Une douzaine d'intégristes musulmans et quelques catholiques révoltés
se sont rebellés contre la compagnie angevine Kumulus. Leur performance de rue,
Les Squames, a déclenché la polémique à Angers, lors du festival des Accroche-Coeurs...
Sur la place de la République, à une demi-heure de la fin du premier spectacle angevin de la troupe,
les artistes ont été interrompus par une douzaine d'intégristes musulmans, le Coran en main,
contraignant le directeur artistique du festival d'appeler la police, et le maire d'annuler
les représentations des Squames pour «éviter d'autres débordements».
Le spectacle met en scène des humanoïdes au corps noirci qui agissent avec des comportements de primate.
Ainsi grimés, les acteurs se promènent entre les grilles d'une cage.
Leurs corps charbonneux exposés font référence aux phénomènes de foires et aux exhibitions ethnologiques.
Le spectacle invite à remettre en question notre vision de la différence.
Selon son créateur, les passants sont alors les gardiens de ces étranges créatures :
ce qui aurait déplu à certains.
Censurée par la municipalité, la compagnie fait appel à la démocratie et à la liberté d'expression.
Le directeur de la compagnie, Barthélémy Bompard, confie ses impressions :
«Nous avons été interrompus par douze personnes à l'ouverture d'esprit restreinte, pas loins de l'obscurantisme.
Il y a eu une montée de tension. Ce n'est pas la faute du public, mais plutôt celle du maire
qui ne sait pas gérer son public. C'est un laisser-faire, on met un doigt dans l'engrenage :
on annule Kumulus, puis c'est un spectacle de danse, etc. Nous sommes confrontés à un grave problème de société».
Il aurait longuement parlé avec la mairie. La décision du maire ne change pourtant pas, subissant aussi
la pression de quelques catholiques choqués.
Du théâtre de rue... en salle
Selon l'avocat adjoint à la culture, Alain Fouquet,
le maire n'aurait «pas cédé face aux intégristes et à l'intimidation» et aurait «voulu privilégier,
sous la pression, la sécurité du public familial».
Pourtant, les autres troupes du festival s'en mêlent et menacent de ne pas se produire.
Sous l'effet de cet élan solidaire et face à l'éventualité d'une annulation complète du festival,
le maire «laisse évoluer sa position».
La compagnie a donc été autorisée à se produire, mais cette fois en salle : au Forum du Quai,
dimanche 14 septembre, contrairement à la philosophie de la pièce et du festival.
L'intervention des autres troupes a beaucoup aidé, selon le directeur de Kumulus.
«J'aurais fait la même chose à leur place, c'est inacceptable. Heureusement,
nous avons le soutien du public et des autres compagnies».
Accusés de racisme
Kumulus, créé par Bompard en 1986, mobilise 18 personnes pour Les Squames et semble avoir toujours oeuvré
dans la polémique, «le décalage et la déraison». Ce dernier explique son projet :
«J'ai créé cette pièce pour parler du racisme, de la différence et de l'enfermement.
Je veux parler du fait que l'homme est un loup pour l'homme» dit-il.
Or, le groupe qui les a interrompus à Angers les accuse précisément de racisme.
Parmi les 250.000 spectateurs du festival, une douzaine a réussi à déclencher la censure municipale.
Il s'agit en effet d'un spectacle provoquant, mais qui invite à la réflexion et à la discussion.
Alain Fouquet souligne d'ailleurs que la pièce a rempli sa fonction en créant immédiatement un débat de société.
Barthélémy Bompard prévoit une prochaine oeuvre appelée Naufrages, et a beaucoup apprécié sa première visite
à Angers... même s'il ne s'attend pas à une invitation au festival de l'année prochaine.
Message édité par : fredericdromois / 16-09-2014 10:35
Intéressant témoignage :
louloudanjou16
J'y étais et j'ai tout vu.
C'est l'intervention de gens vociférant avec le Coran à la main qui a déclenché l'incompréhension d'abord,
puis l'indignation ensuite de spectateurs lambda.
Qui a parlé de catholiques? Je n'en ai vu aucun avec un missel en main. Le fait est que l'atmosphère risquait
fort de dégénérer en pugilat ou pire avec des risques bien réels de dommages corporels.
Laisser faire eût été prendre un risque dont les autorités auraient été accusées ensuite avec raison.
Droite au gauche n'ont rien à y voir, et il n'y avait pas 300 CRS comme à Nantes pour éviter un "trouble
à l'ordre public" fantasmé. Le trouble était en train de naître et les spectateurs l'ont bien senti.
Allons nous être victimes, nous aussi, d'intégristes de tout poil ?
Normalement, l'ultra-droite catholique réactionnaire fait de l'islam son ennemi absolu, mais sur certains sujets (genre mariage pour tous), il leur arrive de faire une sainte alliance.
D'ailleurs, quand on regarde du côté des ultra, il y a des rapprochements assez bizarroïdes: Dieudonné avec le nazi Soral (les noirs pour les nazis, c'était à peine "moins pire" que les juifs), Farida Belghoul (celle qui pense qu'on va couper le zizi des garçons si on leur dit qu'ils peuvent faire la vaisselle), est une ancienne des Jeunesses Communistes, et le maire de Hayange, FN, qui est un ancien du NPA de Besancenot.
Du moment qu'il s'agit de huer Hollande ou NVB, ils ne sont pas trop regardants!
Pour Angers, il s'agissait surtout des islamistes, mais il y avait aussi un groupe de catholiques intégristes, si j'en crois Le Monde.
Là où ça deviendrait inquiétant, c'est si l'autocensure prend le pas sur la censure. la censure, on peut protester, s'indigner, mais si une compagnie renonce à proposer un spectacle de peur des troubles, si un festival ou une scène ne prend plus le risque de les programmer, c'est là qu'une poignée d'extrémistes aura réellement réussi son coup.
J'espère que le maire fera son boulot en poursuivant la douzaine de perturbateurs pour "trouble à l'ordre public"
Parce que si 12 personnes dans un public de 250000 peuvent faire leur loi, c'est la liberté d'expression qui est en danger donc la démocratie.
....
Pour Angers, il s'agissait surtout des islamistes, mais il y avait aussi un groupe de catholiques intégristes, si j'en crois Le Monde........
Mais expliquez moi pourquoi certains cherchent toujours à vouloir mettre sur la scène "les cathos"?
Il s'agit ici de musulmans qui,coran en main,viennent expliquer au "Pays des droits de l'Homme" quelle culture a droit de citer!!
C'est le début d'une démarche de substitution de la loi coranqiue aux lois de la rébuplique. Rien de catho là dedans.
On sait pas Vivaldi, on n'y était pas.
Faudrait que tu poses la question sur le forum du journal "Le Monde". C'est eux qui disent ça 😉
Après, si les journalistes de ce journal ont menti, il suffit que les catholiques fassent un communiqué ( via l'évéché du coin)disant tout simplement qu'ils n'ont rien contre ce spectacle. C'est pas plus compliqué que ça ( et éventuellement, attaquer le monde pour avoir diffuser de fausses infos sur eux ) 😉
Message édité par : steph22 / 16-09-2014 12:57
Les intégristes religieux de tous bords commencent vraiment à nous pourrir la vie. Nous vivons dans un état laïc que je sache ? Alors que l'Etat agisse sévèrement contre ces "dictateurs de l'esprit".
D'accord avec toi Esteban.
Je pense que l'état pourrait réagir au nom même du principe de laïcité.
La laïcité, c'est de pouvoir garantir à chacun de pouvoir se vouer à un culte de son choix MAIS "dans la sphère privée" .
Un adepte d'une religion peut s'imposer à lui-même des interdits, pas de souci ( par exemple, ne pas aller voir tel ou tel spectacle, ne pas lire tel ou tel livre, etc... ) mais, à mon avis, juridiquement parlant, il n'a pas à empêcher les autres ( ceux qui ne pensent pas comme lui ou qui ne partagent pas ses opinions ) de voir ce même spectacle ou de lire ce même livre.
Seul l'état ou la justice peut "censurer" ou "interdire " ( et même ça, ça donne matière à discussion d'ailleurs ). Une religion n'a aucun pouvoir en terme de censure.
Il conviendrait donc de le leur rappeler ( y compris, s'il le faut, par la voie judiciaire)
Les islamistes et les catholiques intégristes, je ne vois pas beaucoup de différences, et je prends l'un pour taper sur l'autre.
J'ai dit islamiste et non musulman, et j'ai ajouté l'adjectif intégriste pour les catholique, je précise cela afin que vous n'alliez pas mal interpréter mes propos.
Peu m'importe la religion, ou que cette religion soit d'origine étrangère (le catholicisme l'est tout autant, mais il a été imposé à ce qui est aujourd'hui la France il y a plus de 1500 ans), ce que je refuse, c'est que ces gens-là prétendent l'imposer à toute la société, imposer leurs obligations et interdits à toute la société.
Qu'ils trouvent la nudité choquante, qu'ils se marient vierges, qu'ils ne mangent pas de viande en carême ou ne mangent pas de porc, c'est leur droit le plus strict, du moment que pour les autres c'est autorisé et qu'ils se dispensent de protester, ils peuvent faire et penser ce qu'ils veulent, grand bien leur en fasse!
Tout à fait d´accord avec toi PhilE
Message édité par : gggg / 17-09-2014 13:22
Evidemment. Le problème c'est que parmi ces gens-là, il y en a qui veulent imposer leurs choix aux autres.
Il faut donc aussi qu'on ait réellement la possibilité de critiquer, et même de dénigrer ces démarches, ce qui n'est pas encore véritablement acquis.
Evidemment. Le problème c'est que parmi ces gens-là, il y en a qui veulent imposer leurs choix aux autres.
Il faut donc aussi qu'on ait réellement la possibilité de critiquer, et même de dénigrer ces démarches, ce qui n'est pas encore véritablement acquis.
Eh oui, la religion, c'est sacré, il faut respecter les croyances! Cela vaut pour le christianisme, et pour l'islam, critiquer est impossible, c'est du racisme, et même chose pour le judaïsme.
On a le droit de critiquer le Médef ou la CGT, de critiquer le FN ou le PS ou l'UMP, on a le droit de dire qu'il faut être plus que crédule pour croire à l'astrologie ou la numérologie (à ce propos: si vous me donnez votre N° de carte bancaire sans oublier la date de validité et les codes au dos, je peux vous faire une prédiction numérologique),
mais la religion, non, surtout pas, respect!
Quand un croyant meurt, on dira que c'était un homme de grande foi.
A l'inverse, eux ne se privent pas de fustiger l'irreligion, et dans bien des cas, nous en punir de mort.
Deux poids deux mesures.
Quand je serai mort (j'veux un suaire de chez Dior), vous pourrez en revanche dire que j'étais quelqu'un de profondément incroyant.
Pas seulement la croyance en Dieu: je ne crois en rien, car quelle que soit la croyance, c'est l'acte même de croire qui est une sottise.
Je comprends ou ne comprends pas, je connais ou j'ignore, mais croire? c'est plus que puéril comme attitude.
Qu'il soit quand même entendu que si je combats les religions, que je trouve être à la fois un tissu d'ineptie et des institutions nuisibles, en revanche, il y a une chose que je défends bec et ongles, c'est la possibilité de croire à ce qu'on veut et la possibilité de pratiquer la religion de son choix.
Je demande seulement la réciproque: caricaturez l'incroyance tant que vous voudrez, combattez-la, moquez-vous tant que vous voudrez, mais que tout ça ne reste que verbal, dans le respect absolu de la liberté.
