Alors, c'est de l'exhibition sexuelle ? Oui.
C'est punissable ? Non
Comprenne qui pourra !
Mon opinion personnelle :
Le juge n'a pas osé relaxer. Dans le cas présent, il aurait pu, mais comme c'est médiatisé, il craint un précédent, que d'autres personnes invoquent que c'est un droit, et ça mettrait d'autres juges dans l'embarras.
Mais il n'a pas voulu condamner non plus. Ce faisant, il met d'autres juges dans l'embarras.
Ce sera à eux, si d'autres affaires de ce genre viennent à leur être soumis, de décider.
Comme il y a dispense de peine, il est très probable que Steven Cohen fera appel, on en reste donc dans l'indécision la plus totale.
Ce qui me chiffonne un peu dans le jugement, c'est le « personne n'ayant porté plainte » . Parce que ça revient à dire que c'est celui qui porte plainte qui décide si c'est répréhensible ou non.
Personne n'est choqué, alors circulez il n'y a rien à voir. Quelqu'un est choqué, alors la justice doit condamner.
Ma grand-mère était choquée par des hommes avec des cheveux longs. On condamne ? Non, car rien dans la loi ne permet de condamner. Mais là, si quelqu'un avait porté plainte, il n'aurait pas été dispensé de peine.
Je prends un autre exemple : les femmes en burqa ou niqab choquent beaucoup de monde et c'est interdit, et on condamne. Mais pourtant personne ne porte plainte : eh oui, c'est une contravention, pas un délit, dont le policier n'a pas besoin de plainte.
Et une contravention, c'est moins grave qu'un délit.
Alors je continue (vous suivez ?) ma comparaison : un gars, qui venait pourtant de repasser son permis, est contrôlé à 237 km/h sur l'autoroute. Là, c'est un délit. Mais y a-t-il eu plainte ? Probablement non. Pourtant, il va quand même se retrouver au tribunal et être condamné (et heureusement !!!)
Alors, pourquoi dans certains cas il faut une plainte, et dans d'autres non ?
Un lien (il y en a plein d'autres si vous faites une recherche dans les sites d'actualité):
Copier-coller:
L'artiste Steven Cohen coupable d'exhibition sexuelle mais dispensé de peine
Home CULTURE Arts Expositions
Par Mathilde Bergon
Publié le 05/05/2014 à 10:55
L'artiste sud-africain Steven Cohen à Avignon en juillet 2012.
Le verdict est tombé. Le tribunal correctionnel de Paris vient de trancher sur la performance de l'artiste sud-africain, en septembre 2013, où il se baladait avec un coq relié à son pénis place du Trocadéro.
Publicité
Nouvelle collectionMa robe printanière
Je craque
1/5
La justice a tranché. L'artiste sud-africain Steven Cohen a été déclaré coupable ce lundi d'exhibition sexuelle après sa performance en septembre 2013 sur le parvis du Trocadéro où il se promenait avec un coq attaché au pénis. Le tribunal correctionnel de Paris l'a cependant dispensé de peine, compte tenu notamment de la démarche artistique du performeur, et du fait qu'aucune plainte n'ait été déposée. Le président du tribunal a également expliqué que l'artiste ne s'est «à aucun moment livré à des actes sexuels», et qu'à ce titre il ne convenait pas de prononcer de sanction pénale à son encontre. Le procureur avait, lors du procès, requis une «peine d'avertissement», suggérant une amende de 1.000 euros.
Le 10 septembre 2013, vers 9h30, le quinquagénaire sud-africain avait déambulé sur le parvis du Trocadéro en face de la tour Eiffel. Corset blanc, bas couleur chair, ganté de rouge et maquillé, Steven Cohen perché sur de hauts talons avait le sexe enrubanné et relié à un coq. Toujours excentrique dans ses performances, l'artiste a estimé «hors propos» de se retrouver poursuivi devant un tribunal pour sa performance, avait-il déclaré à l'AFP le 16 décembre dernier, jour où il a été initialement cité à comparaître.
Le procès avait été renvoyé, car son avocate Me Agnès Tricoire, souhaitait que le tribunal puisse visionner la vidéo de la performance de son client. Il se considère «déjà puni» car il n'a pu se rendre aux obsèques de Nelson Mandela, avait-elle déclaré. Le jour de l'interpellation de son client, son avocate, a expliqué qu'avec «cette performance, Steven Cohen voulait évoquer sa situation, partagé entre deux pays, l'Afrique du Sud son pays natal et la France où il vit actuellement», avant d'ajouter, indignée: «Cette garde à vue est une honte. La France embastille les artistes».
«Ce que j'ai fait, c'est de l'art, ça n'a rien à voir avec la sexualité».
Steven Cohen
L'idée du spectacle était «de faire quelque chose de léger, et en même temps sérieux», avait expliqué Steven Cohen, à la barre, sobrement vêtu de noir. «Le fait d'avoir le mouvement dans l'espace est politisé en Afrique du Sud», et cette performance traduisait l'expression d'une identité, «mâle, blanc, homosexuel, juif». Tout cela n'avait «rien à voir avec le sexe», mais était lié à «l'identité du genre». Avant de déclarer: «Si vous me condamnez, c'est dommage pour la France».
Plaidant la «relaxe pure et simple», son avocate, Me Agnès Tricoire, s'était attachée à démontrer que son client n'avait rien imposé à quiconque, car dans cet espace vaste et ouvert, «les gens qui n'ont pas envie de regarder s'éloignent», «les spectateurs sont tous volontaires». Jugé en mars dernier devant la 28e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le prévenu a toujours revendiqué cette manifestation comme une performance.
Dans une interview accordée au Figaro en mars dernier, Steven Cohen avouait «Dans la vie, je suis quelqu'un d'extrêmement normal, presque de façon terrifiante. Je n'ai rien de la grande folle excentrique ni du travesti déguisé à l'excès». Car le performeur distingue toujours sa vie d'homme et sa vie d'artiste.
:# La raison humaine continue de se perdre dans un ostracisme, irrationnel
et oppressif, vis à vis de la nudité et de la sexualité.
Quand bien même la justice aurait affaire avec de l'exhibitionniste pur et dur,
pourquoi menace-t-elle de sanctions aussi lourdes ? Vouloir importuner son prochain
en lui imposant son sexe mérite-t-il la prison ? Où mérite-t-il une simple remarque
dans le style "tu t'es vu comme tu es ridicule" ?
Laissons le glaive s'abattre sur tous ceux qui commettent de véritable crimes
(agressions, escroqueries, viols, assassinats...) mettant réellement en péril
les victimes et pas des malades qui devraient bénéficier, bien au contraire,
de soins psychologiques ou même pour certains psychiatriques.
Oui, bien sûr je voulais dire "peu probable", ou même "totalement improbable".
Pour le fait qu'il y ait plainte ou non:
si je vois quelqu'un rouler à 243 km/h comme celui qui venait de repasser son permis, je pourrais en théorie porter plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui par non-respect manifeste d'une obligation de sécurité", article en général utilisé contre un chef de chantier qui fait monter un grutier sur sa grue un jour de tempête, par exemple.
Mais il y a peu de chances que ma plainte aboutisse, même si en me dépassant ou en roulant dans l'autre sens, il m'a flanqué la frousse de ma vie, et même si j'ai des moyens de prouver sa vitesse (je filmais par exemple mon gosse qui jouait près de là).
Je parle d'ailleurs d'une manière générale: moi, j'estime que les lois doivent être appliquées, plainte ou pas plainte, parce que les lois sont là pour prescrire ou proscrire certains comportements. Or en France, il n'y a enquête automatique qu'en cas de meurtre (eh oui, le mort ne va pas porter plainte...), mais si quelqu'un brûle ma voiture, qu'on peut même savoir qui c'est (supposons par exemple qu'il y ait des images vidéos, ou mieux encore, que l'auteur s'en soit vanté), mais que je ne porte pas plainte (peur des représailles, notamment), eh bien l'incendiaire pourra dormir tranquille.
Et c'est justement cette nécessité de la plainte qui contribue à l'impunité de nombreux délits.
Au reste, ce n'est pas toujours vrai: par exemple, la police (ou plutôt le procureur) peut de son propre chef aller arrêter des trafiquants de drogue, alors même qu'il n'y a pas plainte.
Alors, pourquoi dans certains cas il faut une plainte, et pas dans d'autres?
"Ou la découverte d'un corps s'il y a meurtre. ": là, il y a un exemple américain, la loi exigeant qu'on retrouve le corps ou l'arme du crime.
Le gars avait filmé l'assassinat, et avait diffusé les images. Mais il n'a pas filmé où il a fait disparaître le corps et l'arme. On n'a retrouvé ni l'un ni l'autre, donc il a été acquitté!
Loi américaine, car l'autre jour on a condamné Dupont de Ligonès alors même que le corps de Guilaine Marchal n'a jamais été retrouvé.
Pour en revenir à notre fameux 222-32, imaginons un streaker au Stade de France.
80 000 personnes rigolent, applaudissent, il ne se passe rien (ou, en cas d'arrestation, il peut espérer la dispense de peine lui aussi).
79 999 rigolent, applaudissent, une porte plainte: condamnation possible.
Moi j'aimerais bien que la loi dise clairement ce qui est interdit ou autorisé, et qu'il n'y ait pas de ces choses interdites mais pas punies (dans ce cas, autant ne pas interdire), ou interdites mais tantôt punies, tantôt non, selon que quelqu'un a porté plainte ou non, selon qu'un procureur a estimé devoir poursuivre ou non, selon qu'un juge aura estimé devoir condamner ou non.
Le flou n'est artistique que chez les grands photographes.
