Séjour d'une semaine à Bormes et en mai pour un petit groupe de Nautena. Objectif : deux plongées par jour autour des îles d'Hyères.
Première plongée dans le bleu méditerranéen pour mon binôme et moi, nouvellement Niveau1. Notre encadrement s'est fait par des membres de Nautena : MF1 pour la formation et avec les conseils avisés des N3E1 et N3 (les connaisseurs s'y retrouveront).
Plongées théoriques et techniques.
Exercices en mer : comment se stabiliser, comment sauter du bateau, comment remonter (tôt ou tard...), l'attitude attentionnée au fond de l'eau avec son binôme de plongée d'une part, avec la faune et la flore d'autre part. Tout au long du séjour nous avons bénéficié du savoir des confirmés, dispensant sans compter les clés indispensables pour appréhender le monde sous-marin. Les conseils sont martelés avant chaque mise à l'eau, ce qui oblige à les admettre et à les retenir ; le geste et l'attitude doivent devenir instinctifs. La plongée est un loisir à risques, sauf si l'on est bien préparé. Au-delà de cette évidente réalité, c'est aussi le ressenti que l'on a lorsque l'on plonge une première fois. Milieu impressionnant.
Mon binôme et moi avons bénéficié également d'une formation et de plongées au Nitrox, mélange d'air enrichi en oxygène, lequel avec un nom pareil doit donner des boutons (pas eu), fait pousser les cheveux démesurément et donne des hallucinations ! Justement parlons-en :
Lors d'une remontée, j'ai vu une sirène au cheveux longs ! Son visage ressemblant étonnamment à celui de notre cher formateur (qui avait d'ailleurs disparu). Comme nous elle faisait son palier et avait adopté la position du Bouddha-assis-en-apesanteur. Sa tignasse drue s'est alors décollée de son crâne et s'est élevée doucement vers le monde du haut (pour respirer dans doute), avant d'être sauvagement rattrapé à la main et repositionné (de travers).
Notre sirène à la chevelure fertile dégoulinante et au tempérament masculin, est remontée sur le bateau détendeur en bouche ; c'est la règle même pour toutes espèces de sirènes confondues. Je ne l'ai plus revue. Mais on a retrouvé notre formateur.
En outre, cette belle invention qu'est le Nitrox, permet de plonger plus longtemps sans faire de palier de décompression. La fatigue liée à l'immersion en est également réduite. Formation assurée par Nautena.
Plongées-poésie.
Indissociables l'une de l'autre, les plongées théoriques et techniques permettent les plongées-poésie : immersion dans le bleu. Coup de bol, il y avait du soleil dans le monde d'en haut. On évolue alors dans les rais de lumières sous la surface. C'est dans ce décor de documentaire de France 5 que j'ai pu lors de la dernière plongée, me laisser bercer par le sac et le ressac à 5m de profondeur. Les poissons s'approchaient de nous. Et c'est tous ensemble que nous nous laissions balancer en apesanteur dans ce mouvement pendulaire.
Plongées à 20m pour tous, plongées profondes pour les confirmés.
Plaisante rencontre que celle d'un poulpe qui se laissait caresser. Déclinant soudainement avec dédain le toucher de notre main amie, il s'éloignait pour se laisser de nouveau approcher. Une fille sans doute !
Et puis des barracudas, des mérous, un congre, des murènes en vrai. Chacun s'observe. Le tout est de connaître l'intention de l'autre. La murène nous accueille toujours gueule ouverte. J'ai ouïe dire qu'elles pouvaient être gentilles et s'amuser avec l'Homme. J'attendrai la prochaine occasion.
Impressionnant ballet argenté de sardines, qui changent de sens de rotation au signal du "chef". Mulets, castagnioles, dorades, rascasses.
C'est parfois en s'approchant d'un rocher marron - verdâtre que l'on voit un minuscule machin fashion explosant de couleurs fluo. C'est une limace. La Création ne s'est réservé aucune limite pour émerveiller. Il faut s'approcher sans déranger et sans écraser du pouce, d'où l'importance de l'apprentissage de la stabilisation pour demeurer distant de quelques centimètres d'une oeuvre d'art. Le ou les biotopes sous-marins sont hallucinant de diversités. Je veux bien croire ce que l'on me dit : chaque plongée au même endroit est différente si l'on prend la peine d'observer patiemment.
De retour à la surface, chacun raconte "son" histoire sous-marine. Les anecdotes de rencontres avec des poissons ne sont pas rares. Les espèces deviennent attachantes.
Après quelques jours passés avec des gens passionnés, on regarde l'étalage du poissonnier différemment. Ce qui vit dans les fonds marins est beau et précieux.
Et le naturisme dans tout ça ?
Bronzage intégral sur le toit du bateau pour 2 collègues pendant quelques traversées qui nous conduisent à un spot de plongée. "Nu sans être vu des autres plongeurs venus d'ailleurs", étant la devise. Un jour, le vent s'est levé. Le bateau tangue en franchissant les vagues et l'ordre est vite donné aux deux partenaires particuliers d'en haut de redescendre illico sur le pont moussaillons. C'est au prix de contorsions artistiques d'un nouveau genre, qui feraient pâlir de jalousie les trapézistes de chez Pinder, qu'il a fallu le remettre ce foutu maillot de bain. La devise avait changé : " jambe après jambe en tenant fermement le mât du bateau ballotté de l'autre main et avec le sourire " - "cling !"
D'Hyères à aujourd'hui.
Retour du séjour sur la terre ferme : ça tangue pas mal dans la tête ; le cerveau s'immerge de temps en temps et continue d'arpenter les fonds à la recherche de souvenirs. Difficile de le résonner entre l'envie de faire part des instants vécus et l'attente des autres plongées en mer à venir.
Janlik
Message édité par : JanliK / 20-06-2013 09:23
Message édité par : JanliK / 20-06-2013 12:51
Message édité par : JanliK / 20-06-2013 12:53
