Bonsoir,
Il me semble que si le naturisme est en train de reculer, c'est parce qu'il véhicule un modèle de société et de valeurs qui est lourd à porter.
Et qu'à sa différence, l'apparition des randonnues a du succès, parce qu'elles ne véhiculent pas de passé spécial, elles ne sont pas intégrées dans un courant de pensée particulier. Ce qui les rend plus accessibles.
Côté vie nue:
Je vous pose une question: aujourd'hui, quand vous voyez des photos naturistes sur le mode "hymne au soleil" ou groupe levant joyeusement les bras en l'air dans une pose qui veut mettre en avant le grand enthousiasme qu'il y a à pratiquer le naturisme, cela ne vous semble t-il pas... un peu convenu et décalé à présent? Pourquoi véhiculer encore des clichés des années soixante et soixante-dix? Cela ne peut vraiment pas bouger?
Pourquoi faut-il que le naturisme se manifeste par tant de codes que l'on ne retrouve pas sur les plages textiles? Oserais-je vous dire que les plages textiles me semblent parfois... plus naturelles? Parce qu'elles n'attendent rien de celui qui y évolue que le respect [des lois et] de ses voisins?
Côté vie non-nue:
J'ai déjà eu l'occasion de l'énoncer: le naturisme est une philosophie assez envahissante. Les naturistes aiment vraiment beaucoup juger tous et toutes sur leurs modes de vie respectifs.
Tout en imposant une doctrine très élaborée, le naturisme souhaite prendre le pas sur le nudisme, qu'il juge souvent péjorativement, alors même qu'il tend à battre en retraite, vieillissant, selon vos propos?
Ne demande t-il pas trop? Ne se prétend t-il pas trop?
Grunt.
Message édité par : grunt / 14-02-2010 21:29
Le naturisme a changé et doit encore évoluer, s'il veut encore porter ses valeurs. Pourquoi par exemple la définition de 1974, pourtant plus actuelle que jamais, et qui met l'accent sur le respect de la nature et de l'autre, ne fonctionne plus vraiment ? Il suffit de voir la population estivale d'un centre naturiste : d'un côté des vieux riches qui sirotent leur apéro, et qui semblent ne pas s'intéresser à autre chose, et alentour soit des jeunes couples avec enfants, souvent hollandais, qui ne font que passer une semaine ou deux, indifférents à tout sauf à leur progéniture ou à la qualité de leur bronzage, et puis des ados qui s'ennuient en groupe, plus ou moins habillés...
Nos voisins en été viennent avec leurs deux enfants devenus jeunes ados : ils s'ennuient, et viennent là uniquement parce qu'ils dépendent encore de leurs parents. Le centre propose des animations périmées. Par ailleurs, les animateurs dans les centres sont très souvent arnaqués : notre fils a travaillé dans un centre près de Tarbes il y a quelques années, jusqu'à dix heures par jour entre l'animation proprement dite et le service au restaurant pour... 150 EUR/mois. Les gérants estimaient qu'il était en formation BAFA, et qu'en plus il se la coulait douce avec une copine ! La nudité ne lui a jamais posé vraiment de problèmes, et s'il n'est pas aujourd'hui, jeune adulte, totalement écouré du naturisme, c'est bien grâce à nous (et aussi un travail aux Lauzons où il avait été respecté et normalement payé) :nous avons toujours mis en avant les valeurs positives de ce mode de vie. Mais il ne croit plus du tout au respect des autres qui viendrait tout naturellement avec la nudité en commun. Pour finir, je pense que le naturisme a un bel avenir s'il intègre les paramètres sociaux de notre époque, ce qui n'est pas le cas à l'examen des discussions que j'ai pu avoir ici et là avec des naturistes vieillissants qui semblent à côté de la plaque.
En espérant que cette réflexion ouvrira une lucarne,
Amicalement.
😕 Il a, hélas, bien raison, à mon avis.
Le respect de l'autre, ne vient pas du tout automatiquement, avec la pratique de la nudité en commun.
hé oui ! les naturistes aiment aussi l'argent quoiqu'ils disent..et en plus, il ne faut pas en parler dans un sujet au risque de se faire traiter de grossier personnage .. 😛
Les constats ont été faits et des explications toutes valables ont été données et je n'ai plus grand chose à ajouter si ce n'est que mon expérience personnelle et une ou deux suggestions:en 25 ans de naturisme et régulièrement inscrit dans un club, je n'ai fréquenté que 8 centres pour des séjours de courte durée; ma présence sur le terrain du club était rare( 2à 3 fois par an) et pourtant je me sens naturiste toute l'année:souvent nu chez moi,fréquentation des plages,randonnue...
Les centres sont parfois chers( il m'est parfois arrivé de fréquenter des terrains d'association recevant des naturistes de passage moins chers, certes offrant moins de services mais ça c'est secondaire pour moi). Ces centres sont parfois éloignés de mes pôles d'intérêt( visites touristiques par exemple) où ne sont pas toujous ouverts hors saison.
Les clubs:structures très sympathique, conviviale et pratiquant le naturisme à 100%.Le terrain n'est pas toujours près de chez vous! Quand j'ai eu un jardin occulte, je ne voyais pas l'utilité d'une fréquentation régulière pour y faire ce que je pouvais faire chez moi.Aujourd'hui je n'ai plus de jardin (choix personnel) mais il n'y a pas de clubs dans mon coin alors que, plus disponible, je serai prêt à m'y rendre s'il en existait un.
J'ai une plage pas trop loin avec de grands espaces et je pratique la randonnue( mais aussi la randonnée textile dans un club car j'aime la marche à pied)
Finalement chacun pratique le naturisme à sa manière, comme ça lui plaît et en fonction de ses possibilités. C'est peut-être ça que les jeunes pratique( j'ai plus de 60 ans).
A l'exception de quelques passionnés qui consacrent toute leur vie et toutes leurs activités, ici le naturisme,à une seule cause, lesêtres humains sont polyvalents( sport, cinéma, théâtre,voyages...) ce qui ne les empêche pas d'être aussi naturistes et en harmonie avec l'éthique naturiste sans pour autant lque ce soit une activité exclusive.
Vous avez tous souligné que la randonnue avait de plus en plus d'adeptes; moi même je la pratique, hélas trop souvent en solitaire faute de groupes constitués( ce qui est plus agréable, plus sécurisant et plus conforme à la pratique de la nudité en commun à laquelle je reste attaché). Il exste des pistes cavalières balisées sur lesquelles d'autres promeneurs à pied peuvent circuler, pourquoi pas créer des zones naturistes suffisamment grandes(100à 500ha. avec chemins) balisées: "zone naturiste: nudité autorisée "et "sortie zone naturiste" sur les sentiers qui la traverseraient. Ainsi naturistes et textiles pourraient se croiser en toute liberté sans surprise. Certes il en faudrait une centaine en France( littoraux, milieu forestier,grands espaces peu peuplés)
bon, maintenant il faut que je m'habille car je dois sortir en ville!
C'est interessant comme fil de discussion, même s'il est difficile de s'extraire des constats pour faire des propositions concrètes qui pourraient être efficaces.
Je crois que dans toute l'Europe le rapport à la nudité évolue dans une direction contraire a celle que nous promouvons.
La chute du mur de Berlin a été un bienfait pour la plupart des libertés sauf pour la notre, car la rapport à la nudité (en RDA et en Yougoslavie au moins ailleurs je suis moins sur) nous était très favorable : je suis arrivé en ex-RDA 10 ans après la chute du mur et dans ma cité U les douches étaient encore collectives et mixtes, alors que toutes les parties rénovées avaient des douches séparées H/F et même des cabines individuelles. C'est devenu le standard de confort exigible.
Par contre la nudité dans les vestiaires des piscines est la règle, et la liberté de bronzer ou nager nu dans les lieux publics reste possible et largement pratiqué y compris par les jeunes.
En France aussi la nudité apparait de moins en moins normale ; il y a dix ans dans les douches des piscines bcp enlevaient leur maillot, aujourd'hui c'est explicitement interdit et même dans les vestiaires collectifs bcp de personnes (souvent les plus jeunes mais la seulement) s'enroulent une serviette autour de la taille pour se changer.
Bref la situation n'est pas reluisante.
Concernant les centres, il est normal qu'il y en ait qui ferment, mais il n'y en a pas bcp qui ouvrent. Moi je crois que les centres n'ont pas su évolués et se transforment progressivement en ghettos. L'accès y est cher, et les célibataires ne peuvent pas facilement y trouver leur place. Moi je ne suis pas du tout pret à vivre en couple juste pour pouvoir fréquenter ces lieux. Et de toutes façons je n'en ai pas les moyens. Comme la pratique libre du naturisme n'est possible quasiment que sur le littoral (en france on ne se baigne pas dans les lacs ou très très peu contrairement à l'Allemagne par exemple), la majeure partie de la population s'en trouve exclue. (moi j'ai la chance d'être à moins d'un heure de voiture de la plage la plus proche, sinon je ne pratiquerais jamais).
Si le renouveau du naturisme ne passe que par les randonue, je crois qu'il est voué à disparaitre. Il faudrait des centres et des clubs qui soient capables d'évoluer avec les nouvelles pratiques tout en restant vraiment naturistes, au contraire j'ai l'impression qu'ils se referment sur eux et n'évoluent que dans la mauvaise direction en devenant de moins en moins naturistes.
Sans compter comme cela a été dit que passer toutes ses vacances dans un même centre ce n'est pas forcément enthousiasmant et que le tourisme naturiste itinérant n'a pas de réelles infrastructures.
Je suis pas spécialement optimiste pour la suite... Et c'est dommage car nous avons encore des moyens assez importants.
le tourisme naturiste itinérant n'a pas de réelles infrastructures.
Lesquelles par rapport au tourisme ordinaire ? Tu peux -en payant, évidemment- faire du tourisme naturiste aussi facilement que du simple tourisme. Nous avons fait plein d'endroits naturistes en France et en Espagne, et trouvé sur place nettement plus de satisfactions que dans des structures textiles : simplicité des rapports, accueil, jamais de prises de tête, et tarifs tout à fait convenables, parfois moins cher qu'ailleurs.
A part ça je suis en relations avec le responsable de "Bare Oaks", un centre naturiste canadien près de Toronto, qui tient des propos sur le naturisme dans son centre que l'on aimerait être encore de mise chez nous (C'est sur Google) : il refuse tout compromis de textilisation, disant que si on attend que les néophytes prennent tout leur temps pour se déshabiller, dans les faits ils ne le feront pas, etc. etc. Il évoque aussi l'attitude philosophique du naturisme. Je me demande ce qu'il va penser des centres naturistes français dans leur état actuel lors de sa venue dans un an.
Pour finir, je trouve que Greenspirit mentionne quelque chose d'important, le manque d'argent de beaucoup pour faire du naturisme, surtout les jeunes. Il faudrait que les centres qui gagnent beaucoup offrent des séjours aux jeunes : ça leur ferait un bonne publicité, en plus de rénover leur population. On peut toujours rêver...
Ce que je veux dire c'est qu'à la plage, a la campagne ou même à la montagne on peut imaginer (il existe déjà) une forme de tourisme naturiste, mais quand on visite un pays on visite aussi (surtout parfois) les villes, les musées, etc... et là un tourisme naturiste n'a pas de sens. Je ne connais aucun hotel naturiste à Paris, Berlin, Londres etc.. d'ailleurs je crois que cela n'aurait aucun sens. Par contre il est tout à fait possible de visiter Berlin, de séjourner dans un hotel tout à fait ordinaire et de pratiquer le naturisme malgré tout, avec les berlinois, dans les parcs et au bord des lacs, mais c'est l'exception qui confirme la règle. Je trouve.
Sinon je suis tout à fait en phase avec ce que tu décris de "Bare Oaks". Ca me semble l'exemple à suivre. Il serait bon à mon sens d'insister sur les prix mais nous sommes aussi d'accord là-dessus. L'autre évolution utile à mon avis concerne dans les clubs l'acceptation des célibataires car il y a là aussi une évolution de notre société à laquelle il serait bon de s'adapter.
Bonsoir
Pour la survie du naturisme et si l'on veut argumenter auprès des autorités pour obtenir des espaces dédiés au naturisme, il faut que nous soyons nombreux à adhérer aux associations naturistes locales et aux fédérations comme la ffn ou l'apnel, c'est le seul moyen d'avancer et de leur montrer que nous sommes nombreux à avoir fait ce choix de vie,que c'est quelquechose de sain et naturel.
Amitiés naturistes
Michel
(je préviens et je m'excuse à l'avance: cet avis va être féroce).
Idéalement, combien par exemple de plages nudistes officiellement autorisées (et pas seulement tolérées) nous faudrait-il? Mettons: qu'une plage sur six le soit, serait un bon objectif. Une sur dix serait déjà un mieux par rapport à la situation actuelle où des départements côtiers (ou possédant des lacs) ont une ou deux plages, mais encore souvent aucune autorisée sur des centaines qu'ils possèdent.
Les autorités locales ne sont pas promptes à ouvrir des espaces nudistes. Sinon, il y en aurait plus. Il est très nécessaire d'en trouver la raison pour y remédier.
Je ne leur ai jamais encore posé la question aux élus sur la répercussion qu'avait un espace nudiste dans un lieu. Ce que cela impliquait ou engageait pour l'établir puis le maintenir par la suite.
On peut songer que des réticences des résidents peuvent exister. On peut sans doute leur répondre par l'attrait touristique supplémentaire que peut gagner la zone. Avec - qui sait? - peut être une portée internationale: les pays appréciant beaucoup le nudisme pouvant voir ses futurs touristes l'observer favorablement. Mais de quelles mesures disposons-nous, exactement, à ce sujet?
Un aspect majeur que je suis incapable d'évaluer alors qu'il est essentiel, c'est: quelles sont les forces de police/gendarmerie supplémentaires qu'il faut mobiliser pour la surveillance et la résolution des éventuels troubles que le lieu engendre? On ne va pas se cacher derrière un mouchoir: ces lieux doivent être plus surveillés que d'autres. Combien cela coûte t-il? se demandera une localité. Est-ce que je ne vais pas avoir mille problèmes pour rien?
Enfin, il faut apparaître ouverts et sympathiques pour espérer gagner l'adhésion.
Et là... il y a un loup.
Quand on utilise le bénéfice unique et inouï des colonnes du Monde pour écrire une connerie du genre: "Les "nudophobes", c'est comme les homophobes ou les agoraphobes : il faut aller voir un psychiatre !", on passe pour des fous furieux.
Quand on profite d'une cyclonue accordée pour faire de la provoc et que cela cause des incidents, on passe pour des emmerdeurs.
Parce qu'il y a bien le problème de fond visible dès que l'on se rend sur n'importe quel site naturiste, dont celui-ci. S'y trouvera toujours tellement de critiques sur la société, sur ceux qui la composent, et tout ce que l'on veut en litanies infernales, qu'il est facile de passer pour des gens invivables.
Et ça, ça n'arrange aucun dossier...
Je suis très sec, encore une fois. Mais voici le problème posé sous un angle qui m'est classique. Aimerez-vous réfléchir à ces points sensibles?
Grunt.
Message édité par : grunt / 05-06-2010 23:25
Il est effectivement temps de penser à "autre chose" !
Le naturisme du temps du "baby boom" (dont je fais partie) a vécu, n'en déplaise aux nostalgiques :sweat:
Parmi ceux-ci, les fanatiques des cyclonues et randonues qui pensent que cela va créer une pression politique ! Je ne vous critique absolument pas, mais êtes-vous intimement convaincus que ça va "aider" ?
Le politique ne suivra jamais que ses électeurs potentiels, donc, le "troupeau".
Or, le troupeau a changé, depuis les années 70.
A l'époque, le troupeau n'avait guère de difficultés pour trouver un travail rémunérateur, ce qui laissait du temps à consacrer à son corps et à son bien-être.
A cette même époque, peu après mai 68, nous recherchions le moyen de nous différencier des réactionnaires, des règles en vigueur (conditionnées par le pouvoir religieux, entre autres).
Quelle est la situation actuelle ?
- une médiatisation publicitaire à outrance vers le "paraître", vers l' "avoir" plutôt que l' "être".
- une présence croissante de personnes d'horizons différents pour lesquelles la nudité est encore synonyme de sexualité (permettez-moi cette vision que je pense objective).
- Internet, qui pourrait être un formidable moyen de partage de ce que nous appelons "nos valeurs" est plus rapidement devenu un moyen d'expression de fantasmes (bien retranchés derrière un clavier). Parcourez le forum "ados" de doctissimo pour vous faire une idée des préoccupations de la jeunesse.
- Des actes inadmissibles commis par des adultes sur des enfants, et largement médiatisés depuis 1996 ont créé,sinon un discrédit, tout au moins une méfiance sur le naturisme familial.
- etc etc
La société a changé et change quotidiennement, il ne faut ni s'en cacher, ni se leurrer.
Sur base de ce constat, que faire ? Comment promouvoir notre idéal de vie ?
Très honnêtement, je n'en ai aucune idée.
Faire évoluer les mentalités me semble plus porteur que faire bouger les politiques, mais je peux me tromper.
(les lois condamnant les propos homophobes ou racistes n'ont pas rendu le citoyen lambda plus tolérant, je me trompe ? ).
Alors oui, peut-être sommes-nous en phase de ghettoïsation, ce que je regrette amèrement.
Personnellement, j'ai décidé de travailler par la base, mon jardin et ma piscine sont ouvertes ... uniquement pour les personnes voulant partager ma façon de vivre, ou tout au moins, l'acceptant.
Message édité par : rl7000 / 06-06-2010 00:39
Au lieu de faire la publicité des centres et leur chiffre d'affaires, les instances emblématiques de la nudité en France feraient mieux d'orienter le discours sur le lien entre le naturisme et l'écologie,d'avoir une politique de sensibilisation et de responsabilisation face aux enjeux planétaires.
Question:
Le naturisme a-t-il les moyens matériels et le droit de faire connaitre auprès de la masse ses vertus via la publicité par exemple (comme l'ont fait les produits laitiers par exemple)?
