14 juin 2026
Le monde est à nu, ...
 

Le monde est à nu, série, Québec

1 Messages
1 Membres
0 Reactions
4,493 Vu
PhilE
Messages: 15454
Confirmé Parrainé
Premier message du sujet
(@phile)
Membre
Inscription: Il y a 19 ans

https://www.journaldequebec.com/2023/09/02/cinq-questions-a-pierre-hugues-piche-realisateur-de-le-monde-est-a-nu

Cinq questions à Pierre-Hugues Piché, réalisateur de Le monde est à nu

Pierre-Hugues Piché

Photo fournie par Pierre-Hugues Piché

 
 
 
 
 
 

C’est avec un enthousiasme contagieux que le réalisateur Pierre-Hugues Piché parle du Monde est à nu, une série documentaire sur notre rapport à la nudité qui l’a menée dans une dizaine de pays, de l’Australie au Brésil en passant par l’Allemagne et l’Afrique du Sud. Celui à qui l’on doit la mouture québécoise de Taxi payant (et maintenant de Taxi payant : l’escouade), Ma petite vie, Les génies de la vitesse et Terre sauvage, propose une série aussi ludique qu’à portée sociale qui a nourri sa passion pour l’histoire. La nudité va bien au-delà de la sexualité et, dans Le monde est à nu, tous les corps ont leur place.

Pierre-Hugues Piché

Photo fournie par TV5
 

Quand on parle de nudité, comment se fait la première approche ? Est-ce toi qui dois dire : on tourne, tout le monde tout nu ?

 

La première approche avait été faite par la recherche, mais, sur place, on ne savait jamais tout à fait combien de personnes allaient se présenter. Quand je « call la shot », et disait OK, ça tourne, tu peux te déshabiller, c’était un peu stressant. Mais ça arrivait aussi que je clignais des yeux et que tout le monde était nu. Le match de soccer en Allemagne, c’était ça. Et ils ne se faisaient pas de cadeau et jouaient un vrai match en plus. En Afrique du Sud, au vignoble, les gens nous ont accueillis nus. On était jetlag. C’était surréel. La nudité permet d’avoir accès aux gens dans toute leur vulnérabilité. Les réponses sont plus franches, sincères. Les gens nous disaient : « Je n’ai rien à prouver, je suis nu ». La prise de contact se faisait rapidement. 

Martin Vachon se dit lui-même -pudique. Comment a-t-il vécu l’expérience ?

C’est un projet qui nous a confrontés dans nos propres valeurs et notre propre nudité. On est une petite équipe : Martin Vachon, le directeur photo Maxime Trudel et moi. On a beaucoup parlé. On prenait le temps de débriefer après les tournages, de se dire comment on s’était senti là-dedans. Lors du 2e jour de tournage, on était ici au Québec, on nous a obligés dans un endroit à nous mettre nus. Notre travail est de documenter un mode de vie, pas de le vivre. Comme teambuilding, ça peut difficilement être plus fort que ça ! Martin est un warrior. Il est travaillant, discipliné. Ce n’était pas évident pour lui d’être nu. On a trouvé la bonne façon, on a joué ça comme un défi. Ç’a été un grand cheminement personnel pour nous trois.

La série aborde autant des aspects politiques, sociaux, artistiques que des moments plus rigolos. Comment le ton s’est-il imposé ?

Martin est humoriste à la base. Mais j’aime dire que chaque épisode est un documentaire unique. En Afrique du Sud, même si l’apartheid est fini depuis 30 ans, on le sent encore. Les Blancs sont nus par plaisir alors que les Noirs, c’est pour revendiquer. Ça nous a permis de creuser l’histoire, la culture du pays. J’aime beaucoup l’épisode sur le Brésil qui est ultra politique avec des moments d’émotions. Au Japon, la nudité est plus underground sauf quand elle s’illustre dans les traditions comme le sumo. Je m’attendais à ce qu’il y ait une profondeur dans le contenu, mais il y a souvent beaucoup de couches. La nudité se pratique pour le plaisir, peut aussi être un moyen d’expression ou permettre de prendre position. Martin posait son regard de Nord-Américain. Il agissait comme notre porte-parole.

On ne peut pas parler de nudité sans parler de consentement. En quoi était-ce une préoccupation en prenant part à ce projet ?

C’était essentiel. Les gens acceptaient de tourner nus. On revalidait tout le temps. Ma job est de les mettre à l’aise, de respecter leurs limites avec délicatesse. Au Japon, le shibari (art de ficeler) m’a fait vivre un gros trip artistique. Quand j’ai demandé à quel point je pouvais me rapprocher pour filmer la prestation, le couple m’a répondu que je faisais partie de la chorégraphie. Si les images peuvent paraître choquantes, c’était plutôt un moment privilégié, doux et très émouvant. Et consenti.

Que souhaites-tu que cette série provoque comme réactions ?

On donne beaucoup de pouvoir aux vêtements. Ils dictent notre statut social. Nus, on est plus vulnérables. J’espère que la série va entraîner de bonnes discussions. Pour une fois, un show parle de nudité d’une bonne façon en montrant des corps différents. C’est important que les jeunes voient cette diversité de corps et sachent que tous les corps sont beaux. 

Le monde est à nu, vendredi 21 h à TV5

 

Partager :
Site du portail naturiste francophone VivreNu.com   :  rencontres-naturistes.com   lenaturisme photos nudismlife.com   tousnus.fr   photos.naturistes   Revues Naturistes Vintage   World Naked Bike Ride WNBR Cyclonudistes   tv-naturiste  VivreNu TV  o2switch