Après quelques années de liberté relative, j'ai subi une claustration définitive.
Sans raison apparente. L'air libre, le soleil, je ne connaissais plus.
De ma prison de toile, je ne pouvais sortir que quelques instants chaque jour et parfois la nuit mais toujours dans des lieux nauséabonds pour effectuer une tâche que rien ni personne n'aurait voulu accomplir à ma place. J'avais droit, il est vrai, presque chaque jour, à une bonne douche. Mais elle aussi n'était que de très courte durée. Si encore j'avais su pourquoi on m'infligeait cet enfermement. Si au moins j'avais pu en parler avec des congénères... Si je n'avais pas eu la pénible impression d'être de trop la plupart du temps... A force de réfléchir, j'ai fini pas comprendre que, simplement, mon maître avait honte de moi. Ce sentiment, vous vous en doutez, m'était pénible et si je parvins à le supporter c'est que de plus en plus souvent, je parvenais à indisposer mon maître en prenant plus de place qu'il ne voulait. Intuitivement, je compris que j'étais voué à une destinée plus glorieuse que celle que j'avais assurée jusque-là.
Ce que je pressentais depuis quelques temps fini par advenir. Je devins capable de faire le beau. Après quelques expériences exaltantes, j'appréciai de moins en moins le privilège de jouer, pour lui, aux hommes des cavernes. L'exercice réclamant beaucoup d'énergie, je faisais de mon mieux, mais pour toute récompense mon maître s'empressait de me remettre dans ma geôle. J'ai fini par en prendre mon parti. Comme un condamné à perpétuité qui entretien de courtes conversations avec son geôlier, j'avais avec ses mains de brefs entretiens.
Or voici qu'un beau jour, après un de ces voyages en voiture que je redoute plus que tout, mon maître gara sa voiture sous un grand arbre tout rempli de crissements de cigales. Il en fit le tour et je pensais qu'une fois de plus j'allais avoir droit à une brève sortie. Or subitement je me retrouvai à l'air libre et pour de bon. Il y avait du vent et sa caresse failli me faire perdre la tête. Mon maître se fit une maison de toile et, sans s'inquiéter le moins du monde de moi, il entreprit une promenade dans les bois. J'étais aux anges. Je me balançais quand il marchait. Je dansais quand il courait. Il n'était pas seul et au bout d'un certain temps je pris conscience que moi non plus je n'étais pas seul au vent.
Depuis, chaque année, j'attends avec impatience les quelques semaines où je vis en liberté. Le reste du temps, même sombre, même enfermé, je me remémore ces moments de liberté. J'ai enfin compris que mon maître est fier de mois car sans moi il ne pourrait pas être un homme. Je sais aussi que s'il m'enferme la plupart du temps, ce n'est ni pour me punir, ni parce qu'il aurait honte de moi, mais pour me protéger.
Comme je ne sais ni lire ni écrire, j'ai demandé à mon maître de témoigner pour moi.
Cordialement.
Cornu
😉
diverses interprétations possibles...
:# pour le protéger de quoi ??
un peu d'humour sur le sujet ne fait pas de mal ,par contre la fin est plutot triste en effet pour le proteger de quoi ????
bonne journee a tous
relisez le texte et pensez à différents sujets
et vous aurez le mot de la fin 😎
cornu, ne donne pas la solution, le jeu vaut la chandelle 😉
Si, la fin colle bien avec une des solutions possibles.
Faut-il donner sa langue au chat ? Ou considérer que chacun doit garder l'interprétation qui lui convient le mieux ? (j'espère...-ou pas...ça dépend peut être de la solution-, et peut-être vainement, que Cornu nous dévoilera ce qu'il a voulu dire).
😀 😀 :=! :=!
Beau témoignage en effet...
et j'ai une pensée aussi pour certaines de tes consoeurs, qui subissent très souvent le même sort...
Toi, encore, on peut comprendre l'hésitation de ton Maître : tu es visiblement émotif...et il avait peut-être peur que tu aies une réaction
imprévisible à la redécouverte de ta liberté ...
Mais elles ... pourquoi ?
😉
Ah mince, je relis... finalement mon interpétation ne colle pas avec le début, je n'ai pas trouvé :#
Bonjour,
On peut imaginer qu'un chat ai confié la plume à son maître. :=!
Mais, le passage que je préfère, c'est: "J'étais aux anges. Je me balançais quand il marchait. Je dansais quand il courait. Il n'était pas seul et au bout d'un certain temps je pris conscience que moi non plus je n'étais pas seul au vent."
:b
Un peu de poésie, ça peu pas faire de mal. 😎
Liberté sexuelle..... :=!
Brutalement dit, s'agirait-il du pénis d'un textile devenu naturiste ? 😉
Perspicace, Frantz 😉
Mais de quoi le maître voudrait-il le protéger ? :#
Des regards inquisiteurs ?
