18 janvier 2026

2023-12-16 Spectacle de Florentina Holzinger TANZ à la Vilette

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gilles
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Voir à Florentina Holzinger - TANZ - La Villette - Paris

Le spectacle est complet pour ceux qui ne sont pas abonnés : il faut par exemple prendre une carte duo à 59€ avec 2 spectacles inclus et un tarif préférentiel pour le reste. C'est ce que j'ai fait et réservé pour le samedi 16/12/2023

 

pour une petite idée du spectacle 

J'en parle sur plusieurs article de VivreNu


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gilles
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C'est ce soir donc

j'archive ici un article de https://lavillette.com/page/entretien-avec-florentina-holzinger_a1681/1

 

Le corps de la femme, machine à effets spéciaux

Entretien avec Florentina Holzinger

Après deux créations en dialogue avec des œuvres de Georges Balanchine, vous allez aux racines du ballet romantique, en vous référant à La Sylphide, créée en 1832 avec Marie Taglioni dans le rôle principal. Votre pièce aurait donc pu s’appeler Ballet romantique, mais vous lui donnez le titre le plus général possible. Pourquoi ?

Je l’ai intitulée Tanz parce que pour beaucoup de gens, et je pense à ma propre grand-mère, le spectacle de danse n’existe que sous la forme du ballet. « Danse » égale : Lac des Cygnes, Giselle etc. Par ailleurs, à la création des ballets romantiques, c’était plutôt vrai. C’était aussi la première fois qu’on utilisait des machines pour faire véritablement voler les danseuses, et je m’en inspire pour créer une scénographie qui affronte directement le rêve de voler, si déterminant pour la figure de la ballerine.

Vous avez étudié à Amsterdam, à la School for New Dance Development, connue pour son esprit avant-gardiste, ce qui correspond bien à votre univers, de ce fait le retour sur des ballets qui datent d’un, voire deux siècles peut alors étonner.

Mais la danse classique a également fait partie de ma formation ! Et dans mon premier dialogue avec l’histoire de la danse il s’agissait, en collaboration avec le chorégraphe Vincent Riebeek, de créer une pièce au sujet de Vaclav Nijinski, sous l’angle d’une personnalité queer qui a rompu avec beaucoup de codes du ballet. Plus tard, j’ai travaillé sur Apollon Musagète de Balanchine, au sujet d’un corps athlétique et compétitif volontairement stylisé, exagéré et surexposé. Avec Tanz, je voulais remettre sur le plateau tout ce que j’avais encore sur le cœur au sujet du ballet.

À un moment de Tanz, vous demandez aux personnes dans la salle si elles ont déjà assisté à un spectacle de ballet ou pratiqué cette danse. Et vous-même ?

Je n’ai jamais cultivé le rêve de devenir ballerine. Je viens plus du sport. Enfant, je pratiquais l’acrobatie et le patinage. Plus tard j’ai fait une grande excursion dans les sports de combat comme le kick-boxing. En ce sens, ce qui m’intéresse dans le ballet, c’est la performance physique et l’extrême discipline qu’elle nécessite.

Qu’est-ce qui vous fascine exactement dans le dépassement de soi et la performance physique ?

C’est probablement le processus d‘entraînement, plus que son résultat. Aussi nous commençons le spectacle autour d’une classe à la barre au lieu d’exposer la danse. Il s’agit d’expliquer la pratique quotidienne de la ballerine, si dure physiquement. Elles ont réellement les pieds en sang, mais personne n’est censé le voir. Tout le mythe du ballet est fondé sur cette hypocrisie.

Il s’agit de se dépasser, parfois dans la douleur physique, au ballet comme dans certaines expérimentations que vous mettez en scène.

J’ai appris à exercer un contrôle sur mon corps pour me le réapproprier. Pour moi, avoir entraîné son corps à tenir debout sur pointes jusqu’à pouvoir se concentrer sur l‘expression artistique est tout à fait comparable à la gestion d’une forme de douleur, jusqu’à ne plus la ressentir.

On entend beaucoup parler d’images difficilement soutenables dans vos pièces, mais Tanz offre au moins autant de douceur et de poésie.

Il est vrai qu’on peut s’étonner de voir les personnages s’offrir mutuellement des soins, mais ma manière d’aborder le monde du ballet est en vérité pleine de douceur, comme dans les relations entre la professeure et ses élèves. Et si mes pièces sont pleines de paradoxes, cela reflète nos rapports avec le ballet classique ou encore nos notions de beauté, en danse et ailleurs.

La professeure est jouée par Beatrice Cordua qui vient d’avoir 80 ans. En 1972 elle écrivit une belle page de l’histoire du ballet, car elle fut…

…la première à danser nue sur une scène d’opéra, au Staatsoper de Hambourg, dans Le Sacre du printemps de John Neumeier. Je l’ai rencontrée lors d’un événement sur la nudité dans l’art et elle a tout de suite dit qu’elle avait envie de jouer le rôle d’une professeure de ballet façon « sale ». Nous avons donc construit le spectacle autour d’elle.

Elle ne peut être « sale » que par rapport aux normes dominantes concernant l’âge ou la nudité. Vos spectacles semblent vouloir mettre en cause ces stéréotypes car vous retournez comme un gant les normes patriarcales du ballet. Dont le rêve de voler, incarné par la ballerine éthérique.

Le ballet romantique exacerbe les fantasmes sur la femme fragile et innocente mais sensuelle, à travers les pointes et les grands jetés. Nous sommes donc parties de la thématique de l’envol qui est un thème fondamental du ballet et j’ai cherché des artistes capables de nous transmettre des techniques comme la suspension par les cheveux.

Et le côté gore avec les images de chair transpercée ou de sang, qui peuvent donner le vertige ?

Certes, nos zooms vidéo avec leurs détails sanglants ne sont pas toujours agréables à regarder. Mais les défis surmontés par les interprètes créent une complicité avec le public, car lui aussi repousse ses limites, en affrontant une esthétique différente et en changeant son regard, découvrant une nouvelle perspective par rapport à la beauté. Et soudainement il en trouvera, là où il n’attendait que laideur et effroi.

 

Propos recueillis et traduits de l’allemand par Thomas Hahn


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Filmé en 2010 lors de la plus belle des wnbr de brighton en HD le film sort fin septembre 2022

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Denis
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Je ne veux pas porter de jugement sur ceux qui auraient apprécié ce spectacle, mais les extraits que j'en ai vus et les critiques de la presse ont achevé de me convaincre que ce n'est définitivement pas pour moi.

Même si, sans doute, il a pu y avoir des moments de grâce (et sûrement avec Bach et Schubert), pour moi c'est au delà de ce que je suis prêt à supporter: la nudité, c'est avant tout la douceur, la beauté, la tendresse... On est aux antipodes, ici, de l'esthétique de Amazones de la compagnie Dozeville!

 


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gilles
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L'événement se déroule à La Villette, plus précisément à la Grande Halle, où environ 400 personnes de tous âges se rassemblent. La diversité du public est notable, avec une représentation significative de personnes homosexuelles, hommes, femmes et transgenres.

Le spectacle débute par une leçon de danse dispensée à huit danseuses, accompagnée d'une participation spéciale de Béatrice Cordua, une ancienne danseuse de 82 ans, assise dans un fauteuil roulant en raison d'une jambe accidentée. La particularité de cette scène réside dans la nudité des danseuses, qui, au fil de la leçon, se dévêtent progressivement pour mieux dévoiler leurs postures, aboutissant à une performance entièrement nue, à l'exception plus tard d'une danseuse déguisée en loup.

 

Dans une étape ultérieure du spectacle, qui suit la leçon de danse initiale, la professeure interagit avec l'une des danseuses en lui demandant si elle apprécie d'être nue. La danseuse répond positivement, exprimant son plaisir à se montrer nue aux autres. Béatrice, toujours assise dans son fauteuil, pousse alors l'audace plus loin en demandant à toutes les danseuses d'exposer leurs sexes au public. Sans hésitation, elles s'assoient par terre, les jambes écartées, faisant face à l'audience.

 

Poursuivant cette démonstration provocante, Béatrice les encourage à se mettre à quatre pattes, leur demandant de lever une jambe afin que le public puisse apprécier chaque détail de leur anatomie de très près. Tout en faisant cela, Béatrice loue ouvertement la beauté du sexe féminin, suggérant que cet épisode vise à illustrer la volonté de l'auteur du spectacle de montrer que les danseuses n'ont aucun problème avec la nudité. Cet exhibitionnisme délibéré est présenté comme un prélude plutôt léger de ce qui attend le public, soulignant ainsi l'audace artistique et la volonté de repousser les limites dans le cadre de la performance.

 

Le spectacle se diversifie avec des numéros impressionnants, notamment des exercices de suspension tirés par les cheveux, des acrobaties sur des motos suspendues en l'air et des chorégraphies de lutte, y compris des scènes un peu gore. La présentation d'une femme transperçant la peau d'une autre avec des crochets en métal constitue un moment intense, avertissant les spectateurs que le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans.

 

La présence d'une musique forte accompagne la majorité du spectacle, créant une atmosphère immersive. Un épisode particulièrement marquant montre une femme attachée par des crochets qui est élevée à plusieurs mètres du sol, provoquant des réactions d'effroi dans le public. Cependant, la performeuse semble ensuite profiter de cette position pour réaliser des acrobaties et gymnastiques en souriant au public, suscitant des applaudissements soutenus.

 

En dépit de certains moments choquants, le spectacle se conclut sur une note positive avec des applaudissements enthousiastes. L'intervention en anglais de Florentina Holzinger au milieu du spectacle offre des éclaircissements sur sa vision artistique et précise que les performeuses ont des antécédents dans le cirque, la gymnastique et la danse.

 

En conclusion, le spectacle est qualifié d'"extrême", mêlant nudité, performances acrobatiques audacieuses et moments saisissants, rappelant l'univers du cirque avec ses numéros exceptionnels. Bien que certains éléments puissent choquer, l'ensemble reflète le talent et le professionnalisme des artistes impliqués.

 

Bref, un spectacle par pour tout le monde

 


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gilles
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un autre article à https://blogs.mediapart.fr/jumelsandra/blog/181223/tanz-de-florentina-holzinger-sororite-trash

« Tanz » de Florentina Holzinger - Sororité trash

Pour la première fois, la chorégraphe Florentina Holzinger investit une salle parisienne avec sa « Tanz » à la Villette. Elle pastiche le ballet romantique dans une pièce qui mêle danse et cirque pour un tableau punk féministe. Une dissertation sur les dissonances du monde où intimité, violence, sororité, emprise, arnaque et sensualité explosent la piñata de la bienséance.

Métaphore du ballet qui met les corps sous pression, « Tanz » contraint les corps et le regard intrusif des spectateurs. Les corps ne sont pas libres. Les regards non plus. Mais libre à vous de quitter la salle, La Villette a pris soin d’entourer la représentation de « trigger warning » et précise qu'un personnel est présent pour accueillir les spectateurs échaudés.

Chorégraphie des corps et des esprits

On soupçonnerait presque Florentina Holzinger d’avoir elle-même chorégraphié le départ des spectateurs. Ils sont de plus en plus nombreux à quitter la tribune, à mesure qu’avec le spectacle l’intensité du voyeurisme et la violence avance. Dans une sorte de pacte faustien, maquillé en arnaque, l’enfant terrible de Vienne rend le spectateur complice de cette violence, puisqu’il s’habitue à elle, l’intégrant comme une normalité du dispositif.

Puissance vulnérable

Florentina Holzinger réalise le rêve des ballerines : quitter la terre ferme pour atteindre les cieux. Mais ce rêve de légèreté ultime tranche dans la chair et arrache les cheveux. Un ballet hypnotique entre des motos volantes et des danseuses cascadeuses sert le tableau le plus esthétique du spectacle en même temps qu’il évoque les accidents de la route. Les corps sont sublimés dans toute leur puissance vulnérable.

Rendre visible l’invisible

Plutôt que de cacher les pieds ensanglantés des ballerines comme dans les ballets classiques type « le Lac des cygnes », le sang se répand partout sur scène. Florentina Holzinger est dans une démarche d’honnêteté, rien ne sera épargné aux spectateurs. Elle veut rendre visible l’invisible, mettre les danseuses à nu, et tendre ainsi au spectateur le miroir de ses bas instincts, de sa fascination pour le mal et l’abjection. Sa pudeur hypocrite rencontre un voyeurisme naissant.

Violence sensuelle

Or, l’emprise et la violence qui contraignent les corps s’incarnent ici dans une certaine sensualité. La viennoise s’inscrit distinctement dans un héritages des écrits féministes lesbiens. On se croirait souvent dans un texte de Monique Wittig. Les corps éructent de toutes leurs substances, sang, rivière de larmes, urine, cyprine de l’orgasme féminin voire même un rat accouché dans la douleur. Holzinger écarte les jambes de l’intimité, dans une sensualité crasse malaisante.

Réappropriation de codes populaires virilistes

Les figures de la sorcière, ou de la louve viennent parfaire le tableau féministe. Le balai qui nettoie le sang décrédibilise son noble homonyme. A l’humour et au féminisme s’enchevêtrent des codes populaires du Westerns, cigarette au bec, lettres ensanglantées des films d’horreur, reggaeton et rap tranchent avec la musique classique. L’explosion de violence, les giclées de sang et le démembrement des corps rappellent les bouquet final des films de Tarantino.

Ethique trash

Comment la chorégraphe souhaite-t-elle nous interpeller à travers cette pièce provocatrice ? La violence est omniprésente dans nos fictions et dans notre quotidien, laissant une empreinte profonde sur nos êtres. Florentina Holzinger propose de la magnifier, de la porter à son paroxysme afin de la représenter dans toute sa destructivité. Peut-être s'agit-il d'une démarche cathartique, une volonté de se libérer du poids de la violence en la dominant et en en devenant la maîtresse.

Face à cette impossibilité de sortir du schéma de domination qu’exerce la danse, la société ou la direction d’artiste sur les corps. Florentina Holzinger entend se réapproprier la violence et sublimer la transformation des larmes de la soumission en sang de l’empouvoirement. Aux antipodes de la « féminité » et du « care », espaces confinés auxquels le patriarcat circonscrit les femmes, la pièce impose sa sororité trash dans un grand choc visuel.

 


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Denis
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(@denis)
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Oups ! "Un grand choc visuel"... Certainement, en effet !

(au passage, c'est un microscopique détail, mais la personne qui a rédigé cet article a pris cher si j'en juge par l'expression "les bouquet final": ça pique les yeux!)

 


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