On a fait le tour ici de multiples causes de la "textilisation" des ados. Mais la réflexion sur nudisme et naturisme à laquelle m'ont conduit les derniers développements du débat sur un autre sujet (Pourquoi les textiles viennent-ils dans les centres naturistes ?) me fait entrevoir quelque chose qui , je crois, mérite qu'on y pense.
La plupart des ados textilisés dans les centres sont en effet des enfants de naturistes. Et il y a tous ces enfants de naturistes qui ne viennent carrément plus dans ces centres. Pourquoi ?
La plupart des enfants nés en milieu naturiste, ayant toujours pratiqué le nudisme tout naturellement, le ressentent comme une liberté - pas métaphysique : juste la liberté de choisir un confort - mais ne se sont jamais interrogés sur les motivations profondes du choix de leurs parents. Ils y renoncent donc aisément dès que cela présente une quelconque difficulté.
Autrement dit on peut naître nudiste, mais on ne peut devenir naturiste que par une démarche personnelle qui est de l'ordre de la philosophie et dépasse donc les possibilités intellectuelles de l'enfant et du jeune ado.
Les naturistes ne sont peut-être pas tous conscients d'avoir fait intellectuellement cette démarche. Elle a pu être instinctive, mais je crois que dans ce cas elle n'a pu naître que du contraste ressenti entre la contrainte du vêtement et la liberté du corps nu. Un contraste qui fait de cette liberté plus qu'un confort.
Souvent libres de vêtements, les enfants de naturistes ne les ressentent pas comme une contrainte. On ne se libère pas quand on a toujours été libre.
S'il y a un remède, ce ne peut donc être que de mettre en question le naturisme, en paroles ou même en actes, dans un échange ouvert avec les ados sur qui on a autorité, pour tenter de les amener à choisir personnellement la source d'harmonie intérieure qu'est la recherche d'harmonie avec la nature. A comprendre que toute démarche personnelle a besoin de se concrétiser par des actes symboliques et que le refus de tout vêtement en est un.
On a fait le tour ici de multiples causes de la "textilisation" des ados. Mais la réflexion sur nudisme et naturisme à laquelle m'ont conduit les derniers développements du débat sur un autre sujet (Pourquoi les textiles viennent-ils dans les centres naturistes ?) me fait entrevoir quelque chose qui , je crois, mérite qu'on y pense.
La plupart des ados textilisés dans les centres sont en effet des enfants de naturistes. Et il y a tous ces enfants de naturistes qui ne viennent carrément plus dans ces centres. Pourquoi ?
La plupart des enfants nés en milieu naturiste, ayant toujours pratiqué le nudisme tout naturellement, le ressentent comme une liberté - pas métaphysique : juste la liberté de choisir un confort - mais ne se sont jamais interrogés sur les motivations profondes du choix de leurs parents. Ils y renoncent donc aisément dès que cela présente une quelconque difficulté.
Autrement dit on peut naître nudiste, mais on ne peut devenir naturiste que par une démarche personnelle qui est de l'ordre de la philosophie et dépasse donc les possibilités intellectuelles de l'enfant et du jeune ado.
Les naturistes ne sont peut-être pas tous conscients d'avoir fait intellectuellement cette démarche. Elle a pu être instinctive, mais je crois que dans ce cas elle n'a pu naître que du contraste ressenti entre la contrainte du vêtement et la liberté du corps nu. Un contraste qui fait de cette liberté plus qu'un confort.
Souvent libres de vêtements, les enfants de naturistes ne les ressentent pas comme une contrainte. On ne se libère pas quand on a toujours été libre.
S'il y a un remède, ce ne peut donc être que de mettre en question le naturisme, en paroles ou même en actes, dans un échange ouvert avec les ados sur qui on a autorité, pour tenter de les amener à choisir personnellement la source d'harmonie intérieure qu'est la recherche d'harmonie avec la nature. A comprendre que toute démarche personnelle a besoin de se concrétiser par des actes symboliques et que le refus de tout vêtement en est un.
Intéressant, papygb...
Ce que tu dis, c'est que de toute façon, le naturisme doit faire partie d'un projet éducatif... et que pour ça, il faut que les parents sachent à priori de quoi il s'agit....
et donc, les nudo-textiles opportunistes ont déjà perdu d'entrée, car pour eux, la nudité est fonctionnelle et uniquement tournée vers leur plaisir personnel...
Et ça me fait penser à une constatation maintes fois confirmée, quand tu vois un ado "enshorté" ou une ado "enparéotée", la chance de voir papa ou maman arriver en short ou paréo à la plage est bien réelle, tandis que quand tu vois des ados nus et heureux de l'être, voir une famille nue, ayant l'habitude d'être nue, non seulement l'été en vacances, mais aussi en hiver, au sauna, ou autre... est franchement réelle....
par contre, je ne suis pas sur que tu ai raison sur la première partie de ton post.... les ados textilisés ne sont pas nécessairement des enfants de naturistes, je pense qu'ils seront plutot enfants de la pcatégorie décrite plus haut, ça doit exister certainement, mais je ne suis pas sur que ce soit la règle...
Message édité par : didge
Pour répondre à BER091975 :
il n'y a pas que les 3 solutions que tu mentionnes, mais une 4ème que nous proposons à nos enfants : ne pas venir avec nous.
Ce ne sont pas nos seules vacances, nous aimons aller de temps en temps un WE à la mer, cela "textile", donc ce n'est pas le seul moment ensemble.
Mais pour notre semaine de vacances naturistes, nous leur demandons de se comporter en adulte respectueux de l'autre et leur proposons donc une alternative : soit ils nous accompagnent cette semaine en centre naturiste et alors vivent comme nous en vrais naturistes, soit ils ne nous accompagnent pas et vont donc chez les grands parents ou en vacances orginisées pour jeunes ou tout autre chose.
Faire prendre ses responsabilités aux jeunes, n'est-ce pas non plus faire de l'éducation ?
didge, je te fais confiance pour le constat en ce qui concerne les ados habillés en centres.
Ma réflexion venait plutôt du fait que nombre d'enfants de naturistes cessent définitivement de pratiquer et ne ressentent pas la nécessité de transmettre à leurs enfants des valeurs dont, sans doute, ils n'ont pas réellement compris l'importance.
C'est le cas des enfants de mon frère aîné, qui était un naturiste convaincu. (Les enfants en question ont maintenant entre cinquante et soixante ans.)
Et tu m'as bien compris : pour moi il est important que le naturisme soit un projet éducatif.
En ce sens il serait important que les centres de vacances qui se réclament réellement de cette éthique l'expliquent suffisamment dans leur doc publicitaire et en tirent la conclusion clairement affichée que la tolérance à l'égard des vêtements doit être réellement limitée aux cas où elle est justifiée.
Peut-être y perdraient-ils quelques clients, mais je suis persuadé que bien d'autres, actuellement partisans du libre choix faute de conviction, accepteraient cette discipline pour peu qu'on leur force ainsi un peu la main ... et s'en trouveraient finalement bien !
J'ai été témoin, il y a quelques années à la sablière des essais infructueux qui furent fait dans ce sens, un petit gars du service de séciurité arpentait la plage et demandait aux adolescents récalcitrants de se déshabiller, ceux qui obtempéraient se rhabillaient aussitôt après son départ, d'autres pour éviter d'avoir à se dévêtir s'éclipsaient à son approche pour revenir cinq minutes plus tard, toujours habillés.
A mon avis, les premiers responsables de cette situation sont les gérants de ces centres qui chercheraient à ménager la chèvre et le chou plutôt que d'avoir à se séparer d'une partie de sa clientèle : d'une part, en démontrant aux naturistes tous les efforts déployés pour faire respecter la nudité et d'autrepart en permettant hypocritement aux autres de faire comme ils préfèrent...
Et en ce qui concerne les enfants naturistes, c'est un fait que la plupart d'entre-eux se détournent du naturisme à l'âge adulte et n'offriront pas à leurs enfants cette même richesse.
C'est le cas notamment pour la plupart des couples qui se forment où l'un des deux seulement est issu d'une famille naturiste.
Mais je reste convaincue que même sans pratiquer la nudité, les enfants conservent l'enseignement qu'ils ont reçu et sont parfaitement capable de le transmettre à leur tour, naturistes ou pas, ces jeunes devenus adultes seront toujours plus ouverts, plus respectueux et plus tolérants et si le naturisme en perdant ses jeunes adeptes se fait de plus en plus vieillissant, on peu encore espérer que son idéal lui survive...
Tu as raison Guy, il est important que le naturisme soit un projet éducatif pour perdurer. Sans cela, en grandissant, les enfants ont de grandes chances de s'en détourner. Si c'est si souvent le cas, c'est bien parce qu'il ne l'est que pour trop peu de monde. S'il y a ce problème en centre, je crois que c'est, entre autre, parce qu'une éthique et une philosophie auxquelles on n'adhère pas sont difficiles à inculquer par une doc.
Si les centres n'accueillaient que ce genre de naturistes - ceux qui ont fait du naturisme un idéal de vie et un projet éducatif - je crains qu'il ne reste plus grand monde à accueillir tant il m'est apparu qu'un nombre non négligeable de personnes qu'on rencontre en centre (et parfois en club) sont nus plus par plaisir ou par bien être que par adhésion à une philosophie.
Taisy, même si tu as raison sur la dernière partie de ton post, j'espère qu'il y aura encore et toujours suffisamment de jeunes et nouveaux naturistes pour qu'il reste au naturisme plus que l'idéal, c'est-à-dire des personnes vivantes qui transmettront à leur tour cet idéal. J'ai vu le nombre de jeunes adhérents augmenter dans mon club. J'ose espérer que certains d'entre eux en sont porteurs. L'heure de la nostalgie n'a peut-être pas encore sonné.
D'accord avec Taisy sur le fait que les enfants de naturistes restent imprégnés de quelque chose d'essentiel qu'ils transmettent à leurs enfants. Mais il me semble - et je serais surpris queTaisy me contredise - que la nudité partagée est une composante également essentielle du naturisme, sans laquelle l'idéal s'édulcore de génération en génération.
Je crois volontiers aussi que Paul a raison et que nombre de naturistes orthodoxes dans la pratique ne sont pas pleinement conscients de l'éthique qui la sous-tend.
Il me semble donc que l'objectif à atteindre est de favoriser par tous les moyens cette prise de conscience.
Quels moyens ? Essayons d'être imaginatifs !
D'accord avec Taisy sur le fait que les enfants de naturistes restent imprégnés de quelque chose d'essentiel qu'ils transmettent à leurs enfants. Mais il me semble - et je serais surpris queTaisy me contredise - que la nudité partagée est une composante également essentielle du naturisme, sans laquelle l'idéal s'édulcore de génération en génération.
Je crois volontiers aussi que Paul a raison et que nombre de naturistes orthodoxes dans la pratique ne sont pas pleinement conscients de l'éthique qui la sous-tend.
Il me semble donc que l'objectif à atteindre est de favoriser par tous les moyens cette prise de conscience.
Quels moyens ? Essayons d'être imaginatifs !
Effectivement Guy, ma réponse ne te surprendra pas...Sans être une finalité en soi, le partage de la nudité pour le naturisme est sa composante essentielle; je pense que nous sommes tous d'accord sur ce point.
Lorsque les enfants se détournent du naturisme, je ne pense pas qu'ils oublient ce point important et je doute que ce soit ceux-là qui reviennent en textiles dans les mêmes centres que ceux qu'ils fréquentèrent jadis avec leurs parents naturistes, sans doute éprouvent-ils simplement le désir de connaître autre chose, sans doute même ressentent-ils un certain plaisir à s'habiller en vacances et à fréquenter d'autres personnes, des nouveaux amis non naturistes avec lesquels ils sont heureux .
Que souhaiterions-nous pour nos enfants?
Qu'élevés dans une famille naturiste, ils continuent à leur tour à pratiquer la nudité alors qu'ils deviennent adultes et libres?
Souvent, en ce qui concerne nos enfants, souhaitant pour eux tout ce qu'il y a de mieux, nous projetons sur eux les rêves que nous n'avons pas su ou pas pu réaliser. Et la plupart du temps, nous sommes déçu parce que nos enfants ne sont pas nous, parce que leur désir ne correspond pas à ce que nous attendions d'eux et que nous avions espéré pour nous-même, parce qu'ils choisissent justement ce que nous avons rejeté, parce que, ignorant nos bons conseils de parents avisés, ils marchent dans nos pas et refont à leur tour les mêmes erreurs que les nôtres.
En ce qui concerne le naturisme, c'est un peu la même chose, nous parents, nous avons découvert plus tard, trop tard à ce qu'il nous semble, tous les bienfaits de cette pratique et nous voulons que nos enfants reprennent le flambeau, nous disons : "quelle chance ils ont eu de naître dans une famille naturiste, nous on n'a pas eu cette chance là!" et puis nous nous désolons de les voir s'en écarter alors que nous sommes certains que c'est ce qu'il y a de mieux pour eux.
Franchement, je ne sais pas si ce qui est mieux pour moi l'est aussi pour mes filles !
Je ne détiens pas la vérité, je ne peux que leur enseigner ce que je sais et ce à quoi je crois sans pour autant leur imposer d'y croire à leur tour...Ce jour-là, je leur laisserai le libre arbitre
Etonnant cet échange ! On pourrait facilement transcrire une conversation de parents croyants qui s'étonnent avec tristesse que leurs enfants ne pratiquent plus comme eux. Il y un peu de dogmatisme chez des natursites purs et durs, comme chez des écolos aujourd'hui. Hors du naturisme, de l'écologie point de salut.
Mais je partage pleinement cette réflexion que nous sommes toujours en déficit éducatif. Rien des choix des parents ne marquent les chromosomes.
Message édité par : Baloo
Je ne pense pas en effet que les enfants de naturistes qui n'en voient plus l'intérêt soient ceux qui, sans leurs parents, reviennent habillés dans les centres : que pourraient-ils bien venir y chercher.
Simplement, si les naturistes ne parviennent pas à transmettre leurs valeurs à leurs enfants, il ne faut pas s'étonner qu'ils se retrouvent de moins en moins nombreux et que dès lors les centres qui ont des impératifs commerciaux préfèrent faire leur publicité sur la liberté individuelle que sur une éthique collective.
Naturellement je ne suis pas sûr de détenir une vérité absolue et donc indiscutablement valable pour mes descendants. Mais j'y crois ! Le respect de l'opinion d'autrui ne doit pas conduire à ne pas proposer ce qu'on croit bon. Proposer en tentant de convaincre et en ne maudissant que soi-même si on n'y parvient pas.
Car évidemment, imposer ce qu'on croit, inutile de se demander si ce serait souhaitable puisque c'est de toute façon impossible.
Je crois que c'est cela une démarche éducative : informer, le plus complètement et le plus objectivement possible, mais aussi proposer. (En prenant soin de distinguer l'information de la proposition) Dialoguer. Pour dialoguer il faut être deux et le respect, voire l'amour de l'autre ne doit pas conduire à renoncer à être soi-même.
Amicalement .
Guy
Bonjour,
Le dialogue, ce n'est pas deux monologues qui se croissent. Depuis quelque temps et suite à des lectures sur l'écoute, je fais attention dans un groupe à cet aspect de la conversation. Très souvent, personne n'écoute l'autre. La conversation a un thème, et chacun brode sur celui-ci, sans tenir compte de la pensée de l'autre. Quand nous acquissons à une proposition, c'est souvent pour reprendre la parole. dans le style : ha, je suis d'accord avec vous, mais je voudrai revenir sur mon idée...
Dans le film "A la recherche du paradis perdu", il manque des intervenants qui exprimeraient vraiment leurs difficultés simplement. De même j'aurais aimé que des parents nous disent comment ils ont expliqué à leurs enfants le pourquoi de ce style de vie, ET comment les enfants ont cheminé pour en venir à partager ce style de vie.
Notre grande difficulté est de pourvoir dire notre pensée, d'entendre réagir l'autre et d'accueillir cette réaction. Ecouter sans cesser d'être soi.
Bon week-end
