Bonjour à tous,
D'après ce que j'en ai compris, le naturisme est apparu dans le contexte d'une société s'industrialisant (avec toutes les déconvenues qui vont avec, autant environnementales, sociales que sanitaires...), et en réaction par rapport à celle-ci, par un "retour à la nature" (qui figure dans les grandes lignes de la charte naturiste) et en particulier par la pratique de la nudité en commun, afin, il me semble, de repartir sur des bases de vie saines, et spirituelles pour beaucoup... la vie se faisait "à la dure", et chacun, apparement, semblait y trouver son compte, et des images qui nous en restent témoignent d'une certaine "fraîcheur"...
Pour ma part, je me sens particulièrement proche de ces pionniers, dans cette conception du naturisme, mais aujourd'hui, ce mode de pensée semble se raréfier, au bonheur des uns, et au malheur des autres... où du moins évolue t'il.
Si j'emploie (volontairement) des termes durs: il me semble que le "confort" vient "polluer" et parfois même empêcher ce contact avec la nature...
Qu'en pensez vous, et particulièrement ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, pouvez-vous me faire part de votre point de vue?
merci
Salut Wicasa !
Sujet intéressant ma foi
mais... Qu'entends-tu par "confort" ?
... un petit mot pour bien des choses... l'électricité par exemple, pour commencer fort... sinon, les bungalows et mobil-homes... enfin, tous les petits trucs dont on a de plus en plus de mal à se passer... ça vous va, pour commencer?
Salut Julien,
Comme toi, je me sens très proche des pionniers du naturisme même si les raisons qui ont poussé les gens de 1920 à adhérer au mouvement naturiste sont sans doute très éloignées des nôtres.
Pour moi, le côté Nature reste capital et en vacances, je ne me verrais pas dans un centre bétonné et d'ailleurs au quotidien je ne me prive pas pour mettre de côté tout ce qui pourrait m'éloigner du contact avec les éléments naturels, à commencer par les vêtements.
Ainsi, on se rend compte qu'on peut se passer de beaucoup de choses que la vie dite "civilisée" nous a rendues indispensables. Par exemple, faire du camping sans électricité me permet de vivre au rythme du soleil et de me sentir plus en phase avec les éléments.
Il nous faut cependant tenir compte que le naturisme est aujourd'hui devenu une auberge espagnole où chacun trouve ce qu'il y apporte (ou tout au moins ce qu'il y est venu chercher): simple confort de la bronzette nue (les plages), plus de convivialité (les petits centres), un max d'activités organisées (les grands centres), et bien d'autres choses parfois moins avouables (le Cap d'Agde).
Au fil des décennies, le mouvement des origines s'est diversifié en touchant plus de gens et en a de fait perdu en unité.
Je crois que finalement ce n'est pas une mauvaise chose, chacun ayant la liberté de vivre son naturisme sans ligne de conduite rébarbative qui pourrait en rebuter plus d'un.
Amicalement.
Gérard
C'est une approche intéressante et révélatrice de notre vision du naturisme.
Les pionniers sont aussi ceux qui ont vu arriver l'électricité, le téléphone, la voiture comme des moyens ordinaires et populaires. Qui de nous accepterait de passer trois semaines de vacances sans pouvoir être contacté rapidement par le reste de sa famille ? Au cas où ? Nous avons organisé notre vie avec ces moyens.
J'ai fait longtemps des camps scouts, sans voiture, sans téléphone, sans réfrigirateur. Abattre un arbre à la hachette en transpirant, rappelle le temps qui lui a fallu pour croitre. Aller chercher à pied, sac au dos, l'intendance contraint à ne rapporter que l'essentiel. Devoir attendre le retour du camp pour partager en détail les souvenirs avec ses parents, sa fratrie, laisse place au jardin secret. C'est aussi la réglementation de la Jeunesse et des Sports qui les oblige aujourd'hui à posséder ces moyens. Questions sécuritaires. Après c'est aussi l'utilisation minimale qu'ils en font qui détermine leur volonté de rester proche de la nature. Sur vingt jours de camp, j'avais constaté qu'il nous fallait environ dix jours pour devenir vraiment des hommes des bois. Vivre sur un terrain accidenté n'est pas si évident pour ceux qui marchent toujours sur des surface planes. Après ce délai l'eau froide n'était plus un problème.
Je n'ai pas la TV, par choix évidemment. Et encore ces jours-ci un jeune m'a demandé comment je faisais pour ne pas m'ennuyer ! In utero, à la maternité, dans leur chambre il y a ce carré magique. Il fait partie de leur nature humaine. Je passe pour un arriéré.
Voilà quelques remarques et partage de vie.
Amitié
Baloo
Je suis originaire d'un milieu rural et d'une famille nombreuse; mes parents étaient eux-même issus d'un monde agricole.
J'ai grandi en pleine nature, dans l'espace infini que seul un enfant peut connaître quand il ignore encore ce que sont les limites de la propriété. Je faisais de ce domaine mon terrain de jeu, parcourant les champs et les bois, les ruelles et les chemins : c'est ainsi que j'ai suivi mes premières leçons d'écologie...
Nous vivions en autarcie dans une petite ferme où notre alimentation tenait pour l'essentiel de ce que nous produisions. tout provenait de nos élevages et de nos cultures, tout était fabriqué, conservé, cuisiné et recyclé.
Le camion-poubelle ne s'arrêtait jamais devant notre maison !
Chez nous : pas de bouteilles plastiques ni de boîtes métalliques.
Nous ignorions ce qu'était le confort moderne, nous n'avions ni chauffage central, ni salle de bain. Nous avons eu la télévision fort tard et notre écran n'affichait que le noir et blanc dans un monde désormais coloré; ma père se plaisait à répêter que "celui qui achète le superflu vendra bientôt le nécessaire"; aussi, je croyais que nous étions pauvres et cela me pesait beaucoup de demander un peu d 'argent de poche à mes parents; je décidai de créer ma petite entreprise et je me mis à élever des lapins...
Pourtant, nous n'avons jamais eu faim, et j'aurais pu affirmer que je n'ai jamais manqué de rien s'il m'avait été donné de vivre sans yeux et sans oreilles !
Car très tôt en effet, j'ai eu à souffrir de cette différence de vie qui m'était imposée : autour de nous, dans le village, à l'école ou en ville, dans les grandes surfaces, au moment des fêtes, aux anniversaires et communions; avec les autres enfants, les voisins ou les cousins, j'avais maintes occasion de comparer ce qu'était ma vie avec le reste du monde...
Je me sentais marginalisée, rejetée, et je me suis fait cette promesse de ne jamais imposer ça à mes propres enfants !
Aujourd'hui, conformément à ma promesse, je me repaîs du "confort moderne" mes enfants ne manquent de rien et les images me fascinent, aussi je ne conçois pas la vie sans elles ni sans la télévision !
Aujourd'hui, nos poubelles sont toujours pleines et nous pouvons nous offrir le luxe du superflu et je souris pourtant en songeant à mon père...Car s'il était encore en vie, je lui dirais que le superflu c'est un peu comme ajouter du miel sur l'âpreté de la vie !
Aussi, après ce long cheminement qui m'a conduit au naturisme, je ne souhaite pas, ne fut-ce que quelques semaines par ans, retourner à des conditions de vie précaires; j'estime que la précarité est un luxe que seuls peuvent s'offrir ceux qui ne l'ont jamais connue; le côté "retour aux sources" me laisse totalement indifférente car je garde au fonds de moi le souvenir de cette cette souffrante blessure du temps où je rêvais de descendre vers la mer...
Mes parents, mes grands-parents et arrières grands-parent paternels étaient ... marchands de lapins. Merci Taisy pour cette page de vie.
Baloo
le rapprochement avec la nature et la pratique du naturisme n'est pas incompatible avec le modernisme . Sans electricité par exemple ce spendide site web qui nous permet de discuter en toute liberté ne serait pas . Tous comme toi j'apprecie le contact pur et dur avec dame nature et j'apprecie par exemple lors de randonnée de me baigner dans l'eau agité et souvent fraiche de la mer du nord . Mais une fois rentré ou remonté en voiture j'apprecie egalement la douce chaleur du chauffage .
Mais je comprend ton point de vu, le naturisme etant tout d'abors la communion de l'esprit , du corps et de la nature ....
Je te remercie aussi taisy pour ta page de vie, qui a quelques points communs avec la mienne : nous étions très pauvres et c'est grace à Monsieur Parmentier que nous avons pu manger tous les jours...Mais c'était presque un choix volontaire, un désintérêt pour l'argent. Seulement nous, les enfants, on en a souffert. Mais cela n'a pas été tout négatif : nous avons appris la valeur du travail, la manière de gérer un budget très serré et le savoir-faire pour éviter le gaspillage. Et mieux apprécier ensuite le confort...
Maintenant qu'avec mon épouse nous approchons du troisième âge, nous apprécions les côtés confortables de la vie, et passons en 2006 de la rusticité de la tente de camping au bungalow. La terre sera moins basse...Mais pas question, comme on a pu le voir maintes fois pendant nos vacances, de devenir des petits vieux pantouflards !
Bien sur que le naturisme peut être compatible avec le modernisme, et là je pense que l'esprit naturiste peut jouer pleinement.
Acheter une voiture moins polluante, de l'électroménager moins gourmant en énergie, des ampoules basses tensions etc...
L'esprit naturiste doit se faire au quotidien.
Pascal Chantal
il me semble que le "confort" vient "polluer" et parfois même empêcher ce contact avec la nature...
D'un côté, il y a un rapport matériel à la nature. Beaucoup ignorent que le tourisme (comme d'autres activités humaines) peut générer bien plus de déséquilibres que d'avantages (pour donner trois exemples : sur-consommation d'eau, excès de déchets, rejets accrus par les transports). A chacun de se sentir responsable en voyant ce qu'il peut faire à son niveau. On ne peut pas tout changer, mais on peut faire des choix. Acheter des produits polluants, toxiques (tous les domaines sont concernés et, parfois, on est piégé par l'absence d'alternative), laisser allumé pour rien (hors énergie propre), choisir au-delà de ses besoins, ne pas privilégier les transports en commun, ça n'est pas bien naturiste.
D'un autre côté, il y a un rapport spirituel à la nature. Au-delà des considérations écologiques et de santé, peut-on dire que l'accumulation de biens, la recherche d'un confort non indispensable vont à l'encontre de l'esprit naturiste des origines ? Je réponds personnellement par l'affirmative : en effet, la nudité rejoint l'exigence d'un certain "dépouillement", d'une simplicité à la fois spirituelle et matérielle.
Il est difficile, dans l'idéal, de concilier le naturisme avec un excès de confort : ce n'est pas un parti-pris ascétique mais la recherche d'un esprit de simplicité volontaire.
Jé précise que économiser ne veut pas dire être radin et que simplicité du confort ne veut absolument pas dire négligence de soi et de sa santé!
😉
Message édité par : ourfarewell
Le probleme de l'ecologie , c'est son aspect commerciale . Ok pour des voitures moins polluante , mais à quel prix !!! qui peut de nos jours se passer de voiture ? nos gouvernements successifs l'ont bien compris. Et quand à l'utilisation des transports en communs , reste à prouver qu'ils ne polluent pas plus . Exemple de la sncf qui utise des desherbants puisants pour ses ballastres qui on le sait bien contribu largement à la pollution des nappes phréatiques ; cause d'ailleur mis uniquement sur le dos des agriculteurs ( qui n'ont pas le choix vu le prix d'achat de leurs produits brutes par les centrales d'achat ). Le modernisme a du bon mais c'est l'aspect commerciale qui prend le dessus . Le packaging par exemple , est l'un des soucis mageur en matiere d'ecologie . Demandez à des sociétés agroalimentaire de supprimer leurs packagings execifs s'avere impossible car elles vous facturent à l'achat plus le paquet que le contenu .
Mais il est evident que chaques contributions personnelles peut etre utile , tout du moins pour etre en symbiose avec soi et pour se dire que l'on n'aura pas participer à ça ... Moi qui suis un fervent randonneur , rien de plus desagréable par exemple de croiser des touristes en claquettes sur un GR parsemmé de leurs detritus jetés à terre sans scrupules .Rien de plus desolant aussi , assis sur un télésieges, de voire votre voisin de fortune ballancer l'emballage imputrescible de sa barre energetique tout en l'entendant vous murmurer la bouche encore debordante de nourriture :" que la montagne est belle ". C'est une question de civisme et d'education ,et je ne crois pas que d'etre nu ou habillé fait une difference . La seul nuence c'est ce contact direct de nos corps avec cette nature qui nous rappelle que les deux (corps et nature ) sont tellement fragile et cela nous pousse au respect !!!
