Bonjour,
Un des membres du forum met régulièrement en exergue cette phrase délicieusement désuète de Diderot. Pourrait-il me dire de quelle oeuvre elle vient? Elle est difficilement traduisible, de façon aussi concise, dans le français actuel, mais je la trouve en parfaite adéquation avec ma conception du naturisme. J'imagine, en lisant cette phrase, un noble qui "troussait" une servante, qui déshabillait sans attendre son consentement, la malheureuse à qui il allait imposer son désir dans un escalier de service du château, ce qui nous met bien sûr aux antipodes de la nudité innocente, de part et d'autres, et respectueuse des autres, que recherchent les naturistes.
Merci donc de me donner l'origine de cette citation, ce qui ne me permettra guère de briller dans les beaux salons, comme Diderot en son temps, mais même quand on habite dans un trou des Côtes d'Armor, on a envie de s'instruire un peu!
A bientôt
Stephanedrouet
trousser transitif 1er groupe (conjugaison)
1. (Vieilli) Replier, relever ; il se dit le plus souvent en parlant des vêtements qu'on a sur soi.
* Trousser sa robe, son manteau, ses jupes.
2. (Vieilli) Relever le vêtement , en parlant des personnes, .
* Troussez-vous, de peur de vous salir.
3. (Familier) Lever les jupes d'une femme dans un but.
* Trousser une femme. Trousser un cotillon.
4. (Vieilli) (Figuré) (Familier) Expédier précipitamment.
* Trousser une affaire,
5. (Vieilli) (Figuré) (Familier) Le mener vite à bonne fin.
* Trousser un article, un discours, un compliment,
6. (Cuisine) Rapprocher du corps les ailes et les cuisses, la préparer pour la cuisson.
* Vuidez la poularde , troussez-lui les pattes dans le corps; mettez dans une casserole un peu de bon beurre, ... . (« L'agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur. » -Rouen, 1787)
Note
Ce mot est relativement vieux. On utilise plus volontiers retrousser:
Il est temps de se retrousser les manches.
Retrousse ta jupe pour qu'elle n'aille pas dans l'eau.
Quand la citation semble juste, qu'importe la date de sa naissance.
Son géniteur, habitué des bons mots et autres phrases sensées, porte-flambeaux du siècle des lumières, précède ici les pionniers du naturisme.
Dans les années 30, ceux-ci refusaient tous vestiaires mixtes dans leurs clubs, considérant que si le nu est naturel, le deshabillé, que d'aucuns nommaient aussi "troussé" , est érotique...
Cet encyclopédiste réputé semblait plus évolué qu'un certain Théophile Gauthier qui, un siècle plus tard, estimait que ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est le vêtement. Sauf, peut-être, s'il voulait dire que l'homme n'est qu'un animal habillé.
Sinon... Pas de référence livresque pour cette citation.
Quelques propos de salon retenus par l'un de ses (illustres?) contemporains, peut-être...
Ben voilà, merci Jean-Luc de cette explication...
C'est plus clair maintenant ?
Merci à Globe9 et à Jean-Luc pour vos réponses incomplètes mais instructives cependant. A bientôt.
Stphanedrouet
Merci à Globe9 et à Jean-Luc pour vos réponses incomplètes mais instructives cependant. A bientôt.
Stphanedrouet
Diderot a écrit cela à propos du tableau "la chaste Suzanne" de Carle Van-Loo
Salons de 1767 pages 86 et 87
Merci qui?
Gogole bien sûr!
😉 😀
Là, chapeau!
Merci google et Taisy, qui pointent du doigt mon imprécision.
Je retiens la leçon.
Peut-être cette phrase te viens du film de Robert Salis, car il me semble qu'elle a été prononcée par Marc-Alain Descamps
Message édité par : Thierry80080 / 30-10-2008 11:22
nan, nan. Plutôt directement en citation Diderot, sur evene.
Pas souvenir pour M-A-D, ou Salis aussi.
Pardon, il me semblait bien pourtant, en tous cas elle y ressemble.
Même pour un naturiste, il n'est pas facile de se mettre à nu pour avouer son ignorance. J'ai pourtant dû le faire. Merci à Taisy pour sa réponse bien troussée.
Stéphanedrouet
