Bonjour , je suis choqué par l'émission "c'est à vous" qui en très peu de temps ridicule le naturisme et le laisse apparaître comme quelque chose d'illégal dans cette circonstance et laisse penser celà en toutes circonstances!
Sans vouloir apparaitre comme un rabat-joie je signale tout de même que tout n'est pas forcement très clair dans cette affaire
Certes les réflexions des magistrats concernant l'exhibition sont dignes de l'époque victorienne, mais en lisant l'article de "Loisehebdo" du 10 septembre 2021 concernant une précédente condamnation, si les faits sont vérifiés, alors l'attitude de cette personne est tout de même très éloignée de notre conception du naturisme et de la randonue…
Bonjour à tous,
Quand on fait une recherche google avec "lieux drague et Saint-Jean-aux-Bois", le site est répétorié en tant que tel
sa description: Petit parking en foret, près piste cyclable. Endroit calme. Nombreux petits chemins qui rentrent dans la foret, pour rencontres chaudes.
Bref je ne sais pas vraiment si ce monsieur faisait de la randonnue à 2h du mat.... 😀
A noter cette coupure de presse de 2021, concernant la deuxième affaire de Didier :
Condamnation à de la prison + suivi psychiatrique pour un randonneur de l"Oise
«Je fais de la «randonue» depuis des années», explique Didier Legros, 59 ans, gérant d’une entreprise dans l’événementiel, et poursuivi ce vendredi 10 septembre pour exhibition sexuelle. «Savez-vous que c’est interdit par la loi ?» le reprend Chloé Grandon, la présidente du tribunal. «C’est une activité sportive qui renforce mes défenses immunitaires. Je la pratique le soir, en forêt, et toujours à l’abri des regards. Je n’irai jamais marcher nu dans les milieux urbains. Je suis très prudent.» «Et la bouteille dans les fesses ?» l’interroge la magistrate. «Ça m’évite de l’avoir à la main. Mais je reconnais que c’est une manière originale de la porter.»
Le 5 août dernier, vers 22 h 45, on signale aux gendarmes la «présence d’un exhibitionniste» sur la piste cyclable entre Pierrefonds et Saint-Jean-aux-Bois, à la jonction de celle-ci avec la D502. Un homme aurait «montré ses parties génitales» aux trois victimes, une mère de famille et ses deux enfants mineurs, qui se promenaient à cet endroit innocemment. Et les deux adolescents, un frère et sa sœur, de préciser aux militaires : l’homme des bois avait «une bouteille d’eau entre les fesses».
Lorsque les gendarmes arrivent sur place, Didier Legros sort du bois, se rhabillant à la va-vite. Legros est interpellé alors qu’il se dirige vers son Citroën Jumpy de couleur jaune. En plus de la bouteille en plastique flottant sur sa lune, les militaires constatent que l’homme est porteur «d’un tour de taille en tissu, avec des chaînes qui pendent à ses parties génitales». Une fois rhabillé – et contestant aussitôt les faits d’exhibitionnisme, Didier Legros est placé en garde à vue.
«Je me cache le plus vite possible dès que je croise des gens»
Casquette et tee-shirt noirs, jean bleu – et chaussures de randonnées à ses pieds -, Didier Legros comparaît libre ce vendredi 10 septembre. Déjà condamné à deux reprises pour exhibition sexuelle (la première fois à une amende et la seconde à une peine d’emprisonnement avec sursis), Legros, célibataire et sans enfant – et domicilié à Compiègne proche du centre-ville – campe sur ses positions. «Si je peux me permettre, je dirais que le terme d’exhibition est un peu trop large. Quand je me promène, je suis nu, c’est vrai ; mais je me cache le plus vite possible dès que je croise des gens.» Et Didier Legros – bénéficiant pour son entreprise des aides de l’État depuis le début de la pandémie – de revenir une dernière fois sur sa passion de la «randonue» : «C’est une activité sportive qui ne me coûte rien.»
«Le fait d’imposer sa vue et sa nudité au public fait partie de l’infraction d’exhibitionnisme», avance de son côté la procureure Marie-Céline Lawrysz. Et de poursuivre : «La « randonue » n’est pas une activité sportive reconnue comme telle – et elle est pénalement répréhensible. Monsieur Legros ne le comprend pas et je suis inquiète pour lui. Son mécanisme psychologique nous indique qu’il existe aujourd’hui un risque de réitération sérieux.» Elle requiert à son encontre 6 mois de prison avec sursis probatoire renforcé d’une durée de deux ans – avec obligation de suivre des soins psychologiques.
«Je conteste la nature des faits qui sont reprochés à mon client, déclare maître Emilie Hennique, l’avocate de Didier Legros. Certes, il s’adonne à une passion qui n’est pas dans les mœurs de tout le monde. Mais ce soir-là, il était plus de 22 heures et il n’y avait personne sur cette piste cyclable. Si monsieur Legros avait vraiment voulu être « vu », il serait allé se promener du côté des Beaux-Monts et aurait parcouru tout nu le Parcours du coeur.»
Plaidant la relaxe, elle affirme : «Dans ce dossier, vous n’avez que des fesses qui sont apparues, et non le sexe de mon client.» Et d’interroger le tribunal : «Est-ce que les fesses sont une partie sexuelle ? C’est la question que je vous pose aujourd’hui.»
Reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés, Didier Legros est condamné à 6 mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de 2 ans. Il aura pour seule obligation de suivre des soins psychologiques.
Sources :
Pas de dramatisation dans les très nombreux commentaires récupérés sur Facebook Oise Hebdo du 10 septembre 2021
Un exhibitionniste nocturne, si j'ai bien compris.
J'en reste qu'à une heure du matin, on est dans un délit sans victime.
Cela n'est pas une raison suffisante pour que les naturistes le défendent, mais je trouve quand même bizarre cette condamnation.
et petit topo chatgpt à remanier évidemment
MÉMO DE DÉFENSE — PRATIQUE DU NATURISME EN FORÊT
1. Identité et contexte
Nom / prénom : [à compléter]
Âge : [à compléter]
Profession : [à compléter]
Objet : Précisions factuelles et juridiques sur une pratique de bains de soleil et promenades en forêt, assimilable à du naturisme, sans intention sexuelle ni volonté d’exhibition.
2. Rappel chronologique des faits
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Pratique habituelle : bronzage / marche nu(e) dans une zone forestière isolée, choisie pour éviter toute présence publique.
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Épisode 1 : aperçu brièvement par une dame alors que je marchais couvert au niveau des parties génitales (main, serviette, ou vêtement). Elle affirme le contraire, ce que je conteste formellement.
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Épisode 2 : retour vers mon véhicule, seul ; personne croisée directement. Une personne distante aurait aperçu mes fesses au moment d’entrer dans ma voiture. Aucun sexe visible.
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Épisode 3 : gendarmes présents sur place avant mon arrivée, pensant me piéger. J’ai reconnu ma pratique (bains de soleil naturistes), sans jamais nier les faits matériels, tout en précisant qu’aucune nudité sexuelle n’était imposée à autrui.
3. Position claire et constante
« Je ne me suis jamais exhibé volontairement.
Personne n’a vu mes parties génitales ; au pire, mes fesses lors d’un déplacement très bref.
Je ne ressens aucune excitation sexuelle dans cette pratique.
Je pensais être seul, en zone isolée, sans vouloir choquer ni importuner.
Je comprends que cela puisse gêner et m’engage à ne plus pratiquer la nudité hors lieux autorisés. »
4. Fondement juridique
Texte de référence
Article 222-32 du Code pénal (modifié par la loi du 21 avril 2021) :
« L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Elle est également constituée en cas de commission explicite d’un acte sexuel, réel ou simulé, imposé à la vue d’autrui. »
→ Trois éléments nécessaires :
-
Un acte volontaire,
-
Imposant à autrui la vue des parties sexuelles ou d’un acte sexuel,
-
Dans un lieu accessible aux regards du public.
Observation :
La simple nudité, lorsqu’elle n’impose pas la vue du sexe à autrui, n’entre pas automatiquement dans ce cadre.
5. Jurisprudences utiles
⚖️ Cass. crim., 22 décembre 1969
La simple nudité ne constitue pas un outrage à la pudeur si elle n’est pas accompagnée d’exhibition des parties sexuelles ou d’attitudes lascives.
➡️ Application : fesses nues ≠ exhibition sexuelle si le sexe n’est pas visible.
⚖️ CA Douai, 28 septembre 1989
La nudité simple, sans comportement déplacé, ne suffit pas à caractériser l’exhibition sexuelle.
➡️ Application : renforce l’idée qu’il faut une exposition effective des parties génitales.
⚖️ Cass. crim., 26 février 2020 — Affaire Femen (n° 19-81.827)
La Cour reconnaît que la qualification d’exhibition sexuelle doit s’apprécier au regard du contexte et de la liberté d’expression, rappelant que toute nudité n’est pas nécessairement exhibition sexuelle.
⚖️ Cass. crim., 24 novembre 2021 — Affaire du Gard (Collias, Gardon), n° 21-81.412
Naturiste assis nu sur une berge, visible à 53 m, imposant la vue de son sexe et refusant de se rhabiller. Condamnation confirmée.
Motif de la Cour : le délit d’exhibition sexuelle ne suppose ni obscénité ni intention de choquer, il suffit d’imposer la vue du sexe dans un lieu accessible.
➡️ Analyse :
La décision sanctionne une exposition effective du sexe, maintenue malgré injonction.
À distinguer du présent cas, où :
aucune partie génitale n’a été vue,
aucune attitude provocante,
aucune désobéissance aux forces de l’ordre,
et aucune intention d’imposer sa nudité.
6. Analyse synthétique
| Élément juridique | Nécessaire pour l’infraction | Situation du prévenu |
|---|---|---|
| Vue du sexe imposée à autrui | Oui | Non — uniquement fesses visibles, brièvement |
| Acte sexuel réel ou simulé | Oui (si pas de nudité) | Non |
| Intention d’imposer / choquer | Non exigée, mais contexte compte | Isolement, aucun témoin direct |
| Refus de se couvrir | Aggrave la situation | Aucun refus |
| Réitération / récidive | Oui si déjà condamné | [à préciser selon casier] |
7. Conclusion juridique et stratégie
1. Élément matériel insuffisant
Aucune exposition volontaire des parties sexuelles à autrui → absence d’un des éléments constitutifs de l’infraction.
2. Absence d’acte sexuel ou de contexte obscène
Ni geste ni attitude à connotation sexuelle.
3. Bonne foi et absence de récidive (si applicable)
Isolement recherché, absence de public, reconnaissance du risque, engagement à ne plus recommencer.
4. Demande à formuler
Soit la relaxe pure et simple,
Soit, à titre subsidiaire, une dispense de peine (art. 132-59 CP), ou une amende symbolique / stage de citoyenneté.
8. Conseils pratiques immédiats
En garde à vue
-
Demander un avocat (ou commis d’office).
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Garder le silence jusqu’à son arrivée.
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Demander qu’il soit consigné dans le PV :
« Je conteste toute exposition de mes parties sexuelles ; aucune intention d’imposer ma nudité à autrui. »
Devant le tribunal
-
Adopter un ton calme et respectueux.
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Expliquer la démarche naturiste, non sexuelle.
-
Montrer qu’il a compris les limites légales.
-
Souligner l’absence de victime directe.
-
Réaffirmer son engagement à ne plus pratiquer hors zones autorisées.
9. Liste de pièces à fournir à l’avocat
-
Plan / photos des lieux (montrant isolement et angles de vue).
-
Liste des épisodes (date, lieu, distance, qui a vu quoi).
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Attestations de moralité (collègues, proches).
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Lettre personnelle d’engagement : “Je m’engage à ne plus pratiquer la nudité en dehors des zones autorisées.”
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Attestation médicale si suivi ou démarche de conseil.
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Preuve d’absence d’antécédents (extrait B2 du casier judiciaire).
10. Phrase clé à retenir / à dire
« Ma pratique n’a jamais eu de caractère sexuel, je n’ai jamais imposé la vue de mes parties génitales à quiconque, et je comprends aujourd’hui que même sans intention, cela puisse gêner. Je m’engage à ne plus reproduire ce comportement. »
Pour ce qui concerne les frais d'avocat, j'estime qu'on (l'Apnel notamment, mais pas que...) peut l'aider. On peut ouvrir une cagnotte en ligne, et j'y mettrai quelques sous. En effet, nous avons tous et toutes à y gagner. Ce n'est pas seulement Didier Legros qui est condamné, c'est nous tous chaque fois qu'on va se balader nu dans la nature. C'est notre pratique qui est jugée par des magistrats faisant dire au code pénal ce qu'il ne dit pas.
Aussi je ne voudrais pas que faute d'argent on laisse passer ce jugement, qui si l'on ne fait rien aura l'autorité de la chose jugée et nous sera opposable. Nous devons éviter ce traquenard.
J'ai indiqué à Jacques par message privé les coordonnées de Tewfik Bouzenoune (d'accord, on n'évoquera pas l'IA).
Si vous voulez, mais il vaut mieux que les naturistes restent discret, parce que je doute quand même beaucoup que la nudité du bonhomme relevait du naturisme. Il ne faudrait pas qu'un journal titre "les naturistes défendent un exhibitionniste" ou "il était à la recherche d'aventures sexuelles: les naturistes prennent sa défense".
Oui Jean-Michel, il est bon qu'un tribunal ne puisse pas dire comme ça "toute nudité est de l'exhibition sexuelle", et je pense que la faiblesse de l'accusation repose surtout sur l'idée qu'étant nu dans sa voiture la nuit, il fallait aller regarder pour s'en rendre compte, donc le "imposée à la vue d'autrui" ne tient pas la route.
Il y avait eu à l'époque à Bordeaux une relaxe d'une prostituée, nue dans sa voiture sur un parking, au motif qu'il fallait aller regarder pour voir. On a aussi ce genre de relaxes pour des gens nus dans leur jardin, visibles seulement si l'on écarte la haie pour aller regarder.
Pour résumer: c'est son affaire, mais pas celle des naturistes. On peut le conseiller, sans le dire publiquement. Il n'était pas en train de pratiquer la randonue.
Tout à fait d'accord avec PhilE. En tant que membre de l'APNEL, je suis opposé à ce que l'on prenne son affaire en charge. Ce n'est pas une histoire de naturisme, mais de libertins. Que ceux-ci s'organisent pour défendre leurs activités et leurs lieux de rencontre.
Gardons notre cagnotte pour le jour où ce sera un véritable randonneur naturiste qui sera mis en cause.
Officiellement, il n'est pas condamné pour libertinage mais bien pour simple nudité avec ce jugement "hors sol". Le reste, c'est du folklore qui aiguise les moqueries mais ce n'est pas à la base des accusations (d'ailleurs l'originalité et même l'extravagance ne devrait pas être condamnable).
Dans cette histoire, la randonue est fermement remise en cause et même considérée comme une pratique illégale. C'est grave ! Doit-on alors courber l'échine et accepter ce jugement scabreux de première instance ? Il me semble que ce ne soit pas notre intérêt d'autant que ce jugement parrait, pour employer un vocabulaire "textiliste", plutôt "décousu".
Quand au financement, il faut effectivement que DL mettre un peu la main à la poche pour ses "imprudences" mais il faut aussi que l'APNEL redresse le discours de ces magistrats (pour le moins nudophobes) à travers de cette éventuelle procédure en appel. Nous allons toutefois consulter les adhérents lors de notre prochaine visioconférence avant de prendre une décision.
Jacques, je suis plutôt de ton avis si toutefois la"motivation" du jugement est telle que tu l'indiques. Peut-être disposes-tu du jugement complet et dans le cas contraire il faudrait le lui demander, et non pas seulement des extraits. Sa diffusion devra rester confidentielle bien sûr, dans un premier temps au moins.
Pour le financement, outre la participation de l'intéressé, peut-être dispose-t-il d'une assurance "défense et recours" qui pourrait en prendre une partie?
Je suis étonné de certains commentaires, du style "Ce n'est pas un naturiste, c'est un libertin, et nous les vrais naturistes nous n'allons pas nus dans les bois à deux heures du matin". Vous rendez-vous compte que si on laisse faire parce que ce n'est pas un vrai naturiste, le jugement deviendra définitif, fera jurisprudence et pourra nous êtes opposé par la suite ? Croyez-vous que c'est la meilleure façon de défendre notre cause ?
Il faut avoir un peu de sens politique dans la vie. En disant que nous ne sommes pas libertins, ce que j'aimerais bien vérifier d'ailleurs (je me réserve le droit de l'être dans certaines circonstances, en toute légalité), nous jetons un voile d'infamie sur le libertinage. Nous employons les mêmes arguments moraux qu'on nous a opposés pendant des siècles. Est-ce une bonne méthode ?
