Nonobstant une première petite expérience avec une copine au bord d'un ruisseau dans les Vosges du Nord, ma première expérience du naturisme remonte à l'été 1972.
Je passais mes vacances dans un centre de jeunesse (le centre Leo Lagrange pour ne pas le nommer) à la Madrague de Giens, près de Hyères.
Avec un copain et 3 copines, nous sommes allés à pied jusqu'à la Tour fondue et de là la navette via Porquerolles et Port-Cros pour l'ile du Levant.
Je passerai sur le passage aux alentours de Porquerolles où les vagues soudain se mettent à balayer l'avant de la navette, trempant jusqu'aux os les estivants ayant conservé leurs habits de ville. Par je ne sais quelle sublime intuition, je m'étais mis en maillot.
Arrivés sur l'île, nous avons commencé par explorer Heliopolis, charmés par l'atmosphère si particulière des lieux.
A un moment donné, l'une des filles a émis la suggestion d'enlever les hauts de maillot. J'ai aussitôt dévié la conversation, craignant que cette initiative entraîne une réaction incontrolable d'une certaine pièce de mon anatomie, particulièrement génante lorsqu'on se ballade en maillot.
Et puis, souhait inconscient de ma part, nous avons perdu de vue les filles et sommes descendus vers les rochers, près du port. Un panneau nous attendait avec en caractère gras l'inscription: NUDITE OBLIGATOIRE.
Deux cerbères, l'un masculin, l'autre féminin, montaient la garde et nous intimèrent l'ordre de retirer nos maillots pour franchir l'obstacle.
Pour les raisons sus-mentionnées, nous souhaitions les retirer tranquillement, une fois installés sur un rocher.
Nous commençâmes à parlementer mais rien n'y faisait. L'homme voulut me le retirer d'office, mais, miracle, je l'avais soigneusement attaché, comme lorsqu'on plonge du 5 mètres à la piscine et que l'on ne veut pas le retrouver accroché aux chevilles.
Le cerbère renonça et nous autorisa à franchir l'obstacle à condition de nous installer à proximité.
La suite se passa très bien. A peine nos maillots retirés, nous nous élançâmes dans l'eau, toujours par crainte de cette réaction incontrôlable, surpris que rien ne se passait, pour découvrir le délice de nager nu dans une eau limpide puis de se laisser sécher au soleil allongé sur une pierre plate.
Le virus était attrappé et, n'ayant jamais souhaité me faire soigner, je pratique le naturisme depuis cette date.
Salut,
Il serait intéressant que tu nous dises quelles étaient les motivations qui ont amené ton groupe sur l'île du Levant (je sais, après toutes ces années, c'est pas évident...): simple curiosité, envie de se marrer entre jeunes, attrait du naturisme?
Les levantins subissent tous les étés les hordes de touristes qui viennent se rincer l'oeil et depuis que tu es naturiste, tu comprends sans doute mieux les cerbères et autres palissades qui nous ont trop longtemps isolés. Je considère qu'il est grand temps de faire sortir les naturistes de leurs ghettos même si c'est pas évident.
Nous sommes certainement plus nombreux que nous le pensons mais si nous continuons à nous cacher ainsi, la société aura tôt fait de nous oublier pour mieux nous digérer.
A+
Gérard
J'aimerais savoir comment fait-on pour gérer les hordes de touristes non naturistes qui abordent sur l'île du Levant?
Quelle est la technique employée pour que l'ïle reste naturiste ? Ou alors est-ce que ce sont uniquement des naturistes qui se rendent à l'ïle du Levant ?
C'est un de mes rêves de me rendre à cette île mais j'espère que tout le monde est nu.
Non Samy, au Levant pas tout le monde est nu bien qu'on pourrait l'être presque partout (je devrais même dire qu'on devrait l'être).
L'île est libre d'accès et les levantins subissent les non naturistes sur la plupart des sentiers du site. La situation est toujours la même depuis des décennies et n'évolue guère.
Pour vivre pleinement son naturisme, mieux vaut y venir hors saison.
A+
En ce qui concerne mes motivations, elles avaient longuement mûri à la suite d'articles lus dans la Revue Naturiste Internationale.
Je suis retourné deux fois à l'ile du Levant mais je n'ai pas constaté de hordes de touristes, la majorité descendant à Porquerolles et le reste à Port Cros. Il ne devait rester que 4 ou 5 autres personnes à continuer le voyage.
A l'intérieur de la zone naturiste, le minimum, sorte de cache sexe, était obligatoire. Seules les zones situées de part et d'autre du port sont naturistes. Je n'y ai vu aucune personne en tenue de ville en arpenter les chemins. Mais je n'y suis resté à chaque fois qu'un seul après midi et ma dernière visite remonte à une dizaine d'années.
J'ai par contre été déçu par ce que l'ile était devenue. Sur le côté droit en arrivant par la mer, il ne subsistait rien de la plage initiale sinon des blocs de béton inesthétique.
Adepte de la plongée en apnée j'y ai vu beaucoup de cochonneries trainer au fond de l'eau.
Lorsque j'étais ado et que je lisais la Revue Naturiste Internationale, l'ile du Levant était présentée comme l'Eldorado, le paradis sur Terre. Et c'est un peu comme cela que je l'ai perçue lors de ma première visite. Les fois d'après, beaucoup moins.
Notons enfin que le prix de la traversée n'est pas bon marché, soit dans les 600 francs il y a dix ans pour deux adultes et trois enfants.
Voir les discussions consacrées à l'Ile du Levant sur le forum qui lui est consacré :=!
http://www.vivrenu.com/forum-du-naturisme/ile-du-levant-france-provence-alpes-cote-dazur-var-83-400/
