Il faut reconnaître que le naturiste qui parviendra à dissimuler une ceinture d'explosif n'est pas encore né... 😀
Mai 68 : "Il devrait être interdit d'interdire..." :=!
Janvier 2010 : Après la loi interdisant les signes ostentatoires, voici la loi qui dicte comment nous avons le droit ou pas de nous habiller! Alors se déshabiller ce n'est pas pour demain 🙁
Attention : je déteste voir des personnes avec cet accoutrement (Burka...). Je ne supporte pas l'avilissement et le non respect de certains pour les femmes. Mais je préfère l'éducation, le dialogue et l'aide à une loi qui aura des effets assez étonnants et qui est encore faite pour une très petite minorité et qui va encore emmer... une majorité.
Si la loi passe: plus de voilettes de deuil, ... 😉
Le mot d'ordre, pour ma part, est "liberté". Si la personne est consentante, c'est son problème. S'il lui est imposé, il existe un cadre légal pour empêcher que cela ne se produise. Il en va de même pour une femme à qui le mari oblige de porter des talons hauts ou une mini-jupe (et oui, ça arrive aussi).
Mais bref, c'est un débat sans fin ou les gens ont leurs idées ancrées, alors que le bon sens suggère que l'on n'oblige ni n'interdise rien en matière vestimentaire. Qu'on laisse les intéressés libres de choisir. Car si certains prônent le voile pour la femme, d'autres contraignent l'homme à porter le turban. Nul ne crie à la soumission de l'homme, pourtant. Or, s'il s'avérait qu'un père ou une mère ou une épouse même force l'intéressé à porter un turban contre sa volonté, c'est tout aussi une violation de sa liberté.
Pour aller de l'avant sur ce problème, je propose de le prendre à l'envers : mettons nous dans la situation où la France interdit effectivement le port du voile intégral par le biais législatif. Une musulmane qui vient en France est donc obligée d'aller à l'encontre de ses principes et de sortir non voilée. Mais que dire d'une française qui va dans un pays radicalement islamiste ? Elle aussi est obligée d'aller à l'encontre de ses principes et de mettre un voile pour sortir.
La France serait alors "à égalité" avec les pays islamistes radicaux. Belle avancée en vérité ! Nous qui accusons le monde musulman de basculer dans l'obscurantisme et l'intolérance, nous agirions exactement de même !
Que l'on soit identifiable : je suis pour. Que l'on n'avilisse pas les femmes : je suis pour. Que l'on fasse une loi pour me dire comment m'habiller (ou pas) : je suis contre!
Marco
Voilà toute ma pensée, exprimée avec brio!
Bravo Marco!
:=!
Pour en rajouter une couche (de vêtements):
si on se met à légiférer sur la tenue que les gens peuvent ou ne peuven,t pas porter en public... quelle belle action progressive. Bientôt, pour compenser, on va nous expliquer que la mini-jupe ne doit pas être portée, car c'est un véritable pousse au viol...
Et franchement, ceux qui portent une barbe et des cheveux longs ne sont-ils pas de dangereux terroristes en puissance...(mdr)
En fait il y a eu conjonction de plusieurs facteurs qu'il ne faut pas oublier.
Le débat sur la burqa est parti de Venissieux par son maire, André Gerin, communiste qui voyait dans sa commune une inflation galopante de femmes qui la portent.
Il avait demandé et obtenu la création d'une commission parlementaire chargée de plancher sur le sujet.
Le problème est que Copé, par arrivisme, a choisi de court-circuiter cette commission pour annoncer le dépôt d'une proposition de loi qui institue une infraction non encore dénommée (le texte de la proposition n'est pas encore à ma connaissance disponible) qui serait punie d'une amende de EUR 750, autrement dit contravention de 4ème classe.
Doit-on pour autant, sous couvert de protection de la liberté, nier le problème de l'obligation faite à de plus en plus de femmes (car celles qui portent ce vêtement de leur plein gré sont-elles si nombreuses ?) de se barricader derrière une prison de tissu avec grillage devant les yeux ?
Là je suis nettement plus perplexe, car j'ai l'impression de retrouver le même type de discours que celui tenu lors de l'adoption de la loi sur les sectes (violation des libertés religieuses), sur les signes religieux à l'école (même grief...).
Les réactions à chaque fois m'ont fait me demander si finalement certains n'aspiraient pas à une société à l'américaine, où la scientologie serait à l'abri de toutes poursuites et respectée par exemple.
La tournure que prend actuellement le texte pose problème :
- car Copé, pour des raisons d'arrivisme certainement, se couche sur les travaux d'une commission parlementaire qui n'a pas encore remis son rapport où pouvaient être contenues d'autres pistes de réflexion
- qu'il risque d'y avoir des problèmes d'application de la loi
Mais je le redis, la liberté pour ses femmes est presque tout le temps un leurre. Le vêtement est le plus souvent imposé. Alors, invoquer la préservation des libertés dans ce cas-là , et bientôt pourquoi pas sera à nouveau revendiquée la liberté de rouler sous l'empire d'un état alcoolique par exemple.
Sans compter que pour les démarches administratives, il y a un réel problème pratique : comment pour une école remettre un enfant à quelqu'un dont on ne voit pas le visage, et idem pour retirer des documents administratifs strictement personnels ?
Alors d'autres voies pourquoi pas ? Mais rester les bras croisés n'apparaît vraiment pas la bonne solution.
Et assimiler la France au pays où il y a obligation de porter ce vêtement et les mettre sur le même plan, c'est un peu faible comme analogie : j'ai été déçu qu'on ne fasse pas appel à la notion de génocide, histoire de rester dans le pas exagéré du tout...
Pour moi, chercher toutes les solutions à ce problème, bien sur, mais rester les bras croisés, non...
Toujours très raisonnable, Frank.
Mais en dehors des motivations assez évidentes d'un futur candidat déclaré à l'Elysée, il y aura toujours débat entre ceux pour qui le principe de précaution commande d'encadrer étroitement la vie privée et ceux qui pensent que c'est traiter les citoyens comme un troupeau de moutons.
Je reste de ceux qui, comme je l'ai dit plus haut, pensent que ne doivent être interdits, en fait de comportements individuels, que ceux qui constituent un danger avéré (et non pas fantasmé) pour la sécurité d'autrui.Les autres doivent être libres même s'ils me dérangent. Ce qui implique le droit d'être vêtu - ou dévêtu - à sa guise.
Maintenant on peut soutenir comme tu le fais observer que la sécurité publique exige la possibilité d'identifier à tout moment tout individu agissant dans l'espace public. En ce cas une loi pourrait préciser l'interdiction dans l'espace public de "toute tenue dissimulant le visage d'une personne de manière propre à faire obstacle à son identification." En prenant bien soin de ne pas donner d'exemples.
Mais il faudrait prévoir une exception pour le Carnaval !
Bonjour Guy !
Euh... moi c'est Frédéric, mais j'aimerais skier aussi bien que Franck avec 2 c au lien d'un à son nom :b
Si la loi passe je serais curieux de voir ce qu'en pense la Cour européenne des droits de l'homme qui sera forcément saisie.
Toujours très raisonnable, Frank.
...
Rappel : la CEDH a eu à se prononcer sur la loi concernant les signes religieux à l'école :
Sur ce sujet et les réactions des internautes :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-burqa-le-cache-sexe-et-la-loi-67732
Oups ! Pardon Frédéric : une confusion dans ma vieille tête avec un fameux champion de ski d'autrefois !
Merci pour le lien, Taisy : je viens d'y aller voir, c'est intéressant ... et parfois édifiant !
Message édité par : papygb / 13-01-2010 16:08
Doit-on pour autant, sous couvert de protection de la liberté, nier le problème de l'obligation faite à de plus en plus de femmes (car celles qui portent ce vêtement de leur plein gré sont-elles si nombreuses ?) de se barricader derrière une prison de tissu avec grillage devant les yeux ?
Il me semblait l'avoir dit. Je suis contre toute obligation faite de se vêtir d'une manière ou d'une autre...Je ne nie nullement le fait.
Là je suis nettement plus perplexe, car j'ai l'impression de retrouver le même type de discours que celui tenu lors de l'adoption de la loi sur les sectes (violation des libertés religieuses), sur les signes religieux à l'école (même grief...).
Les réactions à chaque fois m'ont fait me demander si finalement certains n'aspiraient pas à une société à l'américaine, où la scientologie serait à l'abri de toutes poursuites et respectée par exemple.
Loin de moi cette idée, mais inversement la loi doit-elle gérer tous les actes de notre quotidien?
Mais je le redis, la liberté pour ses femmes est presque tout le temps un leurre. Le vêtement est le plus souvent imposé. Alors, invoquer la préservation des libertés dans ce cas-là , et bientôt pourquoi pas sera à nouveau revendiquée la liberté de rouler sous l'empire d'un état alcoolique par exemple.
Je veux bien, mais les codes vestimentaires de nos chères têtes blondes sont aussi très souvent imposées (par les publicistes, l'entourage, ...). Donc pour éviter tout problème, que nos chers élus édictent une loi expliquant le code vestimentaire adéquat... (j'exagère! à ne pas prendre au premier degré...)
Frédéric nous sommes d'accord sur le problème, mais pas sur la solution.
Sans compter que pour les démarches administratives, il y a un réel problème pratique : comment pour une école remettre un enfant à quelqu'un dont on ne voit pas le visage, et idem pour retirer des documents administratifs strictement personnels ?
Idem, il me semblait l'avoir dit... Mais aucune loi n'empêche d'aller chercher son enfant avec un casque de motard sur la tête, mais les instits ne le laisseront pas partir comme cela sans avoir vu notre tête. Donc la loi n'est pas vraiment nécessaire, il me semble.
Et assimiler la France au pays où il y a obligation de porter ce vêtement et les mettre sur le même plan, c'est un peu faible comme analogie : j'ai été déçu qu'on ne fasse pas appel à la notion de génocide, histoire de rester dans le pas exagéré du tout...
Ou la la, c'est pas loin du point goldwin ça 😉 mais il me semble que faire des lois pour dire ce qu'il est permis ou pas de porter est assez proche de faire des lois qui dictent ce qu'il faut porter...
Juste pour parler : ton analogie sur "et bientôt pourquoi pas sera à nouveau revendiquée la liberté de rouler sous l'empire d'un état alcoolique par exemple." me semble aussi assez faible... et un peu exagérée 😉
Marco
