15 juin 2026

Compte-rendu de Spencer Tunick à Newcastle (juillet 2005)

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gorgole
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Premier message du sujet
(@gorgole)
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Qui a déja participé à une photo de Spencer Tunick et où ?

Moi, j'ai fait celle de Bruges. Ce fut génial, l'ambiance et tout.
Répondez moi et donnez vos impressions si vous l'avez fait, merci
Roger


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sparfel
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(@sparfel)
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J' y étais, pour les premières photos. Tu peux lire mon compte rendu et celui des autres participants dans le forum :
Medias , tv, radio, video, revues » » Spencer Tunick à Bruges samedi 7 mai 2005.

Par contre, je n'étais pas à l'installation de Newcastle, le climat anglais est trop clément 😉


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(@constructeurdebulles)
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J'ai fait un rêve étrange, ce dimanche 17 juillet 2005. J'y parcourais, nu, une grande ville inconnue. Autour de moi, une foule compacte, complètement nue, répondait à d'étranges injonctions.
Plus encore que son propos, la longueur de ce rêve m'a étonnée : trois heures et demi. A l'inscription, on nous avait pourtant affirmé qu'il ne durerait que 15 à 20 minutes.
A l'inscription? Quel est ce rêve pour lequel on s'inscrit, me direz-vous? Il s'agit d'une séances de photographies par l'artiste Spencer Tunick et je ne suis toujours pas arrivé à croire que cela c'est réellement passé.

Mais revenons un peu au début de cette journée. 2H30 du matin exactement. Je viens de quitter le centre de Newcastle et son architecture victorienne, et je dévale la vertigineuse rue qui va du château médiéval aux quais de la Tyne.
A cette heure, l'aspect de cette rue ne dépare pas avec le caractère onirique donné à ce début de récit.
Imaginez vous des immeubles de 4 ou 5 étages, surplombés par les arches d'immenses ponts, le tout, vieille habitude anglaise, chichement éclairé, et voila le décor planté.

L'animation en ces lieux tempère cependant cet aspect des choses, en effet, la rue est remplie de jeunes anglais rentrant de leur traditionnelle fête du samedi soir.
Les tenues de ces demoiselles ne sont pas vraiment sobres.

D'ailleurs, il n'y a pas que les tenues qui ne sont pas sobres. Outre les mini-jupes destructurées, il est de bon ton d'être vétu d'une auréole d'ange en carton ou d'oreilles playboy.

Dès que vous avez dépassé cette foule, vous vous retrouvez sur les quais de la Tyne avec devant vous, assez loin, l'arche futuriste de la passerelle du Millenium et la masse de l'ancien silo où est installé le centre d'art moderne Baltic.

De l'autre côté de la rivière, la masse étrange de la limace de verre bleu que constitue le bâtiment du SAGE récemment édifié. Si vous vous retournez vous pouvez voir à présent, au dessous de vous, les quatres ponts, dont le petit frère de celui, célèbre, de Sydney, qui traversent la Tyne.Le rôle des arches, que vous avez vues précédemment, est enfin révélé.

Les quais sont bien calmes à cette heure, juste remontés par quelques jeunes femmes pieds nus, talons trop hauts obligent.

Je traverse le passerelle, et rejoins la foule qui commence à se constituer au pied des talus suportant les parkings séparant le Baltic du Sage où nous sommes appelés à nous déshabiller bientôt.
Une certaine excitation parcourt cette foule, mais avec retenue pour l'instant. Elle est pourtant palpable dans les gestes de réconfort que se prodiguent ceux qui sont venus en couple ou en groupe.
Pourtant j'ai du mal à croire que les gens autour de moi sont là pour se mettre à poil, ils semblent bien plutôt être là pour un quelconque concert. Beaucoup sont venus en groupe. Des couples avec de grands enfants sont là également. Les deux sexes sont représentés de manière égale, ce que je vérifie avec quelques comptes.
La grande banalité de cette foule est très sécurisante.

Un quart d'heure d'attente, jusqu'à 3H15, et nous sommes invités à monter sur le parking, en passant par des postes d'inscription où nos invitations sont échangées contre des sacs plastiques colorés dans lesquels nous pourrons mettre nos vêtements.
Avec une discipline remarquable, typique de l'Angleterre, trois queues se forment.
Comme j'ai la chance de passer parmi les premiers, je m'assoie sur l'une des lices en bois au sommet du talus et observe les files serpenter au-dessous de moi.
Une demi-heure et la messe est dite, les 1700 participants sont regroupés derrière moi sur le parking. Il n'est pas 4 heure du matin et déjà l'aube s'annonce à l'horizon. Le temps qui va rester jusqu'au déshabillage, moins d'une demi heure, va rapidement sembler bien long à tous. Deux jeunes hommes se déshabillent déjà près de moi. Il paraissent bizarement incongrus au milieu de notre groupe encore habillé. Une ou deux personnes les regardent de travers alors qu'ils n'ont fait que devancer le mouvement. Une jeune femme commence à enlever son pantalon avant de se raviser.

Un peu partout, des gens prennent de l'avance, la plupart du temps en se mettant pieds nus, mais des jeunes hommes se mettent nus sous des manteaux ou des peignoirs. Une jeune femme enlève ses sous-vêtements dessous sa robe.
Le gros de la foule est cependant placide et attend que cela se passe. Tunick commence sa harangue. Il nous explique le déroulement de l'événement.
Lorsqu'il annonce que nous commencerons par traverser la passerelle du Millenium, des exclamations se font, comme si ce n'est que là que des participants comprennent ce qu'il vont faire, se promener publiquement nus.
La description de nouvelles poses semble ne pas vouloir s'arrêter, Tunick a prévu un programme infernal. Il semble dans une forme éblouissante.

Après un certain nombre de considérations faites pour nous faire passer le temps, Tunick termine son discours par le fait que nous devrons ne rien porter, ni chapeau, ni bijoux, ni chaussettes.

Et le sésame est donné :"Get your kit off". Et c'est la ruée. Le temps que j'enlève mes chaussures et mes chaussettes et la moitié des gens autour de moi est fesses à l'air. Un concours doit avoir été lancé "soyez le premier à enlever votre culotte". Je suis en train de perdre. Au moins, personne n'aura eût le temps d'hésiter.

J'enlève mon pantalon et mon slip, suivi rapidement de ma chemise. Et j'enfourne à toute vitesse le tout dans le sac, question de ne pas être le dernier.

Et nous voilà, tous entièrement nus. Nous nous applaudissons. Personne ne semble être dans la disposition de nous trouver beaux, laids, nobles ou indécents, l'excitation seule semble peupler nos esprits.
Mon voisin ne trouve qu'un mot pour résumer la situation "Amazing".

Et déjà une partie de la foule commence à se mouvoir pour traverser la passerelle.
Comme je suis le long du talus, je m'élance avec enthousiasme au milieu d'autres sur la pente engazonnée. C'est stupide, car être tout nu cela veut dire notamment ne pas avoir de chaussures et il y a des cailloux. je manque chuter lamentablement, mais je me rattrape.
Arrivé enfin sur des escaliers, je ne peux m'empècher de me retourner quelques instants pour regarder ces flots de gens nus qui descendent vers moi.

Et je m'engouffre dans la foule traversant le pont. Etrangement, alors qu'il m'avait paru long à traverser tout à l'heure, j'ai l'impression que cela ne prend que quelques instants cette fois. Je suis presque déçu, c'est là toute l'impression donnée par cette traversée que tant de gens craignaient tout à l'heure.

Nous sommes harcelés, à la sortie de la passerelle, par l'équipe de Tunick : il faut se mettre en rang de trois. Il s'agit de former une queue, une passion anglaise appréciée de Tunick comme cette journée va me le démontrer.

Et me voilà, à marcher à côté d'un couple d'anglais le long des quais de la Tyne. On échange quelques mots sur la suite de mon voyage en Angleterre et sur l'aspect novateur de ce tour de ville touristique.

On croise quelques journalistes que je salue de la main et on s'arrête une première fois. Des gens nous obsvervent depuis un beau bâtiment d'angle à tourelle. Repérés par un autre participant celui-ci crie ironiquement "My God, people who are wearing clothes".

Et on continue d'avancer un pas après l'autre, jusqu'à ce que Tunick soit satisfait de la pose. Un regard en arrière, me permet de voir que les derniers sont encore sur la passerelle, et il faut encore se resserrer en avançant. Enfin c'est bon, on doit regarder Tunick qui s'est installé sur le pont de Sydney et arrêter de sourire. On se crispe, et c'est la première photo.

On s'allonge maintenant, tête vers la Tyne. Je laisse les gens commencer à s'allonger et lorsque je veux m'installer à mon tour, la place vient à manquer et je suis obligé de m'incruster entre une femme et un homme en me dandinant. Malgrès cette promiscuité, le froid des pavés me saisit brusquement. Il faut dire qu'à cette heure l'endroit est parcouru par une brise fraiche annonciatrice d'une belle journée. je frissonne.

Heureusement cela ne dure pas longtemps et l'on se relève. Direction Dean street, vous vous souvenez celle avec les arches et les fêtards du début ?

A cette heure, il n'y a plus grand monde, en revanche les restes de la fête sont bien là, eux. On doit sauter au-dessus des cannettes de bière et des restes de frites. Ce ne serait déjà pas agréable habillé, mais alors nu c'est carrément dégoutant.
J'ai le temps de me dire que si Tunick souhaite que l'on s'allonge dans cette partie de la rue, ce sera sans moi. A part les policiers chargés de notre sécurité et les journalistes, il n'y âme habillée qui vive dans cette ville, même aux fenêtres. Seule exception, un jeune couple qui s'embrasse. Du coup, il se fait brocarder par les participants.

Un premier groupe a commencé à s'assoir dans la rue, mais on nous indique qu'un autre groupe doit monter plus haut, j'en profite, heureux d'échapper aux reliefs de la soirée.

Et c'est la montée vers le château. Là, c'est un autre accident du terrain qui nous attend, une partie de la chaussée à été récemment reprise et il y a plein de graviers bitumés. On passe quand même. Nous nous arrêtons. J'en profite pour regarder la marée humaine qui monte lentement dans Dean street.

Plusieurs minutes se passent et elle n'est pas tarie, l'ensemble des participants n'étant pas encore rentré dans la rue. Je suis subjugé par cette masse et je commence à apprécier l'étrange beauté qui émane de la répétition de ces corps nus autour de moi.

Quand Tunick nous demande de redescendre la rue, puis de la remonter, puis de redescendre, puis de .... j'en perd la mémoire du compte exact. A la fin, je me retrouve à quatre ou cinq mètres de mon point de départ, mais entre temps j'aurai eu le temps d'apprécier plusieurs fois les sympatiques gravillons bitumés. Hormis ce détail, je ressents une grande plénitude à être nu, là, dans cette ville.

Finalement, on se fige à nouveau, on regarde Tunick sur son pont, et c'est une nouvelle photo qui est prise. Tunick nous remercie un peu trop, comme d'habitude.

On profite de la courte interruption pour saluer un groupe qui est venu nous observer depuis les jardins du château. Pour la pose suivante, il nous faut nous mettre à genoux, puis à quatre pattes dans une espèce de similacre de position foetale. Je suis le mouvement impulsé par la jeune femme devant moi et je me retrouve le postérieur présenté à mes voisines de derrière. Un instant, je me sens à nouveau très nu.

Les blagues lourdes qui fusent autour de moi, indiquent que je ne suis pas le seul participant gèné. Rapidement cependant l'inconfort s'estompe.

On redescend rapidement la rue. En bas, distribution d'imperméables transparents selon la méthode du lancer. Un jeu s'instaure entre les participants, Chacun essaye de se saisir de l'un de ceux qui est lancé avant les autres. Le fait qu'ils soient transparents impose une interrogation, est-ce une idée de l'artiste qui veut nous photographier dans un nouveau type de nudité? Mais non, il s'agit simplement d'une aimable attention à ce que nous ne prenions pas froid lorsque nous allons retraverser la Tyne.

D'ailleurs un peu plus loin, c'est la cohue pour se saisir de sandalettes en plastique aux superbes semelles frappées au couleur du drapeau britannique.
Notre tenue est parfaitement comique, j'espère que l'on en aura des photos. Nus, personne ne songeait à se cacher, vêtus de manière transparente, certains de mes voisins semblent être génés.

Mais une fois sur le pont, on ne les regrette pas ces imperméables, car une brise glaciale le traverse. Résultat, nous nous mettons tous au pas de course. Encore une centaine de mètres au delà du pont et l'on doit rendre nos impérméables et sandales.

A nouveau, on se croirait ailleurs, c'est à dire à l'arrivée d'une course et l'on s'attend presque à recevoir un dossard avec notre ordre d'arrivée.

Nous arrivons sous le Sage. Là nous patientons, en écoutant Tunick, que tout le groupe nous rejoigne.
Après une nouvelle attente et un ou deux déplacements de masse, Tunick nous livre son idée. Il veut nous photographier sur les terrasses qui soutiennent le Sage. Commence alors la séance la plus amusante de la journée. Nous nous mettons à grimper le long des fils de fer qui enserrent les gabions formant les terrasses. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plus livré à ce genre d'escalade, et c'est la première fois à poil.
Nous nous entraidons. Je hisse une femme, puis je me fais pousser par derrière sur la terrasse suivante. J'arrive à l'avant dernier étage où je suis en équilibre instable. Les personnes du premier rang, plus large, nous demandent d'être prudents et de ne pas chuter.

Une première pose est prise alors que nous tournons le dos au photographe. La pose suivante se fait de face, mais la tête tournée de côté. Cette pose procure la curieuse impression d'être un héro du passé posant pour la postérité.

La descente est laborieuse, il faut être attentif à ne pas s'écorcher sur les grillages.

Arrivé en bas, je remarque qu'une partie des gens rejoint le parking où doit se passer la dernière prise de vue simplement en marchant le long des terrasses, quel idiot je fais.

Je rejoins donc le parking en empruntant des escaliers métalliques, et là, sensation au combien agréable, le soleil nous réchauffe.

Je me retrouve à côté de quatre jeunes filles en grande discussion. Il apparait que quelques unes commencent à trouver leur nudité importune. Celle qui à du être à l'origine de l'idée de participer s'excuse de l'avoir fait. Je n'arrive pas à savoir si elles sont ironiques ou non, car elles semblent plutôt s'amuser d'être en tenu d'Eve.

Oui, visiblement elles plaisantent, et elles se mettent à rire, de nous apparamment. Il faut dire que nous profitons du temps qui passe pour nous regarder et nous semblons tous un peu ahuris d'être là, nus. Un caméraman passe parmi nous.

Pendant ce temps, Tunick semble s'emberlificoter dans son échelle et ses appareils photos. Comme il fait des essais en nous tournant le dos, il n'évite pas la remarque "wrong way".

Finalement, nous devons nous déplacer pour former un triangle dans son cône visuel.

Comme nous lui faisons face, il nous est demandé de fermer nos yeux au signal. "1,2,3 open your eyes (hein), 1,2,3 close your eyes, 1,2 open your eyes, ....". les ordres de Tunick semblent complètement incohérents, mais je dois avouer que le jeu est très amusant. Les gens se détendent et rigolent.

Pour la dernière pose nous devons nous allonger sur le sol. Je précise sur "le sol", car cela pose problème. Nous sommes trop serrés. Qu'à cela ne tienne, nous commençons à nous allonger les uns sur les autres. Mais Tunick nous donne la solution, nous ne devons pas nous mettre sur le dos mais de coté, ce qui me ménage, en effet, tout juste assez de place pour m'allonger.

La place continue cependant à manquer, car comme il nous donne la permission de poser nos têtes sur les hanches de la personne qui nous précède, l'homme qui me suit le fait et la peur d'embarasser la jeune femme qui me précède seule me prévient de faire de même. Nous fermons les yeux un instant et c'est la fin. Tout le monde se relève précipitamment.

Le temps que je rejoigne le bord du parking et une queue impressionnante s'est formée pour descendre les escaliers, je la contourne en passant par le talus de côté. Ah ces francais indisciplinés.

Tunick nous a annoncé qu'il prendrait 500 volontaires pour une nouvelle séance le soir. Comme je n'avais rien prévu pour celui-ci, je saute sur l'occasion, et fais rapidement la queue, encore une, pour obtenir mon sésame.

Autour de nous les gens se rhabillent. J'ai le temps de remarquer que la mode locale est au petites culottes vert pomme, amusant, isn't it?

J'obtiens une invitation pour le soir accompagné d'un bracelet en plastique cellé autour du poignet. Et voilà, c'est la fin de cette matinée. Il est presque huit heures du matin. Je m'éloigne tranquilement, comme les autres participants, bientôt seulement signalés par leurs sacs de couleur.

Je reviens à six heures pour la séance du soir. Celle-ci à lieu à un bar très populaire au pied de la passerelle du Millenium, le Pitch and Piano. Une nouvelle queue se forme juste alors que j'arrive.

L'ambiance est très bonne enfant dans la queue, les gens plaisantant entre eux. Il y a moins d'appréhension que le matin, et cela se sent. La rue devant le bar n'a pas encore été fermée et il y a encore pas mal de passants, certains, certainement, sont au courant et viennent par curiosité.

Une demi-douzaine d'enfants d'une dizaine d'années passe. "Vous avez vu, c'est les gens qui vont se mettre tout nu" La vérité sort de la bouche des enfants : il n'y a pas une personne en ville qui ne soit au courant. L'ensemble de la file éclate de rire.

La jeune femme derrière moi m'a vu présenter un passeport francais et entame la conversation. Elle est étudiante d'origine américaine et habite Newcastle où elle a suivi son petit ami. Ce dernier a malheureusement refusé de participer et c'est avec deux amies, qui ont du rentrer, qu'elle a finalement réalisé la chose. On parle de choses et d'autres. Elle me confirme notamment que tout Newcastle est au courant, mais également que les gens sont partagés.

Huit heures sonnent et Tunick nous invite à monter sur la passerelle pour faire un essai habillé. Nous devons constituer des binômes afin de former, eh oui encore, deux files. Je remarque, qu'hormis les couples, rares sont les paires mixtes, comme celle que je forme avec l'étudiante américaine.

Nous devons nous positionner à une longueur de bras les uns des autres. Nous ne sommes visiblement pas assez nombreux, il en résulte qu'alternativement nous avançons et reculons selon que l'on essaie d'arriver à remplir l'une ou l'autre extrémité du pont. La distance entre nous reste constante, car nous maintenons nos bras levés. Grosse rigolade. Mais Tunick s'impatiente et nous demande de nous figer.

Commence alors le ballet de son staff avec force messages par talkie-walkie "Tunick est-ce que tu vois le vide au milieu, celui à ma droite, en haut, derrière toi, une mouche sur ton front, ..." Non je plaisante, mais la tension monte. Finalement c'est bon.

Tunick se lance alors dans la chorégraphie, probablement car la télévision est là. Nous devons balancer à différents rythmes nos bras tendus au dessus de nos têtes. Heureusement qu'on fait cet essai à blanc, car nous sommes tous pliés de rire. Il faut avouer que cela fait un peu séance d'aérobic. Pourtant, je me dois de faire observer que si les motivations des participants ne sont probablement pas uniquement de faire partie d'une oeuvre artistique, une fois dans la séance on a vraiment envie que les photographies soient bonnes et l'on se donne du mal pour correspondre à ce que l'on pense de l'attente de l'artiste.

Pour la pose suivante, nous nous allongeons, la tête de l'un positionnée contre les pieds de l'autre. Tunick est satisfait et nous retournons au bar.

Je reprends ma discussion qui dévie vers la politique. Mais le temps passe et Tunick ne fait pas sa réapparition alors que le soleil commence à se coucher. Nous commençons à douter que la pose nue aura bien lieu.

Finalement, à 9h30, mon amie crie, surprise par quelqu'un qui la bouscule légèrement pour passer, c'est Tunick. Mais les journalistes continuent leur programme. Une complicité s'installe alors entre nous et Tunick qui lui aussi montre par des gestes comiques que cela n'avance pas.

Finalement, contre toute attente, nous ressortons du bar et nous reformons les deux files précédentes dans la cour. Un des journalistes qui couvre l'événement a décidé de le suivre de l'intérieur et nous le voyons se faire poser son dictaphone avec du sparadrap couleur chair sur le torse.

Je fais comme ma compagne et d'autres gens alentours et j'enlève mes chaussures. Et à nouveau l'ordre de nous déshabiller est donné. Fier de l'expérience du matin, je procède vraiment du plus vite que je peux. Cela va encore plus vite, si c'est possible, que le matin. Mais je suis plus dans les temps, ma condisciple est encore en train d'enlever sa culotte. Vert pomme, vous en doutiez? Le papy devant nous a plus de mal et tente de regrouper ses affaires dans son sac, mais se fait rabrouer, car il faut avancer pour ne pas disloquer la file. Nous courrons pour nous placer sur le pont. Le papy fait visiblement un effort violent pour tenir le rythme.

Contrairement à ce matin, les quais de la Tyne sont noires de spectateurs. D'autres encore nous observent depuis les parkings sur l'autre rive.

Et je me surprends à trouver amusant de les observer, sans que cela me gène en aucune manière qu'ils en fassent de même. Et la scène précédente se répète, sauf que cette fois nous sommes complètement nus. Et que nous gardons notre sérieux. Notre gymnastique des bras dure plus longtemps que la première fois et certains semblent devoir faire preuve de stoïsisme pour aller jusq'au bout. Du coup, Tunick nous octroie une pose.

Celle ci est extraordinairement agréable. Je suis au milieu du pont et je regarde le soleil se coucher. La température est incroyablement douce. Seule ma partenaire est, c'est bien dommage, un peu crispée.

La pose couchée se répète également et nous voilà repartis dans l'autre sens.

Arrivés au bar, nous nous rhabillons prestamment. Enfin pas tout le monde, une poignée de participants reste nue pour aller boire une bière.

Tunick, visiblement enchanté de sa journée, nous distribue la carte de visite de son site web. Il est 10h passé, cela fait 20 heures que je suis debout et je suis exténué, quoique content.

Après 10 minutes je me décide à rentrer à mon hôtel. Mon amie et moi faisons nos adieux et nous nous séparons, laissant les derniers participants tenter de poursuivre encore quelques instants cette journée.


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loutre_27
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(@loutre_27)
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Inscription: Il y a 21 ans

Bonjour,
J'ai récupéré une photo de Newcastle.
Juste pour vérifier si j'ai compris comment joindre une photo.
Amitiés
Francis


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