Evidemment que le naturisme n'est ni interdit ni immoral. C'est l'image qu'il a dans la société ou l'idée que les gens peuvent s'en faire qui pose problème.
Voici ce que dit le dictionnaire juridique et contractuel des affaires et projets:
Bonnes moeurs: Notion qui permet de remettre en cause la licéité d'une convention par référence aux pratiques sociales majoritaires de la société et à la morale judéo-chrétienne.
ou le Guide du travail:
Bonnes moeurs: Habitudes ou usages d'une société. Les moeurs se définissent par rapport au bien ou au mal, ce qui permet de dégager des règles : les bonnes moeurs.
Les bonnes moeurs se confondent souvent avec la morale.
Les textes législatifs font souvent référence aux bonnes moeurs. Le but n'étant pas d'imposer une conduite conforme aux bonnes moeurs, mais d'interdire une conduite contraire à celles-ci.
Exemple : le contrat de travail ne peut pas avoir une cause contraire aux bonnes moeurs.
Ainsi, même si le naturisme n'est pas contraire aux bonnes moeurs, il suffit que la majorité de la population le considère comme tel pour qu'il le soit.
Il n'est malheureusement pas interdit aux fonctionnaires d'être...sots ! (restons polis) 😕
Mais ce n'est pas non plus une obligation et en tant qe retraité de la fonction publique, je soutiendrai que la plupart ne le sont pas ! 😀
Ton post est arrivé juste avant le mien, Paul, et je ne l'avais donc pas lu.
Tu dis bien "la majorité de la population", or , si on se réfère à des sondages souvent cités ici, ce n'est pas le cas. Ce n'est qu'une minorité qui considère le naturisme comme "contraire aux bonnes moeurs". Malheureusement cette minorité est militante et la majorité qui serait plutôt indifférente la craint. Les fanatiques et les tartufes ont toujours bénéficié de la pusillanimité des "majorités silencieuses" !
Disons que plus que du naturisme, j'aurais du parler de nudité publique qui, elle, peut être davantage mal vue que le naturisme comme mode de vie. Mais il faut bien reconnaître que sous prétexte de naturisme, certaines personnes se conduisent mal et nuisent à l'image de ce mouvement. Pas étonnant que les gens (de la minorité agissante) fassent ensuite des amalgames et que la majorité silencieuse soit perplexe.
Message édité par : pcma
J'ai déjà rencontré des inspecteurs des impôts en centre naturiste. Un couple.
Ce qui, en revanche, serait plus problématique pour l'exercice de leur fonction, c'est qu'ils soient vus nus dans un eportage TV. La France, à la différence des pays nord-européens, n'est pas encore prête à l'accepter. Idem pour des enseignants dans des zones difficiles qui perdraient toute autorité sur leurs élèves qu'ils étaient filmés nus. Surtout les femmes...
En effet il existe des fonctionnaires naturistes , cependant un de nos amis vient de faire les frais d'une participation à une émission..
Loïc
Bonjour,
Je connais un certain nombre de fonctionnaires naturistes, relevant de différents ministères, et aucun ne semble avoir eu d'interdictions de ce type.
Amitiés
Francis
Les fonctionnaires sont soumis à une obligation de réserve. Cela ne les empêche évidemment pas de pratiquer le naturisme, mais peut peut-être poser des problèmes s'ils en font état publiquement (dans une émission de télé par exemple).
Pour moi, il s'agit d'une extension abusive du devoir de réserve, liée à la mentalité française.
Qu'un fonctionnaire ne critique pas ouvertement et publiquement des décisions politiques ou de sa hiérarchie, d'accord.
Qu'il ne révèle pas publiquement des éléments concernant un administré dont il s'occupe, d'accord. Mais considérer comme un manquement au devoir de réserve le fait qu'il révèle publiquement pratiquer le ski, le yoga, la pétanque ou le naturisme qui relèvent de la liberté de chacun (fonctionnaire ou pas) n'est pas défendable car aucune de ces activités n'est illicite ni nuisible à qui que ce soit.
"Le fonctionnaire doit, dans l'exercice comme en dehors de l'exercice de ses fonctions, éviter tout ce qui pourrait porter atteinte à la dignité de ses fonctions ou à sa capacité de les exercer, donner lieu à scandale ou compromettre les intérêts du service public."
Sanctionner un fonctionnaire qui révèlerait sa pratique du naturisme reviendrait donc à considérer cette pratique comme indigne, scandaleuse ou pouvant compromettre les intérêts du service public. Il faudra que le tribunal administratif, voire le Conseil d'Etat explique en quoi le naturisme les compromettrait plus que l'escalade ou la randonnée pédestre. Sauf à considérer le naturisme comme une perversité ou une déviance à interdire, je ne vois pas.
Message édité par : pcma
Pour revenir au post de départ, voilà pourquoi j'ai dit refuser toute photo en avatar pour éviter des ennuis tant que je suis en exercice... (Instit).
Non que je pense pratiquer un loisir honteux mais plutôt que j'espère très egoistement le pratiquer longtemps: sans traitement comment aller en vacances par exemple????
Message édité par : luzero
J'aimerais plus de précisions sur le cas mentionné par amidephebus, car le point de vue affirmé par pcma est indiscutable. Or à ma connaissance, le naturisme ne saurait être considéré comme de nature à donner lieu à scandale puisque, il y a un quart de siècle, la ffn était sauf erreur reconnue comme mouvement d'éducation populaire (ou quelque chose comme ça).
On peut en revanche estimer que pour un fonctionnaire ayant à exercer une autorité au nom de l'Etat le fait d'apparaître nu dans un media quelconque "pourrait porter atteinte à la dignité de ses fonctions ou à sa capacité de les exercer". En ce sens des enseignants comme luzero ou pcma, par exemple, ont évidemment raison d'être prudents. Une inspectrice des impôts aussi peut-être, mais il y a quand même une énorme différence à cet égard entre dire à la télévision qu'on est naturiste et s'y montrer nu.
Le texte que cite pcma représente un aspect du devoir de réserve, mais ce n'est pas le seul. Les fonctionnaires doivent également faire preuve d'une certaine neutralité par rapport au service public. Un enseignant, par exemple, ne peut pas faire mention, auprès de ses élèves, de ses convictions politiques, religieuses ou syndicales. Dans ce cas aucune notion de dignité n'entre en compte.
J'aimerais également en savoir plus sur le cas cité par amidephebus.
Message édité par : gymnosophiste
