Dans la série "plus c'est gros mieux ça passe", je vais vous raconter mon étrange expérience aujourd'hui sur une plage normande.
Cette petite commune où je suis actuellement en vacances a autorisé au naturisme en octobre dernier une portion de 1 km à l'extrémité de la plage de galets, matérialisée par un panneau en bois indiquant "naturisme toléré sur l'estran sur 1000m au delà de ce panneau". J'ai constaté que le panneau avait été enlevé récemment, pas par la mairie mais probablement par des pécheurs ou des habitués non naturistes des lieux.
Je fréquentais depuis très longtemps cette portion de plage habituellement déserte, sauf en juillet et août, sur une base de naturisme sauvage, mais cette fois j'ai considéré que l'autorisation récente changeait la donne et que je pouvais pratiquer enfin sans me cacher, ce que je fis ce matin (samedi 5 juillet), la plage était presque déserte, et y retournai cet après-midi vers 15h, cette fois avec du monde, ce qui ne me découragea pas, quelques familles avec enfants à quelques dizaines de mètres ne semblant pas me remarquer. Pourtant ils ne savent très probablement pas que cette zone est autorisée au naturisme s'ils ne sont pas du coin. Si certains me posent la question ce sera peut-être l'occasion d'en faire la promotion.
C'est une grande plage de galets assez douloureux pour les pieds, il faut marcher un peu pour atteindre le sable qui se découvre à marée basse mais à cet endroit il y a des épis en béton pour stabiliser la digue, ce qui permet d'atteindre le sable confortablement. Je laisse donc mes vêtements au sec et continue sur le béton, puis le sable, je marche jusqu'à l'eau (fraîche!) et me baigne.
En sortant de l'eau je vois arriver un couple avec deux gamines de 5 ou 6 ans, qui descendent tranquillement en empruntant "mon" épi, je les vois non sans une certaine inquiétude installer leurs affaires directement sur le béton alors qu'il est d'usage de laisser le passage libre.
Et là la situation devient insoluble: l'homme s'assied en bas de l'épi, comme sur un trône, tandis que la mère emmène ses deux filles jouer au bord de l'eau. Impossible de les éviter en sortant de l'eau, l'eau étant froide je dois sortir, je décide de la jouer décontracté, sans refuser les obstacles, en me préparant à expliquer la vocation de cette portion de plage et la raison de ma tenue.
Il se passa alors une chose incroyable: tandis que j'éclaire mon visage d'un large sourire, tout en cherchant le regard de cette femme, elle ne semble pas me voir. Bientôt je suis au milieu d'eux sans parvenir à accrocher leurs yeux, même les gamines qu'on aurait pu croire curieuses continuent à jouer tranquillement sans même me jeter un coup d'oeil: j'étais devenu transparent... Elles avaient sûrement été briefées, je ne prononce pas un mot et me fait l'effet de cet ectoplasme dans un film qui s'approche d'un mur, le traverse et se rematérialise de l'autre côté.
Je continue donc vers le second obstacle, l'homme assis tel un sphinx et qui me barre le passage, car il est hors de question que je me massacre les pieds à remonter pieds-nus sur les galets. Il est massif, lourdement habillé, je suis mince et je me dis qu'il fait presque deux fois mon poids, je me fais l'effet de David marchant vers Goliath. Ma nudité me rend encore plus fragile mais je prépare mes arguments pour les deux réactions auxquelles je peux m'attendre, soit l'étonnement de me voir ainsi, ou l'agressivité dû au fait que j'ai dévoilé trop tôt à ses enfants les secrets de l'anatomie masculine.
Pourtant il semble perdu dans ses pensées. Je ne peux pas monter sur le socle en béton sans passer à quelques centimètres de lui, l'échange verbale est inévitable et j'ouvre la bouche avec l'idée de dire quelque chose comme "ne soyez pas surpris de me voir dans cette tenue" etc. mais je m'aperçois qu'il a les yeux fermés! Aucun son ne sort de ma bouche, je parviens à monter sur le béton en me retenant de m'appuyer sur son épaule, je le frôle presque et me retrouve sur l'épi, marchant en direction de mes affaires, que je retrouve. Je me retourne et les regarde: ils n'ont pas bougé, ne semblent pas avoir remarqué ma présence, ou plutôt ont effacé mon passage de leur mémoire.
En partant, je jette un coup d'oeil sur la plage: le monde est arrivé, il y a au moins 150 personnes, je suis le seul naturiste et personne ne m'a vu: circulez, il n'y a rien à voir!
Message édité par : Denis / 07-07-2013 00:12
Et après cette expérience très douloureuse pour ton ego, je suppose que tu t'empressé de téléphoner à ton psy de retour à Paname, afin d'extraire le prurit de ce traumatisme de lèse-majesté ordonné par toutes ces personnes qui ne t'ont pas vu nu. Tu pouvais aussi appeler à la rescousse les forces de l'ordre.
Ce sont les deux premières idées qui me sont venues à lire tes propos désabusés.
Mais qu'allait-il faire dans cette galère, pour rester dans le ton littéraire !
Frank, comment peux-tu faire un commentaire pareil ici et te plaindre de ne pas être accepté sur un autre post !
"bonjour l'accueil fraternel sans oeillère des naturistes" dis-tu par ailleurs. Et de citer "la fleur, celle qui me pousse à l'intérieur" de François Béranger. Fleur de cactus ?
Frank, je suppose que tu as mal lu mes propos. Tu as l'excuse de mal me connaître, nous aurons j'espère l'occasion de remédier à cela dans le futur. Ceux qui me connaissent savent que l'exhibitionnisme est aux antipodes de mon comportement.
Tu n'y a vu qu'un exercice de style et il est possible aussi que tu doutes de l'authenticité de ce récit, c'est dommage. Il s'adresse aussi et surtout aux personnes avec qui j'ai partagé la "JSM" sur cette plage, et à qui j'ai donné le lien pour consultation. Certains de ce site se reconnaîtront.
Désolé Olivier si j'ai pu te choquer, j'y suis allé de ma forme d'humour très particulière, car la situation que tu relates dépassait mon mode d'entendement, c'est tout.
Il faut dire aussi que je voue quelques amitiés avec une certaine forme du mouvement surréaliste et j'y ai cru, à tort, reconnaitre certaines similitudes qui ne remettent aucunement ta bonne foi en jeu.
Ta forme d'humour s'exerce à l'encontre des gens, ce qui somme toute est une forme ordinaire malheureusement assez répandue. J'ai essayé dans ce texte d'en faire les frais, tu n'y as vu que "des propos désabusés". Dans l'humour véritable, en tout cas celui que j'apprécie, on se prend soi-même pour cible.
Que cela n'ait pas été apprécié, finalement peu importe. Ce qui m'a paru étrange dans l'expérience que j'ai vécue c'est que les gens ne voient que ce qu'ils ont envie de voir, je veux dire physiquement. Cela m'a paru digne d'être raconté.
En tout cas, aussi surprenante qu'elle soit, c'est une histoire interessante et bien racontée.
Il devaient savoir qu'ils étaient sur une plage naturiste et se sentant en faute, n'ont pas fait de remarque.
Ou alors , ils ne savaient pas s'ils étaient ou non sur la partie naturiste de la plage, se sont trouvés plus génés que toi et n'ont pas réagi.
Le bon côté de ton histoire, c'est l'indifférence des gens à la nudité comme chez nos voisins allemands
En tout cas, aussi surprenante qu'elle soit, c'est une histoire interessante et bien racontée.
Il devaient savoir qu'ils étaient sur une plage naturiste et se sentant en faute, n'ont pas fait de remarque.
Ou alors , ils ne savaient pas s'ils étaient ou non sur la partie naturiste de la plage, se sont trouvés plus génés que toi et n'ont pas réagi.
Et jamais ça ne te viens à l'idée que peut être tout simplement ces gens sont ouverts et tolérants ????
Et jamais ça ne te viens à l'idée que peut être tout simplement ces gens sont ouverts et tolérants ????
Dans ce cas, ils l'auraient salué d'un bonjour souriant.
Ah bon !
Tous les jours, tous les gens que je croise et qui n'ont rien contre moi m'acceuillent d'un bonjour souriant ?
gnagnagnagnagna, vous n'avez pas autre chose pour exister que de jouer au "moi je suis un naturiste, je suis supérieur aux autres... et les textiles sont des cons...".
Ils sont juste tolérants alors, parce qu'une personne ouverte, pour moi, est une personne qui recherche le dialogue.
