Citation de kamau:
"Connaissez vous un seul centre où on ne s'habille pas le soir !"
Ah tiens, nous avons toujours entendu dire que c'était un signe de distinction de s'habiller le soir... Ne serait-ce que d'un noeud papillon... 😀
Il est certain que je suis très désabusé de l'évolution du naturisme.
Oui, j'ai cru que le naturisme était une évolution irréversible et je m'aperçois d'une textilisation envahissante.
Le naturisme ne semble être fait que pour une minorité de personnes. La société a besoin de son vêtement. Le naturiste d'aujourd'hui refuse la nudité permanente. La définition était valable eu 1974 et tout le monde y adhérait. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Faut-il garder cette définition ou suivre une évolution qui se fera, malgré cette belle définition qui n'est déjà plus appliquée. C'est bien de s'accrocher à cette définition, mais si nous sommes seuls à quoi sert-elle ?
je ne sais pas si quelqu'un a fait attention à la couverture de l'Hebdomadaire "Courrier International" de cette semaine.
Le titre de couverture est :
Que reste t'il de Mai 68 ?
Et la photo de couverture montre un jeune hippie assis dans l'herbe mais pas habillé.... nu
Ce n'est pas parce que des non naturistes se rendent dans des centres naturistes qu'il faut changer la définition du naturisme !
Faut-il vraiment qu'une chose soit pratiquée "majoritairement", quitte à accepter tous les compromis et "vendre son âme au diable", pour qu'elle soit acceptée par certains ?
Un autre exemple. Tout le monde connaît le socialisme en tant que philosophie, manière de penser.
Certains politiciens "socialistes" semblent bien loin de la philosophie réelle. Est-ce pour cela que l'on doit définir un socialiste comme quelqu'un ayant une grosse bagnole, travaillant dans la finance ou l'appareil judiciaire, etc...
Nous sommes apolitiques, l'exemple ci dessus n'est qu'un exemple, mais nous le trouvons très "parlant", non ?
Donc ce n'est pas parce que des gens se rendent dans des centres naturistes et y restent habillés, mais trouvent très drôle de voir déambuler des "culs nus", qu'il faut abandonner les principes de base du Naturisme.
😀 C'est pour contrarier ces dérives que je proposais:
"Le naturisme, avec la nudité pratiquée le plus souvent possible en commun, permet un choix personnel vécu, qui privilégie l'harmonie avec la nature, le respect d'autrui et de la planète; pour le plaisir de vivre de tous et de chacun."
« Ce n'est pas parce que des non naturistes se rendent dans des centres naturistes qu'il faut changer la définition du naturisme ! » citation Natuliege
Je ne suis pas d'accord avec toi. Ce sont au contraire les naturistes « année 2000 » qui fréquentent nos centres. Ils sont nus à la piscine, au camping, à la plage. Mais on trouve utile de se promener avec un paréo, et dès 18 heures, on s'habille
Je crois qu'on trouve les deux sortes de personnes: celles dont parle Natuliege et celles dont parle kamau. Si les premières n'ont rien à faire dans un centre naturiste, il ne me semble pas utile de réactiver la définition pour les secondes. Il me semble que si ces personnes s'habillent, ce n'est pas parce qu'elles refusent vraiment de vivre selon la définition du naturisme mais parce qu'elles séjournent pour une durée trop courte pour oublier complètement leurs habitudes vestimentaires de toute une année. Peut-être que si elles restaient un mois ou deux dans le centre, elles finiraient par abandonner complètement leurs vêtements, au moins pour certaines d'entre elles. La durée du séjour doit jouer un rôle, à mon avis.
Message édité par : pcma
allez, je vais essayer de provoquer un peu: nos jeunes et nouveaux naturistes ne sont-ils pas là, dans les centres ou les plages, pour faire "in", branchés: je suis allé dans un centre nat, c'était sympa...ambiance, excellente... ce qui reste une forme de voyeurisme. Et quand je pense que tous les sondages naturistes réclament la nudité complète! alors vite un petit paréo, un T-shirt long, un string, etc..., pour la fraîcheur du soir! C'est une nouvelle forme du hippie de 69...
Je crains (et là je suis aussi pessimiste que Kamau) que le problème est beaucoup plus profond que ça:
Regardez la majorité des posts même ici sur vivrenu.... pour la majorité des gens, Que comprennent-ils du naturisme?
Le fait de profiter des éléments (eau, sable, soleil, ...) sans la contrainte d'un maillot. (point) rien de plus ....
Et donc, par extension, dès qu'on sort de l'environnement plage - piscine, on se rhabille, de la même manière que dans un centre textile, on met un t-shirt, ou le paréo par dessus le maillot...
Alors que pour nous, Naturistes, il y a une dimension sociale supplémentaire exprimée dans la définition officielle, qui est la promotion du respect de soi, des autres et de la nature par la nudité partagée...
Et donc, s'il y a avait vraiment lieu de faire évoluer la définition, moi je verrais alors plus un truc du genre:
"Le Naturisme est une manière pour l'Homme de s'émanciper du carcan de ses complexes par la pratique de la nudité en communauté, respectueuse des autres et de la Nature."
Message édité par : didge
Quelques bouts de réponse à différents posts.
Encore une fois, pcma parle d'or.
A propos du hippie de 69 qu'on voit en couverture de "courrier international", il me semble qu'il y avait un nombre certain de convergences entre le mouvement hippie et le naturisme ( des différences aussi, bien sûr). Qu'en reste-t-il ? Sarko disait vouloir en finir avec mai 68 et il n'est pas le seul. Le naturisme existait avant mai 68 mais il a peut-être un peu souffert de l'amalgame, dans l'esprit de ceux pour qui mai 68 signifie la décadence.
La pratique majoritaire des usagers de centres de vacances naturiste a sans doute évolué avec la banalisation des images de la nudité (rappelons-nous que dans les revues naturistes d'autrefois les photos ne présentaient jamais un sexe qui ne soit flouté). Il en résulte en effet que nombre de "nouveaux naturistes" comprennent mal que les "intégristes" du naturisme fassent ce qui leur semble être une fixation sur le sexe au même titre, quoiqu'en sens inverse, que la loi textile. Il leur semble que si le sexe est une partie du corps comme une autre, de même qu'il n'y a aucune raison de le cacher quand on découvre le reste, il n'y a aucune raison de le laisser systématiquement à découvert quand on ressent selon les circonstances le besoin d'un vêtement quelconque.
Mais tout cela ne justifie en rien que l'on veuille changer la définition, dont le rôle est de fixer une référence, un idéal théorique permanent et non de décrire une pratique provisoirement actuelle.
Dans ce domaine comme dans d'autres, j'ai toujours pensé qu'il faut être intransigeant sur les principes (qui sont notre boussole) et souple sur leur application (les voileux savent que pour tenir un cap contre le vent il faut savoir tirer des bords.)
Dans ce domaine comme dans d'autres, j'ai toujours pensé qu'il faut être intransigeant sur les principes (qui sont notre boussole) et souple sur leur application (les voileux savent que pour tenir un cap contre le vent il faut savoir tirer des bords.) Citation papygb
Avec un voilier conçu sur de bonnes bases, on peut toujours faire son chemin contre le vent. Mais si la dérive ne correspond pas au bateau, on ne pourra jamais remonter le vent.
Dans la question qui nous intéresse, en 1974, le naturisme était basé sur l'abandon des vêtements « protection physique « et évolution nouvelle l'abandon des vêtements « pudeur sexuelle ».
Mais on a oublié que l'homme possède un autre vêtement que l'on peut appeler vêtement social (voir le post sur « qu'est ce que la pudeur »). Ce vêtement à la différence des deux autres est inné à l'homme. Contre ce phénomène inné, on ne pourra pas aller contre. Dans les peuplades africaines, les hommes même nus ont des scarifications qui leur servent de vêtement social. Nous, nous avons les bijoux, les paréos, un vêtement comme protection sociale.
Une petite question à tous ceux qui lisent ce post : dans nos centres naturistes, nos compagnes ne sont-elles pas heureuses le soir, si nous décidons d'aller au restaurant, de pouvoir se mettre un « petit quelque chose » qui mettra leur silhouette en valeur, ou fera ressortir leur bronzage. Et nous, ne sommes nous pas fiers d'avoir notre femme mise en valeur ?
Le naturisme part dans une situation mixte nudité et habillé.
Dans ce cas, faut-il garder notre définition, utopiste à mes yeux, et retrouver une autre formule qui canalisera cette textilisation afin qu'elle ne devienne trop envahissante et se développe d'une façon anarchique.
Ou alors on garde notre définition et espérons que notre société naturiste s'équilibrera judicieusement entre habillé et nudité. Mais à quoi sert une formule inutilisée ?
Le naturisme façon 1974 ne peut être appliqué que par des personnes dont l'apparence sociale leur est secondaire. Mais ces personnes sont-elles majoritaires ou minoritaires ?
Regardez « La Jenny » avec ses habitations haut de gamme , valeur sociale par excellence n'est-elle pas devenue la plus textilisée.
Bonjour à toutes et à tous,
Je poste un message ici car j'ai trouvé la réaction de Jean ci-dessus extrémement intéressante et suis en total accord avec lui.
J'ajouterai, qu'à mon avis, celles et ceux qui se permettent de considérer leur apparence sociale comme secondaire sont, à mon avis, minoritaire ou, tout du moins, sont en voie de diminution, il suffit de regarder le ravage des marques chez les jeunes, ou le consumérisme de façon général, par exemple.
Personnellement, mon plaisir est de vivre nu 24/24 quelque soit l'endroit 😛 et il m'est arrivé il y a quelques années d'aller au restaurant d'Euronat, le soir, nu évidemment, et, visiblement, je passais pour un mec bizarre. A l'époque, ça m'a surpris car, étant dans un centre naturiste, je pensais pouvoir rester nu tout le temps.
Quelques années plus tard, c'est à dire aujourd'hui, je suis capable d'être nu et seul nu parmi des gens habillés, cela peut m'arriver chez moi, par exemple, puisque j'accueille mes meilleurs amis et mes invités de passage CouchSurfing (voir mon profil pour plus d'explication), nu et eux, la plupart du temps, restent habillés.
C'est une démarche personnelle, sur moi même, qui m'a permis d'en arriver là, sans que cela soit forcé. Pour moi, c'est l'expression de la liberté individuelle et de la découverte de soi ... et de son acceptation, comme au premier jour de sa naissance.
Pour moi, la définition de 1974 ne me gène pas et je me demande d'ailleurs pourquoi on y passe tant de temps :# car, à mon avis, les combats sont ailleurs car je ne pense pas que le fait de changer la définition va redonner un nouveau souffle au naturisme institutionnel :paf
Je pense que l'objectif n'est pas de lutter contre le mélange naturisme et sexualité, je pense que l'objectif est plutôt d'être avant gardiste, de proposer une éthique de vie qui va bien au dela de la nudité tel que j'en ai déjà parlé dans d'autres messages sur ce site : le naturisme dans une écologie au sens large : vers une reconnexion à la nature, aux autres et à soi-même.
Je suis pour une démarche qui propose, pas une démarche qui tente de défendre uniquement ses acquis, même si cela doit être fait, cela ne doit pas, à mon avis, est la base de la réflexion et surtout de l'action.
Simplement,
Xavier
