De l'interdit religieux...
... à la liberté de pensée, d'expression et vestimentaire
LE NATURISME est le fruit d'une lente évolution philosophique qui prend sa source dans l'Antiquité gréco-indienne, avec notamment la rencontre entre Démocrite, Hippocrate, Pyrrhon d'Élis et les gymnosophistes, littéralement « sages nus » (les jaïns Digambaras).
Cette forme de pensée s'est fortifiée au sein des écoles hédonistes et eudémonistes (Cyniques et Cyrénaïques ; Épicuriennes et Stoïcisme ancien) puis Sceptiques. C'est une quête du bonheur qui puisera également dans les principes de la médecine Hippocratique et des règles du thermalisme qui prend son essor à la même époque. Elle s'appuiera également sur la culture antique d'éducation physique au grand air, selon la maxime latine « mens sana in corpore sano ».
Notre philosophie continuera ensuite son évolution au travers des mouvements du Libre Esprit puis de la Libre Pensée. Elle se renforcera avec les philosophes radicaux des Lumières ; trouvera des débouchés avec les eudémonistes sociaux du XIXe siècle ; participera aussi des mouvements d'émancipation et de libération qui prendront de la vigueur à partir des années 1960.
Le naturisme s'inscrit donc dans la lignée des mouvements émancipateurs et humanistes, progressistes et féministes, pacifistes et d'éducation populaire. Sa philosophie est en outre, depuis ses débuts, fortement emprunte d'écologie et de respect de l'environnement.
Comme Michel Onfray nous l'explique dans sa Contre-histoire de la philosophie, l'évolution de la pensée humaine « a dû être un match entre deux grandes tendances : l'idéaliste et la matérialiste ». Nous avons d'un côté des philosophies tournées vers une spiritualité qui défend une ligne ascétique et mortifère, qui se construit contre le corps humain et avec une volonté de dominer la nature ; de l'autre les rationalistes à la recherche d'un bonheur immanent, ici et maintenant, une façon de penser qui se construit avec le corps, dans le respect et l'étude de la nature, le respect de chaque être vivant.
Le mouvement naturiste appartient évidemment à cette deuxième tendance.
Les premiers sont sortis vainqueurs, ils ont écrit l'histoire et... persécuté les vaincus pour tenter de faire disparaître à jamais leurs formes de pensée.
LA NUDITÉ (nudisme) est une des pratiques mises en oeuvre dans le cadre de la philosophie naturiste. Avant l'ère chrétienne, la nudité humaine n'est pas un problème et il n'y a pas d'interdit. Mais tout change avec l'avènement du christianisme. La nudité fait fatalement référence au récit célèbre du paradis perdu dans la Genèse. Ce récit nous dit qu'à l'origine l'homme et la femme étaient nus et qu'ils n'en éprouvaient nulle honte (pudor en latin).
De l'article 330 (abrogé) du code pénal, à l'article 222-32 (nouveau)
Selon l'historienne Nicole Lemaître, « Le Concile de Trente a été la réponse catholique pour se protéger de la Réforme Protestante. Cette crispation a provoqué des décisions dont nous subissons toujours les conséquences...», et notamment l'ancien article 330 d'outrage public à la pudeur), inscrit dans le code pénal Napoléonien, du temps où l'Église n'était pas encore séparée de l'État et que la laïcité n'avait pas encore été intégrée au bloc de constitutionnalité.
Avec le nouveau code pénal entré en vigueur le 1er mars 1994, le Parlement a voulu « laïciser » ce délit, en ne se basant plus sur la morale catholique, mais en ne retenant que les éléments factuels caractéristiques « d'une agression sexuelle ». Désormais, la loi ne réprime plus la nudité, car la LAÏCITÉ, c'est aussi le droit pour chacun de ne pas obéir à quelque injonction religieuse que ce soit... Henri Nallet, Ministre de la justice et Garde des Sceaux en charge de la réforme du code pénal avait expliqué que « seuls les comportements sexuels présentant le caractère d'une exhibition imposée à des tiers tomberont sous le coup de la loi pénale, et ne seront incriminées que les attitudes obscènes et provocatrices qui sont normalement exclues de la pratique du naturisme ».
Plusieurs professeurs de droit enseignent d'ailleurs que l'exhibition sexuelle est « un comportement à caractère sexuel imposé à autrui » :
- « ce n'est plus la moralité publique qu'il s'agit de préserver mais le consentement des personnes qui sont confrontés à des spectacles immoraux sans l'avoir souhaité », et que la loi protège la personne « contre les déviances de la sexualité d'autrui » (A. Lepage et H. Matsopoulou, Droit pénal spécial, PUF, 2015, § 340).
- S'appuyant sur une jurisprudence de la Cour d'appel de Douai qui, dans un arrêt déjà ancien du 28 septembre 1989, avait jugé que « la simple nudité d'un individu sans attitude provocante ou obscène ne suffisait pas à constituer le délit d'outrage à la pudeur », un autre auteur considère que « La règle semble donc être aujourd'hui, que la nudité au spectacle..., comme dans la vie ( naturisme, plage), ne suffit pas en elle-même à constituer une exhibition sexuelle au sens de l'article 222-32 » (J. Prade et M. Darti-Juan, Droit pénal spécial, Cujas, 7ème édition, 2017, § 704 ).
Liberté d'expression
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) l'a expressément jugé en 2014 (CEDH, 28 octobre 2014, Gough contre Royaume-Uni, n° 49327/11 - « randonneur nu »). Elle considère en effet « qu'apparaître nu en public était pour M. Gough une manière d'exprimer son opinion sur le caractère inoffensif du corps humain ». Elle reconnaît que la nudité en public, pratiquée par un naturiste, relève de cette liberté. À cet égard, la CEDH a plus précisément rappelé « que le droit à la liberté d'expression porte non seulement sur le contenu des idées exprimées mais également sur la forme employée pour les communiquer. M. Gough ayant choisi d'apparaître nu en public pour exprimer son opinion sur le caractère inoffensif du corps humain, sa nudité en public pouvait être considérée comme « une forme d'expression » qui relève bien de l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme » (CESDH).
Liberté individuelle et vestimentaire
La Cour de cassation a jugé, en matière sociale, que « le choix de la tenue vestimentaire relève de la sphère des libertés individuelles du salarié » et que « la restriction de la liberté individuelle de se vêtir doit être justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché » (Cass. Soc. 6 novembre 2001, n° 99-43988 : 13 février 2008, n° 06-43784).
Le Tribunal administratif de Besançon a déjà eu l'occasion de juger que « la liberté individuelle de choix, par les usagers, de leur tenue vestimentaire [...] est une composante du droit au respect de la vie privée, et peut, le cas échéant, procéder également de la liberté de conscience et d'expression, lorsque la tenue en cause traduit l'adhésion à un courant ou à un groupe de pensée ou religieux » (TA Besançon, 14 avril 2016, M. Lechantre, n° 1401447 - adepte du « barefooting » ).
CONCLUSION
Le naturisme, en tant que système philosophique ne peut donc être interdit. Il relève comme toutes les autres formes de pensée de la liberté d'opinion et de conscience comme de la liberté d'expression. Celles-ci sont garanties par les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC), par l'article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (CESDH) ainsi que par les articles 10 et 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (CDFUE).
En matière de nudité, la doctrine juridique est à présent inversée : nous sommes passés d'une interdiction générale dans l'espace public avec des exceptions soumises à autorisations, à une dépénalisation générale qui peut cependant être encadrée par des interdictions exceptionnelles et limitées, mais obligatoirement justifiées par un « risque avéré de trouble à l'ordre public ».
Malgré ces évolutions du droit, nous restons cependant confrontés à des jugements ou décisions administratives arbitraires, qui continuent d'appliquer la doctrine liée à l'ancien article 330 du Code pénal, pourtant abrogé... Ce qui constitue une atteinte grave aux libertés individuelles et une violation de l'état de droit.
Message édité par : Jeff87 / 08-01-2020 15:30
c'est intéressant tes citations, mais si en Angleterre (j'ai à dessein écrit Angleterre et non Royaume Uni, l'Ecosse ayant ses propres lois) le véganisme a été reconnu comme croyance religieuse, c'est une piste plus difficile à emprunter en France et je crois ne pas être le seul à souhaiter aller sur ce terrain.
Même s'il m'arrive souvent de dire que les naturistes sont des cons, parce que s'ils avaient dit que le naturisme était une religion et la nudité un commandement de cette religion, nous pourrions êtres nus presque partout parce que sinon nous crierons à la persécution religieuse et nous aurions défilé comme certains ont défilé le 10 novembre, avec ces (ir)responsables politiques cautionnant l'emploi du terme "liberticide" pour désigner les lois sur la laïcité et l'interdiction de signes religieux ostensibles dans certains lieux ou professions (école collège lycée, fonctionnaires).
Je préfère dire qu'il s'agit d'une liberté, et que l'interdiction de cette liberté est contraire aux principes généraux du droit et à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui dit que ne peut être interdit que ce qui nuit à autrui.
(Que ça déplaise est une chose, que ça nuise en est une autre).
(Parenthèse encore: je ne suis pas totalement d'accord avec Nicole Lemaitre sur la contre-réforme: à l'époque, les protestants pouvaient être pour certains courants bien plus rigoristes que la catholiques. Les puritains anglais par exemple, ou les pires, les anabaptistes. Et même Calvin qui réclamait que les femmes ne soient pas tête nue, ce que la Ville de Genève lui refusa, invoquant que la propre femme du prédicateur de la Réforme était elle-même tête nue).
Le problème de tous ces arguments, c'est qu'à ce jour, aucune jurisprudence qui s'imposerait à tous ne s'est dégagée, et chacun (procureurs, juges) poursuit ou ne poursuit pas, condamne ou ne condamne pas, selon ce qui relève en fait de sa seule OPINION PERSONNELLE (laquelle normalement n'a pas sa place en droit, mais celui qui me dirait que le droit est une science, je vais le traiter de charlatan).
Même s'il m'arrive souvent de dire que les naturistes sont des cons, parce que s'ils avaient dit que le naturisme était une religion et la nudité un commandement de cette religion, nous pourrions êtres nus presque partout parce que sinon nous crierons à la persécution religieuse et nous aurions défilé comme certains ont défilé le 10 novembre, avec ces (ir)responsables politiques cautionnant l'emploi du terme "liberticide" pour désigner les lois sur la laïcité et l'interdiction de signes religieux ostensibles dans certains lieux ou professions (école collège lycée, fonctionnaires).
Les Adamites ont bien tenté le coup au XIVème siècle, et bien sûr ils ont été persécutés!
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Même s'il m'arrive souvent de dire que les naturistes sont des cons, parce que s'ils avaient dit que le naturisme était une religion et la nudité un commandement de cette religion, nous pourrions êtres nus presque partout parce que sinon nous crierons à la persécution religieuse
Pas besoin de dire que le naturisme est une religion, puisqu'il s'agit d'une philosophie (ou forme de pensée) et, qu'en tant que tel, le droit européen en protège le libre exercice, comme pour n'importe quelle religion :
Article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (adoptée par la France dans le cadre du Traité de Lisbonne).
Liberté de pensée, de conscience et de religion
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.
C'est pourquoi il est très important de se rappeler de ce qui constitue l'ADN de notre philosophie de vie, des sources de celle-ci. Ce que j'ai fais dans cet article (de façon très très courte) qui sera publié dans la petite brochure des 70 ans de la FFN.
Il est urgent pour les naturistes de se ré-approprier leur propre histoire philosophique. Nous avons tous les arguments juridiques et philosophiques en main pour nous défendre. Il suffit de les utiliser... à la condition de se rappeler que le naturisme, ce n'est pas seulement le nudisme :
"Je ne suis ni naturiste ni encore moins nudiste, mais terme que j'ai lancé et qui semble prendre beaucoup : gymnosophe. C'est-à-dire sage vivant nu, recherchant la vérité et luttant contre tout ce qui est néfaste à l'homme, physiquement et moralement... " - (Kienné de Mongeot, 1952)
Message édité par : Jeff87 / 09-01-2020 20:26
Même s'il m'arrive souvent de dire que les naturistes sont des cons, parce que s'ils avaient dit que le naturisme était une religion et la nudité un commandement de cette religion, nous pourrions êtres nus presque partout parce que sinon nous crierons à la persécution religieuse et nous aurions défilé comme certains ont défilé le 10 novembre, avec ces (ir)responsables politiques cautionnant l'emploi du terme "liberticide" pour désigner les lois sur la laïcité et l'interdiction de signes religieux ostensibles dans certains lieux ou professions (école collège lycée, fonctionnaires).
Les Adamites ont bien tenté le coup au XIVème siècle, et bien sûr ils ont été persécutés!
Oui Denis, mais à l'époque on ne défendait pas trop la pluralité des religions. Dieu était un (lah veut dire un en arabe, Allah c'est al lah, le un, l'unique), même chez les chrétiens où il est divisé en trois, donc il ne devait y avoir qu'une religion.
Mais de nos jours en occident, la démocratie permet de critiquer n'importe quel parti, n'importe quelle idéologie, n'importe quel groupe, mais surtout ne pas critiquer les religions, ce n'est que de l'intolérance. Elles sont au-dessus de la critique, au-dessus du droit à la critique, il faut respecter le sacrer, respecter les croyances etc.
On a le droit de dire que pour croire à l'astrologie ou à la numérologie, il faut faire preuve d'une dose de crédulité qui va bien au-delà du raisonnable, mais de croire qu'on puisse monter au Ciel en chevauchant Buraq sa fidèle monture, ou grâce à Angels Airlines pour Marie "emportée au Ciel par les anges", ou tout seul comme un grand, comme les bonzes en lévitation dans Tintin au Tibet, pour Jésus-Christ, le plus fortiche des trois, là, il ne faut pas dire que c'est de la crédulité digne d'un enfant qui croit aux fées, baguettes magiques et tapis volants, parce que c'est être intolérant.
Et surtout, s'il n'y avait que les croyances... Mais il y a tous ces interdits et toutes ces obligations qu'ils nous imposent d'après leurs histoires à dormir debout, et là, à défaut de pouvoir nous les imposer, ils réclament, et obtiennent, des statuts spéciaux (ah non, il faut dire "statuts particuliers" 😉 ) à cause de leurs croyances.
Au nom de leurs histoires de serpent qui parle ils nous interdisent d'être nus, il faudrait répondre que notre dieu à nous nous interdit de cacher notre corps, ou du moins qu'il interdit que d'autres nous l'imposent.
(Les athées islandais ont utilisé une disposition qui permet d'exempter d'impôts les Eglises, en célébrant une sorte de dieu de l'athéisme, ils ont même leur fête reconnue. Quelle est votre religion? Athée. Il suffisait d'y penser, de l'inclure comme religion et non comme absence de religion).
Bon, on s'éloigne du juridique. Quoique... C'est pour moi une façon de dire que je ne suis pas Jeff sur son terrain.
Le naturisme, je le considère comme un mode de vie, ou du moins un mode de loisirs et de vacances, je n'entends pas le faire reconnaitre à l'égal d'une croyance religieuse ou philosophique (encore que le mot "croyance philosophique" pour moi ne veut rien dire: la philosophie est une réflexion, pas une croyance. "Il n'y a pas de philosophie qu'on puisse apprendre; on ne peut apprendre qu'à philosopher" (Hegel; je me souviens de cette citation, ça a été mon premier cours de philo au lycée).
"Le naturisme, je le considère comme un mode de vie, ou du moins un mode de loisirs et de vacances"
Tu as raison, ce n'est plus que cela. La philosophie autour du naturisme a été rangée au placard depuis un bon moment.
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Au moins comme ça c'est clair : vous n'êtes pas naturistes mais juste nudistes consuméristes de loisirs tout nu. Ce n'est pas déshonorant en soi, mais ce n'est pas la même chose.
Merci de cet aveu
Au moins comme ça c'est clair : vous n'êtes pas naturistes mais juste nudistes consuméristes de loisirs tout nu. Ce n'est pas déshonorant en soi, mais ce n'est pas la même chose.
Merci de cet aveu
"Loisirs" ne signifie pas nécessairement "consumérisme"! (avec l'aspect négatif que sous-entend ce dernier terme).
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Au moins comme ça c´est clair
vous n´êtes pas naturistes mais juste nudistes consuméristes de loisirs tout nu.
Nouvelles attaques incessantes et pénibles contre les gens qui prennent des vacances dans les centres et se fichent du militantisme.
je voudrais bien savoir depuis combien de temps, vous, Jeff87, n´:avez pas mis les pieds dans un centre naturiste ?
En apportant votre argent à toute cette économie qui fait durer le naturisme.
Mais pourquoi donc y voyez-vous une attaque ? J'ai bien précisé que je ne considérais pas ce terme comme "déshonorant" autrement dit "que c'est parfaitement honorable".
D'ailleurs il n'y a pas d'aspect négatif à ce terme "consumériste", selon la définition : Le mot « consumérisme » a plusieurs sens : un sens courant, qui définit l'« action concertée de consommateurs » face aux entreprises" ; ou "mouvement visant à donner aux consommateurs un rôle actif au niveau économique et social" selon Larousse ; un sens répandu en sociologie, qui définit un « mode de vie lié à la consommation » " selon wikipédia...
Pour répondre à Timbuktu : depuis l'été dernier à Aphrodite / Port Leucate où je séjourne tous les ans depuis maintenant de nombreuses années, après avoir été à Ulysse, Héliomonde, au CGF de Villecresnes pour nos AG de l'APNEL, à la Plage des Templiers, à la Sablière (où j'y ai même travaillé plusieurs saisons en tant que MNS), à Euronat, au CHM Montalivet, à Arnaoutchot, à l'Églantière, domaine de Laulurie et un autre en Périgord dont j'ai oublié le nom (je crois qu'il n'existe plus).
Je suis licencié FFN depuis mes 20 ans et j'en ai 55... et ceux qui me connaissent savent combien je ne ménage pas ma peine pour faire avancer le mouvement naturiste, dans toutes ses composantes... (y compris commerciales), tout en apportant mon aide aux naturistes en difficultés avec cet article 222-32.
Alors est-ce que ça va ? Ai-je bien passé avec succès mon examen de "bon naturiste" ?
Personnellement je n'ai jamais opposé le nudisme et le naturisme (je dis même que le nudisme constitue la pierre angulaire du naturisme). Et j'ai toujours considéré que l'aspect consumériste (et je le suis aussi à chaque fois que je me rend dans une de ces structures commerciales) n'était pas en contradiction avec le naturisme en liberté. Les deux sont complémentaires et se nourrissent l'un l'autre.
Plus il y aura de monde à oser la nudité (en toute liberté), et plus il y aura de monde à choisir ce mode de vacances et de loisirs, car c'est bien connu, "l'essayer c'est l'adopter".
Je n'oppose pas non plus ces deux notions pour la bonne et simple raison que les clubs et centres sont nés du militantisme (ne vous en déplaise) des année d'après guerre qui répondait à un besoin social lié au rétablissement des grandes conquêtes de 1936, les congés payés et le développement du temps de loisir qui s'est accru ensuite. Christiane Lecocq l'exprimait elle-même dans une interview, le naturisme y apportait sa contribution en organisant un mode de vacances et des loisirs fondés sur les valeurs du mouvement et sa philosophie. (Le naturisme a obtenu la reconnaissance "d'utilité publique" : le 14 décembre 1932 « La Société Naturiste » des Drs Durville est « agréée sous le n°14.914 comme société d'éducation populaire ». 1936 : Léo Lagrange (premier sous-secrétaire d'État aux Sports et Loisirs), dont les époux Lecocq étaient proches, reconnaît officiellement le mouvement naturiste comme étant « d'utilité publique ».)
Maintenant, s'il y a des nudistes (ou naturistes) qui se refusent à connaître l'histoire de notre mouvement, d'où lui viennent sa philosophie et ses valeurs, libre à eux. Personne ne les oblige. Mais qu'ils réfléchissent un peu à cela : c'est la pensée qui guide l'action. Sinon il ne s'agirait que d'un réflexe pavlovien ?
Pour oser affronter un conditionnement/interdit religieux plusieurs fois millénaire, (autrefois le bûcher, puis la prison, puis la condamnation pour exhibition sexuelle), il faut forcément avoir la force morale nécessaire et des certitudes qui permettent de se libérer, de s'émanciper de cette forme de pensée liberticide (totalitaire )
Donc, d'où nous vient cette pensée, cette force et ces armes philosophiques ?
Mais pourquoi donc y voyez-vous une attaque ? J'ai bien précisé que je ne considérais pas ce terme comme "déshonorant" autrement dit "que c'est parfaitement honorable".
D'ailleurs il n'y a pas d'aspect négatif à ce terme "consumériste", selon la définition : Le mot « consumérisme » a plusieurs sens : un sens courant, qui définit l'« action concertée de consommateurs » face aux entreprises" ; ou "mouvement visant à donner aux consommateurs un rôle actif au niveau économique et social" selon Larousse ; un sens répandu en sociologie, qui définit un « mode de vie lié à la consommation » " selon wikipédia...
La définition neutre du Larousse du mot "consumérisme" est une chose, son interprétation fréquemment admise de ce terme galvaudé en est une autre. D'ailleurs, selon le même article de Wikipedia que tu cites, il y a un paragraphe "Autres usages" qui indique:
"L'usage du mot s'est considérablement élargi dans le monde des services : on parle aussi désormais de consumérisme médical, de consumérisme immobilier, de consumérisme à l'école...
Un autre usage tend à utiliser le mot « consumérisme » comme l'épistémè associé à la société de consommation. Il s'agirait d'une idéologie où la consommation de biens revêt une importance capitale, jusqu'à l'excès, une situation qu'illustre bien le roman Les Choses de Georges Perec.
On retrouve cet usage chez certains analystes, essayistes, démographes (Emmanuel Todd, etc.), philosophes (Bernard Stiegler, etc.) ou chez des groupes engagés telles les associations dénonçant la surconsommation et qui organisent la Journée sans achat dans le monde comme l'association française Casseurs de pub"
Tout est consumérisme (ou rien ne l'est) puisque nous sommes tous à des degrés divers des consuméristes; quand on emploie ce terme, c'est pour dénoncer ses excès. Or je conteste que ce soit adapté à la "consommation" d'un séjour dans un centre naturiste puisque dans leur grande majorité, ces vacanciers recherchent la liberté de pouvoir se mettre nus s'ils en ont envie, ou pas, sans renoncer pour autant au confort auquel ils ont été habitués. Et cela bien sûr en fonction de leurs moyens financiers. Certains centres haut de gamme sont en effet très chers en haute saison, surtout si on use ou abuse des services supplémentaires proposés (balnéo, massages, etc.). Mais faut-il pour autant stigmatiser les "riches", ceux qui en ont les moyens?
Doit-on, pour des raisons philosophiques, renoncer au confort? Certains ici, et c'est tout à fait louable, veulent faire de ces moments naturistes une occasion de réduire leur impact écologique, de se rapprocher de la nature, voire pour les plus intransigeants de pratiquer l'ascétisme. C'est leur droit, mais il ne faut pas céder à la tentation de donner des leçons de morale! 😉
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Doit-on, pour des raisons philosophiques, renoncer au confort? Certains ici, et c'est tout à fait louable, veulent faire de ces moments naturistes une occasion de réduire leur impact écologique, de se rapprocher de la nature, voire pour les plus intransigeants de pratiquer l'ascétisme. C'est leur droit, mais il ne faut pas céder à la tentation de donner des leçons de morale! 😉
Ben Denis, où donc vois-tu tout cela dans mes propos ? C'est bizarre... Évidemment que nous vivons tous dans une société de consommation et que l'offre touristique naturiste obéit aux lois du genre. C'est factuel et c'est même un argument positif pour défendre le naturisme.
Il n'y a donc point de jugement "moral" non plus de ma part 😉
Allez, une petite citation pour continuer la réflexion :
« Il faudra choisir un jour entre le matérialisme économique assoiffé de jouissances vulgaires, sans idéal, et l'amour de la Vie qui réclame une Organisation Sociale simple et naturelle. Car le progrès véritable réside dans l'amélioration de la personne humaine. Pas dans les « créations » plus ou moins étonnantes, plus ou moins merveilleuses, de l'homme économique. »
Marcel Kienné de Mongeot (1897-1977)
Message édité par : Jeff87 / 11-01-2020 17:54
Message édité par : Jeff87 / 11-01-2020 18:03
