L'APNEL a commencé son "combat" par des actions médiatiques et pédagogiques visant à banaliser la simple nudité et la rendre "socialement sympathique". Puis nous nous sommes lancés dans le juridique à travers les initiatives de solidarinue et avec l'espoir d'accompagner des affaires emblématiques.
Mais dans l'affaire PM, nous nous sommes retrouvés face à des juridictions conservatrices, peu sensibles à nos arguments. Jean-François a malgré tout réalisé un travail extraordinaire en relation avec nos avocats. Toutefois la partie était très difficile car même dans l'affaire de la femen (qui bénéficiait, elle, d'un grand soutien médiatique et populaire), la cour de cassation a conduit à considérer que le simple fait de monter ses seins constituait une exhibition sexuelle.
Plus que jamais, il nous faut rassembler et banaliser, comme cela a été fait avec les cyclonues, le festival, les randonues mixtes (nat et non nat) et toutes initiatives qui ne restent pas dans l'entre-soi.
Cette ouverture est également indispensable en matière politique. Mais rassembler ne signifie ne pas prendre partie pour tel ou tel parti politique. Sinon, nous entretiendrons davantage nos divisions. Et de toutes les façons, aujourd'hui, aucun des grands partis ne prend réellement "le risque" de nous soutenir officiellement.
Reste donc à espérer que la Cour européenne de justice nous donnera raison et, dans cette perspective, poursuivons nos opérations de banalisation et de communication, en y associant nos amis textilistes qui sont, dans leur grande majorité, sensibles à la question de la protection de la diversité, de la nature et des libertés.
PS Je trouve indécent que certains naturistes se félicitent de nos échecs. Mais bon, c'est comme ça 🤔
PS Je trouve indécent que certains naturistes se félicitent de nos échecs. Mais bon, c'est comme ça
Tout à fait d'accord, mais il faut tout de même relativiser: ces "certains" sont très peu nombreux (d'ailleurs le "s" est sans doute surabondant) et peuvent-ils (peut-il) seulement être considéré(s) comme naturiste(s)?
La Cour de Cassation ne fait qu'expliquer et s'assurer que la loi est bien interprétée. Être nu, c'est exhiber son sexe, donc c'est une exhibition sexuelle (pour faire vraiment très simple). Elle ne pouvait faire autrement. Sur d'autres sujets, cette Cour provoque d'énormes problèmes mais ce n'est pas elle qui fait la loi. Ils ne jugent pas. Les juges, eux jugent... C'est pour cela qu'il ne fallait pas trop attendre des merveilles. Mais pour ma part et comme beaucoup... je pensais, on sait jamais, qui tente rien n'a rien. C'est vrai que le conservatisme dans ce milieu est un peu trop roi quand même 🤔
La Cour Européenne, par contre, c'est autre chose. Alors la bataille est loin d'être terminée. 😀
Vivement le résultat... mais il faudra être encore patient 😉
Merci Ouistrol d'être d'accord avec moi !
En fait ce n'est pas Simone Veil ou Robert Badinter qu'il nous faudrait en première ligne, pour conquérir plus d'humanité mais un autre destin extraordinaire je voudrais parler de Joséphine Baker !
10. En se déterminant ainsi, et dès lors que, pour être caractérisé, le délit d'exhibition sexuelle ne suppose ni un comportement sexuel ou obscène, ni la volonté délibérée d'offenser la pudeur d'autrui, la cour d'appel a justifié sa décision.
Alors c'est quoi le délit ?
La mauvaise foi de Cour est évidente, malheureusement il fallait s'attendre à ce rejet car comme l'a relevé Daniel, la CdC n'infirme que rarement quand elle est saisie, sauf erreur manifeste. Je relève qu'on n'a pas eu droit à la Cour au grand complet puisque c'était "une formation restreinte", preuve qu'elle n'a pas jugé bon d'accorder beaucoup d'attention pour une affaire qu'elle considère comme mineure, possiblement à cause de la peine encourue (600 euros d'amende).
La CdC est là pour s'assurer que la loi a été respectée, elle ne statue pas en fait, et comme la loi est très imprécise sur ce point elle est sujette à interprétation, la Cour ne s'est donc pas mouillée pour dire que l'interprétation faite par la cour d'appel était invalide. "Exhibition" a plusieurs sens en français, donc on ne peut pas affirmer que quelqu'un qui le prend dans un sens particulier, comme "exhiber un document", soit dans l'erreur. La Cour n'a pas vocation a faire les lois.
Mon avis vaut ce qu'il vaut, j'ai fait lire l'arrêt à un juriste de ma connaissance et c'est ce qu'il en est ressorti. C'est désagréable en attendre, mais c'est pourquoi je pense que la CEDH ne donnera rien car ce n'est pas elle qui fait les lois pour les pays de l'UE. Pour autant, au point où on en est, il est indispensable de le faire en espérant pouvoir en tirer de quoi légitimer une QPC.
la CEDH s'abstient d'intervenir pour demander la modification du code pénal des Etats
Et elle fait bien. Mais ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il s'agit, au contraire et si j'ai bien compris, de respecter le code pénal, et non les opinions conservatrices de bien des magistrats.
La CdC est là pour s'assurer que la loi a été respectée,
Précisément Denis, non seulement elle n'a pas fait son travail mais elle a en + exprimé une règle en totale contradiction avec ce qu'était l'intention du législateur (preuve en est la synthèse qu'en a fait Henri Nallet et le rapport Jolibois de la Commission des lois du Sénat).
Rappelez-vous que l'année dernière, cette même Cour de cass. n'avait pas osé aller aussi loin. Elle s'était contentée de dire dans son arrêt FEMEN du 26 février 2020, que l'exhibition de la poitrine d'une femme constitue bien le délit d’exhibition sexuelle mais ne saurait être sanctionné, au regard de la liberté d’expression, dès lors que le comportement relève d'une démarche de protestation. Ce qui n'a pas empêché les 3 préfectures de Paris, Bordeaux et Le Mans d'interdire quand-même les WNBR... comme quoi ce sont bien des décisions qui relèvent du "fait du prince" et non d'une interprétation stricte de la loi...
Alors s'il y a des gens qui font sécession de la République, ce ne sont peut-être pas ceux que l'on montre du doigt, mais tout un pan de notre système judiciaire (et de la haute fonction publique d'État. L'heure est grave. Nous ne sommes déjà plus dans un État de droit. Et le pire, c'est qu'il s'en trouve ici pour en être heureux...
Inutile de cracher sur la Cour de Cassation. En émettant aucun avis, elle dit clairement : la loi est claire, si cela ne convient pas, changez là mais ce n'est pas à nous de la changer, ce n'est pas notre rôle.
Je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. 🤔
On tourne un peu en rond aussi, la déception (moi y compris) ne doit pas être le moteur d'explications hasardeuses 🙄
Comme je ne l'avais plus en tête, je suis allé relire l’arrêt. Vraiment, en toute objectivité, la Cour de Cassation a très bien répondu. Chaque point est incontestable y compris celui de la distance 😏.
Attention Denis, dans ton 1er paragraphe tu juges la réponse. Je sais que c'est tentant 😤.
Peut-être qu'il faudrait créer une Cour de Vérification de la Cour de Cassation... Ça peut aller loin
Vivement la suite car je connais très mal la Cour Européenne.
" le Législateur qui sait parfaitement rédiger avec son armée de juristes," Denis, je crois que tu te berce de graves illusions. Beaucoup de textes légaux en particulier les arrêtés, sont très mal rédigés par des fonctionnaires qui ne connaissent rien au sujet et attendent leur prochaine mutation accompagnée d'un avancement. Et en plus en dessous des arrêtés, il y a les notes de services.
Dans un système extrêmement complexe, avec presque 10 niveaux juridiques, cela ne peut être qu'à l'interprétation du fonctionnaire devant l'appliquer. Enfin nous ne sommes pas dans une procédure de qualités ou une rectification à un niveau quelconque entraine la modification de toute la chaine.
Beaucoup de textes légaux en particulier les arrêtés, sont très mal rédigés par des fonctionnaires qui ne connaissent rien au sujet et attendent leur prochaine mutation accompagnée d'un avancement
Des arrêtés, oui, ou des textes mineurs, mais certainement pas le code pénal qui a vocation à traverser les siècles! (code Napoléon).
