Cette étude analyse l'ancien art. 330 comme un moyen de réprimer l’homosexualité. Ce n'est peut-être pas un hasard si son abrogation a suivi quelques années après sa dépénalisation, car cet article n'avait plus de raison d'être. Les homosexuels ayant maintenant le droit de cité, nos magistrats s'en prennent aux nudistes: notre combat est en somme assez similaire.
Merci Denis pour cet article, qui décrit bien la politique de répression de l'homosexualité. Mon mari a connu Arcadie à la fin des années 70, à la fois un ancien théâtre et mouvement homosexuel né après guerre ; il fallait avoir sa carte d'identité sur soi pour la police et surtout ne pas danser en couple. A noter que les pissotières étaient le seul lieu de socialisation des gays, car les bars, boîtes, saunas existaient à peine et encore sous couvert de la police.
Tout a changé en 1981 avec la dépénalisation de l'homosexualité (merci à Robert Badinter, qui a porté la loi de dépénalisation au Parlement), qui a permis l'ouverture de nombreux lieux privés. Mais il faut noter aussi que la création du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire), avec des gens comme Guy Hockenghem, Daniel Guérin et Michel Foucault et l'aide active du MLF, date du début des années 70. La première Gay Pride parisienne date de 1977. En 1979 sort le premier numéro de Gai Pied et se tient la première UEEH (Université d'été euro-méditerranéenne des homosexualités, au campus de Luminy, à Marseille).
Les choses ne se sont donc pas faites en un jour. On peut, rétrospectivement, dater l'évolution des mentalités de 1974, avec l'élection de Valéry Giscard d'Estaing et la rafale de lois qui a suivi : majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel, loi Veil sur l'IVG, fin de la censure cinématographique (qui nous a permis de voir La Religieuse ou Les Sentiers de la gloire). Dommage qu'il n'ait pas eu l'idée d'abolir l'amendement Mirguet (voir l'article). Mais "une certaine idée de la France" gaullo-pompidolienne avait vécu.
