Cet après-midi en relisant Cesare Pavese le grand poète italien, je suis tombé sur ce texte. Je vous le livre brut:
ATAVISME
Caché par les volets, l'enfant respire au frais,
tout en fixant la rue. Par la fente lumineuse,
on voit les pavés sous le soleil. personne ne marche
dans la rue. L'enfant voudrait sortir tout nu
- la rue est à tout le monde - et se perdre dans le soleil.
C'est interdit en ville. Mais pas à la campagne,
s'il n'y avait au-dessus de la tête la profondeur du ciel
qui atterre et déprime. Il y a l'herbe froide
qui chatouille les pieds, mais les arbres au regard
immobile, les troncs et les buissons sont autant d'yeux sévères
pour un corps blême et faible, qui frissonne.
Même l'herbe est étrange et le toucher répugne.
Mais la rue est déserte. Si quelqu'un y passait,
depuis l'ombre l'enfant oserait le fixer
et dire que tous dissimulent un corps.
c'est un cheval qui passe, ses muscles sont saillants,
et les pavés résonnent. Cela fait très longtemps
que le cheval s'en va, tout nu et sans pudeur, au soleil:
au point même qu'il marche au milieu de la rue. L'enfant
aimerait être fort et bronzé comme lui, et tirer
au besoin sa charrette: alors, il oserait se montrer.
Puisque l'on a un corps, il faut bien qu'on le voie. L'enfant
se demande si tout le monde a un corps. Le petit vieux ridé
qui passait ce matin ne peut avoir un corps
à ce point triste et pâle, il ne peut rien avoir
qui soit si déprimant. Et même les adultes
ou les mères qui donnent le sein au nouveau-né,
ne sont pas non plus nus. Seulement les enfants ont un corps.
l'enfant n'ose pas se regarder dans l'ombre,
et pourtant il sait bien que pour devenir un homme
il devra se perdre dans le soleil et se faire aux regards du ciel.
Cesare Pavese aurait dit :
"Il est beau d'écrire parce que cela réunit les deux joies : parler seul et parler à une foule."
déjà d'époque... bien avant les sites de communication sur internet 😉
Je ne connaissais pas cette citation de Pavese, mais je ne suis pas non plus spécialiste du Poete.
Toujours est-il que c'est tellement vrai.
autre citation celle-la est de Dominique Fernandez:
" la littérature est une fonction de supléance. Elle redonne une deuxième chance à la vie."
😉
Message édité par : TIRRENIA / 30-07-2009 22:50
Merci, je ne connaissais pas ce poème, bien que je suis italien.
Par contre je voudrai signaler aussi un rècit, Nudismo. Je peux vous l'envoyer, mais en privé a cause des droits...
Nudivago - Vito
Il y a quelques pages de "Nudismo" ici : http://www.clubnaturismo.org/nudismo-di-c-pavese.html (bon, c'est en italien, tout le monde ne suivra pas !)
Merci, Jacques, de ton attention,
Le texte est un peu difficile à traduire (même à l'entendre en original, je l'avoue).
J'esseierais de le traduir...
C'est un text littéraire, une confession, des châteux en Espagne, pas un manifeste.
Le balayage électronique n'est pas des meilleurs.
Nudivago-Vito
