur certaine fois. Heureusement que nous avons l'estomac bien constitué....
Je ne veux pas militer et je ne suis pas militant (ni végétarien ou végétalien) mais il serait quand même bon de bannir l'élevage intensif qui détruit la qualité du produit que nous mangeons en toute confiance.
Gil
Une pétition pour dire "non à la dinde à l'eau" de chez Leclerc...
La «dinde à l'eau» de E.Leclerc
Alors que l'emballage mentionne «qualité supérieure» et «100% filet»,
les tranches de filet de dinde ne contiennent que «84% de viande, le reste c'est de l'eau,
des additifs et du sel», observe l'organisation. «Ainsi le consommateur paye six tranches de dinde,
en réalité l'équivalent d'une tranche sur 6 n'est que de l'eau», explique une vidéo mise en ligne
sur le site de l'ONG.
Scandalisée, l'ONG a décidé de lancer une pétition destinée aux consommateurs
qui ne veulent pas être pris pour «des dindons de la farce». 36.800 internautes l'ont déjà signée.
https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/des-ruses-legales/petition-eleclerc/
Alors que l'emballage mentionne «qualité supérieure» et «100% filet»,
les tranches de filet de dinde ne contiennent que «84% de viande, le reste c'est de l'eau,
des additifs et du sel», observe l'organisation. «Ainsi le consommateur paye six tranches de dinde,
en réalité l'équivalent d'une tranche sur 6 n'est que de l'eau», explique une vidéo mise en ligne
sur le site de l'ONG.
C'est pas plutôt "84% d'eau"? Je ne comprends pas parce qu'un muscle contient déjà 75% d'eau, alors 15% seulement pour de la viande frelatée, il y a une erreur quelque part.
Alors que l'emballage mentionne «qualité supérieure» et «100% filet»,
les tranches de filet de dinde ne contiennent que «84% de viande, le reste c'est de l'eau,
des additifs et du sel», observe l'organisation. «Ainsi le consommateur paye six tranches de dinde,
en réalité l'équivalent d'une tranche sur 6 n'est que de l'eau», explique une vidéo mise en ligne
sur le site de l'ONG.C'est pas plutôt "84% d'eau"? Je ne comprends pas parce qu'un muscle contient déjà 75% d'eau, alors 15% seulement pour de la viande frelatée, il y a une erreur quelque part.
Cela dépend simplement comment l'on compte. Comme un fromage blanc 40% de matières grasses n'en contient en fait que 7% (40%, c'est calculé sur la matière sèche, or un fromage blanc c'est de l'eau à 80%).
Dans un emballage, on dit ce qu'il y a dedans, les différents ingrédients (et non les composants), dans l'ordre d'importance (c'est ainsi que dans le Nutella, le chocolat n'est cité qu'en 3ème).
Nous avons donc 84% de dinde, et 15% d'eau. Cette viande de dinde contient elle-même 75% d'eau.
Notez que c'est une pratique courante que d'ajouter de l'eau. Quand on mange du jambon blanc, il a été cuit dans de l'eau salée, et même égoutté, il contiendra plus d'eau qu'un jambon cru. Mais il faut savoir qu'on peut laisser encore une certaine quantité d'eau dans le sachet, ça fait de l'eau qu'on paye au prix du jambon...
Ne vous leurrez pas, il n'y a pas 40 000 manières de vendre moins cher:
_ des dindes qui n'ont jamais vu la lumière du jour et ne savent pas ce qu'est un grain.
- des producteurs à qui l'on dit "c'est nos tarifs, ou rien"
- des salariés payés au smic même quand ils sont qualifiés
Tout le monde comprend qu'un Château Latour vaut plus qu'un vin "des différents pays de l'Union Européenne" en bouteille de plastique, que des fraises de Plougastel ayant poussé en pleine terre et sans engrais valent plus que des fraises d'Espagne ayant poussé dans des godets de plastique, sans terre, simplement alimentées par des gouttes d'eau et des gouttes d'engrais pour leur apporter les divers éléments dont elles ont besoin pour pousser, et des lampes à U.V. pour qu'elles soient bien rouges.
Il faut aussi intégrer l'idée qu'une dinde fermière, ça vaut plus cher que la dinde de chez Leclerc. Les deux s'appellent vin, les deux s'appellent dinde, les deux s'appellent fraise, et c'est à peu près le seul point commun.
