En Israël, des centaines de personnes posent nues pour le photographe Spencer Tunick près de la Mer Morte
La séance de pose collective du célèbre photographe américain Spencer Tunick s’est déroulée sur les bords de la Mer Morte, un site unique au monde aujourd’hui gravement menacé d’assèchement. Cette installation artistique cherche à l’alerter l’opinion internationale sur l’urgence écologique de la région.

Quelque 200 personnes — des résidents locaux ainsi que des militants venus du monde entier — ont posé nues, le corps entièrement recouvert de peinture blanche, pour le projet du photographe américain Spencer Tunick. Invité par le ministère du Tourisme israélien et la ville d’Arad, l’artiste de 54 ans signe ici sa troisième installation sur les rives de cette mer de sel, dix ans après sa première performance marquante en 2011.
Une œuvre picturale inspirée d’un épisode biblique
Connu à l’échelle internationale pour ses compositions formées de foules nues dans des paysages urbains ou naturels (à New York, Amsterdam, Barcelone, en Bourgogne ou encore sur un glacier suisse), Spencer Tunick dirigeait ses modèles à l’aide d’un mégaphone, perchés sur des collines rocheuses surplombant des eaux turquoise.
Le choix de la peinture blanche n’est pas un hasard : l’artiste a expliqué avoir voulu évoquer l’épisode biblique de la femme de Loth, transformée en statue de sel pour s’être retournée lors de la destruction des cités de Sodome et Gomorrhe, situées selon la tradition dans cette région de sel et de roche.

L’urgence environnementale : une disparition annoncée d’ici 2050
Nissan Ben Hamo, le maire d’Arad, espère que l’écho médiatique de cette performance artistique mondiale permettra de mobiliser des soutiens et de collecter des fonds pour la création d’un nouveau musée consacré à la préservation de la Mer Morte.
Le constat des scientifiques est alarmant : la Mer Morte a perdu un tiers de sa surface depuis les années 1960 et son niveau continue de baisser d’un peu plus d’un mètre par an, entraînant la formation de milliers de dolines (gouffres impressionnants dus à l’effondrement du sol). Située au point le plus bas de la Terre émergée (à environ -430 mètres sous le niveau de la mer) entre Israël, la Jordanie et la Palestine, cette merveille de la nature pourrait s’assécher totalement d’ici 2050 si aucune mesure d’envergure n’est prise.
Ce phénomène dramatique a débuté lorsque les pays voisins ont commencé à détourner les eaux du Jourdain, sa principale source d’alimentation, à des fins agricoles et d’eau potable. Le problème est aujourd’hui amplifié par l’évaporation naturelle intense et par l’exploitation industrielle de grandes entreprises de produits chimiques qui extraient les minéraux précieux de cette eau, la plus salée du globe.

