L'histoire ne dit pas comment ça se termine pour le malheureux ... 🙁
Ils ont du le fusiller 😉
C'est ce qui aurait pu se passer actuellement dans certains pays obscurantistes. 🙁
Actuellement en france, la nudité publique est parfois un délit punissable dans des proportions plus importantes que le délit d'atteinte physique à la personne.
Steve gough, ayant récement traversé le royaume uni et l'ecosse nu s'est retrouvé maintes fois emprisonné pendant de longs mois simplement parce que nu, c'est intolérable :paf
Ceci doit cesser
Message édité par : gilles
Voilà qui rouvre un débat récurrent sur ce site.
J'avoue être perplexe.
Etant persuadé que la nudité simple est innocente, ayant de plus en plus de mal à comprendre pourquoi la simple vue de personnes intégralement nues perturbe tant d'autres personnes, je sympathise naturellement avec ces courageux militants. Mais en même temps, je comprends mal comment on peut à la fois soutenir cette intrusion de nudistes dans un espace textile et condamner la présence de gens habillés dans des espaces naturistes.
Le fait est que certaines personnes se sentent agressées par la libre exposition (je n'ai pas dit exhibition) de corps nus dans des lieux où elles peuvent les rencontrer malgré elles, et que la loi se donne pour but de les protéger de cette agression. La provocation que constitue l'action de ces militants est-elle le meilleur moyen de les convaincre qu'il n'y a pas d'agression, et qu'à la limite, au lieu de dire "Couvrez ce sein que je ne saurais voir", Tartufe n'a qu'à détourner son regard ? Je n'en suis pas sûr.
Car si la banalisation du nu (y compris sous sa forme commerciale dans l'image publicitaire par exemple ou dans le cinéma grand public) a peu à peu conduit une majorité de gens à ne plus en être choqués, l'action de ces militants ne banalise rien du tout. Tout au plus permet-elle de constater à l'instant T le plus ou moins grand degré de tolérance de la population urbaine testée. Je ne pense pas qu'elle le modifie.
Par ailleurs les opposant sont de plusieurs sortes.
Il y a ceux qui pensent que la nudité offense Dieu, et parmi eux les tolérants qui peuvent accepter de détourner leur regard sans imposer d'interdiction aux mécréants et les intégristes qui tiennent à ce que , pour l'exemple, le pécheur soit dénoncé vigoureusement et puni dès ce monde.
Il y a les conformistes qui veulent qu'on applique la loi sans se poser de questions et qui finissent donc par se rallier à la loi nouvelle quand la loi change. Mais qui ne veulent pas savoir que, pour la faire changer, il a généralement fallu que des gens prennent le risque de la violer un peu publiquement pour prouver qu'elle était caduque. Sur divers sujets, l'actualité nous montre pourtant cela tous les jours. Ceux-là ne sont généralment pas violents dans leur opposition, mais ils constituent la force d'inertie sur laquelle s'appuient tous les conservatismes.
Et il y a une troisième catégorie qu'il ne faut pas négliger et qui, moins ouvertement que celle des intégristes mais aussi farouchement s'oppose à la banalisation de la nudité simple. Ce sont les voyeurs, qui ont peur d'être privés de leurs fantasmes. Et certains psys qui partagent leur inquiétude : je pense à celle qui, lors de l'enregistrement de l'émission de Delarue (échange coupé au montage) soutenait qu'il vaut mieux pour un enfant regarder par les trous de serrure pour voir ce qu'on lui cache que rencontrer ordinairement le sexe de ses parents à hauteur de regard. A ceux-là on peut toujours dire que le naturisme ne rend pas les hommes impuissants et les femmes frigides, mais on a peu de chances de les convaincre, autrement du moins qu'en leur imposant, en quelque sorte, la banalisation.
Une autre remarque, à propos du reportage : les sexes masculins sont floutés, pas le sexe féminin. Encore un sujet à méditer.
Cher Gilles,
Je connais ton extrême sensibilité sur la question du vêtement en centre naturiste et j'attendais ta réponse.
Evidemment cela n'a rien à voir sur le plan quantitatif, ni sur le plan symbolique. Mais sur le plan du principe...
J'essayais seulement de comprendre le point de vue des opposants.
Je reste persuadé que la banalisation de la nudité dans les images a beaucoup fait évoluer les mentalités à propos de la nudité dans la réalité (sauf sans doute pour le CSA, que je ne comprends toujours pas, car la différence entre réalité et fiction à la télé est de plus en plus floue et en tout cas de moins en moins perçue par les téléspectateus, pour qui de toutes façons il s'agit toujours d'images - je veux dire de perceptions visuelles médiatisées et non naturelles).
Je pense en particulier à cette campagne restée célèbre de pub pour la pub, où le mannequin Miryam (je crois) enlevait le haut de face, puis le bas, mais de dos. Je pense que beaucoup de gens qui se demandaient avec une certaine incrédulité si elle allait enlever le bas - sans imaginer qu'elle pouvait se retourner - ont souri devant la dernière image mais ont pensé du coup peut-être pour la première fois qu'on pouvait distancier le fantasme de la nudité et le rendre ainsi innocent. Je me souviens qu'à l'époque, des gens plutôt opposés au nudisme on trouvé de la "fraîcheur" à cette campagne. Et associer "fraîcheur" et nudité, c'était pour ces gens un sacré pas en avant.
Les opérations commando des militants de la nudité urbaine peuvent-elles faire évoluer les mentalités ? Je reste perplexe.
Mais j'ai parlé de la nécessité de banaliser la transgression de la loi pour la faire évoluer: est-ce de cela qu'il s'agit ?
L'action de ces militants est certes courageuse, mais en milieu urbain nous sommes encore très loin d'une possible banalisation et je reste persuadé que la provocation est toujours à double tranchant.
En fait de transgression suffisamment banalisable pour être efficace, je crois davantage, pour l'instant, à des formes de nudisme collectif sauvage dans la nature telles que baignades ou randonnues, qui ont en outre l'avantage d'être plus dans l'esprit du naturisme.
Le "combat" doit être sur tous les fronts. La nudité urbaine est anecdotique et inconnue du grand public. Qui d'autres que les lecteurs de vivrenu urbanudismo ou d'autres sites traitant du sujet pourrait penser que celà est possible. C'est ce que je pensais avant de le découvrir il y a un plus d'un an.
Il est à noter que ces commandos prennent moins de risque en espagne ou dans certains pays choisis en fonction des "failles" juridiques permettant légalement la nudité publique puisque non réglementée.
Il est vrai qu'une manifestation individuelle (ou presque) de nudité urbaine ne rentre pas dans les limites strictes du naturisme dans sa définition. Toutefois, ces interventions isolées ont le mérite (outre celui du courage) de mettre en évidence la fragilité de l'être humain, simplement par l'évolution d'une personne nue au milieu de centaines de gens vêtus et dans un milieu à priori défavorable à la nudité. Il s'agit, paradoxalement, d'une démarche spontanée (dans l'esprit), même si elle est en fait préparée. C'est aussi quelque part une démarche incitant au contact, un geste invitant le questionnement : "Qui êtes vous ? Pourquoi faites vous ça ?" Si une personne pose ces questions et se voit exposées en réponse les raisons de ce geste, c'est un bon point. En tout cas, cela a quelque chose de profondément touchant (je pense en disant cela à la vidéo de la jeune femme enceinte déambulant nue dans les rues de Barcelone, visible sur un autre sujet).
je connais bien buenos aires, et ils se sont mis nus dans une rue commerçante et touristique majeure de la ville, comme ici sur les grands boulevard a 200 m des gds magasins
par ailleurs les spectateurs les ont encouragés et ont exigé que la police les laisse tranquilles.
il ne faut pas oublier que l'argentine est un pays qui a ete longtemps sous concordat, s'il ne lesti meme pas encore, donc sous l'influence dde la partie la plus reac du clergé, avec une classe dirigeante sous influence de l'opus dei
ils ont été mis au poste durant 4 heures puis un procès pour exhibitionnisme
dont on ne connait pas la conclusion
Tu vois Gilles, d'après le message de phil_nat ci-dessus concernant le sort des militants d'urbanudismo, d'après les infos sur celui de Steven Gough et son procès pour exhibitionnisme, sans parler du cas de CL en France (accusé à tort alors qu'il voulait rendre service), toutes ces affaires ne démontrent-elles pas la nécessité de changer de méthode de communication?
La provocation ne me semble pas être productive.
A l'inverse, la journée du naturisme, les publicités des centres lors des foires/expositions sont des méthodes positives car elles révèlent l'existence d'un monde naturiste sain et naturel, elles invitent les gens à se rendre volontairement dans les centres et clubs pour connaitre ce mode de vie. Elles sont aussi une opportunité pour aborder le thème de la nudité dans les médias.
Dans ce cadre-là, la perception du naturisme a un meilleur résultat. Je regrette simplement que la fréquence de tels évènements ne soient pas plus élevée dans l'année.
J'en veux pour preuve une anecdote qui m'est arrivée dans le RER il y a qq années: un SDF faisait l'aumône. Pour appuyer ses arguments aux voyageurs, il tapait régulièrement et fortement sa canne contre l'appui-tête de mon siège (effet du hasard). Alors je me suis beaucoup plus souvenu de ses coups de canne que de son message de détresse lorsqu'il passait quémander une obole. Et j'ai tendu ce que je pouvais aux autres SDF, plus calmes, moins haineux d'autrui.
J'admire ces militants urbains. Mais une telle méthode ne symbolise-t-elle pas le désespoir quelque part??
helas depuis le 11 septembre (celui de 1991 qui a fait 3000 morts a new york, pas celui de 1973 a santiago du chili qui a aussi fait 3000 morts a l'instigation de la la cia pour mettre en place pinochet), il y a une obsession mondiale pour la sécurité. nos candidats ne nous parlent que de sécurité, quelqu'un les a t'il entendu parler des libertés civiles ??? il y a donc peu d'espoir que nos libertés dans le domaine du naturisme soit vraiment améliorées, surtout vue la totale absence d'influence de la ffn au niveau législatif et relations publiques.
la provocation a certainement l'efficacité que ds le public tout le monde ne prendra partie pour la répression mais quelle est l'influence d'une protestation individuelle ?
voyez comment réagit la police pour les rafles d'étrangers aux portes des écoles parisiennes, et la mise en garde a vue d'une directrice d'école. l'époque n'est pas particulièrement à la tolérance.
il faudrait aussi a mon avis utiliser le levier économique: ds les régions côtières, le naturisme est envisagé sous son aspect touristique, économique, apporteur d'emplois touristiques, et mettre cet aspect en avant pourrait influencer favorablement les maires des communes réticents. le naturisme s'est bien implanté en grèce, pays peu connu pour son progressisme social.
phil
Complètement d'accord avec toi, Phil. Voilà du réalisme. Et puis expliquer, chaque fois qu'un opportunité se présente. Et aussi encourager les fictions grand public qui présent(erai)ent une image honnête du naturisme.
