ARTE On achève bien les gros
Le naturisme comme ultime solution (à 49:10)
https://www.arte.tv/fr/videos/086161-000-A/on-acheve-bien-les-gros/
52 min Disponible du 03/06/2020 au 16/08/2020
Prochaine diffusion le mercredi 1 juillet à 02:20
Obèse depuis l'adolescence, l'auteure Gabrielle Deydier revient sur son histoire et s'élève contre la grossophobie à l'oeuvre dans notre société.
Une ode à l'acceptation de soi, contre la tyrannie des normes.
"J'ai tendance à dire que je mesure une Kylie Minogue et que j'en pèse trois." Du haut de son 1,54 mètre pour 125 kilos, Gabrielle Deydier, 39 ans, vit depuis son adolescence dans un corps que la société réprouve. Quelques kilos en trop l'amènent à 16 ans à consulter un médecin. Il lui diagnostique, à tort, une maladie hormonale et lui prescrit un traitement assorti d'une diète drastique. Son poids triple, charriant avec lui son lot de moqueries. À l'âge adulte, les discours moralisateurs s'ajoutent aux brimades. Mais après des années passées à se cacher, Gabrielle décide d'assumer son corps différent. En 2017, elle s'attaque à la grossophobie, la stigmatisation des personnes obèses ou en surpoids, et publie On ne naît pas grosse (Éd. Goutte d'or), un vibrant réquisitoire contre l'invisibilisation des gros dans une société où rien n'est pensé pour eux.
Violence normative
Aujourd'hui, la joviale Parisienne, native du Gard, s'essaie au roman d'anticipation : l'histoire d'un monde hygiéniste où être gros deviendrait un délit. Émaillé de séquences dystopiques plus vraies que nature, ce documentaire la suit dans son quotidien entre les virées au bar littéraire du coin, les sessions piscine longtemps remises à plus tard par peur du regard des autres ou le retour dans son ancien lycée d'Uzès, lieu de ses premières souffrances. Gabrielle Deydier revient face caméra sur son parcours mais explore aussi auprès de différents témoins (spécialistes, personnes obèses) les conséquences plus larges de la grossophobie, telles que les inégalités salariales ou la violence normative induite par la chirurgie bariatrique. "Un jour, on n'assumera plus de couper des estomacs pour faire maigrir des gens", s'indigne-t-elle. Alors que 10 millions de Français souffrent d'obésité, ce film coup de poing bouscule les clichés et s'interroge sur le traitement réservé à ceux qu'on juge en dehors de la "norme".
Message édité par : jacques_gana / 22-06-2020 18:06
(...) Le naturisme comme ultime solution (à 49:10) :=! :=! :=! (...)
L'expérience de Gabrielle est très intéressante et prouve à quel point le naturisme peut parfois s'avérer "thérapeutique" dans certaines circonstances. Voilà, un bel exemple d'humanité et de reconnexion à un environnement social plus sain (en milieu naturiste s'entend...).
A la piscine d'Euronat, tous les ans on peut voir quelques obèses vraiment à l'aise dans l'eau, ça leur fait du bien et ça se voit sur leurs visages. L'une de ces personnes doit marcher à l'aide de cannes jusqu'au bord de l'eau, ses jambes ne la portent plus.
Jamais aucune moquerie, évidemment, c'est l'esprit naturiste qui se révèle dans ces moments-là.
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Il faut évidemment assumer son corps, et avoir des regards malveillants envers les obèses est un comportement haïssable.
Il faut pourtant se garder d'un certain discours "après tout, c'est très bien d'être gros".
Regardons les morts de la covid19: on lit que pour 80% d'entre eux, ils sont obèses.
Ce n'est pas qu'une question d'esthétique, mais de santé.
Quand à 50 ans on ne peut plus monter au 4ème étage, quand on ne peut même pas presser le pas pour attraper un bus, quand on a des problèmes articulaires ou ligamenteux, des problèmes respiratoires, des risques cardiaques, on vit mal.
Et si bien sûr la génétique fait que certaines personnes sont plus sujettes que d'autre à l'obésité, c'est quand même avant tout une question d'hygiène de vie.
Nous avons la même génétique que les générations passées, mais il y a plus d'obèses aujourd'hui.
Les Américains ont en gros le même patrimoine génétique que les Européens, mais pas le même mode de vie.
Connaissez-vous beaucoup de gros néerlandais?
Il doit bien en avoir, mais pas beaucoup, dans ce pays où tout le monde circule à vélo. (Et pourtant, au niveau alimentation, les Pays-Bas, ce n'est pas ça du tout. Comme disait mon père, "ils ne mangent pas, ils se nourrissent").
Quand on prend sa voiture pour seulement 1 ou même 3 km, quand on prend l'ascenseur alors qu'on habite au second (j'en vois même qui le prennent pour le premier), quand le seul sport qu'on pratique est la pétanque, il faut s'attendre à avoir tôt ou tard (et souvent tôt) des problèmes de santé.
Il faut s'attendre aussi à avoir une espérance de vie nettement plus courte que les autres.
Vous en connaissez beaucoup, des nonagénaires obèses?
Une fois que j'ai dit ça, je remets ma première ligne: Il faut évidemment assumer son corps, et avoir des regards malveillants envers les obèses est un comportement haïssable.
Dans le Midi Libre
https://www.midilibre.fr/2020/06/18/le-poignant-retour-a-uzes-de-gabrielle-dans-le-documentaire-on-acheve-bien-les-gros,8938390.php
Le poignant retour à Uzès de Gabrielle dans le documentaire "On achève bien les gros"
Après le succès de l'essai "On ne naît pas grosse", l'auteure Gabrielle Deydier est, depuis le 17 juin, à l'affiche d'un documentaire sur Arte. Victime de grossophobie au quotidien, elle alerte et partage son témoignage dans son ancien lycée, à Uzès.
Produit par Arte et Bangumi et primé au Festival International du Grand Reportage d'Actualité, le documentaire " On achève bien les gros" est disponible en replay dès ce jeudi 18 juin. Adaptation télé de son roman à succès "On ne naît pas grosse", le reportage revient sur la douloureuse adolescence de la journaliste, essayiste et romancière Gabrielle Deydier.
"En France, il y a 10 millions de personnes obèses qui vivent la même chose que moi, les gens sont toujours étonnés quand je donne ce chiffre mais c'est la réalité et ces personnes ne sont pas dans l'espace public, elles ne peuvent pas se l'approprier" dénonce Gabrielle Deydier dans le documentaire.
Elle y évoque son rapport à la nourriture complexe, notamment ses crises d'hyperphagie pendant lesquelles elle va manger une grande quantité de nourriture. "Je vais souffrir au maximum et je vais faire éclater mon estomac" explique-t-elle avec émotion dans le documentaire. "Je bouffe comme je pourrais prendre une drogue, être accro au casino, je bouffe comme une junkie", elle aborde aussi son "fantasme du suicide" pendant les périodes de sa vie où son poids est devenu trop problématique pour elle, le harcèlement au travail, dans la rue...
Son combat contre la grossophobie elle va le mener dans son ancien lycée, à Uzès. Une confrontation dans l'établissement gardois pleine d'émotion à la fois difficile mais nécessaire. Une confrontation pour sensibiliser les nouvelles générations au problème. Devant une classe de lycéens elle témoigne de son histoire, son parcours, de sa rentrée en 1ère "tellement violente qu'elle a été le début de l'échec scolaire", du mauvais diagnostic qui a tout changé.
Du harcèlement au naturisme
"Quand tu luttes contre la grossophobie, tu luttes contre l'injustice, contre l'exclusion des gros, la discrimination... je fais 125 kilos, ça me regarde, je ne le souhaite à personne pour autant". Mais c'est quand elle est étudiante à Montpellier que Gabrielle s'essaye aux plages naturistes. Des lieux où le corps n'est pas jugé où "il ne se passe rien, j'étais à poil et invisible et plus un seul co***** sur cette terre m'empêchera de me baigner". raconte-t-elle.
Le naturisme, clé de l'acceptation de soi ?
Lors d'un reportage sur le naturisme réalisé en 2017 au Cap d'Agde, Midi Libre évoquait déjà la liberté offerte par cette pratique et le rapport des corps face aux regards. Extrait :
Quand les vêtements tombent et que les corps se dénudent, la perception de l'autre change. Au village et sur la plage, il n'y a ni forme, ni couleur, ni genre. Les appréhensions liées au physique n'existent pas, et si le village naturiste plaît, c'est en partie pour cela. Habituée des lieux depuis plus de quarante ans, Géraldine fréquente aujourd'hui encore la plage naturiste du Cap pour cette ambiance générale de tolérance et d'ouverture d'esprit qui y règne. "Ici, personne ne se toise ni ne se juge. On peut croiser des personnes handicapées, amputées, des femmes obèses ou des hommes vieux et fripés qui sont tout simplement à l'aise avec leur corps".
Bien loin des couvertures de magazines, où des plages de Californie, le corps au Cap ne se regarde, ne s'admire pas, il vit et cohabite avec la nature et son environnement. Les habitués ne viennent pas pour se montrer mais pour profiter. Et c'est vrai, sur la plage, toutes les morphologies sont représentées. La nudité est aux naturistes ce que la cotte de mailles est au chevalier, une armure, une seconde peau qui protégerait l'individu des regards parfois importuns. Si un remède pour les personnes complexées existe, il est bien au village naturiste. Selon Géraldine, "on apprend à mieux s'aimer nu, plus que sous des vêtements". À méditer. T.R.
C'est bien organiser la programmation Arte on parle de gros puis après de gros sein dans un reportage qui a l'ai plutôt intéressant (pas encore vu pour ma part mais récupéré)
quand on prend l'ascenseur alors qu'on habite au second (j'en vois même qui le prennent pour le premier), (...)
Vu de mes yeux, au CHU Henri-Mondor, 19 niveaux empilés les uns sur les autres, des personnels soignants ou administratifs prendre l'ascenseur dans le sens de la descente pour un étage, l'escalier étant juste à côté. Résultat : on attend parfois dix minutes pour aller jusqu'à sa consultation ou en revenir.
Cette acceptation de tous j'allais dire "en actes", c'est pour moi ce qu'il y a de plus noble dans le naturisme.
Mais peut-être propre au naturisme d'après-guerre ? J'ai l'impression qu'avant 1945, les choses étaient un peu différentes. Pour ne citer qu'un exemple, je ne suis pas certain que Kienné de Mongeot aurait accepté une personne un peu enveloppée au 'Sparta' ...
Cette acceptation de tous j'allais dire "en actes", c'est pour moi ce qu'il y a de plus noble dans le naturisme.
Effectivement et cette dimension est très bien traduite dans le dernier article de "Paulette" qui vient d'être mise en ligne :
https://www.paulette-magazine.com/le-naturisme-cette-philosophie-de-vie/?fbclid=IwAR0ofMpWprcLxkP3605KXMAhhx7DPJhat80KY1jxluFfBv31K6NiZ0pm8zY
