Les véganistes ont-ils le droit dans leur religion de manger du pain, des champignons, et de boire de la bière?
Pourquoi cette question?
Parce que les levures et champignons appartiennent au règne animal et non au règne végétal. Et s'il n'y a pas de hiérarchie entre les animaux, qui vole un oeuf vole un boeuf, qui mange du pain ou boit de la bière mange du boeuf.
Le naturisme chez moi ressort de la catégorie de l'épicurisme, des plaisirs terrestres (un bon vin avec une côte d'agneau grillée, par exemple, un sauternes avec un foie gras etc.), et non de l'ascétisme.
Privez-vous de vin, de viande, de miel, de relations sexuelles, de musique, de jeux et amusements, de tout ce que vous voudrez, c'est votre droit le plus strict.
Moi, si un jour je me fais moine, ce sera un moine de Saint-Bernardin
A moins que j'aille pratiquer l'ascétisme à l'abbaye de Thélème chère à Rabelais, où l'on mangeoit et baisoit autant que l'on pouvoit.
OK, alors pour que l'on parle de choses sérieuses et non des "rumeurs"ou autres lieux communs (sur L214 et autres antispécistes) voyons ce qu'ils en disent (leurs propos ne seront ainsi pas déformés et nous pourrons ainsi prendre... un peu de hauteur) : https://www.l214.com/antispecisme
L'ANTISPÉCISME, UNE ÉTHIQUE QUI PREND AU SÉRIEUX LES INTÉRÊTS DES ANIMAUX
UNE PRISE DE CONSCIENCE PROGRESSIVE
Dès le VIe siècle avant notre ère, Pythagore défiait la société de son temps en refusant de manger de la viande et du poisson et de prendre part aux sacrifices sanglants qui rythmaient la vie de la cité. Tout au long de l'histoire, des individus et de petits groupes se sont élevés contre l'exploitation et la mise à mort des animaux1. Le souci de ce que subissent les animaux était néanmoins majoritairement perçu comme de la sensiblerie, c'est-à-dire une préoccupation irrationnelle. Or, depuis quelques décennies, c'est au contraire notre refus de prendre en compte ce qu'ils endurent qui paraît de plus en plus déraisonnable. L'exploitation des animaux et la consommation de leur chair ne vont plus de soi. Le questionnement moral sur ces pratiques prend de l'ampleur, en France et dans le monde.
LA REMISE EN QUESTION DU SPÉCISME
Au début des années 1970, un étudiant en philosophie morale, Peter Singer, entreprend de réfléchir aux fondements moraux de l'idée d'égalité. L'un de ses amis, végétarien, lui demande pourquoi celle-ci se limiterait aux seuls humains. Ne trouvant aucun argument valable pour défendre que seuls les intérêts des humains auraient de l'importance, il devient à son tour végétarien et rend compte de son raisonnement dans un ouvrage d'éthique qui paraît en 1975, Animal Liberation2. Celui-ci s'est vendu depuis à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires dans le monde. Ainsi, La Libération animale (le titre français de l'ouvrage) a établi les bases théoriques modernes du mouvement animaliste.
Passant en revue les arguments utilisés pour justifier de ne pas prendre en compte les intérêts3 de tous les êtres sensibles, Singer en distingue deux : « ils ne sont pas de notre espèce » et « les humains ont des capacités mentales spécifiques ». Le premier argument est ce qu'on appelle aujourd'hui en philosophie morale le « spécisme direct ». Selon cet argument, parmi l'ensemble des animaux sensibles, on ne devrait se soucier que des vies et souffrances de ceux de notre espèce, donc des humains et de personne d'autre. Cet argument a longtemps paru tellement évident que peu de gens pensaient à l'interroger. Lorsque Singer l'a questionné, il a réalisé qu'il n'y avait en fait aucun lien logique entre l'espèce d'un être et le traitement qu'on devrait lui accorder. Un critère moral doit en effet se baser sur des particularités réelles de l'individu considéré, qui nous donnent une raison valable, logique, de le traiter de telle ou telle façon. Or l'espèce ne nous dit pas plus que la « race » quelle importance accorder aux intérêts d'un individu. Dire simplement qu'un être n'est pas humain ne nous apprend rien sur ce qu'il est, sur ce qu'il vit, et sur l'importance que l'on doit accorder à ses intérêts. Vouloir conditionner la manière dont on traite un individu à son appartenance au même groupe biologique que nous est spéciste, de la même manière que privilégier les membres de sa supposée « race » est raciste. Le fait qu'il soit sensible suffit à justifier que l'on considère ses intérêts.
LE « SPÉCISME INDIRECT », OU « LE PROPRE DE L'HOMME »
De fait, en philosophie morale, plus personne ne défend aujourd'hui le critère d'espèce. Néanmoins, un « spécisme indirect » continue d'être invoqué : certaines caractéristiques censées constituer « le propre de l'Homme » (la raison, l'intelligence, la conscience de soi, l'autonomie morale, la liberté humaine...) feraient de nous des « êtres supérieurs » par rapport aux autres animaux. Au nom de cette éminente dignité humaine, nous devrions être les seuls à bénéficier de droits fondamentaux : ne pas être tués, ni torturés, ni emprisonnés. À l'inverse, nous aurions toute latitude de faire souffrir et mourir les autres êtres sensibles.
IL N'Y A PAS DE FOSSÉ ENTRE LES HUMAINS ET LES AUTRES ANIMAUX
Il y a déjà un siècle et demi, Darwin montrait l'existence de profondes similitudes de capacités et de comportements entre les humains et les autres animaux. Aujourd'hui, les éthologues admettent tous l'existence d'une intelligence élaborée des animaux vertébrés et au moins de certains invertébrés (comme les pieuvres). Ils reconnaissent que se référer simplement à l'idée d'actes guidés par l'instinct4 empêche de bien comprendre leur sensibilité et leurs comportements. Il n'y a pas d'un côté les animaux totalement déterminés par la nature, et de l'autre les humains dotés de liberté5. De très nombreux animaux non seulement vivent intensément leurs plaisirs et leurs souffrances, mais éprouvent des relations très fortes, font preuve d'empathie, connaissent des émotions esthétiques, préparent des stratégies élaborées, construisent des relations sociales complexes, instruisent leurs petits et leurs proches et développent de véritables cultures. Les différences qu'on peut trouver entre les humains et les autres animaux sont de degré, et non de nature.
LES DIFFÉRENCES NE SONT PAS PERTINENTES DU POINT DE VUE DE L'ÉTHIQUE
Surtout, ces différences d'aptitudes ne sont pas des différences pertinentes pour ce qui concerne l'éthique : ce n'est pas parce qu'un être est intelligent qu'on doit prendre en compte ses intérêts, mais parce qu'il ressent des sensations et des émotions positives ou négatives, auxquelles il attache de l'importance. Or tous les êtres sensibles veulent désespérément éviter le malheur et la souffrance et recherchent au contraire le bonheur et le plaisir. On doit donc prendre en compte leurs intérêts, quelles que soient leurs performances intellectuelles. C'est d'ailleurs déjà le raisonnement que l'on tient lorsque l'on affirme qu'il est évident que les joies et souffrances d'une personne humaine à l'intelligence moyenne comptent moralement autant que celles d'une personne surdouée.
L'INVOCATION DE CES DIFFÉRENCES EST DANGEREUSE ET INJUSTE
Les capacités prétendument liées à notre sexe, notre « race » ou notre espèce, servent et ont abondamment servi à justifier des dominations, en plaçant les individus sur une prétendue échelle naturelle des êtres (qui va des « êtres inférieurs » aux « êtres supérieurs »). Nous refusons désormais largement ce type de hiérarchie lorsqu'on parle d'humains (par exemple en luttant contre le capacitisme6, le racisme, le sexisme...) et adoptons ainsi une morale de l'égalité. Pourtant, nous continuons de défendre une morale élitiste à l'encontre des animaux, vus comme des êtres inférieurs, auxquels nous pouvons infliger chaque jour par millions de l'ennui dans des cages ou des bassins, de la peur, de l'angoisse (séparation des mères et de leurs petits...), de la souffrance (mutilations à vif...), comme nous souhaiterions n'avoir jamais à en ressentir nous-mêmes.
UN MÉPRIS QUI CONDUIT À VOIR LES ANIMAUX COMME DES RESSOURCES À EXPLOITER
En philosophie morale, le spécisme désigne donc la discrimination arbitraire, injustifiable et de ce fait injuste, opérée sur le critère de l'espèce des individus. Mais c'est aussi une réalité culturelle, une idéologie qui imprègne profondément notre société et autorise l'exploitation et la tuerie des animaux en les excluant de notre sphère de considération morale. Notre culture distingue complètement les humains des « animaux » - comme si nous n'étions pas nous aussi des animaux. Lorsqu'un couteau sert à tuer une personne humaine, on le désigne comme une arme, mais s'il sert à tuer un animal d'une autre espèce, il est vu comme un outil : on entérine ainsi l'idée que tuer « un animal » n'est pas un meurtre, mais un travail sur de la simple matière. Les mots « meurtre » ou « assassinat » sont d'ailleurs bannis, voire tabous lorsqu'on parle des non-humains : leur « mise à mort » n'est pas un problème moral. Cela va très loin, puisque si un élevage de 300 000 poules en batterie est entièrement détruit par un incendie, les médias peuvent écrire qu'« aucune victime n'est à déplorer ». Notre culture véhicule constamment l'idée que les animaux sont absolument différents de nous et que pour cette raison, ils ne comptent pas. Dès lors, on peut les élever et les tuer par milliards sans que cela ne pose de problème moral.
PRENDRE ACTE DU FAIT QUE LE SPÉCISME N'EST PAS DÉFENDABLE
L'éthique consiste à prendre en compte les intérêts d'autrui, à les peser sur la même balance que les nôtres, et à les considérer de façon égale. Comme le soutient Singer, nous devrions considérer également les intérêts de tous les êtres qui éprouvent des sensations, qui sont sensibles à la douleur et au plaisir, c'est-à-dire tous ceux dont la vie peut se passer bien ou mal et dont on peut dire qu'elle leur importe7. Cela concerne au moins l'ensemble des animaux vertébrés, poissons compris. Il s'ensuit qu'il est difficilement justifiable de les utiliser comme matériel ou comme aliments sans nécessité. La production et la consommation de poissons, de viandes, d'oeufs et de laitages engendrent des milliards de victimes chaque année, pour un seul pays comme la France : il est temps de s'atteler à y mettre un terme, individuellement et collectivement.
1. Lorsqu'on parle ici des animaux, c'est un raccourci pour désigner les êtres sensibles, sentients, c'est-à-dire, qui éprouvent des sensations et des émotions. Certains animaux (les éponges, les méduses...) ne sont pas sentients, n'éprouvent rien, et cela n'a donc pas de sens de dire qu'on veut tenir compte de leurs souffrances, par exemple.
2. La Libération animale, Grasset, 1993 ; pour une présentation résumée de ses thèses, cf. L'égalité animale expliquée aux humains, éd. tahin party, 2002 ; plus détaillée et plus générale : Questions d'éthique pratique, Bayard, 1998.
3. C'est-à-dire tout ce qui leur importe : ne pas souffrir, continuer à vivre...
4. On lira une belle critique de la notion d'instinct dans Animal, mon prochain de Florence Burgat, éd. Odile Jacob, 1997.
5. Des textes critiques de nombreux auteurs (Tom Regan, James Rachels, Steve Sapontzis, Paola Cavalieri, David Olivier, Estiva Reus...) sont disponibles sur le site des Cahiers antispécistes. Ils arrivent à des conclusions très similaires ; ainsi Regan, qui, s'appuyant sur une analyse de la notion philosophique de personne, conclut que de très nombreux animaux doivent se voir reconnaître des droits fondamentaux.
6. « Forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable envers les personnes vivant un handicap, que celui-ci soit physique, mental ou psychique. Parce qu'une personne ne dispose pas, ou moins, de telle ou telle capacité, on donnera moins d'importance à ses droits ou à ses intérêts. » (L'Amorce).
7. Notons qu'il ne s'agit pas de dire, par exemple, qu'un rat vaut un humain. La question n'est pas de savoir ce que valent les êtres, si tant est que cela ait un sens, mais de prendre en compte ce qu'ils vivent, ce qui leur importe.
Alors qu'y mets-tu ? Et quelles sont les notions que tu n'y fais pas rentrer (La question est valable pour tous). Et dans ce cas, qu'est-ce que cela signifie pour vous tous "le respect de l'animal" ? :#
C'est une bonne question.
Pour moi, le respect de l'animal c'est en prendre soin pendant sa vie, et pour les animaux domestiques ou d'élevage, s'assurer qu'on ne leur inflige pas de souffrances que l'on peut éviter à la fin. On sait tous que la vie se termine forcément mal, mais pour tout le monde, y compris les humains.
C'est faire ce qu'on peut avec les moyens disponibles, par exemple pour son chien ou son chat, quand il est en fin de vie, on l'euthanasie, après une vie de soins attentifs.
J'ai beaucoup de compassion pour les éleveurs, ils aiment leurs bêtes, les connaissent individuellement dans les petites exploitations, c'est un travail particulièrement dur, mal payé et très risqué financièrement. Ces gens-là respectent les animaux.
Respecter les animaux, c'est par exemple ne pas décimer les troupeaux d'éléphants dans le seul but de récupérer l'ivoire, ou de chasser les requins pour prélever les ailerons. J'ai aussi du mal avec la chasse, même quand les espèces ne sont pas menacées. La chasse est évidemment acceptable pour se nourrir.
J'arrête là (provisoirement !), mais les réponses à cette question peuvent être très variées et nombreuses.
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La FFN a proposé. une définition du naturisme. Il suffit de la reprendre. On y ajoute la nudité dans l'espace public, l'article 222-32 et basta !
En voulant davantage, Jeff, tu n'auras rien.
Jean-mi je te trouve sévère, il y a de très bonnes choses dans ce texte, il gagnerait à être un peu plus synthétique en "compressant" par exemple celui commençant par "11 millions de français sont prêts à vivre" et en supprimant le suivant , tant pis pour la référence à Élisée Reclus.
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Malheureusement, ce n'est pas comme sur un forum... et je ne peux plus rien y changer. Cela peut se comprendre puisqu'il y a déjà quelques soutiens apportés.
Cependant, l'urgence écologique (6e extinction animale) suffisait déjà amplement à justifier ce mot. Avec à présent les pandémies qui se succèdent et se ressemblent de par leur origine, je trouve qu'il y a doublement urgence à vivre autrement, à changer de paradigme et à repenser notre rapport au monde animal. Et cela justifie pleinement ce petit mot qui vous donne de l'urticaire.
Allez histoire d'apporter d'autres éléments de réflexion, un article très très intéressant sur https://rev-parti.fr/le-coronavirus-syndrome-du-specisme/
LE CORONAVIRUS, SYNDROME DU SPÉCISME ?
Par Gwenaëlle Delcros, membre REV des Hauts-de-France
Au moins 75% des maladies infectieuses humaines émergentes sont d'origine animale1. Ce n'est pas un phénomène nouveau puisqu'un virus de grippe aviaire a provoqué la grippe espagnole de 19182. Plus récemment, les chimpanzés auraient transmis l'hépatite B aux humains3. Actuellement, la vague du Covid-19 déferle sur le monde, bouleversant nos vies quotidiennes et engendrant des impacts socio-économiques à grande échelle. Comment en est-on arrivé là ? Quels rôles jouent nos rapports aux animaux et à la nature dans l'apparition des zoonoses ?
La destruction des habitats naturels
La destruction des habitats naturels des animaux au profit de l'agriculture et du développement urbain favorise les zoonoses car elle augmente la proximité avec les animaux sauvages4. Ainsi, suite à la déforestation et aux activités minières, des cas de rage ont été détectés en Amérique du Sud chez des chauves-souris dans des zones où la maladie avait pourtant disparu. De même, plusieurs maladies transmises par les tiques ont été diagnostiquées en Inde dans des zones déforestées pour la culture du riz et la construction d'habitations4. Enfin, des cas d'hépatite B ont été constatés chez plusieurs espèces animales présentes près de villages en Amérique du Sud5.
Les humains peuvent aussi propager des maladies vers les animaux sauvages, soit directement, soit par le biais des animaux d'élevage. Les animaux sauvages contaminés peuvent à leur tour devenir des réservoirs potentiels pour des infections vers les humains (et les animaux domestiques). C'est par exemple le cas du virus de la tuberculose qui peut infecter des mammifères vivants autour des habitations2. La tuberculose peut aussi provenir des élevages bovins qui contaminent les blaireaux, alors injustement massacrés6. L'Organisation Mondiale de la Santé Animale recense plus de 50 maladies affectant les animaux sauvages et susceptibles de contaminer les humains1. Si la destruction des surfaces naturelles liée à la croissance de la population humaine continue, on ne peut qu'envisager une augmentation de ce nombre dans les années à venir.
L'exploitation des animaux à des fins récréatives
Les animaux sauvages captifs forment un autre réservoir de pathogènes. Les NAC, ces nouveaux animaux de compagnie tels que les iguanes ou les gerbilles, sont responsables de nombreuses maladies infectieuses humaines. Ce phénomène est accentué par le commerce illégal d'espèces protégées, un trafic qui rapporte autant que celui de la drogue7. Par exemple, le virus de la grippe aviaire a été observé chez des oiseaux exotiques transportés illégalement4.
En outre, les élevages d'animaux sauvages constituent un environnement idéal au développement des zoonoses. Cela a été montré en Nouvelle-Zélande dans des élevages de cerfs contaminés par la tuberculose bovine4. Les animaux exotiques élevés pour leur fourrure sont aussi des vecteurs potentiels de maladies. Ainsi, des chiens viverrins échappés dans la nature en Europe de l'Est et porteurs de la rage constituent un réservoir supplémentaire pour ce virus en plus des populations d'espèces sauvages endémiques.
Enfin, dans les zoos et les cirques, le personnel et les visiteurs au contact des animaux peuvent être infectés par des bactéries (Escherichia coli, salmonelles) provoquant des maladies diarrhéiques graves, ou par la tuberculose4.
La consommation de viande d'animaux sauvages
De nombreuses zoonoses sont apparues suite à la consommation de viande d'animaux sauvages. C'est le cas par exemple d'Ebola et du Sida qui ont été transmis à l'homme par des primates non-humains (chimpanzés, gorilles, singes)3, et aussi des maladies liées aux coronavirus. Plusieurs d'entre eux ont déjà provoqué des pandémies, dont le SARS-CoV1 en 2002-2003, le MERS-CoV en 2012-2013 et actuellement le SARS-CoV2.
Le SARS-CoV1 est apparu en Chine en 2002 avant de se propager dans plus de 30 pays. La maladie s'est d'abord déclarée chez des personnes travaillant dans les restaurants et les marchés d'animaux vivants8. Dans ces marchés, les scientifiques ont isolé un virus SARS-CoV génétiquement très proche de celui touchant les humains chez des civettes, des blaireaux-furets et des chiens viverrins8,9. De plus, un virus SARS-CoV similaire existe chez les chauves-souris10,11, indiquant qu'elles seraient à l'origine de l'apparition du virus chez l'homme. La contamination à notre espèce pourrait donc se faire de deux façons. Premièrement, par contact direct avec les chauves-souris : les asiatiques utilisent leurs excréments en médecine traditionnelle, et capturent ces animaux pour les manger11. Deuxièmement, par contact avec un hôte intermédiaire telle que la civette. Les animaux incarcérés dans les marchés augmentent donc fortement les risques de transmission de maladies aux humains en jouant le rôle d'hôtes intermédiaires.
Le MERS-CoV a été identifié la première fois en Arabie Saoudite en 2012 avant de toucher 27 pays12. Là encore, des virus apparentés au MERS-CoV responsable de la maladie chez les humains ont été observés chez des chauves-souris en Afrique et en Europe13,14. En Afrique, la transmission directe du virus des chauves-souris aux humains se ferait via l'utilisation du guano comme engrais et de l'eau des grottes abritant ces animaux, et par la consommation de leur viande13. Cependant, comme dans le cas du SARS-CoV, d'autres espèces auraient joué le rôle d'hôtes intermédiaires. Il s'agit des chameaux utilisés pour les courses, le tourisme et la consommation de viande15,16, et des chèvres domestiques17. Ces animaux pourraient donc transmettre le virus aux humains via la consommation de viande et de lait et par exposition aux urines et excréments13, 16.
Enfin, le virus SARS-CoV2 qui provoque l'épidémie actuelle de Covid-19 a infecté en premier des personnes travaillant au marché d'animaux situé à Wuhan en Chine. Encore une fois, les chauves-souris seraient à l'origine du virus qui a infecté l'homme par l'intermédiaire d'une autre espèce dont l'identité est encore incertaine mais qui a probablement été commercialisée sur le marché1. Ces exemples nous montrent clairement que l'exploitation des animaux pour leur viande et autres produits dérivés représente un danger sanitaire important quant à la propagation des maladies infectieuses humaines.
L'élevage industriel
Dans les élevages, le risque d'infections zoonotiques est directement corrélé à la densité d'animaux18,19. Pour limiter ces risques et contrer les infections bactériennes, la nourriture des animaux est supplémentée en antibiotiques. D'ailleurs, l'agriculture est le premier consommateur d'antibiotiques dans le monde18. Mais le confinement d'un grand nombre d'animaux favorise l'apparition de foyers de résistances aux antibiotiques au sein des élevages. Les bactéries résistantes se dispersent ensuite via la consommation de produits animaux et via l'air, l'eau et les sols18, ce qui représente des enjeux de santé publique et environnementaux majeurs. L'antibiorésistance est (ironiquement) notamment problématique dans les cas de maladies diarrhéiques bactériennes dues à la consommation de produits d'origine animale qui touchent 550 millions de personnes chaque année dans le monde1.
Un changement de paradigme est vital
Nos relations envers les animaux autres qu'humains et la nature contribuent à l'émergence de zoonoses à travers deux facteurs. Premièrement, la destruction des habitats naturels augmente la proximité entre les humains et les autres espèces et donc les risques de transmission des maladies. Deuxièmement, l'exploitation des animaux pour notre confort ou pour la nourriture crée des conditions idéales au développement des pathogènes.
Or comment justifier l'extermination du vivant, ou les conditions avec lesquelles nous séquestrons et tuons les animaux pour leur chair, leurs oeufs, leur lait, leur peau, notamment dans les élevages industriels et les marchés d'animaux vivants ? Ces comportements violents se retournent contre nous lorsque nous tombons malades et nous mourrons d'épidémies qui pourraient pourtant être évitées si nous accordions plus de valeur à la vie. Alors il est temps de construire des sociétés antispécistes où l'empathie et la compassion envers tous les êtres vivants remplaceront la cruauté et l'arrogance humaines.
1-OIE - World Organisation for Animal Health. https://www.oie.int/fr/.
2-Worobey, M., Han, G.-Z. & Rambaut, A. A synchronized global sweep of the internal genes of modern avian influenza virus. Nature 508, 254-257 (2014).
3-Wolfe D., N., Panosian Dunavan, C. & Diamond, J. Origins of major human infectious diseases. Nature 447, 279-283 (2007).
4-Chomel, B. B., Belotto, A. & Meslin, F.-X. Wildlife, Exotic Pets, and Emerging Zoonoses. Emerg. Infect. Dis. 13, 6-11 (2007).
5-Vieira, Y. R. et al. Evaluation of HBV-Like Circulation in Wild and Farm Animals from Brazil and Uruguay. Int. J. Environ. Res. Public. Health 16, 2679 (2019).
6-Tuberculose bovine le blaireau a bon dos - Actualités - LPO. https://www.lpo.fr/actualites/tuberculose-bovine-le-blaireau-a-bon-dos-dp1.
7-Guarric, A. Le braconnage d'espèces sauvages, 4e marché illégal au monde. Le Monde.fr (2012).
8-Guan, Y. et al. Isolation and Characterization of Viruses Related to the SARS Coronavirus from Animals in Southern China. Science 302, 276-278 (2003).
9-Song, H.-D. et al. Cross-host evolution of severe acute respiratory syndrome coronavirus in palm civet and human. Proc. Natl. Acad. Sci. 102, 2430-2435 (2005).
10-Li, W. et al. Bats Are Natural Reservoirs of SARS-Like Coronaviruses. Science 310, 676-679 (2005).
11-Lau, S. K. P. et al. Severe acute respiratory syndrome coronavirus-like virus in Chinese horseshoe bats. Proc. Natl. Acad. Sci. 102, 14040-14045 (2005).
12-World Health Organisation. WHO http://www.who.int/csr/en/.
13-Annan, A. et al. Human Betacoronavirus 2c EMC/2012-related Viruses in Bats, Ghana and Europe - Volume 19, Number 3--March 2013 - Emerging Infectious Diseases journal - CDC. doi:10.3201/eid1903.121503.
14-Ithete, N. L. et al. Close Relative of Human Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus in Bat, South Africa. Emerg. Infect. Dis. 19, 1697-1699 (2013).
15-Reusken, C. B. et al. Middle East respiratory syndrome coronavirus neutralising serum antibodies in dromedary camels: a comparative serological study. Lancet Infect. Dis. 13, 859-866 (2013).
16-Perera, R. A. et al. Seroepidemiology for MERS coronavirus using microneutralisation and pseudoparticle virus neutralisation assays reveal a high prevalence of antibody in dromedary camels in Egypt, June 2013. Eurosurveillance 18, 20574 (2013).
17-Eckerle, I. et al. Replicative Capacity of MERS Coronavirus in Livestock Cell Lines. Emerg. Infect. Dis. 20, 276-279 (2014).
18-Silbergeld, E. K., Graham, J. & Price, L. B. Industrial Food Animal Production, Antimicrobial Resistance, and Human Health. Annu. Rev. Public Health 29, 151-169 (2008).
19-Chung-Hsu Lai et al. Association of Human Q Fever with Animal Husbandry, Taiwan, 2004-2012. Emerg. Infect. Dis. 21, 2217-2220.
tant pis pour la référence à Élisée Reclus.
Avec un nom pareil, il aurait fort bien supporté le confinement, celui-là 😉
Pour continuer à réfléchir sur cette notion, je vous propose d'écouter ce débat organisé par France Culture le 20/04/2016 : "L'antispécisme est-il un humanisme ?"
Entre Aymeric Caron, antispéciste ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Aymeric_Caron ) et Chantal Delsol, philosophie chrétienne ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantal_Delsol )
L'émission dure 38 min et apporte beaucoup d'éléments sur le sujet (toujours dans le but d'éviter les caricatures et de réfléchir sur le fond) :
https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/l-antispecisme-est-il-un-humanisme
Message édité par : Jeff87 / 15-04-2020 09:50
(toujours dans le but d'éviter les caricatures et de réfléchir sur le fonds) :
class="noir">> https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/l-antispecisme-est-il-un-humanisme
Pardonne moi Jeff87, avant d'écouter l'émission de radio que tu suggères , je préférerai réfléchir sur le fond et pas sur le fonds, les économistes autoproclamés ou patentés le feront bien mieux que moi. Sans rancune ...
(toujours dans le but d'éviter les caricatures et de réfléchir sur le fonds) :
class="noir">> https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/l-antispecisme-est-il-un-humanismePardonne moi Jeff87, avant d'écouter l'émission de radio que tu suggères , je préférerai réfléchir sur le fond et pas sur le fonds, les économistes autoproclamés ou patentés le feront bien mieux que moi. Sans rancune ...
Une réflexion que nous porterons sur les fonts baptismaux.
Faute corrigée... 😀
Mais ce n'est quand même pas ce qui empêche de soutenir cette proposition ? Si nous devons attendre d'être tous d'accord sur chaque mot, sur la place de chaque virgule... alors c'est pas demain que nous arriverons à faire bouger les choses... Tout le monde sait bien ici qu'il y a d'énormes différences entre nous sur la façon de vivre le naturisme aujourd'hui, et c'est tant mieux.
Si ma contribution ne vous convient pas, écrivez-en une autre ! mais agissez !
C'est quand même curieux de lire ici toutes les lamentations sur le fait que nous ne sommes pas assez bien considérés dans cette société. Mais quand l'opportunité d'agir pour défendre le naturisme et ses valeurs se présente, alors là il n'y a plus grand monde...
Personnellement, je soutiendrai toutes les contributions qui diront vouloir défendre le naturisme sous toutes ses formes, et ce, même s'il y a un mot qui ne me convient pas (ce qui est déjà le cas dans la définition actuelle du naturisme, ce qui ne m'a pas empêché de la citer, évidemment).
Et vous savez pourquoi ? Parce que le plus important, c'est que l'idée du naturisme s'impose à ces 60 parlementaires comme une évidence et qu'ensuite, nous puissions avoir un contact afin de discuter avec eux (peut-être), du contenu qu'ils voudront bien défendre dans leur projet politique. Ce qui n'empêchera pas les autres composantes de l'échiquier politique d'en faire de même. Et pour que cette idée s'impose, il faut du monde pour la porter haut et fort.
Il suffit qu'il y en ait un qui commence. 😀 :b
Mais ce n'est quand même pas ce qui empêche de soutenir cette proposition ? Si nous devons attendre d'être tous d'accord sur chaque mot, sur la place de chaque virgule... alors c'est pas demain que nous arriverons à faire bouger les choses...
Tu as aussi le FB Live de la FFN, ce mercredi 15 avril, pour t'exprimer.
Message édité par : timbuktu / 15-04-2020 11:11
