Depuis quelques années, les corps des femmes trônent en maître sur la toile. De la vulve, au clitoris en passant par la poitrine… tous les pans de l’intimité y sont dépeints avec un regard à la fois brut et tendre. Les hommes, eux, restent au second plan, emprisonnés avec une meute de stéréotypes. Aux antipodes de cette image caricaturale du mâle dominant et triomphant, le projet "Les garçons bleus" dépeint un nouveau visage de la masculinité. Armé de son stylo Bic, l’artiste Francisco Bianchi a donné naissance à une série de courts-métrages brillants. Des hommes de tous horizons se mettent à nu et esquissent une vision délicate de leurs corps. Découverte.
Un discours sincère
En 2018, des data-journalistes ont étudié les scripts et scénarios de près de 2000 films hollywoodiens. La conclusion est sans appel : ils perpétuent bien des stéréotypes sexistes. Entre Rambo qui répand sa virilité à outrance, James Bond qui joue les Don Juan ou Indiana Jones qui enchaîne les attitudes machistes… les hommes se hissent comme des rocs invincibles, dépourvus de toute sensibilité.
Pour contraster cette vision faussée et désuète, l’as du crayon Francisco Bianchi a imaginé une série dessinée de 12 épisodes. D’un revers de stylo bille bleu, il fait courir des histoires intimes sur fond blanc et dépeint douze Apollon des temps modernes. Comme sur une toile de maître, l’artiste redessine une beauté sans norme et efface les complexes.
Le créateur utilise le procédé de la rotoscopie, c’est-à-dire qu’il se sert des captures d’écran comme d’un calque pour dessiner ses modèles. Une méthode fastidieuse d’une grande intensité qui saisit l’urgence du discours. D’ailleurs, il faut compter 600 dessins pour seulement 60 secondes de vidéo. Et Francisco Bianchi nous transperce par sa signature sincère et sans artifice. Ici pas d’abdos reluisants, de musculature déployée ou de corps érotisés, "Les garçons bleus" reflète simplement la réalité.
Déconstruire la notion de masculinité
Ce travail de déconstruction des stéréotypes est aussi admirable que bienveillant. Contrairement aux idées préconçues, masculinité ne rime pas toujours avec robustesse et puissance. Les hommes aussi sont traversés par des vagues de tristesse, des moments de doute, de fébrilité. Et la série "Les garçons bleus" l’illustre à merveille.
Pour éveiller davantage les mentalités, Francisco Bianchi a fait germer une aventure 2.0. Sur un compte Instagram dédié, il relaie ses illustrations bleutées. Une belle vitrine qui hisse haut le drapeau de la diversité. Les silhouettes masculines dénudées forment une harmonie renversante. Des dieux grecs aux célébrités en passant par de simples anonymes, tous véhiculent le même message : s’apprécier dans son entièreté.
Des histoires spontanées, des hommes observés avec vulnérabilité, une patte esthétique épurée et candide… autant de facettes qui font tomber les étiquettes. La série "Les garçons bleus" s’érige sur le podium des initiatives positives.
Bof, je ne vois pas de "révolution" dans ce carnet à dessins. Le gars est plutôt encore dans les normes établies ... Je suppose que le ventru chauve cinquantenaire n'entre pas dans le carnet à dessins, puisqu'il doit être "responsable".
Sinon, il y a longtemps que l'on dessine des "garçons bleus" pas très habillés, demandez à Peyo - ah ben non, on ne peut plus depuis 1992.
Quand même, pour des gens dont la "philosophie" est de faire fi de l'apparence, ya quand même un max de sujets dessus. Donc l'apparence chez le naturiste reste super importante.
Ce n'est pas révolutionnaire, mais 90% des nus sont des nus féminins.
Et puis ne pas dessiner des gros chauves, ça n'est pas être grossophobe et âgiste!
(La tendance à la posture victimaire, quel que soit le sujet, me sort par les trous de nez).
Et puis à moi ça me fait plaisir de voir de beaux garçons.
Il y a, parait il, une attirance innée pour le "beau", qui au cours de l'évolution était un indice de "bonne" santé et d'un "bon" patrimoine génétique.
Je remarque que cette série parle de garçons et non d'hommes. Peut on remplacer le mot femme par fille ?
Est il question ici de maturité et d'adulescence ?
Tiens, bonne remarque ...
Les critères du beau varient avec le temps. Jusqu'à la Belle Epoque, une femme devait être bien en chair, et avoir la peau bien blanche. On se protégeait du soleil. Voyez les tableaux de l'époque, Ingres, Manet, etc.
Maintenant, pour séduire, une femme doit être mince et si possible bronzée. Hollywood, Brigitte Bardot. Il n'y a rien d'inné dans les critères de beauté, seulement l'intériorisation, par l'éducation que l'on a reçue, et par éducation je ne mentionne pas seulement les parents et l'école, des critères du moment. Une intériorisation telle qu'on croit que c'est inné.
