Voici un texte qui me semble une bonne analyse et que j'ai trouvé à
http://europe.courrierinternational.com/eurotopics/article.asp?langue=fr&publication=18/02/2008&cat=R%C9FLEXIONS&pi=0
Joan Smith et la représentation de la nudité féminine
A la demande de groupes de pression catholiques, les transports londoniens avaient récemment retiré des affiches représentant une Vénus peinte par Lucas Cranach, nue. Ils sont ensuite revenus sur leur décision.
La chroniqueuse Joan Smith réfléchit à la représentation de la nudité féminine dans la sphère publique. "Nous sommes tellement habitués à voir des images pornographiques - des femmes qui font la moue en couverture de magazines masculins, des femmes qui se contorsionnent sur MTV - que tout nu qui ne rentre pas dans ces catégories nous perturbe.
La vue d'une Vénus sans fard, à la beauté vierge de toute chirurgie esthétique, n'est pas courante de nos jours. (...) Que certains puissent considérer cette affiche comme choquante est risible, mais en dit également long sur notre société, en équilibre précaire entre les abîmes de l'exploitation et ceux du puritanisme. (...) Beaucoup d'entre nous n'apprécient pas la manière vulgaire avec laquelle la culture contemporaine traite les femmes et le sexe. (...)
Mais il s'agit de lutter contre l'exploitation sexuelle, non contre la célébration du corps humain. Les feuilles de vigne et leurs avatars modernes sont toujours le produit de la peur, et non d'un respect des femmes."
Message édité par : gilles
:=! C'est une analyse très vrai...
Hé oui, on en revient toujours au même point : 75 % des personnes n'ont pas de gêne par rapport au naturisme (et à la nudité des autres) mais pour faire plaisir aux 25% restants, il faut mettre en place une censure et une lourdeur législative... Et a coté de cela, tout ce qui est "marchand" est possible selon la sacro-sainte liberté du commerce!
Marco
Message édité par : Marco35
Manque 10 %... :#
Merci Arduin :=!
J'ai corrigé ! 😉
Pourtant j'étais pas trop mauvais en math, avant... Ça doit être l'age...
Marco
Voilà qui est très intéressant en effet et très important mine de rien. Le marché de l'érotisme et de la pornographie a imposé un style très particulier depuis la libéralisation de ces formes d'images dans les années 60/70, style qui a peu à peu envahi la pub - même si sur les affiches on ne voit pas, par exemple, de sexe en gros plan tout le reste a repris les codes de cette nouvelle "norme": femmes ou homme "hyper-manequinisés" avec un corps "idéal", une texture de peau très plastique, beaucoup de maquillage, des attitudes stéréotypées, etc... Bref un érotisme et une représentation de la nudité qui s'éloigne le plus possible de la réalité humaine, de soi-même et de son propre corps - sans doute pour exorciser une honte et une pudeur qui, malgré ce qu'on se figure, sont encore extrêmement fortes dans nos sociétés.
Du coup la simple nudité réaliste et naturelle choque beaucoup plus: d'abord parce qu'on n'a pas l'habitude de la voir, ensuite et surtout parce qu'elle nous rappelle ce que nous sommes en réalité, un corps humain concret bien éloigné de cette sorte d'idéal fantasmé que nous voyons sur nos pubs. Cette simple nudité fait peur car on peut s'identifier à elle, au lieu d'y identifier nos rêves.
