Je ne suis pas juriste, mais je ne vois pas trop sous quel chef d'accusation incriminer cette manifestation, certes non déclarée mais qui, si elle était sur le trottoir, ne bloquait pas la circulation.
Quant à un homme torse nu, je ne vois pas trop non plus. Et c'est bien joué, parce qu'au cas où ils voudraient poursuivre les filles pour exhibition sexuelle, l'homme est exactement dans la même tenue, et, malgré le jugement de l'autre jour; 40 ans de pratique de droit ne considèrent pas les seins comme organes sexuels et constitutifs du délit d'exhibition sexuelle.
Wait and see...
Pour moi c'est incroyable ! les Femen se dirigeaient vers le métro, la manif allait se terminer et bien non les forces de l'ordre veulent les arrêter, conclusion une demi heure de spectacle en plus (bonne pub pour les Femen), des rapports, des auditions etc... pour une manif sans casse, pas un geste pas une insulte contre les CRS, résultat presque tout le monde est arrêté.
Quand je vois les manifestations récentes ou les CRS sont insultés, attaqués,( jets de pierres, boulons, canettes, cocktail Molotov, acides) Combien d'arrestations ?
Justice à plusieurs vitesses ou l'on se rattrape sur les plus faibles ?
Je dois vous dire aussi que j'ai été convoqué à la police pour une audition! cela c'est bien passé je ne pense pas qu'il y ait une suite, j'en ai profité pour faire mettre en pièce jointe le flyers de l'Apnel et un fascicule de plusieurs pages fait par Bruno Saurez "essai de mise au point sur la loi et le naturisme"
Néanmoins je suis passé par la case photos, empreintes et adn ! :paf
Nous avons un même combat avec les Femen, l'éclaircissement de l'article 222-32
Bonnes Fêtes à tous
Néanmoins je suis passé par la case photos, empreintes et adn !
😀 Normal, la police a reçu des nouveaux matériels très performants, mais comme elle n'arrive toujours pas à neutraliser les malfrats, elle amortit ce matériel avec les cobayes faciles à attraper...
Je n'aime pas trop par principe le fichage généralisé, mais l'autre jour j'ai lu qu'un prélèvement d'ADN avait innocenté un gars accusé de viol dans l'Indre. L'accusatrice l'en disait l'auteur, et en plus il y avait un témoin, ça semblait mal barré pour le mec.
Manque de pot, ce n'était pas lui!
Alors, confusion avec quelqu'un qui lui ressemble ou accusation calomnieuse? Au moins le gars est hors de cause!
Il est sûr que pour les policiers, interpeller quelques Femen et sympathisants n'est pas trop risqué, alors que lorsqu'il vont interpeller des trafiquants dans les cités, le "comité d'accueil" rapplique en moins d'une minute grâce aux SMS, on leur balance des bouteilles de verre, des boules de pétanque, jusqu'à une machine à laver! depuis le 17ème étage, des cocktails molotov sur leurs voitures, et parfois des coups de feu.
Il est sûr que pour les policiers, interpeller quelques Femen et sympathisants n'est pas trop risqué, alors que lorsqu'il vont interpeller des trafiquants dans les cités, le "comité d'accueil" rapplique en moins d'une minute grâce aux SMS, on leur balance des bouteilles de verre, des boules de pétanque, jusqu'à une machine à laver! depuis le 17ème étage, des cocktails molotov sur leurs voitures, et parfois des coups de feu.
Tu remarqueras que j'ai parlé de la police, et non des policiers.
D'accord avec tes remarques. Maintenant, il faut savoir pourquoi on en est arrivé là.
Gibus, encore une fois, compliments.
Et puis les policiers ont peut-être la nostalgie de Brassens ...
Merci Cendrinox, néanmoins j'ai beaucoup de respect voir plus pour les forces de l'ordre.
Joyeuses Fêtes
Réactions et pétitions face à la condamnation à lire ici:
a nudité politique des femmes n'est pas érotique
UN GROUPE DE PERSONNALITÉS ET D'ASSOCIATIONS 21 décembre 2014 à 17:26
Nous, féministes, dénonçons la condamnation d'Eloïse Bouton, militante féministe reconnue coupable d'«exhibition sexuelle» par le tribunal de grande instance de Paris le 17 décembre. Cette ancienne membre de l'association Femen, qui avait mené une action individuelle à la Madeleine en décembre 2013 pour dénoncer les prises de position de dirigeants catholiques dans les débats sur le droit à l'avortement en Espagne, a été condamnée à un mois de prison avec sursis et à verser à l'Eglise 2 000 euros de dommages et intérêts et 1 500 euros de frais d'avocat.
C'est la première fois depuis quarante-neuf ans qu'une femme est incriminée pour exhibition sexuelle en France. Le dernier cas remonte à décembre 1965 et concerne une jeune fille reconnue coupable d'outrage public à la pudeur pour avoir joué au ping-pong seins nus sur la Croisette à Cannes.
Bien que certain-e-s d'entre nous ne soutiennent pas l'idéologie de Femen, nous nous étonnons de la sévérité de ce verdict quand nous savons que d'autres personnes qui usent de la nudité pour véhiculer un message politique n'ont pas été inquiétées pour ces faits.
Les militants écologistes qui manifestaient nus en novembre 2012 contre la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, les intermittents du spectacle et le collectif Kamyapoil qui, totalement dévêtus, ont interpellé la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, sur la réforme de leur statut en juin 2014 et les membres des Hommen, mouvement masculin non mixte issu de la Manif pour tous, qui à l'instar de Femen, milite torse nu, n'ont pas été poursuivis pour «exhibition sexuelle».
En revanche, le groupe féministe les Tumultueuses, qui faisait irruption la poitrine dénudée dans des piscines publiques réclamant le droit pour les femmes à se baigner seins nus au même titre que les hommes, se sont fait plusieurs fois interpeller pour exhibition sexuelle.
En outre, le mouvement Femen, né en France en 2012, n'a jamais été condamné pour exhibition sexuelle à l'étranger (Tunisie, Turquie, Ukraine, Brésil, Allemagne, Espagne...) où il organise des actions, torse nu, depuis 2007. Dans certains pays, ce mode opératoire a parfois permis de faire évoluer des lois obsolètes et inégalitaires.
Aux Etats-Unis, Sherry Glaser, fondatrice du collectif Breasts No Bombs a été poursuivie pour «exhibition sexuelle et trouble à l'ordre public» en novembre 2005 après une manifestation seins nus sur les marches du Capitole de l'Etat de Californie. En novembre 2008, la justice américaine lui a versé une indemnité de 150 000 dollars (environ 120 000 euros), afin de respecter le premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression.
A New York, les femmes peuvent se promener seins nus dans les rues de la ville américaine depuis 2012, grâce aux performances de l'artiste Holly Van Voast et à la mobilisation de plusieurs mouvements défendant l'égalité dont Tera (Topfree Equal Rights Association ou Association du droit égal aux seins nus).
En Suède, les actions du collectif Bara Bröst en 2007 ont permis aux femmes de se baigner sans haut de maillot de bains dans certaines piscines publiques si elles le souhaitaient.
Si la décision de justice concernant Eloïse Bouton nous semble disproportionnée, elle est avant tout infondée. En effet, la loi française ne définit pas précisément ce qu'est une exhibition sexuelle hormis le fait qu'elle concerne des actes «imposés à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public» (article 222-32 du code pénal). Les seins des femmes sont-ils un organe sexuel ? Un homme le haut du corps dévêtu tombe-t-il sous le coup de cette loi ? Aujourd'hui, il revient aux juges d'en décider.
Comme la loi sur le harcèlement sexuel, modifiée en août 2012 par le Conseil constitutionnel qui l'avait jugée trop floue et inconstitutionnelle, nous estimons que ces imprécisions rendent ce texte discriminatoire et ne placent pas les femmes et les hommes sur un pied d'égalité. Nous demandons aux législateurs et aux responsables politiques de se saisir de cette question et de faire évoluer cette loi, indigne d'une démocratie, et qui ne reflète plus notre société contemporaine. Il serait temps que France ne soit plus seulement le pays des droits de l'Homme mais des droits humains.
Signataires :Christine Bard, Karima Delli Députée européenne Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), Isabelle Alonso Essayiste et militante féministe, Océane Rose Marie Comédienne et metteure en scène, Emilie Jouvet Réalisatrice et photographe, Christine Delphy Sociologue et chercheure au CNRS, Osez le Féminisme !, Didier Porte Journaliste et humoriste, Marie-Noëlle Bas Présidente des Chiennes de garde, Les Effronté-e-s, Virginie Despentes Ecrivaine et réalisatrice, Amandine Miguel Porte-parole de l'Inter-LGBT, Martine Billard Secrétaire nationale du Parti de gauche, Giulia Foïs Journaliste et auteure et Eva Darlan Comédienne.
Par un groupe de personnalités et d'associations
Je me suis fendu d'un commentaire en réponse :
Dans une église c'est bien plus sexuel que dans la rue. On perçoit nettement l'intention sexuelle dans un cas comme dans l'autre. Le mal est dans la tête de celui qui voit 😉
Tout en comprenant ce que tu as écrit Gilles, ce n'est pas totalement comparable non plus, vu le public auquel ça s'adresse.
Je vais prendre un exemple: chanter un cantique, réciter un Allahou akhbar etc. dans la rue (du moment qu'on ne fonce pas sur les passants on qu'on ne poignarde pas les policiers) sera certes provocant, mais le sera moins que si l'on va chanter, réciter des prières, dans les locaux de l'Union Rationaliste ou de la Libre Pensée.
Je visitais il y a un an et demi le château cathare de Quéribus (Aude), et un groupe de femmes descendait des escaliers en chantant Alleluja.
Je n'ai pu m'empêcher de dire que 800 ans plus tôt, c'est en chantant la même chose qu'on avait balancé les gens du haut des murailles.
En fait, les cathares devaient eux aussi chanter des Alleluja quand on les a balancés ou brûlés. Ils étaient même bien plus fanatiques que les catholiques envoyés les éradiquer par le Papinot 103. (Papinot 103, c'est un prof à la fac de Clermont-Ferrand qui m'a dit avoir lu dans une copie "le Papinot 103 lance la croisade contre les Albigeois". Joli nom pour un pape... Son successeur fut d'ailleurs appelé araignée. http://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_III).
Oui, mais vous allez voir que la précision (si précision il y aura) stipulera que c'est le bas du corps qui peut être considéré comme exhibition sexuelle.
Adieu les randonues...
Oui, mais vous allez voir que la précision (si précision il y aura) stipulera que c'est le bas du corps qui peut être considéré comme exhibition sexuelle.
Adieu les randonues...
Puisque tu as écrit "vous allez voir", nous verrons.
La question est de savoir si l'exhibition (car pour les Femen l'exhibition, montrer, forcer à voir, est caractérisée, ce qui n'est pas ipso facto le cas dans une randonue) des seins est de l'exhibition sexuelle.
Pour les Femen à la Madeleine ou Notre-Dame, elles avaient une culotte.
A supposer que le tribunal rappelle que c'est la vue des organes génitaux qui constitue l'exhibition sexuelle (ce qui signifierait la relaxe des Femen pour seins nus), le "adieu les randonues" me semble aller vite en besogne.
D'abord, on dit adieu à ce qui existait et va disparaître. Or la randonue n'a jamais été totalement légale...
Ensuite, va-t-elle disparaître ) cause de ces jugements?
Je ne le crois pas: les circonstances sont totalement différentes.
La randonue ne cherche pas la provocation, le but est de se promener. Pour les Femen, la provocation est recherchée.
Bien sûr, des tribunaux considèrent que le simple fait d'être vu nu est assez provocant pour justifier des condamnations. Mais d'autres (Rennes, Périgueux) ont estimé le contraire.
Je ne sais pas si je suis clair avec mes mais, mais au mais, mais au mais au mais. Mais comme c'est la loi et son application qui ne sont pas claires, si moi je l'étais ça voudrait dire que je me suis mal exprimé et ai été trop catégorique et réducteur.
Il faudra lire attentivement les attendus du jugement, en quel sens qu'il soit. Parce que nous pouvons tirer parti tant d'une relaxe (on dira "si même une action aussi provocante n'est pas condamnée, comment comprendre la condamnation de paisibles nudistes, qu'il randonnent ou qu'ils nagent ou qu'ils prennent un bain de soleil?), et si elle l'est, il faudra noter dans l'attendu du jugement les termes qui souligneraient le caractère manifestement provocant de cette nudité (ou semi-nudité) pour pouvoir arguer que lorsqu'il n'y a pas de provocation, il ne doit pas y avoir de condamnation.
Je crois assez peu à un tribunal qui se contenterait d'énoncer, dans une affaire médiatisée (dans une affaire anonyme d'un petit tribunal, on peut tout voir), sans autres précisions, que ces femmes étaient déshabillées donc c'est de l'exhibition sexuelle.
Il leur faudra entrer dans les détails, prendre en compte l'élément intentionnel, la mise en scène, les attitudes, le lieu.
Et c'est exactement ce que nous disons pour la nudité simple: dans la nature, sans recherche de provocation, en gardant une certaine discrétion, sans aucun geste, aucune attitude, posture, qui puisse être lascive ou provocante ou sexuelle (donc tout l'opposé des Femen qui ont quand même mis en scène leur semi-nudité, avec mime d'un avortement), ce n'est pas de l'exhibition sexuelle.
Bon, je parle, je parle: attendons que le tribunal, et même plus, les cours d'appel et/ou de cassation, aient prononcé leurs jugements!
