Merci pour vos précisions, mais j'ai le souvenir d'un petit livre qui avait fait bien des remous dans les écoles du pays et un homme politique bien connu était intervenu pour le faire interdire.
Je vous invite à voir, c'est très sympa comme musique (pourtant, moi, le XVIIIème siècle en musique, à part Bach, n'est pas mon siècle préféré. Mais il y a Bach, et quelques autres, comme Rameau précisément, Scarlatti, Couperin, et bien sûr Haydn et quand même Mozart).
Quand même! Bach, Haendel, Scarlatti, Vivaldi et Mozart, rien que ça! A une époque où la musique était écrite pour le plaisir des oreilles, et non pas pour étaler les états d'âmes de compositeurs tourmentés (voire carrément dingues) comme au siècle suivant, ou pour expérimenter des univers sonores sans respect pour les oreilles des auditeurs, au 20ème...
Si j'avais à choisir, je donnerais Bach et Mozart contre tous les autres, et largement, avec seulement quelques regrets pour Schumann et Schubert, Chopin si on est pianiste, et Ravel pour sauver le 20ème siècle, qui n'est plus un siècle de musique mais de sons.
La musique est un art "primaire". Durant son histoire, plus elle avance plus elle se dégrade, jusqu'à arriver à du n'importe quoi.
Olivier, pour "sauver le 20ème siècle", j'ai aussi Prokofiev, Chostakovitch, Britten, Stravinski, Bartok, Mahler, Dutilleux, Takemitsu, Lutoslawski, Poulenc, Ohana, Berio, Roussel, Ginastera, de Falla, Granados, Janacek, Martinu, Honegger, Frank Martin, Ernest Bloch, Khatchaturian, Penderecki, Bernstein, Tournemire, Widor, Kabelac, Kopelent, Kodaly, Rachmaninov, et encore bien d'autres, dans ce siècle qu'au contraire je considère le plus riche pour la musique.
La scission définitive entre l'oreille de Mr tout le monde et la musique dite "classique" se situe en effet plutôt après guerre. Les années 20-30 sont au contraire une période d'une grande richesse.
Jacques: oui, pour les courants d'avant-garde.
Mais j'ai mis dans ma liste des compositeurs qui ont composé dans la seconde moitié du XXème siècle, des musiques que je trouve tout à fait "audibles", où tout mélomane peut prendre un réel plaisir sans avoir à être un accro de la musique contemporaine.
J'ai cité Poulenc (mort en 1963), Chostakovitch (mort en 1975), Britten (mort en 1976), Dutilleux (mort il y a quelques mois), Lutoslawski (mort en 1994), Takemitsu (mort en 1996).
Je pourrais même en ajouter des vivants, comme Eric Tanguy, Laurent Petitgirard, Renaud Gagneux, Thierry Escaich, Philippe Hersant. Et quand on écoute les compositeurs contemporains américains, néerlandais, finlandais (riche école) etc., il ne s'agit pas du tout de musique dissonante, strictement atonale, il s'agit la plupart du temps de musique si ce n'est tonale, du moins modale, mélodique et harmonique.
En fait, c'est surtout en France qu'on a eu une avant-garde radicale. Elle a dominé dans les années 1960-80, mais depuis une vingtaine d'années, ce n'est plus elle qui donne le la.
Et prenons même Pierre Boulez, le chantre par excellence de la modernité: ses compositions de ses dernières années sont bien plus faciles d'écoute que ce qu'il composait dans les années 50 ou 60!
Il est plus facile aujourd'hui, pour un "simple mélomane" (j'entends celui qui n'est pas familier des concerts de musique contemporaine, et qui va habituellement au concert écouter Beethoven ou Chopin, Tchaïkovski ou Berlioz) d'écouter une création contemporaine que ça ne l'était il y a 40 ans (où l'on ne pouvait rien composer sans s'obliger d'ajouter des bruits sur bande magnétique, où il était interdit d'avoir une mélodie, un rythme régulier, des accords qui ne soient pas dissonants).
Qui écoute Aperghis ou Murail, Marc André ou Stockhausen dans sa voiture ou dans son salon? Personne (ou peu s'en faut).
En revanche, si un orchestre comme par exemple l'Orchestre de Paris ou de Bordeaux programme Eric Tanguy ou Escaich, les gens à la sortie iront demander s'il en existe un enregistrement et où on peut l'acheter.
Olivier, pour "sauver le 20ème siècle", j'ai aussi Prokofiev, Chostakovitch, Britten, Stravinski, Bartok, Mahler, Dutilleux, Takemitsu, Lutoslawski, Poulenc, Ohana, Berio, Roussel, Ginastera, de Falla, Granados, Janacek, Martinu, Honegger, Frank Martin, Ernest Bloch, Khatchaturian, Penderecki, Bernstein, Tournemire, Widor, Kabelac, Kopelent, Kodaly, Rachmaninov, et encore bien d'autres, dans ce siècle qu'au contraire je considère le plus riche pour la musique.
Tu as oublié Debussy et on pourrait citer aussi Fauré qui le précède pour le style, car les changements de siècles sont arbitraires et ne sont pas des couperets. D'ailleurs tu cites Rachmaninov, que j'adore d'ailleurs, et qui est dans le style romantique pur jus.
Pour "sauver" le 20ème, il y a bien sûr aussi Prokofiev et Bartok, pour les compositeurs qui n'ont pas écrit dans le style "comme avant".
En effet, une des caractéristiques de la musique (et de l'art en général) est qu'elle ne peut pas se reproduire, il faut obligatoirement créer quelque chose de nouveau ou alors c'est du pastiche. On ne peut plus écrire du Mozart.
Mais de toutes façons j'ai été volontairement restrictif, je n'ai mentionné que les compositeurs "hors normes", les 2 ou 3 par siècle qu'il me semble qu'on jouera encore dans cinq siècles, ou plus. Il y a bien sûr des centaines de compositeurs par siècle, plus ou moins originaux, qui méritent qu'on les écoute. Tu me parles de talent, je te parle de génie, de la trempe de ceux qui justifient le monde, qui le sauve d'être un désastre total comme disait Cioran en citant Bach, Schumann, Schubert. J'ai les mêmes références.
Si le 20ème siècle semble avoir été plus prolifique que les autres c'est à cause de la facilité de la circulation des informations et de la musique sur tous les supports possibles, y compris les bandes sonores de films. Michel Legrand est un authentique musicien qui marquera son époque. Et puis il y aussi des pans entiers de musiques très originales, comme le jazz, et d'autres qui nous sont moins accessibles car non "occidentales". Et quelques chansons qui valent la peine.
Enfin, ce n'est que mon modeste avis, cela dit sans fausse modestie car j'ai un avis beaucoup plus global que toi qui est un véritable professionnel ayant consacré une partie de sa vie à la musique. Tu as une puissance de feu infiniment supérieure à la mienne, ne tire pas sur le pauvre pianiste!
J'avais bien pensé à Debussy et Fauré (je viens de jouer les deux en concert pas plus tard qu'hier et avant-hier, avec Ravel), mais Fauré est mort en 1924, et esthétiquement est plutôt "fin de siècle".
Tel n'est pas le cas de Debussy,compositeur ayant composé au tournant du siècle, mais considéré comme "le premier du XXème siècle".
Puccidi aussi a composé au début du XXème siècle, mais esthétiquement on le rattachera plutôt au XIXème.
A l'inverse, Moussorgski, ce qu'il a écrit au milieu du XIXème siècle sonnait encore très "moderne" 60 ans plus tard.
Bartok, c'est curieux que tu le classes dans les "comme avant". Ce qu'il a composé a toujours été considéré comme à la pointe de la modernité. Modernité de l'entre-deux guerres évidemment, donc beaucoup moins radicale que la modernité de l'après-guerre.
"En effet, une des caractéristiques de la musique (et de l'art en général) est qu'elle ne peut pas se reproduire, il faut obligatoirement créer quelque chose de nouveau ou alors c'est du pastiche. On ne peut plus écrire du Mozart. "
Oui, à une curiosité près: l'Adagio d'Albinoni, écrit dans les années 50 par un musicologue et compositeur américain, qui a bien trompé son monde.
Evidemment, il l'a fait passer pour un morceau du XVIIIème siècle, un pastiche parfait, l'équivalent en musique de ce que pourrait être un faux Léonard de Vinci ou un faux Rembrandt. Pour rester dans cette comparaison, il est vrai qu'un peintre d'aujourd'hui pourra difficilement passer pour créatif s'il peint comme au temps de Raphaël ou de Monnet.
D'ailleurs, ça doit être assez terrible ce sentiment d'arriver après tout ceux-là, quand on aurait volontiers fait des tableaux (ou des musiques) dans ce style, et qu'en plus, peut-être on aurait produit des chefs-d'oeuvres.
Bartok, c'est curieux que tu le classes dans les "comme avant". Ce qu'il a composé a toujours été considéré comme à la pointe de la modernité. Modernité de l'entre-deux guerres évidemment, donc beaucoup moins radicale que la modernité de l'après-guerre.
Justement, tu as dû lire un peu vite et ma phrase n'était pas très bien construite: j'ai dis au contraire "qu'il ne composait pas comme ceux d'avant".
C'est parfois un peu brutal, viril, mais j'aime bien, il se passe quelque chose quand on l'écoute.
... d'autant plus que l'Opéra de Bordeaux est un Opéra national depuis 2002, donc n'a de comptes à rendre qu'au Ministère de la Culture. Cependant, son CA est composé aux 2/3 de membres désignés par la municipalité, donc on l'imagine mal aller à l'encontre des choix culturels de la mairie.
Juste une parenthèse (on est en total hors-sujet naturisme, mais ceux qui suivent cette discussion se sont vite rendu compte qu'on y parle avant tout musique): le terme "national" ne veut pas dire que le théâtre dépend de l'Etat.
Il y a même des opéras ou des orchestres qui ont renoncé au titre "national", parce que pour 5% de leurs subventions, ils avaient un représentant du ministère de la Culture dans leur Conseil d'Administration qui entendait leur dire ce qu'ils devaient faire.
"National" est souvent vu comme une sorte de label comme le label rouge sur les viandes et volailles, "municipal" ou "régional" faisant en France très "provincial" ou "patronage".
La réalité est que ces grandes institutions dépendent avant tout des villes, en ensuite avec une part variable selon les cas, des régions.
Le titre exact est Opéra National de Bordeaux-Aquitaine. Dans son Conseil d'Administration, 6 représentants de la Ville, 2 de l'Etat, un de la région.
Le directeur est Thierry Fouquet, et comme en Italie les directeurs d'opéra sont appelés Sovrintendente, il a gagné le surnom de "Surintendant Fouquet".
Dans le budget qui lui est alloué, dans les missions qu'on lui assigne, dans le choix du directeur, c'est la Ville de Bordeaux qui décide et non l'Etat.
Quand il y a des conflits, comme ce fut le cas par exemple à Tours où l'on avait débarqué le directeur, ça s'est passé au niveau de la Ville.
Quand on a fusionné les opéras de Nantes et d'Angers, l'Etat a voulu imposer les siens, ça a provoqué un tollé au niveau de ces deux villes et de la région des Pays-de-Loire.
J'en profite pour redire que celui (Ronsard en l'occurrence) qui avait dit que la musique adoucissait les moeurs ne connaissait pas du tout le milieu des musiciens ni même des mélomanes.
(Il y a eu des duels entre les partisans de la Patti et de la Malibran, et à Paris un homme assassiné à coup de révolver parce qu'il avait osé dire que ( ) avait une réputation surfaite).
Les fans d'opéras peuvent être aussi extrémistes que des supporters de foot.
On ne voit pas du tout ce fanatisme au niveau des spectateurs des concerts d'orchestre, et encore moins pour la musique de chambre.
Ce n'est pas faute qu'il y ait des stars du piano ou du violon, mais leurs afficionados ne se disputent pas comme les supporters des sopranos et des ténors (barytons, mezzos ou basses ne déclenchent généralement pas de telles passions).
Allez, puisqu'on est quand même sur vivrenu, je vais reparler de nudité et de musique.
Quelle est la définition du mélomane?
C'est celui qui, lorsqu'il entend une jolie femme chanter sous la douche, met l'OREILLE à la serrure ;).
Les fans d'opéras peuvent être aussi extrémistes que des supporters de foot.
On ne voit pas du tout ce fanatisme au niveau des spectateurs des concerts d'orchestre, et encore moins pour la musique de chambre.
Lire à ce sujet l'excellent essai "L'opéra ou le cri de l'ange" de Michel Poizat, publié chez Métailié en 2001.
Un extrait de l'émission, avec nudité, est disponible sur le blog de Jean Marc Morandini.
Les commentaires valent le déplacement !
André
Un extrait de l'émission, avec nudité, est disponible sur le blog de Jean Marc Morandini.
Les commentaires valent le déplacement !
André
Comme toujours sur ce blog !
