Alors pour répondre à cette question, ça vaudrait peut être le coup de faire une thèse... :#
Plus sérieusement, je vais quand même vous donner mon point de vue.
Le mot carcan est un peu fort; personnellement, je ne perçois pas l'éducation de mes parents (textiles) comme un carcan. Je perçois plutôt ça comme une richesse à laquelle j'ai pu y ajouter le fruit de mon vécu.J'y ai puisé un esprit ouvert vers les autres mais les règles étaient bien présentes...
Après, à 5 dans un appartement avec une seule salle de bains, la nudité, on la vivait au quotidien, à l'heure de prendre sa douche ou de se brosser les dents le matin. On était toujours au moins à deux dans la salle de bains en même temps.Ce n'est pas pour ça qu'on est tous devenus naturistes (à ma connaissance mes frères ne le sont pas).
Maintenant chez moi avec mes enfants, je leur apprends que la nudité est naturelle mais pas obligatoire.
En clair, s'ils veulent rester nus après la douche pas de problème (comme je le fais moi-même) mais ils peuvent aussi s'habiller si ils préfèrent.
A l'âge qu'ils ont (4 et 7 ans), cela ne leur pose aucun problème.
Les groupes humains où la nudité est "naturelle" ne sont-ils toujours de très petites tailles ?
Tu pensais aux pygmées, Olivier? 😉
Je serai aussi intéressé par une réflexion sur les formes possibles d'inhibitions. A côté de l'inhibition enfouie, absolue et destructrice en cas de transgression, peut-il exister des inhibitions réfléchies, contextuelles et négociables par l'individu qui en est porteur ? Ces inhibitions douces, si elles existaient, pourraient-elles mener vers des sociétés douces ?
Amicalement,
Olivier
Un exemple: les vêtements, les jouets, "genrés".
Si un garçon veut une patinette rose, peu de parents lui diront "prends celle qui te plait", la plupart, même s'ils ne sont pas "manifestants pour tous", lui diront "celle-ci est pour les filles, prends la bleue".
J'ai aussi montré à mon fils une photo de mon grand-père, prise autour de 1900, histoire de lui montrer qu'autrefois les garçons portaient des robes.
Bon, moi, j'ai laissé mon fils acheter une trousse rose avec des petites fées. Je ne crains pas "d'en faire un homo" (et puis s'il l'était, je me dirais comme je me dis pour mon neveu: l'essentiel est qu'il soit heureux).
Sauf que, des fois, c'est pas l'enfant qui décide de faire du judo, c'est les parents qui décident que leur enfant fera du judo.
L'obligation du port du kimono, du coup, ok c'est normal quand l'enfant a décidé de faire du judo. Mais bon, quand c'est ses parents qui veulent qu'il fasse du judo, c'est un peu différent.
Pour le naturisme, je dirais que c'est un peu pareil. Si l'enfant a décidé d'être naturiste, c'est évident que ça inclura la nudité. Si c'est ses parents qui l'emmènent dans un centre naturiste, c'est un peu différent .
Message édité par : steph22 / 26-10-2015 22:37
Fred.
De fait, c'est celui que nous avons adopté 😀 😀
C'est probablement la clef du problème pour les enfants de naturistes qui cherchent légitimement à être "comme tout le monde".
D'où l'importance, pour eux aussi, de rencontrer régulièrement d'autres naturistes.Et dans l'idéal de ne pas se cacher ! Mais là, je ne suis pas un exemple !! 🙁
Fred.
J'ai fait un rêve, comme aurait dit l'autre : que parmi les familles que nous fréquentons, notamment dans notre paroisse, à l'école (catho) où vont nos enfants, ou ... ailleurs, se trouvent des familles naturistes 😛 😛 :-P. Qui pourraient se "trahir" (du genre : "cette année, nous hommes allés à côté d'un petit village qui s'appelle Grayan-et-l'Hôpital"). Là, ce serait le top. Mais, encore une fois, je crois que c'est un rêve :(.
En tout cas, moi, j'ai installé un "piège" : dans ma bibliothèque, un petit fond naturiste ("Peau neuve", les bouquins de F. Guillain, pas mal de doc et quelques revues...), qui cohabite avec Joseph Ratzinger, Guy Gilbert, le pape François et beaucoup d'autres 😉 ;).
Les psy ne font souvent que donner une reformulation pseudo scientifique de la société dans laquelle ils sont nés, je voudrais donc savoir si des psy français d'un côté et allemands ou hollandais d'un autre côté ont opposé leurs points de vue sur le naturisme et sur la nudité en famille et ce qu'ils imaginent être les réactions des enfants à la nudité.
Donc le 3 éme item de steph22 me semble bien plus adapté :bFred.
De fait, c'est celui que nous avons adopté 😀 😀
...
C'est à dire ( parce que y'a deux "options" possibles dans le 3 ème item )
Tu as'renoncé'à'tes vacances naturistes ( pour quand même être en vacances avec ton enfant, mais, du coup, en centre textile ) ou tu as renoncé à la présence de ton enfant pendant tes vacances naturistes ( tu l'envoies en colo ou dans de la famille ) ?
Le vrai problème est qu'un enfant déteste avant tout se sentir différent des autres, il doit cacher à ses copains s'il va en centre naturiste avec ses parents car pour lui c'est la honte. C'est pourquoi la BD "peau neuve" est une oeuvre de salubrité publique et devrait être largement diffusée dans les écoles!
C'est probablement la clef du problème pour les enfants de naturistes qui cherchent légitimement à être "comme tout le monde".
D'où l'importance, pour eux aussi, de rencontrer régulièrement d'autres naturistes.Et dans l'idéal de ne pas se cacher ! Mais là, je ne suis pas un exemple !! 🙁
Fred.
...
C'est sûr que, pour un enfant, si les parents sont naturistes mais se cachent ( ou lui dise de SURTOUT ne pas en parler ) , il y a un risque que l'enfant en conclut que "c'est mal " .
En plus, honnetement, je ne vois pas trop le risque d'assumer son naturisme.
Perdre son travail ? Perdre, dans ton cas, ta clientèle ? :# ( vu le peu de médecins qu'il y a dans les zones rurales, honnetement, le risque est faible que des gens malades fassent 50 kms pour consulter uniquement parce que le médecin proche de chez eux serait naturiste . À MON avis du moins. 😉 )
Les psy ne font souvent que donner une reformulation pseudo scientifique de la société dans laquelle ils sont nés, je voudrais donc savoir si des psy français d'un côté et allemands ou hollandais d'un autre côté ont opposé leurs points de vue sur le naturisme et sur la nudité en famille et ce qu'ils imaginent être les réactions des enfants à la nudité.
Je suis totalement d'accord.
Quand je les lis ou que je les entends, je réalise qu'ils ne nous donnent rien d'autre que leur opinion.
Et si on leur demande sur quoi elle se fonde, ils nous disent "d'après les cas que j'ai vus en consultation".
Vachement représentatif, ça!
Ne consultent que les gens qui pensent avoir un problème (ou qu'on envoie consulter), et qui aussi pensent qu'un psy va pouvoir les aider. 1% de 1%, ça fait combien?
Evidemment, celui qui a été élevé dans une famille pudique et qui suite à un divorce se retrouve perturbé par un beau-parent très souvent nu(e) à la maison ira peut-être consulter, alors que celui que ça ne perturbe pas n'ira pas consulter, de même que celui qui a été élevé chez des parents souvent nus ou naturistes et qui ensuite se retrouve dans une famille pudique n'ira pas consulter, ou s'il y va on ne dira pas que la pudeur de son beau-parent est la cause de ses troubles.
En gros, ces psys ne retiennent que ce qui va dans le sens de leurs idées.
Autre tendance aussi: invoquer Freud, qui "disait bien que".
Ne pourraient-ils pas plutôt invoquer une étude (comme il y a en médecine des études de l'INSERM, effectuées sur un échantillon représentatif et numériquement significatif, à l'aveugle, avec contrôle en double aveugle) qui étayerait leur assertion?
Aux Etats-Unis, ils raisonnent ainsi, dans les universités les psychologues réalisent des enquêtes de la même façon que procèdent par exemple les sociologues.
Mais en France?
Pas chez ceux que j'entends à la radio ou que je lis dans les magazines.
(Mais je veux bien admettre que Psychologie Magazine est à la psychologie en tant que discipline ce que Gala peut être à la musicologie. Ceci dit, vis-à-vis du grand public, c'est ce genre de revues qui donne le la, qui délivre la vulgate psy comme les curés délivraient la morale à leurs ouailles).
Je pense que les psy (certains du moins ) confondent ce que Freud appelle "l'image primitive" ( qui est le fait qu'un enfant puisse être confronté à une image de sexualité adulte [par exemple, surprendre ses parents en train de faire l'amour ] ) et les autres images de nudité ( mais non sexuelle ).
Volontairement ou involontairement, ils associent nudité et sexualité. Et oui, c'est clair qu'un enfant confronté à de la sexualité d'adulte ( mais pas de la nudité , c'est là qu'il y a confusion ! ) peut être traumatisé et/ou durablement perturbé.
Message édité par : steph22 / 29-10-2015 08:52
Je pense que les psy (certains du moins ) confondent ce que Freud appelle "l'image primitive" ( qui est le fait qu'un enfant puisse être confronté à une image de sexualité adulte [par exemple, surprendre ses parents en train de faire l'amour ] ) et les autres images de nudité ( mais non sexuelle ).
Volontairement ou involontairement, ils associent nudité et sexualité. Et oui, c'est clair qu'un enfant confronté à de la sexualité d'adulte ( mais pas de la nudité , c'est là qu'il y a confusion ! ) peut être traumatisé et/ou durablement perturbé.Message édité par : steph22 / 29-10-2015 08:52
Oui Steph, et il faut effectivement distinguer le fait d'être confronté à la sexualité au fait d'être confronté à la nudité.
Ce qui entretient la confusion, c'est que pour un très grand nombre de gens, la nudité, c'est réservé à la sexualité, ou à se laver, mais alors seul(e), porte fermée. La nudité pas même pour dormir, puisque beaucoup mettront un vêtement dans le lit.
Il y a encore du pain sur la planche pour expliquer aux gens que la nudité n'est sexuelle que lorsqu'on est dans une attitude sexuelle.
Pas facile d'aller contre des siècles de conditionnement.
