petit rappel historique:
La culture du tabac trouve son origine en Amérique, il y a plus de 500 ans. Lorsque Christophe Colomb rencontre les Amérindiens, ceux-ci pour se soigner roulent des feuilles de tabac jusqu'à obtenir une sorte de grand cigare qu'ils appellent « tabaco »
Dans leur calumet brûle également un mélange de plusieurs herbes dont le tabac et le chanvre.
A la même époque, comme le tabac n'existe pas en Europe, les Romains et les Grecs, qui fumaient la pipe, emploient des feuilles d'autres végétaux tels que le poirier[2]. Divers travaux ont aussi postulé la consommation de nicotine dans l'Égypte antique, mais sans parvenir à une conclusion claire à propos de son origine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tabac
loin de moi l'idée de faire l'apologie du tabac mais quand on pense que c'est des gens qui vivaient nus naturellement et qui étaient sûrement plus prets que nous des éléments naturels qui ont inventé la "fumette", ça me fait bien rigoler toutes ces théories sur ces revendications écologistes, lois de la vie saine et blablabla!!!
vivons tout simplement comme on l'entends et chacun sa liberté!!!
tu m'en offre un tit de davidoff éric??? 😀 😉
bon, lyon c'est si loin que ça de chez toi la drinox???
parce que samedi et les jours suivants, apérooooooooooooooooooooo 😛 😛 😛
Message édité par : motardsdu21 / 10-07-2009 07:12
Ben oui, quand même, c'est loin.
Le sujet s'y prétait. Encore un bon forum polémique comme je les aime. On ne va pas refaire le monde, un peu d'humour et de deuxième dégré et tout se passe bien.
Bonne plage.
ericetmag : manifestement, votre susceptibilité déborde dans vos majuscules... Même s'ils cherchent par humour noir à relativiser, vos propos sont violents: vous vous sentez attaqués alors même que personne ne vous attaque!
Ce qui semble vous déplaire, finalement, c'est que le naturisme ait des origines hygiénistes et libertaires radicales avérées... Car mon post n'a fait que reprendre des infos historiques et ainsi qu'on peut le constater, bien que je sois opposé au tabagisme, je n'ai pas avancé que ces orientations devraient être imposées aujourd'hui. Je connais quelques naturistes fumeurs et je ne les ai jamais harcelés.
Au contraire, j'ai noté l'évolution qui a eu lieu au détour des années 1960: c'est un constat, mais force est de reconnaître que cet évolution hédoniste du naturisme s'est bien éloignée des objectifs de santé qui s'imposaient lors de l'émergence du mouvement en Europe occidentale (des pays germaniques et de France).
motardsdu21:
concernant le tabagisme ou la fumette, relativiser par rapport aux pratiques de civilisations antiques avec l'argument supplémentaire que la nudité collective y existait n'est pas très opportun.
En effet, là n'est pas la question! Le contexte est totalement différent, comme celui de l'usage. Le naturisme du début du XXe siècle comportait un volet hygiéniste qui cherchait à lutter contre les méfaits d'alors de la vie urbaine et d'une civilisation industrielle néfaste. Fuyant la pollution, les libertaires naturiens ne comptaient pas la retrouver au travers d'un usage régulier du tabac!
Le tabac utilisé de nos jours, comme vous le savez (à moins de préférer ne pas y penser), comporte des milliers de substances chimiques, dont une cinquantaine cancérigènes, d'autres mutagènes (agissent sur le patrimoine génétique des cellules).
4000 substances chimiques environ selon les dernières infos, parmi lesquelles le monoxyde de carbone (cardio-toxique), l'acétone (comme dans les décapants de peinture), l'acide cyanidrique ou le cyanure d'hydrogène (gaz incolore, substance des plus toxiques), l'ammoniac, l'ammonium (utilisé dans les engrais), le mercure, le plomb (malformations congénitales et atteintes intellectuelles chez les enfants passifs), le benzène, le cadmium, le formaldéhyde et autres cétones, l'arsenic, le toluène (utilisé dans les solvants industriels), le phosphore, des aromatiques polycycliques, goudron, et bien sûr nicotine, poison avéré depuis le XIXe siècle. Mais l'industrie a menti aux gens sur les effets, en faisant croire que fumer en fait c'était cool, rock'n'roll ou que boire, c'est sympa, virilisant, etc. (l'alcool n'étant cependant bien sûr pas une drogue à usage modéré et sensé).
Pour le détail de l'analyse des substances, leurs effets et les troubles associés, voir :
> http://ist.inserm.fr/basisrapports/tabac2/tabac2_chap02.pdf
D'autre part donc, les peuplades antiques n'utilisaient pas les mêmes ingrédients!
L'usage du tabac et d'autres plantes par les Indiens d'Amérique revêt une fonction la plupart du temps hallucinatoire, intégrée aussi aux expériences chamaniques leur donnant l'impression de pouvoir communiquer avec les esprits.
Mais ces substances, quelque hallucinatoires sont-elles, restent d'extraction naturelle: poudre de graines, de racines, de lianes... et toutes à vocation mystique. En Asie, des champignons hallucinogènes comme l'amanite tue-mouches avaient aussi une fonction religieuse importante. Quant au cannabis ou marijuana, leur usage régulier favorise en particulier, en plus d'effets perturbateurs, le cancer des testicules sauf qu'aujourd'hui, on le sait, pas autrefois. Il ne faut pas non plus idéaliser les Indiens et autres peuples anciens.
En tous cas, le tabac (ou autres substances) était utilisé exclusivement pour entrer en transes lors de cérémonies de purification, lors d'expériences de guérisseurs, ou alors pour se protéger mystiquement son territoire en allant à la guerre : rien à voir avec l'époque contemporaine et sa consommation massive, rien à voir avec cette aliénation pathologique par la cigarette!
> http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/_L_herbe_cordiale___le_tabac_medecine_et_ivresse_chamanique.asp
Où on lit "la cohoba, mélangée à un jus de tabac (...), était nécessaire pour accomplir un rituel réservé d'ailleurs aux chefs et aux chamanes. / le tabac, grand médiateur entre les puissances de l'au-delà et les hommes, joue toujours un rôle central dans le chamanisme amérindien, au même titre que d'autres substances.
Ces usages essentiellement rituels ou superstitieux diffèrent totalement de l'usage de masse instauré dès le XVIIe siècle en Occident.
Le naturisme a émergé en Europe pour aider le corps à lutter contre les méfaits d'une civilisation industrielle capitaliste aliénante, associé à des projets communautaires utopistes. Le rejet des méfaits de l'industrie, de ses lobbys, des mauvaises habitudes engendrées, reste d'actualité.
Ainsi, vos propos moqueurs sur l'engagement écologiste et l'orientation forcément hygiéniste des premières expériences naturistes ou naturiennes collectives, pourtant liés, montrent bien à quel point aujourd'hui certaines personnes qui se réclament du naturisme ne se retrouvent plus dans ces anciennes directions qu'ils considèrent trop spartiates sinon austères. C'est simplement la conséquence d'un développement de pratiques hédonistes et touristiques autour du nudisme.
Ainsi, le naturisme d'aujourd'hui est-il multiple, diversifié, et moins radical, ce qui n'empêche pas qu'on puisse toujours soutenir les orientations du naturisme originel, adaptées à la situation actuelle. La lutte contre l'usage de masse du tabac, parmi d'autres positions, s'intègre aussi parfaitement à la philosophie naturiste.
Bah oui, ourfarewell, quand on est fumeur, on se sent parfois agressé...
surtout avec la répression actuelle qui tend à nous exclure de tous les lieux. 🙁
Il est facile d'imaginer une possible exclusion des fumeurs par les autres naturistes, et cela fait peur. :paf
Je suis naturiste dans l'âme, depuis tout petit déjà.
J'ai aussi été jeune, et con, donc, pour faire comme tout le monde, j'ai fumé.
Et comme tu le rappelles si bien (merci ;)) le tabac contemporain est un poison.
Un poison qui rend dépendant. Malheureusement je le suis, et force des nombreux "j'arrête",
qui n'ont rien donnés d'autre que des reprises encore plus fortes,
je sais que c'est "mal", mais j'en ai besoin. 😕
Le sujet sur le tabac et le naturisme peut faire ressortir un point commun :
L'addiction, ou la dépendance.
Si demain je te dis,
"être nu est interdit, contraire à la loi, puni de prison... donc c'est "mal", il faut que tu arrêtes la nudité et le naturisme..."
En es-tu capable ? n'auras tu pas des "manques" ? un besoin ? :# 😮
Plutôt que nous exclurent, aidez-nous à nous sortir de cette drogue...
Maintenant, d'autres drogues devraient aussi être mentionnées dans la charte du bon naturistekommilfo... 😮
parlons ici de la dépendance au café, au thé, aux médicaments, aux massages, aux jeux, à la télé, à la moto, à barbie, etc...
ok, j'ai fini, je sors... 😉
bah, le bon naturistekommilfaut, ça me fait plutôt penser a un gourou 😕
bien sûr qu'on sait qu'ils mettent plein de saloperies dans les clops 😐 (vais faire pousser mon tabac môa) 😉
le souci, c'est comme le dit JC, on va bientôt nous exclure des villes comme on excluait les lépreux au moyen age dans les léproseries 😕 😕 😕
a force de nous stigmatiser, va bientôt falloir qu'on s'isole dans des camps (un peu comme les naturistes tiens) :# :# :#
allez, on en rigole et on essaie de vivre(nu) tous ensemble et en bonne intelligence, c'est encore le mieux a faire :b
J-C, tu ne peux pas mettre sur le même plan une dépendance de type drogue et une "addiction" au nudisme: pour ce dernier, le terme est utilisé au sens figuré, comme pour une métaphore!
tu écris: Si demain je te dis, "être nu est interdit, contraire à la loi, puni de prison... donc c'est "mal", il faut que tu arrêtes la nudité et le naturisme..."
En es-tu capable?
Non seulement c'est déjà le cas en-dehors des lieux dédiés ou tolérés plus ou moins à discrétion (!) mais ta question confond répression (politique ou moraliste) et lutte pour la santé. Or ça n'a rien à voir.
Même pour la cigarette, son usage n'est pas interdit, pas de prohibition, la vente reste libre, sauf que son usage n'est pas autorisé n'importe où et qu'on veille à en protéger les victimes potentielles, actives par dissuasion comme passives (par la fumée et par atteintes génétiques).
Quand on voit les interdits qui pèsent aujourd'hui sur la nudité collective, ils sont bien plus forts! Si tu veux vraiment pousser le rapprochement, imagine qu'on puisse faire une "pause naturiste" sur le trottoir... Fumer devant tout le monde est plus toléré qu'une pratique naturiste!
😮
Non... il ne faut pas tout confondre. Il y a addiction et addiction, le naturisme n'étant pas un ensemble de pratiques toxicomanes.
😉
sur ces belles paroles.................un bon petit jaune dans un verre à ballon, une bonne cigarette pour mes amis fumeurs, quelques cacahouette(c'est pas interdit ça au moins)???? les nutritionistes ne vont pas me tomber dessus parce que c'est trop salés?????je pensais ke le naturiste etait soi disant ouvert aux autres et bien pardon!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
naturistement
nue avec une kro ds la main...............
sabetlau
ps: grnad bonjour a nos amis ericetmag13
hic hic !!! une bonne petite clope et une petit binouze !!!!!!! hummmmmm
que c est bon !!!!!
tant pis pour ceux qui n aime pas !!
bizzzzzzzzzzzzz
ouaip, faut lancer un topic "naturisme et cacahuettes" 😀
c'est trop gras, trop salé, ça donne soif et donc ça incite a se resservir un jaune, le jaune qui incite a fumer, ça vient des pays tropicaux donc ça pollue pour son transport...
l'huile d'arachide est donc non seulement trop riche en acide gras saturés qui favorisent les maladies cardio-vasculaires mais, de plus, elle est pauvre en omega 3, le pays principal exportateur est la chine, donc surement encore des paysans exploités a bas coût!!
bref, interdisons la cacahuette dans les lieux publics dans un premier temps puis par la suite condamnons les consommateurs a être bannis des lieux naturistes :b
Merci, ourfarewell
Tu as dis ce que je voulais entendre... 😉
| "Non seulement c'est déjà le cas en-dehors des lieux dédiés ou tolérés plus ou moins à discrétion (!) mais ta question confond répression (politique ou moraliste) et lutte pour la santé. Or ça n'a rien à voir.
Même pour la cigarette, son usage n'est pas interdit, pas de prohibition, la vente reste libre, sauf que son usage n'est pas autorisé n'importe où et qu'on veille à en protéger les victimes potentielles, actives par dissuasion comme passives (par la fumée et par atteintes génétiques). |
Tu as raison, la nudité est déjà fortement réprimée en France. 😉
Et justement, si tu veux que l'on parle d'autorisation, alors parlons en :
😮
La France autorise que l'on fabrique et vendent des produits de type "poison" pour une consommation courante.
Et elle tire énormément de profit de ce marché juteux, donc, ne l'interdira pas .
Notre santé, Oui, mais pas si l'état ne touche pas de marge bénéficiaire,
plutôt que d'interdire cette fabrication de poison à grande échelle et source de profits...
ce qui ne lui rapporterait rien et lui coûterait très cher (en manque à gagner)...
pour la santé des citoyens, on a inventé les patchs, les cures, les pilules :paf
et autres solutions de pacotille, qui ne sont que l'ombre de la solution.
augmentant la note du fumeur, le trou de la sécu,
et surtout en le considérant comme un "malade".
Et qu'on viennent pas me dire que "c'est pour le trou de la sécu, qui a été fait avec les fumeurs, etc... " :paf
Quand j'écris "aidez-nous à nous sortir de cette drogue "
...pas avec des solutions comme celles-là !
Aidez nous seulement en nous acceptant comme nous sommes,
sans nous montrer du doigt, comme des "faux nat", des irrespectueux du mouvement,
parceque nous sommes tombés dans le piège tendu par les industries du tabac et leurs poisons.
vivons avec nos différences, et acceptons nous les uns des autres.
:_benetton:
Et pour finir, je me suis permis de faire cette comparaison avec le naturisme, car souvent,
on lis ça et là que c'est une drogue, l'image est d'ailleurs bien réelle,
et pour moi, l'addiction mentale est très proche de l'addiction physique... 😮
les conséquences sont différentes, mais aussi importantes pour le moral.
Bon, ben j'aurais bien besoin d'un gros pétard moi 😎
Ben oui, le 14 juillet approche 😀 😉
tiens, un tit brûlot 😉
LES NOUVELLES TETES DE TURCS
ELISABETH LEVY / Samedi 23 Juin 2007
Nos sociétés modernes semblent bien décidées à sauver malgré eux de leurs vices et dépendances ces contrevenants à la loi de l'hygiénisme universel. Tolérance zéro pour la tolérance, tel est le nouveau credo.
«Je ne peux pas voter, puisque je suis exclu de la société: je suis fumeur.» Cette sortie ironique de l'écrivain Michel Houellebecq diffusée au cours d'une émission de télévision, avant les élections, préfigure les doux rapports sociaux de demain. A vrai dire, les sourires triomphants lancés par des passants sûrs de leurs droits aux accros de la nicotine qui s'en grillent une dans le froid, scène familière, donnent déjà une idée d'un monde dans lequel chacun peut espérer trouver coupable à son pied. Fumeurs contre non-fumeurs, autos contre vélos, buveurs contre abstinents, mangeurs de bifteck contre végétariens, amateurs de cigares contre adeptes du pétard, pollueurs contre écolos, défenseurs de la corrida contre protecteurs des petites bêtes, chasseurs sanguinaires contre pêcheurs pacifiques, etc. Tout en encensant avec ferveur la solidarité, la citoyenneté et le respect de l'autre, l'époque accouche peut-être de la guerre de tous contre tous. Chacun devient le bouc émissaire des risques que court la vie de l'autre. Parce que cette vie, et c'est insupportable, inéluctablement on en meurt. Bien sûr, les rebelles existent. Certains adeptes du plaisir d'un moment osent refuser l'hygiénisme éternel. «Nous n'avons plus le droit à l'alcool, au tabac, au sexe tarifé, aux amours extraconjugales, alors la bagnole, c'est le dernier truc qui reste aux mecs», ironise David Abiker, essayiste, journaliste et conducteur non repenti d'un 4x4 dont les pneus ont été récemment crevés.
Nul ne se plaint de l'amélioration générale de l'état sanitaire des populations. Il n'est pas non plus question de contester la liberté des non-fumeurs de ne pas être enfumés ou celle des piétons de ne pas être asphyxiés. Reste que ces légitimes considérations de santé publique n'expliquent pas la frénésie accusatoire qui se manifeste dans tous les champs des relations humaines. Peut-être faut-il plutôt y voir l'émergence d'une religion moderne qui a pour loi le principe de pré - caution, pour divinité la victime et pour liturgie une série de célébrations: journées du cancer ou du sida, semaines de l'antiracisme ou de la liberté d'expression, sans oublier les journées sans voiture ou sans tabac. Qu'attendent les gouvernants pour instaurer une fête des enfants abusés, des femmes violées ou des salariés licenciés? En tout cas, la nouvelle foi ne saurait se passer de boucs émissaires, figures honnies dont la détestation permet de ressouder la collectivité.
De plus en plus nombreux, les règlements et sanctions destinés à éradiquer les «comportements à risques» sont donc autant de permis de vouer son prochain aux gémonies. Les uns se disent étouffés par les «ayatollahs de l'interdit», les autres dénoncent les «irresponsables». «On nous infantilise», clament les premiers. «Votre liberté s'arrête là où commence la nôtre», rétorquent les seconds. Pour autant, il n'existe pas deux camps figés dont l'un serait celui des adeptes de la jouissance et l'autre celui des partisans de la tempérance. Il y a toujours plus nuisible que soi. C'est ainsi que l'automobiliste furieux d'être traqué pour «des infractions qui ne mettent personne en danger» s'en prend volontiers au dingue qui boit avant de conduire, lequel trouve insupportables ces parents qui laissent leur enfant se gaver de sucreries - tous ayant l'ultime ressource de s'en prendre à l'Etat, coupable d'en faire trop ou pas assez. Dans son hilarant Mur des lamentations, David Abiker met en scène un type dans son genre qui, se découvrant atteint d'un cancer, connaît enfin le bonheur de se plaindre.
Plus besoin de parlementer, ni même de s'engueuler: il suffit de brandir la règle. «On se plaint de la dislocation du lien social, mais on l'accélère en érigeant un dispositif normatif qui fait de chacun un ennemi en puissance», tempête le sociologue Henri-Pierre Jeudy, tabacophile impénitent. Dans ces lieux théoriquement dédiés à la convivialité que sont les cafés et restaurants, la tension monte. Jusqu'au 1er février, Miroslav Siljegovic, patron du Flore et de La Closerie des Lilas, était un antitabac convaincu: «Depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, je suis devenu profumeur. On assiste à des scènes surréalistes. Les gens font des scandales parce que quelqu'un allume une cigarette à l'autre bout de la salle. Vautre jour, un type a sorti son aérosol contre l'asthme en feignant de s'étouffer. On dirait que le but est de priver l'autre d'un plaisir.»
Traquer les nuisibles
Au prétexte estimable de réduire les nuisances, on risque en tout cas d'en arriver à traquer les nuisibles, exercice qui promet des plaisirs aussi infinis que ceux dont il s'agit de se priver. Dans l'administration de la santé, on semble conscient du danger. «Nous sommes très attentifs à ne pas stigmatiser une population», affirme Philippe Lamoureux, directeur général de l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), organisme chargé d'élaborer la communication gouvernementale. En attendant, nombreux sont ceux qui pensent qu'un fumeur ou un alcoolique dépendant est coupable, comme l'explique le Dr Philippe Batel, directeur du service d'addictologie à l'hôpital Beaujon à Paris. «Pour nous, la culpabilité est un frein à la prise en charge. C'est le problème des affections auto-induites: les gens se disent que le malade a bien cherché ce qui lui arrive.»
«Mortévitable». Pour les professionnels de la santé publique, ces mots désignent une réalité statistiquement mesurable. Le tabac, répètent-ils en choeur, en est la première cause. A l'évidence, les victimes du sang contaminé, celles du chauffard alcoolique sont des morts évitables - des vies gâchées. Tout doit être fait pour les éviter. Mais la rationalité de ces «morts évitables» masque le fantasme de «la» mort évitable, improbable accouplement sémantique qui résume l'injonction qu'une société angoissée adresse à ses dirigeants: évitez-nous la mort. Délivrez-nous de la maladie. Délivrez-nous du spectacle de la finitude. Délivrez-nous de nous-mêmes, comme l'affirment ces rumeurs ravis de voir enfin l'interdit se substituer à leur volonté défaillante. Et surtout: délivrez nous des autres, ces facteurs de risques. Quelqu'un est forcément responsable de nos ennuis, surtout quand ils concernent la santé, décrétée sans discussion «bien le plus précieux de l'homme» et, dans la foulée, droit inaliénable. «Nous avons remplacé «liberté, égalité, fraternité» par «bien-être, éternité, plaisir», analyse Hervé Juvin, consultant et essayiste. La morale du corps se substitue aux autres. S'entretenir permet de se raconter qu'après 60 ans on continuera à avoir la même place dans la société. Aujourd'hui, quand vous avez de l'argent, vous pouvez compter sur une période de trente- trente-cinq ans pendant laquelle l'âge n'existe pas. L'apparence physique est devenue un marqueur social impitoyable.» La photo de Michel Poinareff enlaçant sa compagne aussi nue et body-buildée que lui en une de Paris Match dit toute l'obscénité d'un monde sans âge. L'obsession environnementale a sans doute autant avoir avec le rêve d'un monde purifié pour soi qu'avec le souci des générations futures. «Avec le film d'AlGore, le mot d'ordre «sauvons la planète» est devenu un discours religieux, observe un conseiller de Bertrand Delanoë. En tout cas, la question du réchauffement climatique a fait cesser la campagne menée il y a six mois contre la politique de circulation de la Mairie de Paris.»
Il y a toujours un pollueur quelque part, un coupable dont l'existence même est un danger. Son portrait-robot est partout: il fume, boit, conduit une automobile, se bourre de barres chocolatées, ignore le tri sélectif et les ampoules à faible consommation, ne pratique pas le moindre sport. «On veut faire notre bonheur malgré nous», clament les délinquants. Non sans quelque candeur: les avocats les plus acharnés de l'air pur n'ont pas tant en tête le bien-être de leurs concitoyens que la promesse d'être le moins possible affectés par leur existence. «Le délire terroriste qui s'exerce contre les fumeurs ne s'explique pas par les connaissances médicales, affirme Henri-Pierre Jeudy. C'est l'autre qui est en trop, qui devrait disparaître de l'espace public.» «Faute d'être capable de construire une société plus juste, on essaie d'en faire une plus propre», observe Michel Burton, patron de la Revue des tabacs et animateur de nombreuses associations dédiées à l'art de vivre.
Suis-je le gardien de mon frère?
«La vie d'autrui, un enjeu»: c'est sous ce titre que les cinq professeurs de médecine qui ont initié les politiques publiques contre le tabac et l'alcool ont interpellé les candidats à la présidentielle. «Tabac, alcool, nutrition, route, environnement sont des thèmes qui expriment les contradictions entre l'intérêt collectif et des intérêts particuliers. Ils permettent donc à un politique de définir sa vision de notre société et le compromis qu'il souhaite établir entre la liberté et la fraternité.» Adjoint de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, chargé de la circulation, ou plus précisément de la réduction de celle-ci, Denis Baupin a résolu la contradiction une fois pour toutes. «Chacun place le curseur de la liberté individuelle où il l'entend. Moi, je suis de gauche, je préfère le collectif. Il faut que les gens prennent les transports collectifs.» La vie est simple. Inutile d'avancer que l'habitant de Seine-Saint-Denis qui vient travailler à Paris est en droit de savourer l'isolement provisoire que lui offre une automobile dans laquelle il peut rêvasser, écouter de la musique et même, horresco referons, fumer. Le droit à la solitude n'est pas «de gauche». Peut-être l'élu vert aimerait-il voir la France emboîter le pas au Brésil en interdisant l'usage du tabac en voiture ou hors de chez soi comme s'apprête à l'édicter le Royaume-Uni. Seulement, on finit par se demander s'il s'agit d'être le gardien de son frère ou son flic. Comme le note Henri-Pierre Jeudy, la compassion - réelle, au demeurant - justifie la répression. «Il y a un altruisme pathologique, souligne le Dr Batel. Pendant très longtemps, les services d'addictologie ont été peuplés de soignants qui se prenaient pour Don Quichotte ou Mère Térésa. Or, dès qu'on se prend pour le gentil, il faut désigner des méchants.» «Le fumeur est quelqu'un qui a été endoctriné, conditionné par l'industrie du tabac, affirme le Pr Bertrand Dautzenberg, chef de service à la Pitié-Salpêtrière. Je n'aspire qu'à lui rendre sa liberté.» «Libre à vous de défendre les multinationales de l'agroalimentaire ou de l'automobile», lance Baupin à l'imprudent journaliste qui se hasarde à émettre un doute sur sa politique. Sans doute les vendeurs de vélos, de yaourts bio et de patchs de nicotine sont-ils de doux philanthropes. Le philosophe Philippe Raynaud remarque à raison que «les plaisirs les plus réprimés sont des plaisirs de pauvres». De fait, l'interdiction annoncée de la cigarette passe mieux dans les restaurants sélects qu'au troquet du coin.
«Tolérance zéro» pour la tolérance. La mise au pas des rumeurs a valeur de parabole. Les professionnels en conviennent, ce qui a fait basculer l'opinion est la campagne sur le tabagisme passif, autrement dit la possibilité ouverte à chacun de se plaindre des agressions de son voisin. A l'Inpes, on est très satisfait de l'affiche montrant une petite fille ensevelie sous les mégots de ses parents. «Sur ce genre de campagne, le public trouve qu'on ne lui fait pas encore assez peur», remarque Philippe Lamoureux. «C'est peut-être la campagne où l'on a le plus flirté avec le moralisme», reconnaît-on cependant dans l'entourage du ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Vous êtes libre. Libre de choisir entre le Bien incarné par l'enfance et le Mal représenté par le tabac.
A défaut d'être convaincant sur le plan scientifique, le recensement des «victimes innocentes» du tabac a frappé les esprits. Les spécialistes ne sont pas follement à l'aise sur ce dossier (lire l'encadré p. 30). Sommés d'expliquer leurs données, ils finissent généralement par lâcher que «de toute façon ce n'est pas bon d'être exposé à la fumée des autres». Certes. Un désagrément n'est pas nécessairement un danger majeur. Mais peu importe la réalité, dès lors qu'il est si doux d'accuser son prochain. «A la culpabilité de commettre un acte interdit se substitue la honte d'être ce que l'on est», souligne Michel Schneider, écrivain et psychanalyste.
Assez d'interdits! Marre des normes! Laissez-nous vivre! «Bientôt, on sanctionnera ceux qui ne se douchent pas le matin», s'énerve un internaute. «C'est la revanche des mal-vivants sur ceux qui fument, boivent et font la fête», tonne Michel Burton. La révolte gronde, même s'il est difficile d'apprécier son ampleur. «Les gens se demandent comment ils vont jouir, reconnaît Philippe Batel. Ils sont bombardés de messages leur enjoignant de ne pas fumer, défaire du sport, de manger sainement, défaire l'amour protégés. Or, la modération pue l'ennui. D'ailleurs, ce serait un non-sens de fonder une politique publique sur le fantasme d'une société dépourvue de tout produit psychotrope.» Rouler à grande vitesse ou manger trop gras sont autant de signes extérieurs de rébellion. Face à l'ennemi commun, des solidarités peuvent se nouer. Car il y a un ennemi: l'Etat tentaculaire qui prétend étendre son contrôle sur nos existences. «L'Etat veille sur nous comme une mère attentionnée qui veut que rien ne nous arrive, observe Schneider. Nous sommes bien arrivés au biopouvoir diagnostiqué par Foucault. Le pouvoir n'inflige plus la mort, il protège la vie. Les lois sont inspirées par l'amour. Moi, je suis pour la séparation de l'amour et de l'Etat.» Du coup, nombreux sont ceux qui dénoncent un nouveau totalitarisme de l'hygiène. «J'ai dit à ma chef: «Même Hitler, dans les camps, il aurait pas interdit de fumer.»» Cette perle pêchée par le chroniqueur de Libération Pierre Marcelle le jour de l'entrée en vigueur du décret antitabac témoigne de la modération des esprits.
Big Brother, c'est nous
La politique a renoncé à l'emprise sur les âmes pour se préoccuper des corps: il suffit d'allumer sa télé pour s'en convaincre. Car, dans cette bataille des représentations, l'arme la plus efficace est la communication. Il est pourtant absurde de dénoncer un maléfique Big Brother administratif. Big Brother, c'est nous. «La lutte contre le tabagisme a été dans les dix dernières années une cause moderne, écrit Philippe Raynaud. Elle illustre parfaitement les causes nouvelles de contrôle social qui s'appuient beaucoup plus sur la mobilisation «horizontale» que sur le commandement hiérarchique, et c'est pour cela que ses progrès sont intimement liés à ceux de l'individualisme démocratique.»
Ce n'est donc pas dans l'administration que l'on rencontre les croisés du «risque zéro». «Je ne vis pas avec l'idée de changer les mentalités», assure Didier Houssin, le directeur général de la Santé. «Nous voulons éduquer, pas normaliser», renchérit Philippe Lamoureux, de l'INPES. Certes, entre les deux, la frontière est parfois ténue. Quoi qu'il en soit, la communication gouvernementale aurait sans doute peu d'effet sans le secours d'une intense propagande médiatique. Ainsi le ministère de la Santé a-t-il fait signer aux magazines féminins une charte dans laquelle ceux-ci s'engagent à ne pas valoriser l'image des fumeurs - et moins encore celle des fumeuses. Mais de tels dispositifs ne sont nullement nécessaires. En matière de santé, les journalistes entendent contribuer à l'édification des masses. Ce que constate, un peu désabusé, Jean-Yves Nau, chargé de la médecine au Monde. «A partir du moment où la santé est devenue un enjeu majeur, l'information sur les questions médicales s'est diluée dans des rubriques consacrées au bien-être. Moi, je n'ai jamais considéré que mon rôle était de relayer les messages sanitaires du gouvernement.»
Sommés de répondre aux inquiétudes des consommateurs, soumis à la pression des associations, accusés de vouloir s'immiscer dans l'existence de chacun, les pouvoirs publics n'ont pas la tâche facile. «Nous sommes très attentifs à ne pas jouer sur l'idée que la santé, c'est le bonheur, affirme Didier Houssin. Et nous refusons également d'instrumentaliser la «peur du suaire».» On se demande sur quel autre ressort que la peur joue la formule ressassée selon laquelle «le tabac est le seul produit de consommation courante qui tue la moitié de ses usagers» - la proportion bondissant soudainement à deux tiers chez certains, preuve du caractère hautement scientifique d'une telle assertion. Reste que, sur ces deux registres - promesse de bonheur, peur de la mort -, la société se débrouille fort bien toute seule. «Nos concitoyens ont un rapport ambigu à la norme, souligne Philippe Lamoureux. Ils la critiquent quand elle existe et la réclament quand elle n'existe pas.» Certaines dispositions ont été adoptées sous la pression de l'émotion, en dépit de toute raison scientifique. L'exemple le plus flagrant est celui de la loi qui sanctionne la conduite sous l'emprise de stupéfiants au même niveau que celle en état d'ivresse. «Cette question a été soulevée il y a quelques années par un député, raconte le Pr Claude Got, l'un des initiateurs de la loi Evin. Notre petit groupe de «bons docteurs» avait obtenu du gouvernement Jospin que l'on recherche les traces de cannabis dans l'organisme des fauteurs d'accidents d'une part, et d'autre part qu'une vaste enquête soit lancée. Il faut que les politiques soient fondées sur des connaissances scientifiques.» Ils n'avaient pas prévu l'accident qui, le 1er janvier 2002, coûte la vie à Marilou, 9 ans. Convaincue que les joints fumés par le conducteur de la voiture qui a percuté la sienne sont responsables de la mort de son enfant, la mère de Marilou mène le combat de sa vie. En 2003, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, la «loi Marilou» établit un nouveau délit d'usage de stupéfiants au volant. Le problème, c'est que l'étude, publiée quelques mois plus tard, révèle que le cannabis est 10 fois moins dangereux que l'alcool. «Tout le monde voulait que le danger soit le même, explique le Pr Got. Des journalistes m'ont expliqué que la drogue au volant tuait 2 000 personnes chaque année. Mais cette étude tenue pour un modèle du genre dans toute l'Europe révèle que la drogue est responsable de 240 morts par an. Seulement, vous ne pouvez pas tenir ce langage sur un plateau de télé, face à une mère qui a perdu son enfant.»
Du plaisir sans risques
Que le tabac, l'alcool, la cocaïne, les gaz d'échappements et la tête de veau soient toxiques pour l'organisme, nul n'en disconvient. Seulement, on finit par confondre ce qui n'est pas bon et ce qui n'est pas bien. On fait pourtant fausse route en dénonçant un nouveau puritanisme. Il est d'ailleurs remarquable que ceux qui clamaient hier «il est interdit d'interdire» soient les plus fervents adeptes des nouveaux interdits. Les ennemis de la dope sont souvent les amis du joint. Ainsi Hillary Clinton, qui est favorable à la dépénalisation du haschisch, a-t-elle passé un savon à l'actrice Demi Moore, coupable de s'être affichée avec un cigare - il est vrai que l'objet rappelait sans doute de mauvais souvenirs à Mme le Sénateur.
Dans l'Arrache-coeur de Boris Vian, une mère affolée par la variété infinie de dangers qui guette ses trois marmots raffine chaque jour un peu plus les dispositifs protecteurs dressés entre eux et le monde. Allons-nous, tels Joël, Noël et Citroën, finir nos existences dans de petites cages dorées? «On peut avoir du plaisir sans risque, proteste avec candeur un médecin appartenant à l'entourage du ministre de la Santé. Si on prend les mesures adaptées, il est parfaitement possible de pratiquer le parachute sans danger.» Agréable perspective, en effet, que la pratique modérée des sports extrêmes. Redoutant de voir la société se révolter contre les règles qu'elle a exigées, nombre d'acteurs de la santé publique sont très soucieux de ne pas passer pour des peine-à-jouir. «Si vous arrêtez de fumer, vous ferez mieux l'amour», susurre le très sympathique Pr Got. Peut-être. Il ne reste plus qu'à savoir ce qu'on fera après l'amour.
http://m.marianne2.fr/index.php?action=article&numero=169911
un peu long mais on ne s'ennuie pas à lire!!!
Message édité par : motardsdu21 / 10-07-2009 17:18
