Cliquer ici pour voir l'article
par Jennifer Biabatantou :
Vivre nu en Auvergne, c'est possible !
Le naturisme est une pratique qui a souvent reçu des critiques négatives. Mais au camping naturiste de La Serre de Portelas, à Saint-Saturnin, ses adeptes défendent cette façon de vivre.
Troquer le textile pour la tenue d'Eve ou d'Adam, c'est le choix que font des millions de Français. D'après une étude réalisée par France 4 naturisme, 2,6 millions de Français ont en effet pratiqué de manière régulière le naturisme en 2015. En Auvergne, ce mouvement reste encore confidentiel, et peu nombreux sont les sites privés et publics qui permettent de s'adonner à cette pratique.
ans le Puy-de-Dôme, il existe un établissement associatif : le camping La Serre de Portelas, à Saint-Saturnin, dirigé par le Club du Soleil de Clermont-Ferrand. Cette structure a la particularité d'appartenir à ses adhérents. « Il a été créé en 1963 sur l'initiative d'une dizaine de naturistes, rencontrés dans un centre naturiste. Ils ont acheté différents terrains en Auvergne qu'ils ont pu rassembler suite à un remembrement », explique Patrick Naveaux, le vice-président du club.
Au total, c'est une propriété de 15 hectares, sur lesquels près de 300 adhérents, peuvent venir tout au long de l'année. Pour les non-adhérents, le camping est ouvert durant la saison estivale. Ceux-là ont la possibilité de louer des mobile homes ou des emplacements pour planter leurs tentes ou stationner leur caravane.
Vivre ensemble
Thierry, un des membres du bureau administratif, l'assure, « ici on vit en communauté ». C'est comme cela que ça fonctionne. On partage et on s'entraide. Un « jardin des saveurs » a même été créé par une adhérente.
L'accueil est assuré par les bénévoles qui font des roulements. Ils ont aussi en charge l'entretien du domaine. Mais un employé annualisé vient tout de même de mi-octobre à mi-février pour s'occuper des grosses taches. Le camping est doté de tous les équipements (piscine, terrain de tennis baby-foot, bibliothèque, etc.) qu'on peut trouver chez « les textiles ».
Cela va faire plus d'une vingtaine d'années que Monique, une adhérente de 60 ans, y vient : « Avant, je faisais du naturisme dans des centres près de l'Atlantique et puis je suis tombée sur cet endroit. Je suis devenue adhérente et à l'approche de la retraite, j'ai acheté une caravane. L'été, j'y passe mes journées et j'admire la vue. »
D'autres comme Jean et Alice, 42 ans, originaires de l'Allier, y sont depuis peu. C'est la curiosité et l'envie de découvrir cette pratique qui les ont poussés à venir. Après un petit temps d'adaptation, la gêne du début n'y était plus. « On oublie rapidement qu'on n'a plus de textile. C'est agréable, on se sent serein et on ne regarde pas l'étiquette sociale », constate le quadragénaire. Des touristes aussi viennent bénéficier des infrastructures. Les profils sont variés. Ils sont de tous âges et de nationalités française, belge, italienne ou encore anglaise. Les Hollandais majoritaires viennent profiter des espaces verts.
Il faut rappeler que le naturisme, souvent fantasmé, est sujet à des critiques comme le rappelle le vice-président du club. « Après 1968, on était considérés comme des babas cool, des illuminés, mais ça passait bien dans la société. Puis il y a un moment où ça n'allait plus. Les naturistes passaient pour des prédateurs sexuels avec ses affaires de pédophilie, on a fait un amalgame ».
Faire reconnaître « le naturisme comme une valeur saine »
« Maintenant et depuis cinq-dix ans, on recommunique avec les médias pour faire reconnaître le naturisme comme étant une valeur saine. Il y a aujourd'hui un retour sain de la société. Mais rares sont ceux qui osent révéler à leurs proches qu'ils sont naturistes, et notamment du côté des enseignants qui ont peur du scandale », dit-il, peiné.
C'est pour cela que la fédération française de naturisme en Auvergne souhaite travailler sa communication pour donner une image positive. Pour Jean-Paul Barboiron, représentant régional, le but est de « rassembler l'ensemble du mouvement naturiste existant, mais aussi le faire découvrir sur un site internet en essayant de proposer des activités qui vont dans ce sens. » Et ce dans la légalité.
Alors, dès qu'on aborde le sujet de la plage d'Aydat, connue pour un lieu où certains viennent pratiquer le naturisme, il remet les faits dans leur contexte : « Cette plage officiellement n'existe pas. Nous ne sommes pas gérants, ni intéressés par ce lieu qui, a priori, a été fermé par la gendarmerie il y a deux ou trois ans suite à des exactions non naturistes ».
Quant au fait de trouver des espaces pour les naturistes, le représentant de la fédération auvergnate reste réaliste sur la difficulté à aller dans cette direction. « Impossible n'est pas difficile, mais difficile est auvergnat », plaisante Jean-Paul Barboiron.
Au niveau national, 14 % des sondés seraient partants pour essayer pour la première fois des vacances naturistes, selon l'étude France 4 Naturisme.
Message édité par : fredericdromois / 27-08-2016 22:11
