Bonjour tout le monde,
Ci-dessous un article dans La Croix
Salutations,
Jean-Michel
Nudité, navigation, interdictions… Plongée dans l’histoire houleuse des baignades dans la Seine
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Juillet 1923. Sur les berges pentues des quais parisiens, quelques silhouettes sont vêtues d’un maillot de bain. Certains ont le corps plongé dans l’eau, d’autres n’osent pas s’y aventurer. Les visages sont juvéniles, souriants, parfois crispés par la température du fleuve ou son courant qui emporte les corps émaciés. La photographie – légendée « 7/7/23, chaleur à Paris » – raconte cette époque où la baignade dans la Seine était coutumière. Dans quelques jours, samedi 5 juillet, elle sera de nouveau d’actualité.
Se plonger dans l’histoire des baignades dans la Seine, en plein Paris, c’est aussi nager en eaux troubles, au milieu des rares archives, des quelques clichés en noir et blanc encore conservés, souvent non datés. Difficile de dire à partir de quand les riverains ont commencé à se baigner dans la Seine. Sûrement la pratique a-t-elle toujours existé. « À partir du XVIIe siècle, les Parisiens sont plus nombreux à se baigner dans la Seine, mêlant un souci d’hygiène au plaisir rafraîchissant de l’eau, aux beaux jours », explique Isabelle Duhau, conservatrice du patrimoine, dans un article sur le sujet.
Des arrêtés pour interdire la nudité
La période signe l’essor des baignades urbaines. À l’époque, certains riverains se baignent dévêtus. Des habitants s’en émeuvent. Pléthore d’arrêtés sont pris par la préfecture. « Ces restrictions visent à interdire la nudité des baigneurs sur les berges ou à l’extérieur des établissements de bains », explique une étude sur la baignade urbaine du Programme interdisciplinaire de recherches sur l’environnement (Piren) de la Seine. Pour Julia Moutiez, architecte effectuant un doctorat sur le retour de la nage dans les cours d’eau parisiens, la répétition de ces interdictions est un signe du « succès des baignades en ville ».
« Entre le XVIIIe et le XXe siècle à Paris puis en Île-de-France, une série d’arrêtés est publiée pour encadrer les pratiques et les corps dénudés des baigneurs, tout en les amenant progressivement à occuper des espaces dédiés pour les écarter de la navigation », poursuit la même étude. Avec l’essor des transports de marchandises sur la Seine, les établissements de bain, espaces situés sur le bord des cours d’eau, émergent face à ces contraintes. Peu à peu, les Parisiens préfèrent ces installations plus confortables et sécurisées – encadrées par des rambardes – à la nage en eau vive.
Les baignades dans la Seine s’évaporent
En 1923, un arrêté de la préfecture est adopté. Il entérine l’interdiction de toute baignade dans la Seine à Paris sous peine d’une amende. Est-ce pour autant que la baignade urbaine dans la Ville lumière prend fin ? Des images d’archives continuent de montrer ces Parisiens se jetant à l’eau des années après. Quand le thermomètre grimpe en flèche, certains bravent les interdictions – jusqu’à nos jours. « C’est aussi le cas lors d’événements sportifs ponctuels, comme la traversée de Paris à la nage, qui a lieu chaque année », précise Benoît Hachet, sociologue des baignades urbaines.
Des dérogations exceptionnelles offrent la possibilité à certains bains de poursuivre leurs activités. Les bassins flottants continuent d’accueillir des nageurs, comme la piscine Deligny, amarrée depuis 1801 dans le 7e arrondissement – dont la structure coulera en quelques dizaines de minutes en juillet 1993. Au fur et à mesure, « les baigneurs quittent la Seine pour aller nager dans les piscines construites en ville », éclaire le sociologue. La qualité de l’eau se dégrade. L’image de la Seine rebute. Les Parisiens la délaissent.
En 1988, Jacques Chirac remet le sujet sur la table. Alors maire de Paris, il annonce : « J’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre. » Une promesse qui ne sera jamais tenue, même si Anne Hidalgo s’y plongera trente-sept ans plus tard. « L’avenir, c’est le passé, ironise Benoît Hachet. On renoue avec les anciennes pratiques. » Samedi 5 juillet, les premiers baigneurs pourront faire trempette dans le fleuve. Un éternel plongeon dans la Seine.
Et toujours ce même acharnement liberticide contre la simple nudité !
Il est vrai que lorsqu'on lit la Bible, dès la deuxième page la nudité est associée à la désobéissance à Dieu et à la honte.
Peut-être parce que la page la plus importante est la première dans laquelle on est nu et heureux 😀 car après, en effet les habits apparaissent
