28 septembre 2026
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1ers bonheurs du naturisme-retour à la nature: colonies anarcho-naturistes de Bascon(Aisne)+TL(37)

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ourfarewell
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Vous avez peut-être vu le film «Nés en 68» (O. Ducastel-J. Martineau) qui, en-dehors de ses qualités et faiblesses, comporte une séquence naturiste en pleine campagne, au sein d'une expérience communautaire... Or les origines de ce genre de communautés sont plus lointaines qu'il n'y paraît.

Il faut remonter au tournant du XXème siècle pour resituer ces expériences dans la mouvance de l'ancien «socialisme utopique».
Plus encore si l'on inclut l'influence de Charles Fourier (années 1830-1870), avec lequel s'affirme un idéal libertaire organisé, qui défend avec force l'amour libre. En ce qui concerne le naturisme, qui est avant tout un retour à la nature avant d'être aussi pratique du nudisme, il s'affirme à la jonction des "milieux libres" et du mouvement végétalien.

Dexu ouvrage font référence en la matière:
o Expériences de Vie Communautaire Anarchiste en France - le Milieu Libre de Vaux (Aisne) 1902-1907 et la colonie naturiste et végétalienne de Bascon (Aisne) 1911-1951, Tony Legendre, éditions Libertaires, 164 p., 2006, 15EUR.
o Les milieux libres - Vivre en anarchiste à la Belle époque en France, Céline Beaudet, éditions Libertaires, 253 p., 2006, 15EUR.

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Les colonies libertaires sont nées après la période et l'échec de la lutte politico-terroriste libertaire menée à la fin du XIXème siècle contre le «Vieux Monde», soit les puissances autoritaires, la corruption, le mensonge politique, la soumission sociale (bombes, revolver, zigouillages divers)...

En quête du bonheur individuel, des militants anarchistes décident de passer aux actes, maintenant, plutôt qu'attendre le Grand Soir, plutôt que s'en tenir aux discours théoriques sur une hypothétique société future. La propagande «par les faits, par les actes» trouve enfin une issue pacifiste: il s'agit à présent d'être «exemplaires».

Parallèlement aux débuts de la lutte organisée dite révolutionaire (syndicalisme ouvrier, fonds de soutien, grève), des expériences originales, radicales, voient donc le jour au tournant du XXème siècle, en plein dans le conformisme de la «Belle Époque». Ils sont portés par l'écho de quelques tentatives avant-gardistes, essentiellement en Grande-Bretagne et en Amérique. Se rassemblent à la fois des anars individualistes, des syndicalistes et des communistes libertaires.

Ces anarchistes fondent des «milieux libres», lieux originaux libres des institutions extérieures, modèles réduits de la société à construire. Ils regroupent des communautés de vie liées par affinité et/ou par essai alternatif (créer une contre-société): des coopératives ouvrières, des écoles libertaires (éducation intégrale), des journaux militants mais aussi des expériences naturistes, associant végétarisme et amour libre.

Cette nouvelle mouvance de «communisme expérimental» reste très critiquée au sein même du mouvement libertaire, où beaucoup déplorent une sorte d'éloignement volontaire des «meilleurs éléments» (référence à P. Kropotkine, 1877). Or, loin d'être sectaires ou repliés sur eux-mêmes, ces milieux se caractérisent par leur grande ouverture sur l'extérieur.
Conviviaux, ils tiennent à faire preuve d'hospitalité envers tout visiteur. Ces "îlots" d'autogestion ne sont pas non plus des "îles" isolées, repliées sur elles-mêmes. Exception malheureuse, la colonie de Romainville, qui édite «L'Anarchie», sera entachée de mauvaise presse puisque là transiteront Bonnot et les membres de sa bande de révoltés (condamnés à mort).

Historiquement, ces expériences s'inscrivent à la marge du socialisme utopique. Si la venue du marxisme cause son déclin, ce mouvement a pourtant perduré à travers les expériences des milieux libertaires, qui imposent l'idée de liberté individuelle en réaction à l'organisation lourde du marxisme.
De plus, ces milieux, qui aussi remettent en cause le matérialisme (défiance vis-à-vis du progrès matériel), s'inspirent des premiers mouvements écologiques, végétaristes et naturistes.

Ernest Juin dit E. Armand (1872-1963), devenu anarchiste individualiste à trente ans et journaliste de revues anars (dont L'en dehors, L'Unique), promeut la libre sexualité, le naturisme et le refus des contraintes au sein des milieux libres, même si aucun (en France) n'affiche la liberté sexuelle comme identité centrale. Il collabora, comme d'autres fondateurs de colonies, à «l'Encyclopédie Anarchiste» de Sébastien Faure et publia entre autres "l'Initiation individualiste anarchiste" (1923) et "La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse" (1934) où l'on peut lire: «Chaque homme ou femme disposant de sa vie sexuelle, et ce sans restrictions ni réserves, il ne peut y exister théoriquement de jalousie. Pratiquement, cependant, l'absence de jalousie ne se réalise qu'à condition que l'atmosphère éthique qui baigne ce milieu soit révolutionnaire, quant à la conception de la liberté de l'amour.»

D'autres milieux de «communisme libre» ont une orientation plus militante et rationnelle mais, dans tous les cas, ces communautés idéales modèles associent individualisme et société non contraignante pour combiner «communisme et harmonie», en édifiant une «cité d'harmonie», en attendant que l'exemple profite à d'autres et s'étende. Les plus «anarchistes» refusent organisations, hiérarchies et règles limitatives (celles imposées de force) tandis que les plus «communistes» se fondent sur une forte organisation et une logique de répartition égalitaire.

Le «Milieu Libre» de VAUX, dans l'Aisne, premier du genre (les tentatives de 1895-1900 avaient échoué), démarre petitement en 1903-1904, sur une terre léguée par un adepte des idées anarchistes en action. Malgré l'enthousiasme de ses fondateurs (G. Butaud, ancien de l'essai avorté de St Symphorien d'Ozon, Hélène Patou...), la colonie tombera dans le piège des dissensions internes et des critiques mutuelles. Pour acquérir l'autonomie, la communauté n'exigeait de chacun qu'il ne produise que selon ses forces ; or cet idéal commun fut mis à mal. Certaines travaillaient encore à l'extérieur, d'autres fabriquaient des habits et les moins actives pouvaient se retrouver facilement stigmatisées.
Lorsque le Milieu est dissous en 1907, on accuse l'esprit bourgeois et collectiviste d'avoir pris le dessus, mais il s'agissait surtout de problèmes inter-personnels. La communauté libertaire, de par sa pluralité d'individus aux conceptions diverses, a une existence forcément fragile...

Ce fut tout de même une première réussite puisque les communautés suivantes ne surent s'inscrire dans une certaine durée, face à l'épreuve du quotidien, au rapide désenchantement et à l'hostilité du milieu extérieur. Les Communes anarchistes, Colonies libres, Phalanstères (revival du fouriérisme de coopération) et autres ilôts communautaires libertaires ne durèrent que l'espace de quelques mois à quelques années (3-4 ans), un peu plus pour l'Essai d'Aiglemont (1903-1909), communiste libertaire et bénéficiant de soutiens actifs, ainsi que pour le camping populaire libertaire de Châtelaillon-Plage (1902-1908), et en mettant à part le milieu éducatif libre La Ruche (1904-1917) de Sébastien Faure.
Pour des colonies «exemplaristes», vouées à «faire exemple», le coup est rude mais l'expérience est difficile (vivre ensemble, dilution de l'enthousiasme originel, départs, tentations extérieures, contexte répressif...) "L'intérêt supérieur de la communauté" (expression d'Étienne Cabet, l'auteur de Voyage en Icarie), chez les anarchistes, présente ses limites.

Pourtant certain-e-s, tel un des fondateurs de Vaux, Georges Butaud (qui dirigera «La Vie Anarchiste»), ne renoncent pas et vont fonder quatre ans plus tard, en 1911, une nouvelle «colonie», à peine un kilomètre plus loin, la colonie de BASCON (dans la commune d'Essômes-sur-Marne, près de Château-Thierry).
On lui donne une orientation plutôt radicale et plus pragmatique: elle sera naturiste, communiste et surtout sans travail salarié, c'est-à-dire libre au mieux du système industriel d'aliénation. On cherche à faire émerger une conception nouvelle de la vie, «utile, libre et fraternelle», bien loin du système de production et de consommation capitaliste. Pour ce faire, un changement s'impose.

Proche des milieux végétaro-naturistes, qui lient scientifiques et anarchistes, Louis Rimbault, issu de Bascon, est devenu végétarien en 1910, en rejetant toute forme d'ésotérisme ou de théosophie (les milieux libres français sont en outre exempts de connotation religieuse, sinon ils ne seraient pas anars). Il raconte les «luttes violentes» qui existaient chez les libertaires entre «carnivores» et végétariens et accuse les «faux besoins», factices, ceux des produits toxiques ou superflus.
En plus de leur refus de la cruauté humaine envers les animaux (aussi bien au niveau de leur élevage que de leur abattage), de leur dénonciation du «commerce nécrophage», les «Bandits tragiques», dont fait partie Rimbault, sont alors connus pour leur régime alimentaire et leur hygiène de vie stricts mais aussi pour leur activisme illégal, qui leur coûtera cher. Par contre, Rimbault échoue dans son idée d'affranchir le travail ouvrier du patronat à travers une organisation syndicale autonome.

En tous cas, Rimbault et sa compagne, associés à Butaud et Sophia Zaïkowska, avancent dans leur recherches rationalistes pour une orientation végétalienne de la communauté, qui s'imposera assez vite (avec les conseils d'un docteur) dans le courant de la Grande guerre. L'idée centrale est de mettre le végétalisme au service l'émancipation sociale et de l'autonomie individuelle, qui passe donc par la suppression des faux besoins.
Le milieu de Vaux était omnivore, Bascon sera végétalien, élément indispensable pour la constitution d'une communauté d'égaux. Cela va plus loin que le végétarisme de Léon Tolstoï (qui parle surtout d'immoralité, de viol des sentiments de pitié et de sympathie envers d'autres êtres vivants). Marx n'avait ni prévu cela ni inclut l'écologie (qui trouve là une expression d'avant-garde) dans ses écrits. C'est tout un mode de vie qui est remis en question.

Paradoxalement la Première guerre Mondiale s'accompagne d'un grand afflux, varié, de nouveaux adeptes à la colonie. Alors que des anars cherchent à fuir la France, ce lieu devient une sorte d'étape, de stage d'essai avant d'aller plus loin.
C'est aussi une école d'initiation au végétalisme. La Ruche, milieu éducatif orientée également sur le végétalisme, subsista treize ans. À Bascon, la restriction des besoins individuels permet d'abord de se défaire en partie de l'«esclavage salarial», de la logique productiviste. Ainsi viande mais aussi fromage, pâtisseries, confiseries, café, thé, alcool et tabac y sont totalement proscrits et chacun y adhère à cette renonciation. Manière de répondre à l'insulte "mangeurs de carottes", on invente la Basconnaise, sorte de salade végétale hyper-variée. Se libérer des appétits bourgeois implique aussi le bannissement des «dépenses stupides».
Le souci (à vocation sociale) du coût vient bien sûr se greffer sur un discours hygiéniste (auto-médication par l'hygiène de vie), avec rejet des aliments nocifs et des modes de vie néfastes: "Le café et la viande compromettent une race, au bout de quatre générations (trois, disent certains auteurs) (...) Une génération de travailleurs qui a mangé de la viande, usé de toxiques, de produits industrialisés, de produits concentrés, a changé l'état colloïdal de son sang et altéré sa puissance physique et son pouvoir intellectuel et moral, et rien ne prouve que l'on pourra remonter cet état de déficience !"

L'hygiène de vie est en effet capitale. Les principaux militants collaborent en outre au «Néo-Naturien», journal naturiste qui prône un retour à la nature : retour à une vie naturelle, saine et rationnelle, mais aussi retour à la terre. À travers des brochures, des conférences, on informe sur l'hygiène alimentaire, on expose la conception, les raisons et les moyens de pratiquer le végétalisme (et plus tard le crudivégétalisme) et on répand la philosophie associée. En parallèle à l'organisation d'excursions, nombre de personnalités viennent séjourner au «Foyer végétalien» de la rue Mathis, à Paris.
Toutefois, le végétalisme intégral ne constitue par une caractéristique fondamentale de Bascon. Or, pour Louis Rimbault, le végétalien est "le type du bien-portant par excellence". Devenu fervent végétalien, il lance fin 1923 «Terre Libérée», cité végétalienne rigoureuse qui regroupe un petit nombre de «sociétaires» unis au sein d'une coopérative. Ils s'établiront dès 1924 sur environ 10 ha au Pin, près de Luynes (Indre-et-Loir), non loin de Tours.
Le lieu se veut avant tout une «école naturarchiste» (naturiste anarchiste) qui enseigne «l'hygiène de la conscience» à travers la pratique végétarienne dans un but de régénération sociale.
Ainsi vont de pair anarchisme, naturisme et souci individualiste. Rimbault met en avant une médecine préventive et non plus curative: pour lui, chacun doit devenir végétalien et hygiéniste, pour contrer le médecin ou autre guérisseur «industrialisé», «intéressé» à ce que l'on aille mal et qu'on soit exploitable. À côté de cette médecine naturelle, le nudisme est inclus et comprend des bains de soleil.

Cependant les initiateurs de Bascon prennent leurs distances vis-à-vis de «TL» :Sophia Zaïkowska lance par exemple sa propre revue, «Le Végétalien» et compile des textes de Georges Butaud, «L'individualisme conduit au robinsonisme, le végétalisme permet le communisme».
Lâché par ses ex-camarades (sans être fâchés), Louis Rimbault, plutôt prétentieux et réputé mégalomane, s'affirme «guide d'humanité» puisque, selon lui, le végétalisme est LE but à atteindre, à la fois moyen de libération et de régénérescence de l'humanité. Si le journal Le Néo-Naturien le soutient, cette vision libertaire tendantieuse en gêne et dérange d'autres.

Idem, les mouvements naturistes et végétariens ne le suivent guère dans sa vision subversive: d'une part les naturistes ne mettent pas en avant l'anarchisme car il refuse de coopérer avec l'État, d'autre part les végétariens voient dans le végétalisme une forme de concurrence déstabilisatrice et mettent le communisme à distance. Leurs revues censurent donc sa pensée.

Malgré un nombre de visiteurs soutenu mais en déclin, des conflits de personnalités et diverses forces d'opposition, cette Cité idéale «Terre Libérée» se maintiendra près de dix ans grâce à une organisation très rationnelle et à un activisme sérieux. Elle adhérera à l'«Association Paysanne Anarchiste» (APA) en 1926.

Le dynamisme tendant à s'affaiblir après la mort de Georges Butaud (1926), la colonie de Bascon devient «La Basconnaise» en 1931, soit à la fois une colonie de vacances végétarienne, un centre naturiste et une auberge de jeunesse. Elle parviendra à se maintenir pendant vingt ans. Sophia Zaïkowska rédigera l'article «Végétalisme» de l'«Encyclopédie Anarchiste», pour mettre en avant la résistance à l'oppression mais aussi la transformation de la vie vers plus de liberté, d'aisance et d'amour vrai:
«Le régime végétalien est séduisant, éthique, esthétique, et même socialement incontestablement libérateur par ses conséquences, car il permet à l'individu de vivre en robinson à l'écart de la vie des civilisés, ou de soutenir la lutte avec le capitaliste plus longtemps, par exemple dans le cas d'une grève. (...) Les besoins modifiés modifient la vie toute entière (...) l'être autonome n'a pas à exploiter autrui, ni bêtes, ni gens.»

Quant à «Terre Libérée», l'essentiel de son activité s'essoufflera suite à un tragique accident qui laisse Louis Rimbault paraplégique (victime selon lui d'un attentat anti-communiste par un jeune Russe fasciste). Pressions, querelles, voisinage très hostile (qui «aboie» sur lui en lui rappelant son ancienne appartenance à la Bande à Bonnot)... l'expérience est difficile mais Rimbault, éternel obstiné, restera dans les lieux jusqu'à la fin de sa vie, en novembre 1949.
La Seconde guerre Mondiale attise les haines, en particulier des voisins pétainistes et pro-nazis, à l'encontre de Rimbault et de son terrain de Luynes, sauvé courageusement de terribles menaces.

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Les dernières "communautés libres et libertaires" déclinent ou disparaissent dans les années 1950. Bien que subsistent des mouvements coopératifs (encore aujourd'hui), inspirés par le socialisme utopique, il faudra attendre l'étincelle de 1968 en France (et l'effet du mouvement hippie) pour que renaissent -et explosent, à foison-, au début des années 1970, des expériences de communautés utopiques. Le temps faisant, la «crise» passant (1973, 1979, 1983, Sida, réalisme socialiste), les divers marginaux regagnent le «rang» déprimant de la société matérialiste et illusionniste des années 1980.

Pourtant, de nos jours encore, l'utopie anarchiste des "associations libres et libertaires" avance à petits pas mais qu'en est-il de ces "zones autonomes temporaires" contestataires, dans laquelle le naturisme conserve plus que jamais sa part?
Le capitalisme a récupéré le naturisme de manière assez éhontée. Où est l'esprit d'entraide bienveillante? Ce faisant, les centres assurent à ceux et celles qui désirent se reposer et se détendre des lieux plus ou moins agréables. Mais quelle alternative à la norme sociale propose-t-on? Il semble que l'on se soit enfermé dans un confort bien bourgeois.

Or, en rappel des origines du naturisme, un nudisme réellement naturiste ne peut se vivre en-dehors d'un mouvement concret de retour à la nature, à une vie saine, aux solutions naturelles -- ce qui implique au moins une vive défiance vis-à-vis des productions industrielles (néfastes ou évitables) et des autres tentations auto-destructrices.
Outre le végétalisme (inadapté aux enfants et nécessitant précautions et connaissances) mais élément incontournable du défi écologique destiné à prendre de l'influence, d'autres pistes s'offrent à nous. Ces directions visent une vie plus respectueuse de la nature (dans le sens d'une diminution des besoins et du choix de la précaution plutôt que du risque) mais aussi plus égalitaire (dans le sens d'une redistribution et de limites imposées à l'enrichissement). À terme, elles ne semblent pouvoir trouver d'issue positive à l'intérieur capitalisme (pas seulement financier), devant les dégâts de plus en plus douloureux infligés quotidiennement à la planète du fait de l'ensemble de nos actes consuméristes et de l'inconscience des industriels-médias-politiques (croient-ils même au capitalisme vert) et face aux souffrances sociales causées par des États et des organisations qui font passer le bonheur des gens après les égoïsmes matérialistes.
Bien sûr, cela reste utopique -- mais les utopistes sont toujours là.

🙂

Message édité par : gilles


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wicasa
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... le seul petit problème, c'est qu'à chaque fois que tu écris, tu ne peux t'empêcher de pondre un roman, toi!

Ceci dit, un pan de l'histoire naturiste à ne pas occulter!
Merci! (je sens que la singette ne saura résister à ajouter un petit commentaire...)


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laSingette
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Fraternité !

Sais-tu ourfarewell, que la compagne Céline Beaudet a conférencé son ouvrage à mon invitation, cet été au Ventous devant à peine une dizaine de personnes, un scandale de plus à porter aux cuistres naturistes, voir mon contre-rendu sur le blog de la Singette, et lire les excellents articles concernant ces deux ouvrages, de même qualité que les tiens parus sous la plume de Paco pour le Mague

Entre temps, Anne Steiner a commis un autre ouvrage sur cette période anarchiste à la Belle Epoque et pour celles et ceux que ça intéresse, elle a également conté la période des années de plomb de l'Allemagne sociale démocrate tortionnaire.

Sur la toile, il est un site en ligne l'en-dehors par un compagnon libertaire naturiste, fort intéressant.

Ca fait plaisir de lire une telle prose !

Et oui, Julien, ça a fait tilt dans ma caboche, pour sûr !

Fraternité à vous deux.

Franck dit Bart pour la Singette


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jacques_gana
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Sur la toile, il est un site en ligne l'en-dehors par un compagnon libertaire naturiste, fort intéressant.

Sauf erreur, le compagnon est une compagne, Cathy Ytak, qui a écrit également dans "La Vie au Soleil" http://ytak.club.fr/natsommaire.html (le site existe depuis très longtemps, je ne suis pas sûr qu'il y ait eu des mises à jour récentes, la dernière est datée de 2006)


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laSingette
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Bonjour Jacques,

Désolé de te contredire, mais c'est Dominique, un compagnon libertaire et naturiste qui officie sur le site de l'En-dehors et qui a publié quelques brochures format papier, concernant le naturisme et l'anarchie !

Quant à Cathy, que je connais également, elle vogue actuellement de ses ailes littéraires avec aisance et je l'en félicite.

Lire également les excellents papiers de Paco sur ces thématiques sur le Mague !

Pour en venir au thème qui nous intéresse.

Quand, dans la présentation du site de la FFN, apparaîtront enfin toutes les composantes des pionniers de notre mouvement, à savoir : les hygiénistes, les anarchistes et les spiritualistes ?
Dans le même ordre d'idée, quand la FFN invitera à débattre les différents historiens du naturisme ?

Ainsi, enfin une fois pour toute serait levé le voile de la réalité sociale qui a contribué à l'émergence du mouvement naturiste à la Belle Epoque.

Pendant que j'y suis, j'ai joins Frédéric, de la commission communication de la FFN et je lui ai proposé une interview pour le Mague, lui demandant une réponse avant le 15 juin, bique ose, j'ai du travail sur la planche éditoriale !
Je lui ai même proposé que tous les livres édités par les participant(e)s sans exception au 1er salon du naturisme apparaissent sur la librairie en ligne de la FFN.

En espérant des réponses concrètes à mes questions concrètes, reçois mes salutations fraternelles.

Franck


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wicasa
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je vois el gringo ce week-end,
pour la présentation historique sur le site, c'est vrai que son exhaustivité laisse à désirer (mais si j'ai bien compris, y'a quelqun qui bosse dessus, non?)
... et pour un "débat", je ne vois ça que lors d'un salon... ça pourrait être sympa, à condition qu'il n'y ait pas de guerre des clocher...


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laSingette
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Bonjour Julien,

Bien le bonjour au gringo el ce prochain week-end de ma part.

Tu dis qu'il y avait une personne qui bossait dessus la remise à niveau de notre histoire du naturisme et qui est-ce ?

Il pourrait y avoir une commission "Histoire du naturisme" à la FFN avec des personnes compétentes, afin que la pluralité des opinions puisse se faire entendre, non ?

Pour le débat, on pourrait inviter différents historiens, qui traiteraient d'un point et ensuite, il y aurait un retour avec le public et un débat constructif et fraternel.
Les interventions pourraient être imprimées ainsi que les interventions du public.
On aurait ainsi sous la main un document papier qui pourrait aussi être diffusé sur la toile....
Je sais également que la première conférence d'Arnaud Baubérot qui a eu lieu au CGF a été filmée et enregistrée, ce serait bath d'en retrouver des traces.

Lors des deux conférences d'Arnaud Baubérot et celle de Céline Beaudet, (voir mes contre-rendus sur la Vie au Soleil et sur le blog de la Singette), les personnes présentes étaient trés contentes d'apprendre leur histoire qu'elles ignoraient copieusement puisque pour ainsi dire jamais traitée au sein même des instances de la FFN ou sur les médias spécialisés naturistes.

C'est le moment ou jamais de remettre nos pendules à l'heure et à l'aune de ces débats fraternels, se demander quel naturisme pour demain nous désirons vivre activement.

Fraternité naturiste

Franck


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wicasa
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Je ne sais pas s'il y a quelqun qui s'occupe de l'histoire, il me semble juste en avoir entendu parler, mais c'est peut-être des conneries!

Je suis en liaison épistolaire avec un "ancien", naturiste spiritualiste controversé (ancien rédacteur de LVS... certains le reconnaitrons...) et outre qu'il soit... disons grande gueule... il est arrivé à réunir, par exemple, toutes les parutions (françaises en tout cas) naturistes depuis les débuts et m'envoie de temps en temps des photocopies de certains articles...

Je suis pour une rencontre, et pourquoi pas un ouvrage collectif sur les facettes de l'histoire du naturisme...
Et en tant que membre du cs-jeunes, j'ai très envie de connaitre cette histoire...

Peut-être Jacques peux-tu me corriger dans ce que je dis à propos d'une commission "histoire" à la ffn...

Sinon, c'est sûr que j'en parlerai au "grand communicant", l'ami Fred!


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jacques_gana
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La partie "historique" du site FFN est totalement honteuse, ça fait des années que je le dis ! Dans la revue, j'ai déjà publié des extraits du "Vivre" de Kienné de Mongeot (années 30), et je ne demande qu'à publier des articles historiques.

La FFN, comme sa revue, ce n'est pas un système soviétique où la voix est unique et vient d'en haut, c'est ce que ses membres en font ! Mais je vois que lorsqu'on demande des bonnes volontés pour faire avancer les choses, quel qu'en soit le domaine, les volontaires se comptent sur les doigts d'une main...

Pour la diffusion sur la Boutique FFN, je n'en suis pas responsable, mais il ne me semble pas y avoir d'obstacle à ce que toutes sortes de documents y figurent, d'une part parce que ça serait sympa d'avoir un lieu unique pour acquérir des produits intéressant le naturisme, d'autre part parce que ça ferait rentrer quelques sous dans les caisses, qui en ont bien besoin, comme chacun sait. Nous diffusons d'ailleurs déjà le livre de Sylvain Villaret...
J'imagine que s'il y avait une difficulté, ce serait uniquement une question d'accord de diffusion et/ou de marge avec les éditeurs.


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ourfarewell
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Posté par: @laSingette
Pour le débat, on pourrait inviter différents historiens (...) Lors des deux conférences d'Arnaud Baubérot et celle de Céline Beaudet, (...), les personnes présentes étaient trés contentes d'apprendre leur histoire qu'elles ignoraient copieusement puisque pour ainsi dire jamais traitée au sein même des instances de la FFN ou sur les médias spécialisés naturistes.

  Sûr. :b

  Si je prends la peine de développer un peu l'exposé, c'est pour donner envie de lire les ouvrages cités, d'en découvrir plus et, partant, j'essaie de soigner liaisons et clarté car je sais l'effort requis par le cerveau humain pour suivre la lecture de longs textes sur écran d'ordinateur ; malgré tout, bien qu'on soit sur un forum, qu'on ne me reproche pas d'en faire un roman!... Je n'aime guère les romans (en tous cas ceux qui ne développent pas une expérience originale, une connaissance, une critique ou une vision particulières en relation avec le réel, ne me retiennent pas).

  Bien qu'il s'agisse là d'un petit volet à resituer dans son ensemble, il n'en reste pas moins unique et fondamental. L'Histoire se conte, se raconte (ce n'est pas seulement faits et archives), dans sa justesse, et la mieux comprendre permet de la transmettre et, par là, de mieux débattre aujourd'hui, voire de se "disputer", en l'occurrence sur ce qu'est le naturisme...

  Les origines du naturisme, ce n'est pas la recherche de nudité seule, ni les vacances ou le tourisme-bronzette mâtinés d'esprit "écolo" (terme péjoratif néfaste à l'action politique) ; on les trouve dans le rejet de l'artificiel, des excès industriels, dans la recherche de l'autonomie individuelle, des solutions naturelles, dans l'affranchissement des institutions et l'expression libre.
Le naturisme puise ses fondements au confluent de divers mouvements, agissant ou non en association: hygiénisme (sorte de médecine préventive naturelle, végéta-ri/li-sme, activité physique), anarchisme ("liberté de tous en tout", résistance multiformes aux instances de pouvoir) ou réformisme libertaire (militantisme d'inspiration révolutionnaire) et même, bien que plus rare, spiritualisme mystique (lié ou non à l'anarchisme chrétien).

Dans son «Projet de société naturiste» (texte ici), Marc-A. Descamps essaie d'associer au naturisme une écologie très diluée, absolument pas radicale. S'il rappelle la nécessité d'une «vision globale» Homme-société-monde, il ne va pas bien loin dans sa critique et fait l'impasse sur les courants sus-nommés.

  L'écologie fût avant tout une science constituée par des pionniers (Karl August Möbius), des militants naturalistes, entomologistes et zoologues, avant de devenir «politique» (comme étude et ligne d'action à long terme) après la Seconde guerre Mondiale (terme bien prétentieux pour cette petite boule!), avec Bertrand de Jouvenel, Jean Dorst, Jacques Ellul, B. Charbonneau, René Dumont... Entre les deux, la prise de conscience écologique émergea lentement, inspirée par des gens comme le naturaliste et artiste suisse Robert Hainard (1906-1999), un des premiers à critiquer l'anthropocentrisme judéo-chrétien pour sa perversion de notre relation avec la nature.

Or, au niveau populaire, c'est le naturisme qui a d'abord mis en avant des idées écologiques. Il naît comme on sait dans la fin du XIXème siècle, en réaction aux méfaits de la civilisation issue de la révolution thermo-industrielle, dès lors que la pollution se manifestât visiblement (en lien avec l'urbanisation), et ses courants porteurs à cette époque sont avant tout anarchistes.

En effet, les «Naturiens» étaient des militants anarchistes ; leur mouvement peut se revendiquer comme pionnier du naturisme, du végéta-lisme ou -risme et en quelque sorte du mouvement écologique. Las de discourir ou d'attendre le Grand Soir, il veulent mettre en pratique leur idéal, retouver un "état naturel". On peut donc avancer, assez sérieusement, que les précurseurs de l'«écologie en action», bien qu'embryonnaire, étaient anarcho-naturistes (L. Rimbault emploie le mot naturarchiste).

Certes, les débuts furent laborieux et fragiles (article de l'en dehors).
Pour témoignage, les premiers journaux et les premiers projets de colonies naturiennes avortèrent assez vite: l'idéal naturien peinait à trouver son élan, se retrouvait étouffé par les anars non-naturiens ou glissait dans les dissensions. Par exemple, Fortuné Henry, bien que séduit, abandonna assez vite l'orientation naturiste de son "Essai" d'Aiglemont, et le seul fondateur naturien du milieu libre de Vaux n'a jamais pu imposer son idéal ; quant au militant naturien Émile Gravelle, ses publications vivotaient et il était critiqué pour ses idées nationalistes.
C'est pourquoi, en France, seules les expériences «durables» de Bascon et de Terre Libérée sont fondatrices.

😉


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wicasa
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(je ne t'accuse pas d'écrire un roman! au contraire, malgré l'écran de l'ordi, j'ai été content de tout lire, surtout que c'est bien écrit!)

... Franck, c'est sur les histoires du naturisme qu'il faut orienter un projet commun! (et là on apporterai notre pierre à l'édifice!)... "Histoires du Naturisme illustrées"...


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laSingette
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Bonjour à tous,
¨
Pour répondre à Ourfarewell et compléter ton excellent exposé lisible et tout et tout, je joins l'article de Paco paru sur le Mague :
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article2348

Les histoires du naturisme, c'est une très bonne idée, Julien, pour sûr !

Jacques pour une autre histoire du naturism pluriel, tu peux déjà retenir l'article de Ourfarewell, ce serait déjà un bon début. Tu peux mettre à contribution les historiens du naturisme également si la FFN leur commandait un texte précis.

Pourquoi ne pas créer durant les vacances d'été avec les personnes intéressées, une université populaire naturiste avec un versant créatif !

Quant à la mise en place des ouvrages naturistes des auteur(e) présent(e)s au salon, 90 % sont édités au compte d'auteur et en ce qui me concerne j'ai plusieurs dizaines d'exemplaires à ma disposition.

Jean-Luc Bouland sur Musenvie a déjà écrit une critique de chaque ouvrage qui pourrait aussi être mis en ligne et indiquerait à la lectrice ou le lecteur derrière son écran, de quoi il retourne.

Les conditions proposées par la librairie de la FFN sont tout à fait correctes étant donné que j'ai déjà été en relation avec elle, lorsqu'elle a m'a acheté mon roman, seulement il n'a pas été retenu pour être exposé !
Comme quoi en ce qui concerne mézigue, on bute encore sur le fond et la forme et surtout la liberté d'expression du créateur, ce qui à mon sens est un véritable scandale !

Donc je réitère ma proposition de voir tous, je dis bien tous les ouvrages des auteur(e)s naturistes en vente en ligne à la librairie de la FFN, histoire aussi d'ouvrir nos champs à toutes les visions du naturisme.
On en revient encore et toujours au débat de quelle histoire, il était une fois le naturisme.

Comme je j'ai déjà proposé à Frédéric de la FFN, mes articles et autres interviews que j'ai publiés sur le Mague, j'accepte bien volontiers de les mettre à la disposition du site et du canard de la FFN, avec au préalable la mention du nom de l'auteur et du Mague et l'autorisation préalable auprès des personnes interviewées.

Fraternité

Franck


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