29 septembre 2026
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"Censure vulgaire et répugnante" lors d'une expo photos

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jfreeman
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(@jfreeman)
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Censure d'une oeuvre au Mois de la photo à Paris : retour de puritanisme ?

Deux semaines après la destruction de l'oeuvre de Paul McCarthy place Vendôme,
voici un inquiétant cas de censure et un autre de vandalisme visant des artistes à Paris.

L'oeuvre censurée est une photo de Diane Ducruet, une photographe qui travaille depuis quinze ans
sur le concept de la famille, et qui participait à une expo de groupe sur le thème de l'« intime »
dans une galerie parisienne, dans le cadre du Mois de la photo.

Sa photo, Mère et fille, a été décrochée cette semaine avant même d'avoir été vue,
sur décision de la galeriste, Catherine Houard, et du directeur de la Maison européenne
de photographie (MEP) à Paris, Jean-Luc Monterosso, qui avait pourtant lui-même choisi ce thème
de l'intime pour le Mois de la photo. Ils ont agi après une brève campagne de lettres anonymes
et sur les réseaux sociaux.

« Sans la moindre menace »

Encore sous le choc, Diane Ducruet a déclaré samedi à Rue89 qu'elle avait l'impression
d'être dans « un mauvais roman de science-fiction » :

« Je ne comprends toujours pas comment une galeriste et un responsable d'une institution
censée promouvoir le travail des artistes, ont pu, sans la moindre menace, sur la simple
demande d'anonymes, et sans réellement connaître mon travail passé et présent, décider
de décrocher une oeuvre. »

Diane Ducruet souligne que son quadriptyque d'une mère allongée sur sa fille, sorte
d'« hydre à plusieurs tête », s'inscrit dans son travail passé sur la famille.
Elle balaye le soupçon d'apologie de « pédophilie » contenu dans les courriers anonymes :

« Ce sont des peurs ou des fantasmes, ça ne m'intéresse pas de rentrer dans ce débat. »

La galeriste Françoise Paviot, commissaire de l'exposition et galeriste réputée,
spécialisée dans la photo, a déclaré elle aussi à Rue89 qu'elle n'avait « jamais vu d'inceste dans ce travail ».

« Censure vulgaire et répugnante »

L'une des difficultés de cette affaire tient sans doute au fait que la galerie qui devait initialement
accueillir cette exposition de groupe a fait faillite au dernier moment, et a été remplacée au pied levé
par la galerie Catherine Houart, qui n'avait pas été associée à la préparation.

Lorsque les premières polémiques ont éclaté, la galeriste se trouvait à l'étranger et a demandé
à J-L Monterosso son avis ; ce dernier a recommandé le décrochage, alors que la photo
qui faisait débat avait été sélectionnée pour le catalogue du Mois de la photo dont il est l'initiateur.

Invitation à l'exposition de groupe

Les protestations étaient basées sur le carton d'invitation, contenant une photo
de Diane Ducruet montrant un baiser mère-fille qui a déplu. Photo qui ne figure pas
dans l'expo mais s'inscrit dans le travail sur la durée de l'artiste visible sur son site.

Dans une lettre ouverte à Jean-Luc Monterosso pubiée sur son blog, la photographe Marie Docher,
qui avait été à l'initiative du projet artistique sur l'intime, s'insurge contre la décision
de décrochage prise après sept lettres anonymes :

« Que la MEP soutienne une telle décision pourrait laisser croire que vous ne soutenez pas
les artistes qui sont dans votre catalogue et acceptez la censure vulgaire et répugnante de quelques personnes.

Vous savez ce que représente une année de travail pour un.e artiste : du temps, du travail,
des doutes, des investissements financiers.

Vous savez ce que représente une exposition pour un.e artiste : la confrontation avec un public
et la possibilité de vendre et ainsi rembourser ses frais, rarement plus.
C'est ça aussi la réalité des photographes !

Sept personnes ont décidé, sans connaître le travail, de le censurer et de refuser à Diane Ducruet d'exposer.

Vous qui défendez les photographes, il est encore temps de le prouver en exposant l'oeuvre censurée
à la MEP, en bonne place, durant tout le Mois de la Photo, et en expliquant clairement pourquoi
vous le faites. Nous sommes persuadé.es que vous avez à coeur de défendre la liberté d'expression
et la liberté de travailler. »

« Les éblouis du jardin Anne-Frank » saccagés

Les photos vandalisées de Juliette Agnel devant la mairie du 3ème arrondissement de Paris (capture Le Figaro)
Coïncidence fâcheuse, une seconde artiste de la même expo, Juliette Agnel, a vu d'autres photos,
qui étaient accrochées sur les grilles de la Mairie du IIIe arrondissement de Paris, vandalisées dans la nuit
de dimanche à lundi derniers.

Cette série était intitulé « Les éblouis du jardin Anne-Frank », du nom du square qui fait face à la Mairie,
et au sein duquel l'exposition avait d'abord été montrée sans problèmes, avant d'être ensuite accrochée
aux grilles du bâtiment officiel.

Sur sa page Facebook, citée par Le Figaro, l'artiste écrit :

« Mes photos sont très douces, prises dans ma machine" qui marie la chambre noire et le numérique,
c'est-à-dire le temps d'hier et le temps d'aujourd'hui.

Il s'agit de capter en 5 (longues) secondes de pose à travers le trou d'une aiguille les fidèles
de ce jardin, les familles, les habitants du quartier, mon quartier d'ailleurs, bref tout le chassé-croisé
d'une vie collective, humaine et quotidienne. Nous ne sommes pas dans le cas d'un sujet à polémique.
Au contraire, dans celui de l'espace commun. »

Dans les deux cas, au sein d'une galerie ou dans l'espace public, l'artiste est confronté à l'intolérance.
Un vent mauvais qui devrait inquiéter même ceux qui sont prompts à dénoncer l'art contemporain.

INFOS PRATIQUES
L'intime comme illusion
Exposition de groupe de Carolle Benitah, Catherine Rebois, Juliette Agnel, Marie Docher,
Vincent Gouriou - ains que Diane Ducruet dont l'oeuvre n'est plus visible.

Commissaire Françoise Paviot. Galerie Catherine Houard, 15 rue Saint Benoit, 75006 Paris.
Jusqu'au 8 novembre 2014. Les artistes seront présentes le 8 à la galerie, y compris Diane Ducruet
qui signera son livre Family games. Site web : ww.catherinehouard.com

Source : http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/11/01/censure-dune-oeuvre-mois-photo-a-paris-retour-puritanisme-255823

"


2 Réponses
tilali
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(@tilali)
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ça me rapelle ceci :

(cf : https://vivrenu.com/forum-du-naturisme/photos-peinture/musee-dorsay-une-petite-partouze-avant-lexpo-sade-

"Je pense que le musée prend de très gros risques en diffusant ce clip

Je me rapelle en effet un certain salon où des "fou-furieux" avaient exigé l'arrêt de la diffusion d'une vidéo naturiste qui était visible sur le stand. L'agression physique était à deux doigts et la sécurité avait dû intervenir.

Bien sûr, c'est ce petit groupe qui a eu gain de cause car, au lieu de les expulser manu militari, c'est l'exposant qui a été obligé de se ranger à leurs exigences.

Si donc, ce même groupe vient à visiter le musée, il va faloir que le directeur prévoit un arrêt d'urgence pour stopper la diffusion.

Ou alors, peut-être seront-ils, cette fois-ci, expulsés manu militari
A suivre..."

Inquiétant tout ça 😕


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(@desinscrit79)
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La censure actuellement est inquiétante.
Il y a déjà eu les pochettes d'albums ( sans que ça se sache et sans que ce soit relié par aucun média 😕 ), les pexpos, les spectacles, etc.... Bref ça craind je trouve.


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