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Un camping au poil à Vielle-saint-Girons (40)
À l'Arnaoutchot, le seul centre naturiste des Landes, on pratique la nudité avec intelligence

La mairie de Vielle-Saint-Girons tolère le nudisme sur un espace de la plage bien délimité, situé derrière le camping.
Un cadre enchanteur, des pistes aussi cyclables qu'ailleurs, une barrière automatique comme il en existe tant, une réception tout ce qu'il y a de plus classique. À première vue, le domaine de l'Arnaoutchot est un camping comme les autres. C'est quand on croise les premiers autochtones qu'on mesure son originalité.
L'un d'eux fait les cent pas devant le parking, le téléphone à l'oreille. Grand, blond, la fesse musclée : l'homme est entièrement nu, à l'exception de fines lunettes de soleil. Il salue de la main une dame qui part à vélo avec son fils. Dans leur plus simple appareil, eux aussi. Derrière, un quinqua bronzé jusque dans les moindres recoins déambule baskets aux pieds, bouvier en laisse. D'autres se la jouent tee-shirts, pas assez longs pour couvrir ces sexes que l'on ne saurait voir.
Jean-Lou, le responsable sécurité des lieux, est de ceux-là : haut couvert, cul nu. Un peu l'inverse de nos après-midi barbecue classiques. « Mettez-vous à l'aise », lâche-t-il, tout sourire, en prenant place à son bureau. On n'a pas osé se mettre aussi à l'aise que lui...
Un petit village
L'« Arna » a ouvert ses portes en 1972, à la grande époque du naturisme, quand Montalivet tournait à 20 000 personnes par an et que les adhérents à la Fédération française de naturisme étaient chaque jour plus nombreux. Des débuts laborieux : « Certains campeurs se taillaient une place dans les fougères », se souvient Joke, employée ici depuis vingt ans. Paul Larret, un naturiste convaincu, avait dégoté ce bout de terrain qui compte aujourd'hui 500 emplacements. « Il a créé quelque chose de beau. »
Avec les années, le domaine a gagné en ampleur : une piscine, des terrains de pétanque, des courts de tennis, un spa, une supérette... Bref, un vrai petit village, dans lequel tout le monde se connaît, de près ou de loin. Car pour avoir sa place au saint des saints, il faut montrer patte blanche, et être parrainé par des habitués. L'idée : écarter les voyeurs et autres malintentionnés.
« C'est un camping familial », résume Jean-Lou : on n'y accueille pas de personnes seules. À moins d'en passer d'abord par le Club naturiste du camp. « Notre rôle est d'initier ceux qui veulent se mettre au naturisme. On leur apprend à avoir une attitude conforme à nos principes », explique son président, Jean-Pierre, un vrai décomplexé du bas-ventre. Une règle qui s'applique aux hommes... et pas aux femmes ! La raison ? « À l'origine, on considérait que les pervers potentiels étaient forcément des hommes. »
Et ce n'est pas sans fondement : Jean-Lou interpelle quotidiennement des gens extérieurs au centre, venus fourrer leur nez d'un peu trop près. Presque tous de sexe masculin : « On a dû refouler deux femmes en huit ans. Ils ne sont pas forcément malveillants, ils sont souvent curieux, c'est tout... Un camping comme le nôtre, ça peut susciter des envies. » D'où une sécurité assurée jour et nuit.
Ouverture d'esprit
Cette idée d'insertion progressive vers le naturisme fait partie de l'esprit de la maison : « On n'est pas des ayatollahs du slip, s'exclame Jean-Pierre. J'ai du respect pour nos pionniers, mais leur approche était trop rigoureuse. Tu pouvais pas rester 30 secondes avec un maillot de bain ! »
Dans le camp, il n'est donc pas rare de croiser des vacanciers habillés. Comme ces jeunes filles, en train de répéter un spectacle de danse : « En dansant, on écarte les jambes ; donc elles sont vêtues. C'est pas parce qu'on est naturiste qu'on n'a pas de pudeur ! » Dans le même registre, on tolère que les adolescents se couvrent, s'ils sont gênés avec leur corps. La nudité n'a de sens que si la santé et le temps le permettent : « Les gens pensent encore qu'on sort à poil en discothèque ! » Le seul endroit où la tenue d'Adam et Ève est de rigueur : la piscine.
Mieux accepter son corps, porter un regard différent sur l'autre, respecter la nature : telles sont les vertus qu'enseignent la nudité, selon ses pratiquants. Leur philosophie semble fonctionner à plein, du moins pour Jean-Lou : « Ça fait trente-cinq ans que je viens ici. C'est trente-cinq ans de bonheur ! »
Hello
J'aime assez ce qui est écrit dans cet article
« On n'est pas des ayatollahs du slip "
c'est ma philosophie également , par contre j'y étais aller 2 semaines en juillet 1987, ( c'est pas hier) sur 15 jours 14 jours de pluie avec une température de 13 a 15° donc on est partie a la grande cosse et on y est jamais retourné
temps trop incertain et trop froid pour nous
