15 juin 2026
Du sexe en Amérique...
 

Du sexe en Amérique: cel livre me semble très intéressant

5 Messages
3 Membres
0 Reactions
1,691 Vu
PhilE
Messages: 15455
Confirmé Parrainé
Premier message du sujet
(@phile)
Membre
Inscription: Il y a 19 ans

En attendant, on peut déjà lire l'interview:

http://www.lesoir.be/1200455/article/soirmag/meilleur-du-soir-mag/2016-05-04/histoire-voluptueuse-l-amerique

Histoire voluptueuse de l'Amérique

Propos recueillis par Joëlle Smets.
Mis en ligne il y a 9 minutes
Du sexe en Amérique " raconte l'histoire charnelle et sensuelle des États-Unis. Interview de Nicole Bacharan, historienne et politologue française.

Il y eut d'abord les Conquistadors, ces Espagnols de l'Inquisition qui débarquant dans le Nouveau Monde en 1540, s'offusquèrent de la tranquille nudité des Indiens et de leur libre sensualité. Il y eut ensuite les Anglais puritains qui à partir de 1620 arrivèrent dans les "terres barbares " et voulurent convertir les "sauvages " aux moeurs anglaises. Et ces moeurs, côté lit, étaient prudes, le péché originel étant assurément de nature sexuelle. Puis il y eut les pères fondateurs de la république américaine qui participèrent à l'indépendance et considéraient pour certains que tromper sa femme, c'était tromper l'électeur. Leur passion de la liberté ne les empêcha pas de maintenir l'esclavage, inscrivant avec brutalité dans le corps des Noirs un ordre sexuel fondé sur une prétendue séparation radicale des races. Le XIX e siècle victorien enfonça l'Amérique dans un nouveau puritanisme. Les Années folles marquèrent la première révolution sexuelle tandis que le maccarthysme traqua les traîtres à la nation comme les homosexuels, considérant que morale, sexualité, patriotisme et compétence étaient indissociables... C'est l'histoire intime de l'Amérique que nous raconte Nicole Bacharan, dans un ouvrage passionnant qui se lit comme un roman : "Du sexe en Amérique ". En près de 450 pages qui lui ont demandé cinq années de travail, l'historienne et politologue française retrace l'obsession de cette nation, même si pour chaque période de l'histoire, la spécialiste de la société américaine montre que la volonté de pureté ne correspond pas forcément à la réalité et qu'inversement, les périodes de libération n'effacent pas les comportements machistes. L'Amérique n'est pas aussi puritaine qu'elle le voudrait !

Pourquoi avez-vous choisi de raconter l'Amérique par le biais de son rapport à la sexualité ?

Mon travail de politologue me porte à analyser ce qui se passe aux États-Unis et je bute tout le temps sur la thématique du sexe. Je suis constamment confrontée au cliché de l'Amérique puritaine. Je voulais comprendre d'où venait ce puritanisme et ce qu'il représentait vraiment. Les Américains d'aujourd'hui ne vivent plus en puritains. La réalité des mariages et des divorces, la pratique de la sexualité avant le mariage, le nombre important des grossesses des ados, l'usage de la contraception, la reconnaissance de l'homosexualité nous montrent que l'Amérique est libérée mais elle ne se vit pas toujours comme telle. Le puritanisme a laissé des traces dans la manière de penser, dans les attitudes psychiques et intellectuelles.

Mais pourquoi l'Amérique ne voudrait-elle pas se dire ou se croire libérée ?

Il y a aux États-Unis une volonté de contrôle, d'amélioration du monde et de la société qui est très forte. Cette volonté fait que la sexualité - ce domaine mystérieux et surprenant - est vécue comme quelque chose d'inquiétant. Prenez la lutte contre le harcèlement et le viol, particulièrement dans les universités. La Californie a adopté en 2015 une loi rendant obligatoire l'enseignement du "consentement affirmatif ". Expliquer aux étudiants qu'une jeune fille ivre ne peut être consentante est une excellente chose. Mais exiger qu'à chaque étape d'un contact physique - prendre la main, toucher la jambe, embrasser... - le garçon demande son consentement à sa partenaire, qui doit le verbaliser, dire oui ou non... Cela va trop loin. Comme souvent, l'Amérique choisit d'affronter les problèmes et de les résoudre, mais pèche par excès. Les jeux de séduction, les ambiguïtés de la rencontre ne se laissent pas facilement enrégimenter, et cela est perçu comme angoissant.

Attachée à la liberté sexuelle et au respect de la vie privée intime, l'Europe se moque souvent du puritanisme américain. Comment comprendre l'obsession puritaine des Américains ?

Je me suis longtemps posé la question pour arriver à cette conclusion qu'il y a un lien entre la volonté de pureté et la réussite américaine. Les puritains ont marqué les Américains car ils ont réussi, ont travaillé dur et sont devenus les modèles du capitalisme. Ils ont été portés par une morale stricte, religieuse et surtout par leur volonté de changer le monde. Rien ne leur semble impossible, et après un échec, ils sont toujours prêts à recommencer.

Vous parcourez plus de 500 ans d'histoire américaine. Quel est le siècle le plus puritain ?

Le XIX e siècle est le plus répressif. La société est alors soumise à une double morale. La femme est considérée comme un ange pur, enfermé au foyer. L'homme, lui, mène une double voire une triple vie. Et cette répression de la sexualité va de pair avec un essor important de la prostitution.

On découvre dans votre ouvrage que la réalité est bien plus complexe et que même dans les périodes les plus strictes, la sexualité se vit et s'épanouit.

L'histoire est plus complexe que les images simplifiées qu'on peut en avoir. On a parfois le sentiment qu'elle va vers le progrès. Mais en l'analysant, on se rend compte que rien n'est acquis. Les avancées produisent des réactions en sens inverse. On croit aujourd'hui que la société a accepté l'homosexualité et mit fin au patriarcat mais l'électorat de Donald Trump nous montre que pas mal d'Américains pensent que la libération des femmes, l'intégration des minorités et l'arrivée des migrants signifient la fin de la "vraie " Amérique.

L'Amérique est stricte en matière de sexe et l'Europe exigeante pour tout ce qui concerne l'argent. En quoi le sexe est-il présent dans ces élections?

Il n'est pas au centre des débats - ou pas encore ! Mais les partis démocrate et républicain ont des positions très différentes sur l'avortement et la sexualité. Le camp démocrate défend le droit à l'avortement, le remboursement de la contraception et l'égalité des sexes. Le camp républicain a sur ces sujets des positions opposées, se posant en protecteur de la morale à l'ancienne. Il reste une minorité très religieuse opposée à la libération des moeurs mais la majorité est raisonnable et bien plus proche de la mentalité européenne qu'on ne peut le supposer. Voyez le mariage homosexuel, qui a été accepté par la Cour suprême, ou le groupe des "sans religion ", qui a augmenté aux États-Unis pour représenter plus d'un cinquième des adultes.

En quoi Européens et Américains sont-ils différents, côté sexuel ?

Les Américains ont été les premiers à vivre la libération des moeurs des années 60-70 et ils sont allés très loin, ils ont "tout cassé ". Comme les Européens, ils vivent leur sexualité sans culpabilité et craignent aujourd'hui davantage les excès, notamment de la pornographie, que les interdits. Mais des différences subsistent, comme la vision de l'engagement et de la fidélité. Une fois mariés, les Américains n'acceptent guère l'idée de pardonner une liaison adultère ou de vivre dans le mensonge. Ils préfèrent divorcer, recommencer à zéro, se remarier, toujours attachés à améliorer leur vie. Tomorrow ! (Demain !) est au fond le mot qui résume le mieux les espoirs des descendants des puritains.

"Du sexe en Amérique " est publié chez Robert Laffont, 446 p., 22 euros."


4 Réponses
jacques_gana
Messages: 4154
Assidu Parrainé
(@jacques_gana)
Membre
Inscription: Il y a 22 ans

Parler de XIXe siècle "victorien" aux USA, ca ne fait pas très sérieux ! Si les termes sont extraits du bouquin en question, ça donne de gros doutes.
Dire par ailleurs que les pères fondateurs étaient puritains n'est pas sérieux non plus : ni Washington, ni Franklin, ni Jefferson n'étaient puritains, et ils ont laissé (Jefferson, particulièrement) de nombreux écrits assez véhéments contre la "religion d'Etat" !


Répondre

Filmé en 2010 lors de la plus belle des wnbr de brighton en HD le film sort fin septembre 2022

PhilE
Messages: 15455
Confirmé Parrainé
Premier message du sujet
(@phile)
Membre
Inscription: Il y a 19 ans
Posté par: @jacques_gana

Parler de XIXe siècle "victorien" aux USA, ca ne fait pas très sérieux ! Si les termes sont extraits du bouquin en question, ça donne de gros doutes.
Dire par ailleurs que les pères fondateurs étaient puritains n'est pas sérieux non plus : ni Washington, ni Franklin, ni Jefferson n'étaient puritains, et ils ont laissé (Jefferson, particulièrement) de nombreux écrits assez véhéments contre la "religion d'Etat" ! 

Il est possible que lorsqu'elle parle des "pères fondateurs", elle parle plutôt des pèlerins que des Jefferson et autres Washington, plutôt positivistes, épris des Lumières.
Benjamin Franklin (ou Benjamin Franquelain) était en effet membre de l'Académie des Sciences de Paris.

Et le terme de "victorien" peut ne pas désigner que la seule Angleterre. On a parlé de victorianisme pour le Second Empire.

Mais bon, c'est vrai que ça me fait un peu tiquer, tes remarques.


Répondre
Messages: 241
Assidu
(@philippe25)
Membre
Inscription: Il y a 13 ans
Posté par: @PhilE

Il est possible que lorsqu'elle parle des "pères fondateurs", elle parle plutôt des pèlerins que des Jefferson et autres Washington, plutôt positivistes, épris des Lumières.

Les 'pélerins' n'étaient pas des pères fondateurs. Loin de là.


Répondre

Amazon, gratuit pour vous et entre 2% et 4% pour le site

PhilE
Messages: 15455
Confirmé Parrainé
Premier message du sujet
(@phile)
Membre
Inscription: Il y a 19 ans
Posté par: @philippe25

Posté par: @PhilE

Il est possible que lorsqu'elle parle des "pères fondateurs", elle parle plutôt des pèlerins que des Jefferson et autres Washington, plutôt positivistes, épris des Lumières.

Les 'pélerins' n'étaient pas des pères fondateurs. Loin de là. 

Tu as tout à fait raison.
En fait, il me semble que c'est la journaliste qui l'interviewe, Joëlle Smets, qui mélange un peu tout, parce que les expressions problématiques sont employées dans le paragraphe introductif.

Je vois quand même assez mal une universitaire américaine faire de telles confusions, mais c'est en revanche fort possible d'une journaliste belge.
(Les Belges, n'y voyez pas d'attaque: je voulais dire simplement "non-américaine, et pas une historienne").

A propos de certaines lois bizarres, comme celles qui interdisent de dormir nu, ou qui entendent réprimer la masturbation (et ça, ça ne remonte pas au XIXème siècle, mais à 2016 dans l'Iowa), je me demande bien comment ils peuvent vérifier, sauf à jouer les voyeurs :#.


Répondre
Partager :
Site du portail naturiste francophone VivreNu.com   :  rencontres-naturistes.com   lenaturisme photos nudismlife.com   tousnus.fr   photos.naturistes   Revues Naturistes Vintage   World Naked Bike Ride WNBR Cyclonudistes   tv-naturiste  VivreNu TV  o2switch