J'annonce la couleur: c'est mon style, je n'y vais pas par quatre chemins. Je vois déjà les modos froncer les sourcils, peut-être même que l'index de l'un d'entre-eux est déjà parti en direction du bouton gauche de la souris... Mais j'ai la faiblesse de croire que ce n'est pas tant le sujet qui irrite que la façon d'en parler. Vous jugerez sur pièce.
Lors de mon récent séjour à La Sablière j'ai passé pas mal de temps au tir à l'arc car comme vous savez sans doute je suis archer. J'ai remarqué une femme que je trouvais très belle à mon goût, naturelle, mince, sportive, petite cinquantaine, visage avenant, souriante. Nous avons d'ailleurs eu l'occasion de faire connaissance car nous avons pris un apéritif en commun.
Je vous dis cela mais ce n'est pas "ce que vous croyez" (si ça se trouve d'ailleurs vous ne croyez rien...): elle était accompagnée, un homme tout à fait agréable également, et même si je n'avais pas été marié (je suis comme une moule, je meurs où je m'attache!) il est pour moi totalement hors de question de voler ou de faire du tort au autrui, fusse-ce pour une femme: croyez-le, ou non!
Et les poils dans tout cela? Amis lecteurs, pas d'impatience, j'y viens!
Une petite coquetterie la rendait remarquable, elle n'avait pas souscrit à la tyrannie du tout lisse, du glabre, comme on le voit systématiquement partout maintenant et pas seulement chez les naturistes: elle avait gardé ses poils, tant aux aisselles qu'au pubis et c'est à coup sûr un moyen aujourd'hui de se faire remarquer. Rassurez-vous cependant (j'en vois certains faire la grimace), que du bon goût: domestiqué, traité de manière à satisfaire au moins ceux qui n'y sont pas allergiques, propret quoi.
Donc une femme comme je les aime, un femme qui s'assume. Mais si cette introduction était nécessaire cette histoire s'arrête là: désolé de vous décevoir mais je n'en dirais pas plus. L'anecdote que je veux rapporter est ailleurs.
Au cours de la séance une jeune fille est arrivée pour tirer, sans complexe malgré ses 15 ans, vraie naturiste, et d'une beauté telle que si on l'avait vue sur un magazine on aurait pu croire qu'elle était photoshopée.
A ce stade de mon récit je me sens tout de même un peu obligé de me justifier préventivement (d'autant que le "pire" est à venir!). "Honni soit qui mal y pense", jamais cette expression ne m'a semblé plus à propos. Cette fille était tellement jeune que même ma propre fille passerait auprès d'elle pour "une vieille" mais je vous conjure de croire que pas le moindre fantasme n'a effleuré mon esprit, l'enfance est pour moi trop sacrée. Il reste que sa beauté ne tenait pas seulement à l'éclat de la jeunesse mais que c'était ce que l'on désigne familièrement par "canon".
J'en viens au rapport avec la femme dont j'ai parlé: elle aussi n'avait pas cédé aux sirènes de la mode et ne s'était pas acharné sur ses poils pubiens. Bel exemple de courage de la part d'une très jeune fille pensais-je, peut-être un peu naïvement. Et le geste (ou plutôt le non-geste) était d'autant plus pertinent qu'elle avait une caractéristique physique particulière: des petites lèvres proéminentes, très opportunément masquées mais que l'on devinait plus qu'on voyait sous la toison pubienne ("mais comment il a pu voir tout cela" doivent se demander certains... Je m'en excuse!).
Bref, ce jour-là une grande harmonie entre ces deux femmes d'âges très différents, du naturel et du bon goût. Ajoutez à cela du soleil et un sport qui me passionne, que demander de plus?
Le lendemain, retour de ces deux grâces. La gamine arrive un peu plus tard, et... horreur, je vois qu'elle a craqué! Peut-être s'est-elle sentie gênée, elle si jeune, d'être entourée de femmes à la recherche de leur juvénilité, qu'elle n'a pas voulu provoquer, ou au contraire qu'elle aurait voulu le faire mais à destination des garçons, car la particularité physique dont j'ai parlée était maintenant bien visible comme le nez au milieu du visage. Pas vraiment laid, bien sûr, mais surprenant.
C'était son droit le plus strict me direz-vous et vous aurez raison, mais cela m'attrista. Il me sembla qu'une fille libre, insolente de beauté et de naturel s'était laissée aller à se transformer en poupée Barbie pour se couler dans le moule alors que c'était justement sa différence qui faisait son charme. Décision d'autant plus surprenante que son aînée lui avait montré la voie!
Ma femme ne se rase ni ne s'épile. Bon, pas aussi jeune que ton adolescente, mais pas du genre non plus à céder aux modes.
Effectivement, une histoire de poil de plus... Même si ton témoignage est intéressant, ça n'empêche qu'il ne s'agit que d'une histoire de goût personnel... Et pour éviter que d'aucun se croit obligé de se prononcer sur ses choix ou gouts personnels, je vais m'empresser de clore le sujet...
Message édité par : mapommedapi / 15-06-2014 00:55
