On connaissait ici le journaliste et écrivain Hubert Prolongeau, auteur notamment de "Couvrez ce sein. La nudité dans tous ses états".
(Auteur aussi d'ouvrages sur la "zemmourie", et aussi de romans et romans policiers).
Il signe désormais dans Le Monde
Voici le début de l'article. Le scan suit après.

Au camp naturiste de Montalivet, l’ultime bataille des nus propriétaires, menacés d’expulsion
RécitLes habitués, les pionniers, les fidèles de « Monta » y vont, pour certains, depuis cinquante ans, à la recherche d’« un autre mode de vie ». La nouvelle direction veut les expulser pour rentabiliser l’espace. Fin d’une utopie ?
Les vagues battent inlassablement la plage 2 du Centre hélio-marin (CHM) de Montalivet (Gironde), le premier centre naturiste ouvert en France, en 1950. C’est la fin du mois d’août. Les vacanciers s’en vont. Les habitués, les pionniers, les fidèles, les résidents à l’année vont se retrouver entre eux. Certains campeurs, comme Guy et Jeanne Bergougnoux, professeurs d’EPS et gens de spectacle, fréquentent les lieux depuis plus de cinquante ans. Ils installent chaque été leur caravane dans la « zone ONF », ainsi appelée car propriété de l’Office national des forêts. C’est la plus ancienne de « Monta », la plus belle, la plus proche de la mer. La plus rude aussi : ni eau ni électricité, des douches seulement à l’eau froide.
En cette fin d’été, les Bergougnoux ferment leur « maison » : intérieur marbré, parois en liège, glaces sculptées, meubles en cuir, rideaux en macramé, poignées chromées… L’auvent est soigneusement replié, la caravane prête à être tractée si besoin, le terrain laissé propre. Comme chaque année. Sauf que cette fois flotte une étrange ambiance sur le centre. Cet au revoir est-il un adieu ? Le 3 mars, comme 59 autres résidents, Guy et Jeanne Bergougnoux ont reçu une lettre recommandée de la direction du CHM. Elle leur annonçait le non-renouvellement de leur bail et l’obligation de déplacer leur caravane avant le 31 décembre 2022. Le 1er septembre, Guy a répondu, seul, s’extrayant du combat collectif qui se met en place.
« Suite à votre lettre d’expulsion de notre caravane, je vous demande de bien vouloir revenir sur votre décision. A 50 ans, c’est plus facile de répondre à une telle exigence ; à plus de 80 ans, cette lettre est un véritable traumatisme. » Il a pesé chaque mot. Lui et Jeanne sont arrivés au CHM à Pâques 1967, ils sont revenus chaque été. « Montalivet a été une grande partie de ma vie. J’aimais la liberté que je trouvais ici, l’extraordinaire qualité des liens entre les gens », rappelle Guy Bergougnoux. Clown et acrobate, parfois programmé en première partie de Michel Delpech, de Ringo ou des Frères Jacques, il assurait tous les ans un spectacle à la salle du centre, entourée d’arbres sur lesquels les gens grimpaient pour mieux l’apercevoir déguisé en grand-mère, marchant sur les mains, donnant un spectacle intitulé CHM : les Cinq Horribles Musculos.
Début intéressant, mais tu devrais travailler ta technique pour numériser des documents !
Une triste d'histoire comme celle de Piemanson 😪
J'ai retrouvé aussi un vieil article prémonitoire qui est sorti juste avant la création du groupe randonue :
"Qu’est-ce qu’on a été bêtes de vendre !" Quand une association loi de 1901 détient et gère un petit paradis, pourquoi le vendre? Par appât du gain? Sans doute un peu, mais plus probablement aussi parce que financièrement les gens n'avaient pas le choix, il faut bien vivre.
Après, quand un promoteur immobilier met de l'argent sur la table c'est dans la perspective d'un retour sur investissement. Alors oui: "du fric, toujours du fric" car en effet nous vivons sous un régime qui encourage en principe la liberté d'entreprendre (plus ou moins, d'ailleurs, avec parfois des bâtons dans les roues de la part des pouvoirs publics) mais préférerait-on un système dirigiste type Cuba ou URSS? on voit où ça les a menés!
Les motivations des nouveaux gestionnaires sont bien évidemment économiques, ils répondent à une demande des vacanciers qui est davantage de confort et d'installations, ça n'est pas nouveau. Une tente ne rapporte rien, on parle maintenant "d'hôtellerie de plein-air" avec des tarifs en saison qui se rapprochent des prix des hôtels.
Tout est résumé dans cet extrait de l'article :
Le problème dépasse largement la “zone ONF”. C’est celui, national, des rachats de centres de vacances par de grands groupes commerciaux. » Il s’agit selon lui d’une volonté « très forte » de faire du CHM un camp conforme à l’idéal Tohapi.
Le naturisme est en fait en-dehors de cette controverse.
C'est une évolution du mode de camping.
Autrefois, camping = sous la tente, sans eau, sans électricité. Caravaning: déjà un peu plus d'équipement.
Et bungalows: confort ultra-sommaire.
Aujourd'hui, camping, qu'il soit naturiste ou textile, c'est un parc résidentiel.
Sauf à considérer que le naturisme est forcément en tente en sans eau ni électricité, ce qui se passe au CHM n'est pas la fin du naturisme (on ne parle pas de textiliser le CHM), c'est seulement la fin du camping à la grand-papa.
On peut bien sûr être nostalgique de cette époque.
Les financiers n'ont aucune raison particulière d'être hostiles au naturisme. C'est seulement que des logements en dur sont loués beaucoup plus cher que des emplacements nus. Evidemment, un mobil home, ça coûte plus cher aussi, il faut l'acheter, l'installer, lui fournir de l'électricité, une adduction et une évacuation d'eau, l'entretenir. Mais si c'est loué plusieurs centaines d'Euros par semaine, ça devient rentable.
Ce qui est dommage, c'est qu'effectivement autrefois, naturiste ou textile, on pouvait passer des vacances pour trois fois rien. Evidemment, confort sommaire: juste un bac et quelques robinets d'eau froide, douche froide, toilettes sommaires. Ajoutons à cela que beaucoup y venaient alors qu'ils n'avaient pas de voiture. On venait à vélo, en portant la tente et le sac de couchage sur le porte-bagages, et le petit camping gaz pour chauffer la gamelle. Autre temps. Mais c'était pareil chez les textiles et chez les naturistes, et c'est pareil aujourd'hui, que ce soit un camping textile ou naturiste.
La disparition de ces campings où il n'y a que des tentes, ce n'est pas la disparition du naturisme.
PhilE et FIU, vous avez raison. Et j'ajoute que si on a l'ambition de rajeunir la clientèle et faire venir des familles avec enfants, le critère des installations ludiques (piscines, toboggans) devient un élément important de choix. Quand les enfants de retour vont se raconter leurs vacances, les un qui se sont éclatés dans des parcs aquatiques et d'autres sous la tentes avec un camping-gaz... Ça fait nettement moins rêver!
Et ces installations, il faut bien les financer. Un emplacement de tente ne rapporte presque rien, et ce sont souvent des gens modestes (mais pas toujours) ou au moins qui feront plus attention aux dépenses, donc qui feront moins tourner les services et les commerces locaux.
Effectivement, ce qu'on appelle camping aujourd'hui n'a plus rien à voir avec les campings des décennies passées.
Denis aussi a raison: les zones ludiques (parc aquatique, salle de jeu) seront appréciées.
Mon opinion qui n'engage que moi: tout ça coûte, et les locations en dur rapportent certainement plus. Cependant, laisser quelques emplacements nus (ce mot est indépendant du naturisme) à un prix modeste permet à une clientèle peu argentée de venir fréquenter quand même ces centres, et ça ne coûte pas une fortune non plus pour les centres à entretenir ces espaces de camping. L'essentiel de leur C.A., et sans doute de leurs profits, se fera avec les locations, mais des zones de camping, si elles rapportent moins, ne causent pas non plus une perte.
Quant aux petits campings, qui ne proposent que des emplacements nus, pour tentes ou caravanes, je pense que ça va quand même exister pour un certain nombre d'années, même si ce sera seulement pour de petits campings, et pas sur les centres de plusieurs Km² du littoral.
"qui feront plus attention aux dépenses, donc qui feront moins tourner les services et les commerces locaux.": se nourrir, ça fait partie des dépenses incompressibles, ils dépensent un peu moins, mais pas dans des proportions énormes. Pour les restaurants, oui, la différence est significative: ils y vont rarement, et prennent le menu de base, ou vont dans des chaines de premier prix (Mc Do etc.), quand les autres prennent le menu complet avec une bonne bouteille.
Nos digressions ici sur l'avenir du camping ne concernent pas directement le naturisme, puisque les campings textiles connaissent exactement le même phénomène d'embourgeoisement.
