26 mai 2026

Film King Kong

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ourfarewell
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(@ourfarewell)
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King Kong casse le mythe d'un "paradis" primitif et sauvage (les indigènes, presque nus, sont assoiffés de mort) en même temps que le mythe du progrès d'une société qui se prétend supérieure.

C'est un des films les plus tristes, les plus cruels, les plus beaux et poétiques que j'aie pu voir. Fabulous! C'est drôle, aussi. La quasi-perfection des trucages sert l'émotion, dans toute sa poésie.

L'être humain cherche à exploiter le retour à la nature d'autant plus qu'il a oublié ce qu'elle était (il s'en fait donc une illusion). Même acculé au désespoir, pour le pouvoir et le désir de gloire, l'être humain lui-même peut se comporter comme un "monstre" car il aime à fabriquer des monstres. Parce que ses pulsions le dirigent, on fait du gorille un monstre. Mais les vrais monstres n'ont pas de coeur. Le spectacle ne fait souvent qu'exploiter nos émotions primitives. Ce film amène à porter un regard très critique sur la vanité du spectacle.

Message édité par : ourfarewell


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(@wolmar)
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C'est aussi la même impression de j'ai ressentie en ayant vu le film 'Délivrance' de John Borman, qui lui est beaucoup plus réaliste que King-Kong ou Cannibal Holocauste. L'homme sauvage doux et bon de Jean Jacques Rousseau est un mythe.
L'importance de ne pas verser dans l'angélisme et la béatitude. Etre toujours vigilant face aux comportements primaires. La surveillance, la rigueur et la solidarité collective s'imposent dans un domaine naturiste.

Je pense que tout cela est une question d'éducation et de respect d'autrui. Pas une question de religion, mais de pureté et d'honneté d'intention et de comportement vis à vis de la nudité.


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wicasa
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(@wicasa)
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oulà! qu'est ce que je lis, ici?! 😐
Attention, vous faites un gros amalgame, là (enfin, le film le fait aussi...), amalgame entre "primitif" (qu'est-ce qu'on entend derrière?) et sauvagerie morbide!

J'aimerais rappeler qu'au nom du soi-disant progrès, la société dans laquelle nous vivons et à laquelle nous participons est bien plus "sauvage", cruelle, et destructrice que les sociétés que l'on nomme primitives, dont est dressée une bien triste caricature dans ce film.
et puis King Kong, et ce genre d'autres films, peuvent être d'un grand enseignement, si on ne le prend pas à la lettre:
quand on s'y penche (j'ai vu le tout premier), il est plus question d'un combat intérieur qui se passe en chacun.

Enfin, je me suis énervé, parce que je ne supporte pas qu'on garde une image fausse des peuples "archaïques" (au sens de "principiel", et non "sous-évolués") :paf , peuples dont on aurait mieux fait d'en tirer un bon exemple.

Ceci dit, vous m'avez bien donné envie de le voir, ce film.


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ourfarewell
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(@ourfarewell)
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Wicasa, ne t'énerve pas pour si peu ! Je tiens à apporter une clarification contre les mauvaises interprétations.
Avez-vous vu le film de Peter Jackson (sorti mercredi)? N'utilisons pas la fiction pour asseoir un argumentaire "anti-primitif" très douteux et ne plaquons pas non plus sur le film des intentions évolutionnistes qu'il n'a pas, bien au contraire!
😉
Etablir un rapprochement entre un état qu'on dit "sauvage" et une prétendue "animalité primaire" de l'être humain est une tromperie intellectuelle.
:paf
D'ailleurs (à Wolmar), les comportements sexuels en lieux ouverts ne sont pas "primaires" d'un point de vue péjoratif mais "pas à leur place", c'est différent. Je parle d'émotions "primaires" pour signifier profondément ancrées en nous, pas d'un point de vue négatif.

Restons dans le domaine de la fiction : je parle plus haut de l'imaginaire d'un "paradis primitif" et non de peuple primitif! D'un point de vue réaliste, on parle en effet aujourd'hui d'arts, de peuples "premiers". Même "archaïques'' a une connotation péjorative.

KING KONG (ici version 2005) est une fiction, un superbe conte où l'imaginaire, la caricature servent l'histoire mais aussi un discours très critique sur la vanité. Un parallèle métaphorique est clairement établi entre le monde sauvage et la "jungle" new-yorkaise : notre société "moderne", par son obsession, peut se montrer tout aussi cruelle et dévastatrice!

J'en profite pour faire un rappel.
En tant qu'anthropologue, Claude Lévi-Strauss (né en 1908) est tout à l'opposé de l'idée évolutionniste. Il a bien montré à quel point l'ethnocentrisme est une illusion subjective : dans «Structures élémentaires de la parenté» (1949), il réhabilite la "pensée primitive" pour montrer qu'il s'agit en fait d'une pensée complexe et sophistiquée.
:=!

Il n'a jamais pour autant cédé au mythe du "bon sauvage". Le "bon sauvage" est un mythe AUTANT QUE L'EST le "sauvage" tout court, être humain animalisé à partir de critères subjectifs.
Je renvoie à Wikipédia : Barbare (Montaigne ne trouvait pas les prétendus "sauvages" amenés en son temps en Europe plus cruels que les Européens. Les schémas de pensée ne sont tout simplement pas les mêmes).

Le grand penseur du structuralisme montre comment de multiples structures inconscientes dirigent le fonctionnement de nos sociétés. Nous sommes tous conditionnés! Toute culture, tout particularisme est à comprendre et non à acculturer ou à analyser dans une position "supérieure". Lire ici comment la société des Yanomami a été saccagée par de prétendus "chercheurs". Ce que l'on considère comme bizarre ou anormal ne l'est absolument pas d'un autre point de vue.

Lévi-Strauss n'aime pas le "progrès", celui qui conduit à la monoculture, au nivellement des valeurs, à l'appauvrissement de la diversité, à la médicalisation à outrance, à l'explosion démographique. Il n'aime pas le brassage, qui mène souvent à la perte des caractéristiques culturelles et de l'originalité créative.

Il a dit, sur France 2, en février 2005 : «Ce que je constate, ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que, du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime.»
🙁
Je suis moi aussi assez déprimé de me savoir vivre dans un monde dominé par des puissances qui refusent toujours de remettre en cause leur mode de fonctionnement.

Voyons en effet ce qu'est devenue la planète, en grande partie à cause du "modèle" européano-américain : une terre uniformisée, aux mouvances culturelles fascistes.

Voir également
http://www.diplomatie.gouv.fr/label_france/FRANCE/IDEES/LEVI/lev.html
http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/levistra.htm
«La Pensée sauvage» (1962)
«Les Mythologiques : l'homme nu» (1971)


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fp-nadr
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(@fp-nadr)
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Je n'ai pas vu le nouveau King-Kong et je ne pense pas le voir tout de suite.
Mais j'ai vu plusieurs fois l'ancien. En fait il ne faut pas tirer de conclusions hâtives à partir d'un film.
J'avais vu dans le premier King-Kong une allégorie de la crise de 1929 et la pauvreté (ceci à partir du visage effrayé de l'héroïne quand elle vole une pomme et qu'elle se fait surprendre, même expression d'effroi que quand elle voit Kong pour la première fois).
D'autres y voyaient la bête intérieure à chaque homme.
Un énorme paquet de thèses ont été écrites sur ce film.

Or les premiers surpris par cet éventail d'interprétations savantes et élaborées ont été... les auteurs eux-mêmes, Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper qui ont toujours assuré n'avoir jamais pensé à ça quand ils ont écrit le film.

On peut effectuer un rapprochement avec la "Marche de l'empereur" qui est pour moi avant tout un magnifique film animalier (depuis King-Kong n° 1, je ne me risque plus à la moindre interprétation hasardeuse, comme "Le peuple migrateur". Ce film suscite un engouement aux USA qui dépasse celui d'"Amélie Poulain".
Chacun l'accomode à sa sauce :
- apologie de la famille pour les néo-conservateurs
- autre chose, je ne me souviens pas, pour les progressistes
- et même, du fait que certains manchots ont quelques pratiques homosexuelles, les associations gays y trouvent leur compte également.
Or la surprise de Luc Jacquet (auteur de la marche de l'empereur) n'a d'égale que celle manifestée en son temps par Schoedsack et Cooper. Il jure de même n'avoir pensé à rien de tout celà quand il a réalisé son film.

Il faut vraiment se méfier quand le militantisme bascule vers un romantisme échevelé. Le propos y perd en crédibilité.


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