En effet, shyguy, les ressentiments issus d'une tolérance forcée ou subie ne sont pas bons. Mieux vaut s'éloigner pour éviter la confrontation ou/et accepter que d'autres ne fonctionnent pas pareil que soi, essayer de comprendre qu'ils fonctionnent différemment. On se limite là bien évidemment à ce qui est tolérable, pas à l'intolérable (atteintes à la personne physique, à son honneur, production de souffrance inacceptable par exemple). Il faut parfois savoir imposer sa façon de voir quand elle est juste (par ex. ne pas justifier des propos discriminants globalisateurs). Si on n'approuve pas quelque chose qui n'est pas inacceptable (notion qui reste subjective), on peut tenter le dialogue, ainsi que la manifestation, plutôt que la haine ou la condamnation.
Encore faut-il que les règles d'une expression équitable soient préservées, qu'un cadre de parole soit possible. À un niveau international, c'est aussi pour cela que l'ONU par exemple a été créée. S'il est ainsi désolant d'enfreindre des décisions collectives prises à un haut niveau de responsabilité en matière de conflit, il faut aussi savoir se méfier et se défier des abus de pouvoir : c'est le but des forces d'équilibre et des médiateurs. Le pouvoir, qu'il soit économique, financier, parental, administratif, culturel, politique, médiatique, engendre toujours, dès lors qu'il manque d'encadrement et de limitations, des abus.
La tolérance n'est pas liée au respect et le respect ne signifie pas relativisme ou indifférence. La tolérance est juste utile pour éviter la guerre et les conflits. A ce niveau, ça n'est pas une référence. Par exemple un groupe extérieur arrive dans une tribu indienne et il saccage, sans s'en rendre compte, toutes ses références culturelles locales en introduisant les siennes, et là-dessus ils prônent la tolérance ? Il est des mélanges qui détruisent, appauvrissent. Si la mondialisation s'accompagnait d'une véritable lutte contre les pollutions en tous genre (de la planète, des êtres vivants), la déforestation, contre les trafics et les drogues dures, contre les discriminations violentes, contre le sexisme, contre l'échange inégal, contre la corruption et la bêtise qui sèment la pauvreté, OK (ce qui n'est pas le cas : intérêts égoïstes en jeu) ; or, tout en cherchant à "unifier" le monde, cette "mentalité d'invasion", qu'elle soit occidentale, politique ou religieuse, a engendré trop de chamboulements sociaux, de pollutions, de corruption, de répressions et d'inégalités. Aujourd'hui, la tolérance reste de mise pour éviter la violence mais on ne peut lui attribuer une fonction positive. Ce n'est pas là que se trouve le mieux.
Message édité par : ourfarewell
"La tolérance est juste là pour éviter guerres et conflits".
"On" a toléré, accepté que Hitler prenne le pouvoir en Allemagne. Pas besoin de faire de dessin pour en connaître les conséquences !
La tolérance, le laxisme, la soumission sont trop proches...
Oui, en effet, merci de le préciser. Mais je parlais de l'utilisation de la tolérance à ce stade par rapport à soi, pour éviter le conflit. Evidemment que les propos discriminatoires sont inacceptables (comme intolérables), il ne faut pas attendre que l'autre les mettre en pratique. Ainsi, en ce qui concerne par exemple l'Iran, je suis choqué de voir qu'on continue comme avant avec un pays dont le représentant a tenu de tel propos, mensongers et ignobles, qui sont un appel à la violence. Pour des raisons économiques, diplomatiques, on ne va pas lui interdire fermement les recherches en puissance nucléaire. On attend quoi ?
C'est comme avec la planète : on attend quoi, la catastrophe irréversible (les catastrophes sont déjà là mais le point de non-retour est pour dans quelques années seulement) ? Comme avec l'endettement, etc. On dirait que les responsables politiques (et les gens qui les placent), englués dans des intérêts égoïstes, préfère attendre le pire tout en refusant de l'imaginer, comme ils savent qu'ils vont mourir sans pour autant l'accepter.
Il est grossier et faux de faire de la tolérance une valeur positive. Pour en revenir à la définition, c'est renoncer à imposer une partie de soi qui dit non. Evidemment, ceux qui ne pensent tolérance qu'en fonction de leurs propres intérêts et des valeurs qu'ils défendent ont beau jeu! En fait, c'est n'importe quoi. On ne peut pas se fonder là-dessus : la rendre positive n'implique aucune éthique, aucune réflexion particulières, cela favorise le relativisme, une certaine indifférence, rejoint la démission intellectuelle.
On dit que la tolérance, comme disposition sociale, c'est accepter un truc qui nous déplaît pour favoriser une certaine paix : encore faut-il que les conséquences n'en soient pas graves. Ca ne doit pas être un appel à l'irresponsabilité, à la facilité.
En revanche, accepter ce qu'est physiquement, sensuellement, affectivement (en soi) l'être humain n'est pas une question de tolérance mais un devoir d'acceptation. Les religions ont créé et multiplié les "péchés" à destination de divers aspects de la nature humaine et de vérités certaines. Un esprit perverti s'est ainsi introduit dans l'esprit des individus, bien au-delà de leur appartenance ou non aux religions. On ne peut tolérer le fait de se rendre supérieur à d'autres à partir de motifs fabriqués, de critères fabriqués ("race", "ethnie", "sexe", "genre", "production", etc.) L'égalité n'est pas un vain mot.
Plutôt d'accord avec toi Etalpol. C'est vrai aussi que l'on tolère beaucoup de choses par faiblesse et manque de courage ! C'est en fait de la lâcheté, tout simplement ! Aujourd'hui, il me semble que l'on parle souvent de respect, de tolérance et de communication..et que remarquons-nous au quotidien ! Une société de plus en plus agressive, intolérante et autiste. Est-ce seulement un sentiment ? ou une réalité ? Etre tolérant, c'est être indulgent. C'est parfois être aussi résigné. Pour ma part, je suis parfois passé pour un intolérant car passionné, pugnace et convaincu par des idées et des causes que je défendais. Etre intolérant, c'est refusé aussi l'échange d'idées et d'arguments ( ne jamais douter, ne pas bouger, ne pas évoluer, faire preuve d'intransigeance et ne pas respecter son contradicteur..)
La réflexion :"tolérér que Hitler prenne le pouvoir" met en évidence la question cruciale : Peut-on tout tolérer ??? Bravo pour cette idée !!!
La formulation de la question montre que la tolérance n'est pas une simple représentation ("une peinture") autrement dit: la tolérance peut-elle passer dans la réalité sans contradiction qui la ruinerait ("peut-on"); Et le "tout" marque bien que l'idée par elle-même tend à devenir reine, à s'affirmer pleinement, dans et par tous ceux qui se "prennent" à la désirer (=aliénation).
Il faut et il suffit de suivre l'expansion de l'idée de tolérance pour pouvoir par le calcul produire la simulation formelle d'un parcours qui permettra de décider si la tolérance doit être limitée.
-Tolérer tout = tolérer avec indifférence les idées et leur manifestation dans l'action de transformation du donné = mettre toutes les idées sur le même plan = ne pas les distinguer par leur essence ou par leur conséquence = accepter l'intolérance, aussi = accepter l'intolérance c'est accepter la disparition de la tolérance => l'idée de tolérance totale est impossible car son expansion amène sa destruction. 😉
Donc comme on dit la tolérance n'est pas une vertu !!! En réalité la philosophie dominante du «vivre et laisser vivre» a pour effet pervers de déresponsabiliser le citoyen face aux affaires de la cité et aux malheurs de son prochain. Au nom de la liberté et de la tolérance, on lâche le loup dans le poulailler interdisant aux poules toute révolte au nom du respect de l'autre»
Peut-on repousser les limites de Tolérance ??
Dans le domaine des idées, il est impossible de faire sa part à l'idée contraire. Impossible, par exemple, de faire sa part à l'idée de liberté. Si l'on entrouvre la porte de la cage, tôt ou tard, l'oiseau sortira...Autrement dit, pour que l'athée, l'incroyant, l'agnostique, le musulman se sentent libres, le catholique doit s'effacer. 😕
Le mot tolérance n'est pas aussi limpide qu'on le croit et la réalité qu'il signifie n'est pas aussi courante qu'on le prétend.
Dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie, se révèle l' embarras à définir la tolérance à l'intérieur de leur discipline. A ce sujet, on connaît la boutade de Claudel: «Tolérance! Tolérance! Il y a des maisons pour ça!»
Enfin quelle définition de Tolérance ???? :#
pphp, si tu relis ce que j'ai écrit auparavant, j'explique déjà que la tolérance n'est évidemment pas une valeur en soi ni une vertu.
Tolérance (=aptitude à supporter) et intolérance (=refus de supporter) ne veulent donc rien dire en soi au niveau du sens, en-dehors de la situation concernée.
En fait, la tolérance n'est possible que lorsque que ce à quoi elle s'applique n'est pas jugé intolérable.
Tolérance de quoi ? Intolérant sur quoi ? Tout seul, ça ne veut rien dire, même "en équilibre", ça ne correspond à rien d'éthique.
Etre "très" tolérant n'a pas plus de valeur qu'être "très" intolérant : ça dépend de quoi on cause! (et j'en ai un peu causé) Ça ne veut absolument rien dire en-dehors de ce qu'on défend ou de ce dont on se défend.
Ou alors, c'est qu'en disant "je suis quelqu'un de tolérant" (avec un air satisfait), il y a un non-dit, une insinuation qui correspond à : "toi/vous/eux, n'es/n'êtes pas tolérant/s envers quoi je le suis". La tolérance peut donc être un appel positif contre l'intolérance, si tant est que cette intolérance est estimée néfaste et erronnée. De même inversement.
Ainsi, prises à part, sans rapport, l'une et son contraire (tolérance et intolérance) ne sont rien. Qui dit tolérance dit intolérance. Mais ce ne sont que des degrés de mesure et non des voies. C'est la circonstance qui donne une voie.
Tolérance n'est donc qu'un mot (nom dit féminin).
😉
