"Quelques membres de la famille de mon épouse pratiquaient de temps en temps le naturisme sur des plages à cet effet et moi j’ai découvert ça en vacances, avec une ancienne petite-amie. Quand j’ai rencontré ma compagne, on a suivi le « cursus classique » : on a été en vacances en centre naturiste, dans le domaine de la Sablière. La question s’est posée entre nous après avoir regardé un reportage sur le naturisme. Nous nous retrouvions bien dans ce qui était décrit et nous étions curieux de découvrir ce cadre qui avait l’air enchanteur, comme un jardin d’Eden.

On a donc commencé par des sorties à la plage. Puis quand venait le moment de se rhabiller, on était un peu frustrés. Alors on s’est dit : pourquoi ne pas prolonger l’expérience pendant tout un week-end, puis une semaine dans un camp… et désormais même à la maison. Mais quand ma compagne a été enceinte et que les enfants sont arrivés, la question de continuer ou non s’est posée. On s’est bien sûr demandé si ça allait les déstabiliser, si ça n’allait pas fausser leur vision des gens et de la nudité. Mais on voyait beaucoup de familles dans les clubs, donc on s’est lancés et on s’est laissé la possibilité d’arrêter si on découvrait que ça perturbait nos petites.

"A l'école, c'est secret absolu"

Il s’avère désormais que nos filles sont à l’aise avec ça. Elles font très bien la distinction entre les moments et les endroits où l’on peut être nu et les moments où il faut s’habiller. Les enfants comprennent naturellement et ne semblent pas traumatisés. Bien au contraire. Nos filles ne sont pas gênées par les questions ayant un rapport au corps humain. Elles savent ce que c’est qu’un zizi ou une foufoune, elles en ont vu et elles sont désormais passées à autre chose. Alors qu’à leur âge, parfois, certains enfants se posent beaucoup de questions, n’osent pas en parler et ricanent à la moindre évocation de tout ce qui attrait au corps. Et c’est normal s’ils n’y ont jamais été sensibilisés !

A l’école, en revanche, elles ont tenu à garder le secret absolu. Elles ne veulent pas que ça se sache. La différence est difficilement acceptée, surtout à cet âge et les enfants peuvent être horribles entre eux. Elles n’en parlent pas, c’est leur choix. Elles l’assument, elles savent qu’il n’y a rien de mal ou d’anormal, mais elles préfèrent se protéger du regard des autres. Elles se rendent compte que les gens mélangent un peu les choses. Après, certains le savent et ça ne pose généralement aucun problème. Seul un couple de parents d'amis d'école de ma famille a préféré que leur enfant s'éloigne.