Il faut dire que ceux qui confondent lieu naturiste et baisodrome portent une lourde responsabilité!
https://360.ch/suisse/85586-cruising-et-naturisme-en-peril-en-suisse/
Cruising et naturisme en péril en Suisse

Entre fermetures, répression policière et pétitions hostiles, les lieux de naturisme et de cruising en Suisse reculent chaque année. De Zurich à la rive vaudoise du Léman, des espaces historiques sont aujourd’hui fragilisés. Témoignages et état des lieux.
Le cruising et le naturisme font partie intégrante de la culture communautaire et libertaire en Suisse. Pourtant, comme le rappelle Florent Jouinot, militant·e·x et observateur·ice·x de longue date:
«Bon nombre de lieux de cruising ont déjà disparu. Certains ont été volontairement réaménagés voire détruits par les autorités pour empêcher la pratique.»
Au fil des 20 dernières années, les fermetures se sont multipliées. Là où les plages et forêts accueillent rencontres et sociabilité, la répression gagne du terrain.
Zurich: Werdinsel, une plage nudiste dans la tourmente
La RTS l’a récemment relayé: une pétition anonyme demande la fermeture de l’Île de Werdinsel, l’un des derniers espaces naturistes en plein centre-ville. L’enjeu dépasse le simple naturisme. Pour beaucoup, il s’agit de préserver un espace rare, tolérant et accessible, où se croisent générations et pratiques différentes.
Une contre-pétition pourrait permettre de sauver ce lieu, mais l’avenir reste incertain.
Rives vaudoises: d’Yvonand à Rivaz, une disparition programmée
En Suisse romande, la situation est tout aussi préoccupante. A Yvonand, la municipalité a mis fin à la tolérance vis-à-vis du naturisme à la Petite Amérique où il était pratiqué depuis des décennies et l’accès au petit bois a été entièrement fermé.
A Cudrefin, la zone naturiste à la plage du Chabrey a été réduite à peau de chagrin par le déplacement de la limite de la zone protégée.
Résultat: la pratique du naturisme se poursuit de manière éclatée sur la rive vaudoise du Lac de Neuchâtel entraînant une perte du lien social et exposant les personnes aux plaintes et amendes.
Sur les rives du Léman, la situation n’est guère différente:
- A Saint-Prex, l’interdiction totale il y a 10 ans a mis fin à la pratique du naturisme.
-
- Entre Épesses et Rivaz, les descentes policières se multiplient, visant en priorité la «plage» mais menaçant toute la rive.
(à lire aussi: Paradis du cruising sur les rives du Léman?)
Resteraient donc, pour le moment, les rives de la Singine (FR) et de l’Allondon (GE) comme derniers refuges romands si l’on ne souhaite pas s’exiler en France (Thonon-les-bains) ou en Suisse alémanique pour pouvoir intégralement profiter de l’eau et du soleil.
Une répression aux accents moraux et homophobes
Derrière les prétextes de protection de la nature ou le plus souvent de l’ordre public se cache une autre réalité: celle d’une répression morale au nom de la “décence”, qui vise directement les pratiques naturistes mais aussi les hommes gays. Comme le souligne Florent Jouinot, il s’agit d’«une base moraliste teintée d’homophobie, juridiquement discutable».
Ces attaques ne sont pas anodines: elles participent d’une volonté de faire disparaître nos espaces de liberté, nos cultures liées au corps et au désir, nos lieux de sociabilité hors normes. La fermeture de ces sites n’efface pas seulement des plages ou des sentiers, elle attaque une histoire communautaire tissée de rencontres, de solidarités et de résistances. La dispersion fragilise encore davantage la communauté. Contraint·e·x·s à se cacher ou à s’isoler pour éviter la répression, les adeptes s’exposent alors à une plus grande vulnérabilité et à un risque accru d’agressions.
Appel à mobilisation et témoignages
Alors que la situation semble critique, la mobilisation reste faible. À Zurich, la contre-pétition pourrait sauver Werdinsel. Mais en Suisse romande, l’absence d’initiatives inquiète:
«Les démarches initiées via l’association locale n’ont malheureusement pas permis d’infléchir les positions», regrette Florent.
Un appel à témoignages et à mobilisation paraît désormais indispensable. Défendre ces espaces, c’est défendre une part de l’histoire communautaire suisse, mais aussi l’avenir d’une culture de la liberté et de la rencontre des corps et des vies.
Bon, j'ai envoyé un commentaire qui m'a été bouffé par un robot. Alors j'en renouvelle, de mémoire, la teneur.
Merci Philippe pour cet article, mais ton commentaire ("lieu naturiste et baisodrome") me paraît discutable.
Notons d'abord que cet article a été publié sur un site LGBT, que je ne connais pas et dont je ne dirai rien. Juge et partie en quelque sorte, et donc sujet à caution.
Ensuite, les lieux de drague, pas forcément LGBT d'ailleurs mais faute de grives on baise des merles, ne posent pas les mêmes problèmes en Allemagne, et même en France. Je ne dis pas que tout se passe bien. Mais on ne ferme pas des lieux naturistes à cause de ça.
C'est donc, c'est du moins ce qu'indique l'article, la "décence", la "base moraliste teintée d’homophobie" qui sont à l'oeuvre. La Suisse est calviniste, l'Allemagne est luthérienne. Ceci expliquerait-il cela ? En tout cas, ce n'est pas une raison pour tolérer des ébats à la vue des passants, certes, mais il faut rester prudent dans ses commentaires.
Je pense qu'en Suisse les associations LGBT et les pouvoirs publics peuvent se rencontrer à ce sujet.
Tu me permettras d'exprimer mon désaccord.
Quand on regarde les fermetures de lieux naturistes, c'est toujours pour la même raison: les activités sexuelles.
Et quand on regarde dans le grand public ignorant, la mauvaise image du naturisme tient à cet amalgame entre sexe en public et nudité.
Quand il y a des courriers de plainte à la mairie, des demandes d'interdiction du naturisme, c'est à cause des pratiques sexuelles publiques, pas à cause de la nudité.
Je pense la plupart (évidemment, pas tous) les Français, les Suisses, les Allemands etc. prêts à accepter la nudité publique. En revanche, pour le sexe en public, il y a un réel rejet.
Quant à la distinction religieuse, elle est réductrice: outre qu'il y a des calvinistes en Allemagne (Berlin et le Brandebourg étaient historiquement calvinistes), il y a aussi des luthériens en Suisse, et des catholiques (le Tessin, le Valais, sont des cantons catholiques, comme Basel land, à la différence de Basel Stadt protestant), et il y a surtout des catholiques en Allemagne (en gros: deux protestants pour un catholique). Et l'Autriche, ce sont surtout des catholiques. Or l'Autriche et l'Espagne (catholique ET latine, ils cumulent) sont les deux pays où la nudité est la plus aisée à pratiquer. Je ne pense pas qu'on puisse mettre la différence de réaction de ces deux pays sur le compte d'une différence religieuse. Cela a pu marcher à une certaine époque, mais aujourd'hui il y a d'autres problématiques (dont par exemple le positionnement face à l'islam: "pour ne pas choquer certaines populations"...) , et il y a une poussée de l'extrême-droite un peu partout en Europe, ces gens-là ne sont traditionnellement pas trop favorables au naturisme. Poussée d'extrême-droite + désertion de la gauche, ça s'additionne.
Quant à l'homophobie, évidemment qu'elle existe, mais je pense qui si, sur ces plages et autres lieux, les homosexuels ne s'adonnent ni à la drague ni aux activités sexuelles, ça ne doit pas poser de problèmes majeurs.
La Suisse n'est pas un pays si réac que certains veulent le croire. On parle par exemple du suicide médicalement assisté, qui est en débat en France, et provoque une levée de bouclier chez les catholiques et les conservateurs. Eh bien, en Suisse, ça existe depuis 83 ans.
(Oui, je sais, certains cantons n'ont accordé le droit de vote aux femmes qu'en 1970...)
