Après la sulfureuse Pornographie des âmes (2004), Dave St-Pierre, jeune chorégraphe québécois au parcours fulgurant, revient avec le second volet de son Tryptique intitulé Sociologie et autres utopies contemporaines, qui s'attache à exprimer les relations amoureuses sous l'angle de l'errance, du manque, d'où le titre. Sans complexe, une vingtaine de danseurs et de comédiens s'y mettent à nu.
Dans un langage chorégraphique cru et décomplexé, Dave Saint-Pierre y explore l'irrépressible besoin d'amour et d'attention attendu de la part de l'autre. Il ne craint pas la provocation, de même lorsque des danseurs nus partent jouer avec des spectateurs de la salle (jusque sur les genoux).
Dans Un peu de tendresse, bordel de merde !, des hommes nus, affublés d'une longue perruque blonde, s'agitent sur scène comme dans la salle, ce qui ne manque par de surprendre. Une «maîtresse de cérémonie» plutôt cynique ponctue dès le départ les numéros du conte de ses histoires persos et, intervenant régulièrement, permet d'encaisser certaines scènes dérangeantes en les mettant à distance. Les interprètes animent des tableaux situés à mi-chemin du théâtre et de la danse contemporaine. On y décortique les moeurs amoureuses contemporaines sous un jour à la fois grinçant et brillant - ce qui peut choquer certains mais ravir beaucoup.

«Une oeuvre acharnée, sans concession, qui fait du moment de la représentation un nerf à vif. Une oeuvre qui convoque en son sein des zones de turbulence, des corps à corps éperdus avec un désir inassouvissable comme avec un ironique désenchantement.»
Dave Saint-Pierre, atteint de fibrose kystique, vit son art dans l'urgence. Il nous fait partager sa fureur de vivre.
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Un peu de tendresse, bordel de merde !
À Avignon, Cloître de la place des Corps Saints, du 21 au 26 juillet à 22h00.
> Présentation-réservation au Festival d'Avignon.
Ce doit être un spectacle original, à voir ! Cela semble hybride et différent des chorégraphies de son compatriote dont j'avais bien aimé les vidéos.
