Si l'on est sérieux, les arrêtés municipaux interdisant le torse nu en ville sont à considérer comme abusifs du point de vue légal. Tout au plus agissent-ils donc comme moyens dissuasifs, objectif essentiel de ces mairies.
On entend ici par torse (ou poitrine, employé par certains arrêtés pour parler en fait de celle des femmes!) celui des hommes et celui des femmes. Or, dans les faits, le torse nu des femmes reste hyper réprimé (et d'ailleurs ça marche d'abord par auto-censure, même dans le cadre des piscines alors que le réglement ne pose pas explicitement l'interdit), comme si ça attentait gravement à l'ordre public (avec pour effet par exemple d'occasionner des accidents ou de provoquer l'ire de certains religieux, etc.), alors que les mentalités ont quand même vachement évolué. Du coup, montrer, même partiellement, la poitrine pour une femme en ville est assimilé par certains arrêtés à un délit d'exhibition sexuelle.
ABUS DE POUVOIR...
Si de nombreux maires de villes concernées par l'afflux de touristes estivaux ont annoncé ce type de dispositions répressives depuis les années 2000, sous divers prétextes (du sempiternel respect des bonnes moeurs, périmé en droit depuis 1992, au souci de promouvoir une meilleure image -on se demande pour qui et pour quoi- de la ville), on peut le considérer comme une sorte d'abus de pouvoir depuis la décision rendue en 2008 par le tribunal administratif suite à la plainte d'André Bauer.
Plusieurs sites l'en informent, dont cet article du site apprenti-juriste: http://apprenti-juriste.over-blog.fr/article-26207706.html
La décision de la mairie de la Grande-Motte, en 2002, d'interdire le torse nu sur sa commune, avait encouragé ailleurs une série d'arrêtés similaires: http://www.rmc.fr/editorial/50331/torse-nu-a-la-grande-motte/
Tous ces arrêtés sont donc devenus caducs depuis 2008. Ils n'ont pas de valeur au regard du Code Pénal. Les amendes infligées par les mairies peuvent être aisément annulées par la voie du tribunal administratif.
Encore faut-il y recourir...
Pour prendre le cas de Paris, par exemple, contrairement à ce que l'on peut croire, la Mairie n'interdit absolument pas de se promener torse nu dans les rues... Sauf pour les femmes, au nom d'une certaine décence etc. Le maillot est parfaitement autorisé, à l'exception... des parcs et jardins (sauf les quais de Paris-plage). C'est malin puisque c'est là qu'on le ferait en priorité (encore une fois, cela peut être jugé abusif).
Paris s'avère donc en principe plus tolérant que Barcelone qui, depuis 2011, interdit de se promener torse nu en ville.
Il reste néanmoins interdit de se baigner dans les fontaines ou étangs du territoire de la capitale (en attendant la mise en place du projet d'autoriser la baignade au lac Daumesnil, annoncé depuis 2011).
Il reste néanmoins interdit de se baigner dans les fontaines ou étangs du territoire de la capitale (en attendant la mise en place du projet d'autoriser la baignade au lac Daumesnil, annoncé depuis 2011).
Et en attendant ce projet au Lac Daumesnil, je vais rappeler qu'il y a déjà fort longtemps, un futur Président de la République, Jacques Chirac à l'époque père de Marie, euh, maire de Paris, avait promis qu'on pourrait se baigner dans la Seine à Paris.
J'aimerais savoir si un contrôle de légalité de ce genre de décision est possible.
Arcachon a le même type de politique, depuis peut-être 2019
Combien de condamnations dans les tribunaux administratifs faudra t'il aux communes avant de renoncer à ce genre d'arrêtés?
Quant aux motifs, j'apprécie le record de la beaufitude signalée dans le post précédent, c'est vraiment du grand n'importe quoi. Je ne pense pas que cela existe dans nos lois.
Je pense que c'est à chaque ville en France, dont la mairie de décider ou pas, que les hommes pourraient
avoir le torse nu en ville ?
Pourquoi pas quelques actions concertées, à une certaine heure et un certain lieu central, tout-à-fait pacifique et civique, mais en tenue de plage non contestée (quant au haut).
Exemples:
- visite guidée du centre-ville (extérieur uniquement)
- occupation des terrasses de la grand-place (en consommant, bien sûr)
- détente autour de la fontaine municipale (pas "dans")
- action de ramassage des détritus et de produits de vraies incivilités
...
Il vaudrait mieux que ce ne soit pas uniquement le fait de touristes.
Et cette période de canicule est un moment plus propice que le mois de janvier

