Cet après-midi vers 15h00, un (court) reportage sur le rôle de la nudité utilisée à des fins militantes et de contestation a été diffusé dans le cadre de l'émission Métropolis qui passe toutes les semaines sur Arte. En voici le résumé :
"Pour être entendu, se déshabiller est en tout cas un moyen efficace. Le phénomène est-il en expansion ? Metropolis a posé la question à des experts.
De nos jours, plus personne ne s'offusque des nus exposés dans les musées. Mais comment réagit-on face à des quidams qui s'exposent en public dans le plus simple appareil ? Pour être entendu, se déshabiller est en tout cas un moyen efficace. Les médias en redemandent !
Wolfgang Ullrich, historien de l'art et médiologue, explique les raisons profondes de cette nouvelle forme de contestation : « La nudité n'a pas pour unique but d'attirer furtivement l'attention. Il s'agit pour les protestataires de bien montrer l'importance de la cause défendue. C'est une manière de dire : cette affaire me tient tellement à coeur que je suis prêt à surmonter ma pudeur. »
Dans certains pays, protester dans le costume d'Adam expose à des représailles. On risque de se faire arrêter, comme la blogueuse égyptienne Aliaa Magda El Mahdy en a fait l'amère expérience. Cette femme de 20 ans avait posté sur Internet des photos d'elle nue pour protester contre le sort réservé aux femmes dans l'Islam. Internet est une caisse de résonance idéale pour créer le buzz sur les nus contestataires. Mais attention, on sait que la Toile n'oublie jamais rien...
Aliaa Magda El Mahdy a brisé un énorme tabou au péril de sa vie. Menacée, elle est passée à la clandestinité.
La sociologue Andrea Pabst étudie les différentes formes de protestations où le corps est mis en avant. Le choix de se mettre à nu se retrouve quasiment partout dans le monde : en Afrique, des femmes se déshabillent pour exprimer leur mécontentement ; au Mexique, les paysans sans terre manifestent nus pour faire reconnaître leurs droits. En Ukraine, les féministes du groupe Femen défrayent la chronique par leurs révoltes les seins nus. Quand elles protestaient contre le sexisme en gardant leurs vêtements, personne ne les écoutait...
L'artiste américain Spencer Tunick met en scène la nudité, à grande échelle. Il photographie des gens comme vous et moi, mais... dénudés. En 2006, pour une campagne de Greenpeace, il avait fait poser nus 600 hommes et femmes sur un glacier. Ces photos, alertes face au réchauffement de la planète, ont fait le tour du monde.
Metropolis passe en revue les diverses formes de strip-tease militant dans le monde.
Auteur : Martina Klug"
Pour plus de détails : http://www.arte.tv/fr/A-poil-les-indignes-_21-La-contestation-se-deshabille-/6325888.html
Message édité par : polyglotte / 14-01-2012 15:38
dommage j'ai raté l'émission, mais j'en ai vu une tés similaire il y a plusieurs semaines au détour d'un Zap.
Ce qui est interessant c'est que la nudité publique (média, manisfestation...) semble devenir acceptable par la société du moment qu'elle affiche directement son intention du moment que son intention sert une idée, visible, "palpable" et surtout non sexuelle.
Ceci dit lorsque nous pronons le naturisme, c'est pourtant bien ce que nous faisons, nous parlons de style de vie, de bien être, de respect. il semblerait que le discours d'une organisation, d'un ponte de l' art par exemple ne porte pas à confusion et fait passer la nudité, le public semble cerner l'utilisation de celle ci et l'acceper. Pour nous naturiste il est certain que nous devons nous regrouper ce qui est déjà pas mal fait. Mais dès que nous exprimons nos idées à l'echelle individuelle, c'est fini, la crédibilité n'est pas au rendez vous, on passe pour des pervers, au mieux des originaux. Les choses tendent à montrer que la nudité ne peux s'exprimer convenablement que de groupe à groupe et non d'individu à individu.
C'est vrai que la nudité est récuperé par bien d'association, d'entreprises, de mouvements pour assoir leurs convictions, leurs revendications ou bien faire passer un message, mais la nudité n'est jamais utilisé pour revendiquer la nudité.
Mais c'est bien parce que la nudité concerne tous le monde car c'est un état commun à tous qu'elle est utilisée. elle est le lien qui nous uni tous mais ce lien n'a pas toujours la même valeur. Elle est ce que nous avons de plus personnel: Lorsque nous la rencontrons, elle nous renvoi à notre propre nudité et c'est là que les choses se gatent si dans sa rencontre l'objectif de la nudité n'est pas clairement explicité ou en tout cas orienté, comprise, elle laisse une libre interprétation.
Est il bon ou mauvais que la nudité soit utilisé comme elle l'est, récuperer pour tout, difficile à dire, mais c'est un bon sujet de réflexion.
Le problème Isinfo, c'est que beaucoup de gens ont du mal à concevoir qu'on soit nu "pour rien".
Pourquoi se met-on nu?
Pour un acte sexuel, pour se laver, pour l'art, pour attirer l'attention, pour provoquer, pour se montrer, pour gagner de l'argent, pour protester (sous-catégorie de "pour attirer l'attention"),
tout ça, la plupart des gens le conçoivent, et même le plus souvent l'admettent.
En revanche, le naturiste, il se met nu "pour rien", tout simplement "parce que ça me plait, oh yé" comme chantait Antoine, et ça, les gens ont parfois du mal à comprendre.
Du coup, ils vont chercher à raccrocher cette nudité à une des cases ci-dessus.
Alors, ils imagineront cette nudité comme sexuelle (et c'est toute les blagues grasses sur les "camps de nudistes"),
comme ce n'est pas pour se laver ou pour l'art, pour l'argent, eh bien, ça sera pour provoquer, se montrer.
Pour moi, la meilleure façon de justifier le naturisme est tout simplement de dire "non, on ne se met pas nu "pour quelque chose", on se met nu pour rien, tout simplement parce qu'on aime ça, c'est tout, ne cherchez pas plus loin".
Pas la peine d'invoquer ici la défense de la nature, l'environnement, parce que c'est vrai, on peut être tout autant écolo avec un maillot de bain, pas la peine d'évoquer le "nus, nous sommes tous égaux", car non, ce n'est pas vrai, le vêtement n'est pas tant un "marqueur social", et en vacances, le pédégé et l'ouvrier seront en short, en maillot, en jean's baskets, les vêtements seront interchangeables d'une catégorie à l'autre.
En revanche, nu ou habillé, ils n'auront pas la même voiture, ne loueront pas le même bungalow, ne parleront pas de la même manière etc.,
mille signes autrement plus efficaces que le vêtement pour "classer" les gens.
Pas la peine d'évoquer "la communion avec la nature", car si pour nous, nous le ressentons, les textiles nous répondrons "en short et chemisette, je fais tout autant corps avec la nature quand je me promène".
Donc, foin de raisons plus ou moins valables et plus ou moins prétextes, je revendique le "pour rien, tout simplement parce que j'aime ça".
Et si on me dit "mais, ça sert à quoi?"
la réponse est "ça sert à rien. ça me fait plaisir, c'est tout. A quoi ça sert d'écouter de la musique? à rien non plus. A quoi ça sert de jouer aux échecs? A rien".
Se sentir bien, se faire plaisir, ça me semble des motivations tout à fait acceptables, et que les naturistes devraient plus revendiquer.
Les autres raisons, pour valables qu'elles puissent être, sont souvent des prétextes ou la peur d'affirmer qu'on est naturiste simplement parce que c'est agréable d'être nu.
Même la "marque de maillot", c'est un peu une raison prétexte, car les gens qui n'aiment pas la marque de maillot, ça ne les fait pas franchir le pas du naturisme pour autant.
Message édité par : gilles / 14-01-2012 23:50
C'est assez bref, vers 40% de l'émission, ça ne dure que quelques minutes, mais ce qu'ils disent me semble juste.
J'ai mis la partie concernant le nu revendicatif à :
Le problème Isinfo, c'est que beaucoup de gens ont du mal à concevoir qu'on soit nu "pour rien".
Pourquoi se met-on nu?
Pour un acte sexuel, pour se laver, pour l'art, pour attirer l'attention, pour provoquer, pour se montrer, pour gagner de l'argent, pour protester (sous-catégorie de "pour attirer l'attention"),tout ça, la plupart des gens le conçoivent, et même le plus souvent l'admettent.
En revanche, le naturiste, il se met nu "pour rien", tout simplement "parce que ça me plait, oh yé" comme chantait Antoine, et ça, les gens ont parfois du mal à comprendre.
Du coup, ils vont chercher à raccrocher cette nudité à une des cases ci-dessus.
Alors, ils imagineront cette nudité comme sexuelle (et c'est toute les blagues grasses sur les "camps de nudistes"),
comme ce n'est pas pour se laver ou pour l'art, pour l'argent, eh bien, ça sera pour provoquer, se montrer.Pour moi, la meilleure façon de justifier le naturisme est tout simplement de dire "non, on ne se met pas nu "pour quelque chose", on se met nu pour rien, tout simplement parce qu'on aime ça, c'est tout, ne cherchez pas plus loin".
Pas la peine d'invoquer ici la défense de la nature, l'environnement, parce que c'est vrai, on peut être tout autant écolo avec un maillot de bain, pas la peine d'évoquer le "nus, nous sommes tous égaux", car non, ce n'est pas vrai, le vêtement n'est pas tant un "marqueur social", et en vacances, le pédégé et l'ouvrier seront en short, en maillot, en jean's baskets, les vêtements seront interchangeables d'une catégorie à l'autre.
En revanche, nu ou habillé, ils n'auront pas la même voiture, ne loueront pas le même bungalow, ne parleront pas de la même manière etc.,
mille signes autrement plus efficaces que le vêtement pour "classer" les gens.Pas la peine d'évoquer "la communion avec la nature", car si pour nous, nous le ressentons, les textiles nous répondrons "en short et chemisette, je fais tout autant corps avec la nature quand je me promène".
Donc, foin de raisons plus ou moins valables et plus ou moins prétextes, je revendique le "pour rien, tout simplement parce que j'aime ça".
Et si on me dit "mais, ça sert à quoi?"
la réponse est "ça sert à rien. ça me fait plaisir, c'est tout. A quoi ça sert d'écouter de la musique? à rien non plus. A quoi ça sert de jouer aux échecs? A rien".Se sentir bien, se faire plaisir, ça me semble des motivations tout à fait acceptables, et que les naturistes devraient plus revendiquer.
Les autres raisons, pour valables qu'elles puissent être, sont souvent des prétextes ou la peur d'affirmer qu'on est naturiste simplement parce que c'est agréable d'être nu.Même la "marque de maillot", c'est un peu une raison prétexte, car les gens qui n'aiment pas la marque de maillot, ça ne les fait pas franchir le pas du naturisme pour autant.
D'accord avec toi PhilE ! 😛 Je partage grandement ton analyse. En somme, faut-il intellectualiser notre démarche ? Il me semble que la recherche du bien-être naturiste et du plaisir fait partie tout simplement de notre humanité ?!
Ta remarque est juste PhilE et met en évidence que la raison qui nous amène au naturisme n'est pas forcement voire pas du tout dans certain cas celle qui nous fait continuer, car c'est effectivement "j'aime ça"
Mais bon je ne voudrais pas casser le sujet de ce topic qui à la base concerne la contestation et la nudité.
